QCM : Éloquence et pouvoir de la parole (38 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Alors qu’une personne affirme que les paroles ne sont que du « vent », quelle idée nuance cette affirmation ?

La parole n’a d’effet que lorsqu’elle accompagne une action physique.
La parole sert à transmettre des informations sans modifier les situations.
La parole exerce son pouvoir principalement par la violence physique.
La parole peut produire des effets malgré son apparente légèreté.

La parole peut produire des effets malgré son apparente légèreté.

Explication

La parole peut agir et produire des effets, même si elle est parfois perçue comme superficielle ou sans poids. Réduire son efficacité à l’action matérielle, à la violence physique ou à la transmission d’informations méconnaît cette puissance.

2. Dans une assemblée, un discours amène les participants à soutenir une décision qu’ils rejetaient auparavant. Quel pouvoir de la parole cet exemple illustre-t-il ?

Décrire un événement sans agir sur les auditeurs.
Contraindre les participants par la force physique.
Transformer directement un objet matériel.
Influencer la conscience d’autrui.

Influencer la conscience d’autrui.

Explication

Un discours qui modifie les convictions des participants influence leur conscience, ce qui constitue l’un des pouvoirs de la parole. Transformer directement un objet, décrire sans effet et recourir à la force renvoient à d’autres mécanismes.

3. Une équipe communique avec un système de signes informatiques, tandis qu’un linguiste emploie le mot « langage » au sens restreint. Quelle définition distingue correctement ces deux emplois ?

Au sens large, la parole individuelle ; au sens restreint, la langue partagée.
Au sens large, les codes linguistiques ; au sens restreint, les signes informatiques.
Au sens large, un code de communication ; au sens restreint, la langue et la parole.
Au sens large, la langue et la parole ; au sens restreint, un code de communication.

Au sens large, un code de communication ; au sens restreint, la langue et la parole.

Explication

Au sens large, le langage désigne tout système de signes servant à communiquer ; au sens restreint, il correspond à l’ensemble de la langue et de la parole. Confondre ces deux sens ou réduire le langage à l’une de ses composantes mène aux autres réponses.

4. Dans une communauté, une grammaire et des règles de syntaxe sont partagées par les locuteurs, même si chacun s’exprime différemment. Que désignent ces règles communes ?

La parole, usage individuel du code par un locuteur.
Un système informatique, code formel sans ancrage communautaire.
Le langage, capacité générale à communiquer par des signes.
La langue, code conventionnel et abstrait de la communauté.

La langue, code conventionnel et abstrait de la communauté.

Explication

La langue est le code linguistique conventionnel et abstrait partagé par une communauté, comprenant notamment la grammaire et la syntaxe. La parole désigne l’usage individuel de ce code, tandis que le langage peut désigner plus largement une capacité ou un système de signes.

5. Deux locuteurs partagent les mêmes règles de grammaire, mais chacun formule une phrase différente. Qu’est-ce qui relève de la parole dans cette situation ?

La réalisation individuelle du code par chaque locuteur.
Le code abstrait de grammaire partagé par la communauté.
Tout système de signes utilisé pour communiquer.
L’ensemble des règles de syntaxe communes aux locuteurs.

La réalisation individuelle du code par chaque locuteur.

Explication

La parole est la réalisation de la langue par les sujets parlants, autrement dit l’usage individuel du code partagé. Le code grammatical commun relève de la langue, tandis que tout système de signes renvoie au langage au sens large.

6. Une oratrice s’exprime avec aisance, touche son public et le persuade ; ces qualités peuvent être spontanées ou développées par des techniques. Quelle capacité décrit cette situation ?

La faconde
La rhétorique
Le kairos
L’éloquence

L’éloquence

Explication

L’éloquence est la capacité à bien parler, à toucher et à persuader, qu’elle soit naturelle ou acquise. La rhétorique désigne les techniques, la faconde un flot de paroles captivant et le kairos l’art de saisir une occasion de répondre.

7. Un atelier enseigne des techniques pour convaincre et persuader, afin de développer la capacité à bien parler ; quel terme désigne cet ensemble de techniques, apparu au Ve siècle avant J.-C. ?

L’éloquence
Le kairos
La rhétorique
La faconde

La rhétorique

Explication

La rhétorique rassemble les techniques qui permettent de convaincre, de persuader et d’apprendre l’éloquence ; elle apparaît au Ve siècle avant J.-C. L’éloquence est la capacité elle-même, tandis que la faconde et le kairos désignent des qualités oratoires particulières.

8. Dans un débat, une intervenante construit une démonstration à partir de raisons et d’enchaînements logiques. Quelle dimension du discours met-elle en avant ?

