QCM : École, égalité et démocratie-S3 (18 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quels changements sociaux relient Marcel Gauchet, Marie-Claude Blais et Dominique Ottavi à la crise scolaire dans *Conditions de l’éducation* ?

La décentralisation des établissements, la formation des enseignants et le financement scolaire
La concurrence internationale, l’essor de l’apprentissage et la numérisation des cours
La baisse des effectifs scolaires, la réforme des examens et l’évolution des programmes
Les transformations de la famille, de l’autorité, du statut de l’enfant et du rapport aux savoirs

Les transformations de la famille, de l’autorité, du statut de l’enfant et du rapport aux savoirs

Explication

Les auteurs mettent en relation la crise scolaire avec plusieurs transformations sociales touchant la famille, l’autorité, l’enfant et les savoirs. La réforme des examens et le financement des établissements ne correspondent pas aux facteurs cités dans cette analyse.

2. Dans l’articulation du pacte social, quelle association entre domaine et fonction est correcte ?

L’école organise la représentation et le contrôle, la politique sociale transmet les connaissances et les institutions
Les institutions assurent la transmission et le jugement, l’école organise la protection et la redistribution
La politique sociale représente les expériences citoyennes, les institutions assurent la transmission entre générations
L’école contribue à la transmission et au jugement, la politique sociale à la protection et à la réciprocité

L’école contribue à la transmission et au jugement, la politique sociale à la protection et à la réciprocité

Explication

Le pacte social articule transmission, solidarité et représentation : l’école contribue à la transmission et au jugement, tandis que la politique sociale soutient la protection et la réciprocité. L’organisation de la représentation et de la participation relève plutôt des institutions.

3. Un gouvernement augmente les transferts monétaires, mais les citoyens continuent de percevoir leurs rapports comme inéquitables. Quelle distinction aide à comprendre pourquoi cette mesure peut ne pas suffire ?

La relation concerne les différences reconnues, tandis que la distribution concerne la hiérarchie des citoyens
La distribution concerne les expériences partagées, tandis que la relation concerne les institutions communes
La relation concerne ce que chacun reçoit, tandis que la distribution concerne les rapports entre citoyens
La distribution concerne ce que chacun reçoit, tandis que la relation concerne les rapports entre citoyens

La distribution concerne ce que chacun reçoit, tandis que la relation concerne les rapports entre citoyens

Explication

L’égalité-distribution porte sur les biens ou revenus reçus, tandis que l’égalité-relation porte sur les rapports entre citoyens; une redistribution peut donc être nécessaire sans suffire à rendre la société juste. Inverser ces deux notions conduit à attribuer aux transferts monétaires le rôle propre aux relations civiques.

4. Dans la chaîne décrivant l’enchaînement des crises démocratiques, quelle séquence relie correctement les inégalités aux réponses populistes ?

Inégalités transformées, sentiment d’injustice, crise de réciprocité, défiance institutionnelle, crise de représentation, réponses populistes
Crise de réciprocité, inégalités transformées, confiance institutionnelle, crise de représentation, sentiment d’injustice, réponses populistes
Inégalités transformées, crise de représentation, sentiment d’injustice, confiance institutionnelle, crise de réciprocité, réponses populistes
Sentiment d’injustice, réponses populistes, crise de réciprocité, inégalités transformées, crise de représentation, confiance institutionnelle

Inégalités transformées, sentiment d’injustice, crise de réciprocité, défiance institutionnelle, crise de représentation, réponses populistes

Explication

La chaîne passe des inégalités transformées au sentiment d’injustice, puis à la crise de réciprocité et à la défiance, avant la crise de représentation et les réponses populistes. Une séquence qui place la crise de représentation avant le sentiment d’injustice inverse des étapes importantes.

5. Quels facteurs alimentent la force du populisme lorsque des citoyens se sentent éloignés des décisions collectives ?

La stabilité des institutions, la confiance envers les élites et l’adhésion aux décisions prises
La baisse des inégalités, la sécurité économique et l’élargissement des services publics
La concurrence entre territoires, la diversité des expériences et la multiplication des consultations
Le sentiment de ne plus être représenté, la défiance envers les élites et l’envie de contrôler les décisions

Le sentiment de ne plus être représenté, la défiance envers les élites et l’envie de contrôler les décisions

Explication

Le populisme gagne en force lorsque s’accumulent le sentiment d’invisibilité ou d’injustice, la défiance et le souhait d’un contrôle plus direct des choix collectifs. La stabilité et la confiance institutionnelles évoquées dans une autre réponse ne correspondent pas à ces ressorts.

6. Deux personnes fournissent des efforts comparables, mais l’une estime que ses efforts n’améliorent pas sa situation par rapport à celle d’autrui. Quel facteur peut contribuer à son sentiment d’injustice ?

La seule place occupée dans une catégorie professionnelle donnée
La seule évolution du revenu moyen, indépendamment des trajectoires individuelles
La seule différence entre les montants de protection sociale disponibles
La comparaison avec les autres et la perception des effets de ses efforts

La comparaison avec les autres et la perception des effets de ses efforts

Explication

Le sentiment de justice dépend notamment de la comparaison avec autrui et de la perception que les efforts produisent des résultats. L’évolution du revenu moyen, prise isolément, ne rend pas compte de ces mécanismes de perception.