Le pathos
La langue de bois
L’ethos
Le logos

Le logos

Explication

Le logos est la dimension rationnelle du discours, fondée sur les raisonnements. Le pathos mobilise les émotions, l’ethos concerne la manière d’être et l’authenticité de l’orateur, tandis que la langue de bois repose sur des éléments de langage imprécis.

9. Pour convaincre un public, un orateur évoque des images saisissantes et suscite la compassion de ses auditeurs. Quelle dimension du discours mobilise-t-il ?

Le pathos
Le logos
L’ethos
La langue de bois

Le pathos

Explication

Le pathos mobilise l’imagination et les émotions du public. Le logos repose sur le raisonnement, l’ethos concerne la manière d’être et l’authenticité de l’orateur, et la langue de bois se caractérise par des propos imprécis.

10. Lors d’une prise de parole, une responsable assume ses convictions et parle avec sincérité, en accord avec sa manière d’être. Quelle dimension de l’éloquence cela illustre-t-il ?

Le pathos
L’ethos
Le logos
La langue de bois

L’ethos

Explication

L’ethos désigne la manière d’être et le comportement de l’oratrice ; chez Aristote, il renvoie aussi à l’authenticité de sa parole. Le pathos mobilise les émotions, le logos les raisonnements, tandis que la langue de bois s’appuie sur des formules imprécises plutôt que sur une parole authentique.

11. Dans un débat sur une réforme, une oratrice exhorte le public à l’adopter en invoquant ses bénéfices. À quel genre de discours cette intervention appartient-elle ?

Au genre démonstratif
Au genre épidictique
Au genre judiciaire
Au genre délibératif

Au genre délibératif

Explication

Le délibératif exhorte ou dissuade en s’appuyant sur l’utile ou le nuisible. L’accusation relève du judiciaire, tandis que le beau relève de l’épidictique.

12. Pour structurer son discours selon l’ordre homérique, une avocate veut maximiser l’impact de ses arguments et leur mémorisation. Quel ordre doit-elle choisir ?

Arguments forts, arguments forts, puis arguments faibles
Arguments forts, arguments faibles, puis arguments forts
Arguments faibles, arguments faibles, puis arguments forts
Arguments faibles, arguments forts, puis arguments faibles

Arguments forts, arguments faibles, puis arguments forts

Explication

L’ordre homérique encadre les arguments plus faibles par des arguments forts, afin de frapper d’entrée et de laisser une impression finale mémorable. Commencer par les arguments faibles inverse l’ordre, et placer les arguments forts au milieu ne respecte pas cet agencement.

13. Dans l’Antiquité, que désigne la rhétorique lorsqu’elle est qualifiée de technè ?

Une éducation complète, c’est-à-dire un ensemble de savoirs
Un art, c’est-à-dire un savoir-faire
Une règle juridique, c’est-à-dire une norme écrite
Une théorie, c’est-à-dire un savoir abstrait

Un art, c’est-à-dire un savoir-faire

Explication

Technè signifie art ou savoir-faire, et la pratique de la rhétorique était fortement valorisée dans l’Antiquité. L’éducation complète désigne plutôt l’enkyklios paideía, tandis qu’une règle juridique n’est pas un savoir-faire oratoire.

14. Un historien veut citer l’auteur qui, dans Sur l’orateur, présente l’éloquence comme un pouvoir de captiver les assemblées, de séduire les esprits et d’orienter les volontés. Qui doit-il citer ?

Aristote
Cicéron
Quintilien
Gandhi

Cicéron

Explication

Cicéron célèbre ces pouvoirs de l’éloquence dans Sur l’orateur. Quintilien est associé à l’enkyklios paideía, Aristote aux genres du discours, et Gandhi est présenté comme un exemple d’ethos.

15. Une cité veut expliquer le rôle de la parole dans la formation de la vie collective. Quelle idée correspond à la conception de Cicéron dans Sur l’orateur ?

Elle constitue l’ensemble des savoirs d’une éducation complète
Elle séduit les esprits et détourne les volontés individuelles
Elle loue le beau et blâme ce qui paraît laid
Elle rassemble les hommes et rend possibles les lois et le droit

Elle rassemble les hommes et rend possibles les lois et le droit

Explication

Cicéron attribue à la parole le pouvoir de rassembler les hommes, de les conduire vers la civilisation et de permettre aux États d’établir lois, procédures judiciaires et droit. La séduction des esprits est un autre pouvoir de l’éloquence, l’éducation complète renvoie à l’enkyklios paideía, et la louange du beau caractérise le genre épidictique.

16. Quelle confusion fonde l’idéal gréco-romain qui fait de l’éloquence le plein développement de l’humanité ?

Il confond la faculté humaine du langage avec le talent acquis de l’éloquence.
Il confond le talent acquis de l’éloquence avec une faculté humaine innée.
Il confond la valeur morale de l’orateur avec son aisance à parler.
Il sépare l’éloquence de la faculté humaine du langage.