7. Dans la lecture croisée des crises démocratiques, à quel enjeu Gauchet est-il associé ?

À l’égalité conçue comme relation entre les personnes
Aux inégalités et à la légitimité de la solidarité
À la transmission, à l’éducation et à l’autonomie
À la représentation démocratique et au rapport entre citoyens et institutions

À la transmission, à l’éducation et à l’autonomie

Explication

Gauchet est associé aux questions de transmission, d’éducation et d’autonomie. Les inégalités et la légitimité de la solidarité sont rattachées à Fitoussi et Rosanvallon.

8. Une démocratie veut répondre à une demande de contrôle citoyen sans traiter le peuple comme un bloc homogène : quelle démarche convient le mieux ?

Renforcer le lien direct entre un dirigeant et un peuple considéré comme homogène
Confier le contrôle collectif aux élites tout en limitant la circulation de l’information
Diversifier la représentation, la consultation, le contrôle, l’information et la reddition des comptes
Remplacer les institutions représentatives par des consultations ponctuelles sur les décisions

Diversifier la représentation, la consultation, le contrôle, l’information et la reddition des comptes

Explication

Une réponse démocratique développe plusieurs formes de représentation, de consultation, de contrôle, d’information et de reddition des comptes. Le lien direct entre un dirigeant et un peuple supposé homogène réduit au contraire la démocratie à une relation simplifiée.

9. Des citoyens estiment que leur vécu reste invisible et qu’ils ne peuvent pas peser sur l’avenir commun : quel élément du pacte démocratique fait défaut ?

La réduction des vulnérabilités par une redistribution ressentie comme juste
La transmission entre générations de connaissances, d’institutions et de capacités de jugement
La perception d’institutions représentatives qui rendent les citoyens visibles et leur permettent de participer
L’acceptation d’une contribution à un système social jugé réciproque et globalement légitime

La perception d’institutions représentatives qui rendent les citoyens visibles et leur permettent de participer

Explication

Le pacte démocratique suppose que les institutions soient perçues comme représentatives, rendent les citoyens visibles et leur permettent de participer au destin collectif. La redistribution juste relève du pacte de solidarité, et ne répond pas directement au défaut de représentation décrit.

10. Quel rôle l’école joue-t-elle au cœur du pacte de transmission associé à Gauchet ?

Elle remplace les autres institutions en assurant directement la participation au destin collectif
Elle garantit la réciprocité de la redistribution en protégeant les citoyens contre les vulnérabilités
Elle relie les générations en transmettant culture, connaissances, institutions et capacités de jugement
Elle rend les expériences citoyennes visibles en organisant la représentation dans les institutions

Elle relie les générations en transmettant culture, connaissances, institutions et capacités de jugement

Explication

Le pacte de transmission relie les générations par la transmission de la culture, des connaissances, des institutions et du jugement, avec l’école en son cœur. La protection contre les vulnérabilités relève plutôt de la solidarité.

11. Dans *La Société des égaux*, quelle perspective Pierre Rosanvallon propose-t-il pour penser l’égalité au-delà des écarts économiques ?

La limiter à une égalité d’accès aux institutions publiques
La considérer comme une relation entre citoyens
La mesurer comme une égalité des revenus perçus
La définir comme une uniformité des parcours individuels

La considérer comme une relation entre citoyens

Explication

Rosanvallon propose de penser l’égalité comme une relation entre citoyens, et pas seulement à partir des écarts économiques. L’égalité des revenus constitue une mesure distributive, mais ne résume pas cette perspective relationnelle.

12. Une politique de lutte contre les inégalités compare les possibilités d’accès aux services selon le lieu de résidence, l’âge et la situation professionnelle. Quelle caractéristique des inégalités contemporaines cette approche prend-elle en compte ?

Leur caractère principalement salarial, qui dépend de la position occupée dans la hiérarchie des revenus
Leur caractère uniforme, qui fait dépendre les désavantages d’une même cause pour tous les groupes
Leur caractère multidimensionnel, qui inclut des écarts territoriaux, générationnels et professionnels
Leur caractère essentiellement patrimonial, qui se mesure à la valeur des biens détenus par les ménages

Leur caractère multidimensionnel, qui inclut des écarts territoriaux, générationnels et professionnels

Explication

Les inégalités contemporaines peuvent se manifester dans plusieurs dimensions, dont le territoire, la génération, la profession et l’accès aux services. Une analyse centrée sur les seuls salaires négligerait ces autres formes d’inégalité.

13. Une enseignante exerce son autorité en assumant sa responsabilité et sa mission de transmission, tout en s’appuyant sur sa compétence. Quelle distinction cela illustre-t-il ?