Il confond la faculté humaine du langage avec le talent acquis de l’éloquence.

Explication

L’idéal gréco-romain traite l’éloquence comme l’aboutissement du langage et confond ainsi une faculté humaine avec un talent acquis. L’aisance innée, la séparation des deux notions et la valeur morale désignent d’autres idées.

17. Un philosophe ne maîtrise pas l’art de bien parler. Selon l’idéal cicéronien, quelle conclusion s’impose ?

Il peut être philosophe sans être éloquent, même si l’idéal associe éloquence et philosophie.
Il correspond à l’idéal dès lors qu’il est philosophe, que son éloquence soit présente ou non.
Il ne peut être philosophe, car la philosophie exige une éloquence accomplie.
Il ne peut être philosophe que s’il maîtrise aussi l’art de convaincre son auditoire.

Il peut être philosophe sans être éloquent, même si l’idéal associe éloquence et philosophie.

Explication

La distinction permet d’être philosophe sans être éloquent, tandis que l’idéal cicéronien n’admet pas l’éloquence sans philosophie. L’exigence d’éloquence pour philosopher inverse cette relation; l’éloquence seule ne suffit pas et convaincre ne remplace pas la philosophie.

18. Un discours impressionne par sa virtuosité, mais défend une cause moralement nuisible. En quel sens peut-on dire qu’il « parle bien » ?

Au sens de son orientation morale, puisque sa virtuosité garantit le Bien.
Au sens de sa valeur morale, indépendamment de la cause défendue.
Au sens de sa conformité au Bien, dès lors que l’auditoire est convaincu.
Au sens de son efficacité technique, sans que cela établisse sa valeur morale.

Au sens de son efficacité technique, sans que cela établisse sa valeur morale.

Explication

« Bien parler » peut désigner la virtuosité technique sans impliquer une orientation morale au service du Bien. Assimiler efficacité et moralité, ou considérer la conviction de l’auditoire comme une preuve de vertu, confond ces deux sens.

19. Quelles sont les trois fonctions du discours distinguées par Quintilien ?

Instruire et informer, distraire et divertir, émouvoir.
Instruire et informer, plaire et charmer, émouvoir.
Instruire et informer, plaire et charmer, persuader.
Délibérer et conseiller, plaire et charmer, émouvoir.

Instruire et informer, plaire et charmer, émouvoir.

Explication

Quintilien distingue docere, qui consiste à instruire et informer, delectare, à plaire et charmer, et movere, à émouvoir. Persuader, divertir et délibérer ne remplacent pas ces trois fonctions dans cette classification.

20. Un orateur captive une personne par son discours, sans recourir à la force physique. Quel mécanisme caractérise cette séduction ?

Une contrainte physique exercée sur le corps
Une transmission neutre de faits à l’auditoire
Une démonstration logique fondée sur des preuves
Un pouvoir irrationnel exercé sur la conscience

Un pouvoir irrationnel exercé sur la conscience

Explication

La séduction charme ou captive en exerçant un pouvoir irrationnel sur la conscience. La contrainte physique agit sur le corps, tandis qu’une démonstration logique ou une transmission neutre ne caractérisent pas ce mécanisme.

21. Une auditrice se laisse entraîner par un discours persuasif et adopte une décision qu’elle n’aurait pas prise autrement. Quelle analyse rend compte du caractère paradoxal de cette séduction ?

Elle est une contrainte qui fonctionne avec l’adhésion de l’auditrice
Elle est une contrainte qui s’impose sans l’adhésion de l’auditrice
Elle exclut la manipulation dès lors que l’auditrice consent
Elle garantit une décision éclairée parce que l’auditrice adhère

Elle est une contrainte qui fonctionne avec l’adhésion de l’auditrice

Explication

La séduction manipule, mais elle dépend paradoxalement de l’adhésion de la personne séduite. L’absence d’adhésion correspondrait à une contrainte différente, et le consentement n’écarte ni la manipulation ni la possibilité d’une décision mal informée.

22. Quelle définition réunit les trois dimensions du populisme décrites par Marc Lazar ?

Une idéologie opposant peuple valorisé et élites corrompues, une stratégie de conquête du pouvoir et une culture du bas face à la culture dominante
Une idéologie opposant peuple valorisé et élites corrompues, une stratégie de conquête du pouvoir et une culture dominante face à la culture du bas
Une idéologie conciliant peuple et élites, une stratégie de partage du pouvoir et une culture dominante face à la culture du bas
Une idéologie opposant peuple valorisé et élites corrompues, une stratégie de retrait du pouvoir et une culture du bas face à la culture dominante

Une idéologie opposant peuple valorisé et élites corrompues, une stratégie de conquête du pouvoir et une culture du bas face à la culture dominante

Explication

Pour Marc Lazar, le populisme combine l’opposition entre peuple valorisé et élites réputées corrompues, une stratégie de conquête du pouvoir et l’expression d’une culture du bas contre la culture dominante. La conciliation, l’inversion culturelle ou le retrait du pouvoir déforment chacune un élément de cette définition.