L’autorité éducative repose sur l’obéissance des élèves, tandis que l’autoritarisme repose sur leur jugement
L’autorité éducative se fonde sur une mission et une compétence, contrairement à l’autoritarisme
L’autorité éducative dépend du statut institutionnel, tandis que l’autoritarisme dépend de la responsabilité
L’autoritarisme se fonde sur la transmission des savoirs, contrairement à l’autorité éducative

L’autorité éducative se fonde sur une mission et une compétence, contrairement à l’autoritarisme

Explication

L’autorité éducative tire sa légitimité de la compétence, de la responsabilité et de la transmission, et ne se réduit pas à une posture autoritaire. Fonder l’autorité sur le seul statut institutionnel confond la fonction occupée avec les bases de cette autorité.

14. Quelle distinction permet de comprendre la tension entre le discours populiste et une conception pluraliste de la démocratie ?

Le discours populiste défend les institutions, tandis que la démocratie concentre les décisions dans un dirigeant
Le discours populiste rassemble des intérêts divers, tandis que la démocratie oppose le peuple aux élites
Le discours populiste oppose le peuple aux élites, tandis que la démocratie rassemble des intérêts et des expériences divers
Le discours populiste privilégie les territoires, tandis que la démocratie représente une expérience citoyenne uniforme

Le discours populiste oppose le peuple aux élites, tandis que la démocratie rassemble des intérêts et des expériences divers

Explication

Le populisme tend à présenter le peuple comme opposé aux élites, alors qu’une société démocratique est composée de groupes, de territoires et d’expériences différents. La réponse qui attribue l’opposition entre peuple et élites à la démocratie inverse cette distinction.

15. Une école s’interroge sur les défis auxquels elle doit faire face dans un environnement saturé de contenus numériques. Quel ensemble correspond aux fragilités scolaires identifiées ?

Les relations entre établissements, la sélection des élèves, les examens et la concurrence des formations privées
Les écarts de résultats, la taille des classes, l’orientation et la concurrence des activités sportives
Les tensions entre famille et école, la légitimité des savoirs, l’autorité et la concurrence éducative des médias
Le financement des classes, le recrutement des enseignants, les programmes et la concurrence des langues étrangères

Les tensions entre famille et école, la légitimité des savoirs, l’autorité et la concurrence éducative des médias

Explication

Les fragilités concernent notamment le rapport entre famille et école, le sens des savoirs, l’évolution de l’autorité et la concurrence éducative des médias et des réseaux. Les effectifs de classe et les activités sportives ne constituent pas les dimensions énumérées ici.

16. Quelle combinaison de fonctions contribue à la durabilité d’une société démocratique ?

Représenter les expériences, remplacer la solidarité par l’école et réserver le contrôle aux institutions
Protéger les institutions, réduire les consultations, transmettre les règles et limiter les contributions citoyennes
Transmettre les décisions, renforcer les vulnérabilités, représenter les élites et concentrer les débats
Transmettre des connaissances, réduire les vulnérabilités, représenter les expériences et multiplier les formes de participation

Transmettre des connaissances, réduire les vulnérabilités, représenter les expériences et multiplier les formes de participation

Explication

Une démocratie durable transmet des connaissances et des outils de jugement, protège par une solidarité juste, représente les expériences citoyennes et multiplie les moyens de participation. La concentration des débats et la représentation des seules élites écartent ces exigences démocratiques.

17. Une collectivité reconnaît les différences entre citoyens sans les classer, permet à chacun d’être à la fois contributeur et bénéficiaire, et développe des espaces partagés. Quelles dimensions de l’égalité met-elle en œuvre ?

La distribution, la mobilité et la représentation
La singularité, la réciprocité et la communalité
La réciprocité, la compétition et la différenciation
La singularité, la hiérarchie et la redistribution

La singularité, la réciprocité et la communalité

Explication

La singularité reconnaît les différences sans les hiérarchiser, la réciprocité associe contribution et bénéfice, et la communalité repose sur des expériences et institutions partagées. La hiérarchie contredit la définition de la singularité dans cette conception.

18. Quelle orientation distingue le réformisme d’une promesse d’égalité absolue face aux transformations économiques ?

Conserver les institutions existantes en laissant les transformations économiques produire leurs effets
Concentrer les réformes sur la redistribution des revenus en écartant le travail et la citoyenneté
Réformer plusieurs domaines collectifs sans se résigner aux transformations ni promettre une égalité absolue
Garantir une égalité complète des résultats en supprimant les différences entre les trajectoires individuelles

Réformer plusieurs domaines collectifs sans se résigner aux transformations ni promettre une égalité absolue

Explication

Le réformisme propose d’agir sur le travail, la protection sociale, la citoyenneté, la redistribution et les institutions, sans promettre une égalité absolue. Le réduire à la seule redistribution des revenus omet plusieurs domaines de réforme.

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Dans quelle œuvre de 2008 Gauchet, Blais et Ottavi relient-ils la crise scolaire aux transformations de la famille, de l’autorité, de l’enfance et du savoir ?

*Conditions de l’éducation*.

Sur quoi doit reposer l’autorité éducative de l’enseignant, selon la distinction avec l’autoritarisme ?

Sur la compétence, la responsabilité et la mission de transmission.

Quel ouvrage Jean-Paul Fitoussi et Pierre Rosanvallon publient-ils en 1996 sur les inégalités ?

*Le nouvel âge des inégalités*.

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