23. Après un discours divertissant, un auditoire applaudit sans s’être demandé si les affirmations entendues étaient exactes. Quelle distinction cette situation illustre-t-elle ?

Le plaisir du discours peut séduire sans que sa vérité importe à l’auditoire
Le plaisir du discours démontre que son contenu est vrai
La vérité du contenu suffit à expliquer le plaisir de l’auditoire
Un discours agréable ne peut pas séduire sans prouver sa justesse

Le plaisir du discours peut séduire sans que sa vérité importe à l’auditoire

Explication

Le plaisir est un effet du discours sur l’auditoire, tandis que la vérité concerne la justesse de son contenu : l’un ne garantit donc pas l’autre. L’enthousiasme ne prouve pas la vérité, et un propos vrai peut aussi être agréable.

24. Pour distinguer les idéaux du corps et de la parole, quelle association faut-il retenir ?

La vérité pour le corps, la santé pour la parole
La santé pour le corps, la vérité et l’authenticité pour la parole
La beauté pour le corps, la vérité et l’authenticité pour la parole
La santé pour le corps, l’éloquence pour la parole

La santé pour le corps, la vérité et l’authenticité pour la parole

Explication

La santé est présentée comme l’idéal du corps, tandis que la vérité et l’authenticité sont l’idéal de la parole. La beauté et l’éloquence sont des puissances de séduction, non les idéaux correspondants.

25. Dans quel dialogue Platon Socrate explique-t-il et justifie-t-il sa méthode maïeutique auprès de Théétète ?

Le Théétète
Le Lachès
Le Gorgias
La République

Le Théétète

Explication

C’est dans le Théétète que Socrate expose et justifie la maïeutique à Théétète ; le Lachès présente la description de Nicias, tandis que le Gorgias traite notamment de rhétorique.

26. Dans une discussion, Léa approuve une affirmation qu’elle sait fausse, tandis que Marc dissimule une vérité qu’il connaît. Quelle règle finale du Théétète ces deux conduites enfreignent-elles ?

Préserver l’accord des interlocuteurs plutôt que la vérité
Ne pas cacher le faux et ne pas acquiescer au vrai
Éviter les mensonges explicites sans devoir révéler le vrai
Ne pas acquiescer au faux et ne pas cacher le vrai

Ne pas acquiescer au faux et ne pas cacher le vrai

Explication

La règle finale interdit à la fois d’approuver ce qui est faux et de dissimuler ce qui est vrai. Inverser ces conduites confond leurs objets, et viser l’accord ne remplace pas l’exigence de vérité.

27. Comment Platon caractérise-t-il la rhétorique dans le Gorgias (463a-d) ?

Une habileté relevant de la flatterie plutôt que d’un savoir digne de ce nom
Une méthode désintéressée qui examine les opinions politiques
Un savoir véritable qui permet d’établir la vérité des opinions
Une branche de la philosophie consacrée à la recherche du vrai

Une habileté relevant de la flatterie plutôt que d’un savoir digne de ce nom

Explication

Dans le Gorgias, Platon considère la rhétorique comme une habileté qui relève de la flatterie, et non comme un savoir digne de ce nom. La prendre pour un savoir établi ou une méthode de recherche du vrai méconnaît cette distinction.

28. Un conseiller politique présente des opinions incertaines de façon séduisante pour convaincre son public. À quelle paire platonicienne cette pratique correspond-elle ?

Politique et rhétorique
Diététique et cuisine
Philosophie et maïeutique
Beauté et cosmétique

Politique et rhétorique

Explication

La paire politique-rhétorique illustre la présentation avantageuse d’opinions qui ne sont pas nécessairement vraies, en privilégiant l’apparence. La cuisine relève de la paire avec la diététique, et la cosmétique de celle avec la beauté.

29. Quelle différence distingue la position de Socrate de celle des Sophistes à propos de la vérité ?

Socrate tient toute vérité pour relative, tandis que les Sophistes recherchent une vérité commune.
Socrate doute qu’une vérité existe, tandis que les Sophistes affirment qu’elle s’impose à tous.
Socrate ne prétend pas posséder la vérité, mais croit qu’une vérité existe à rechercher ; les Sophistes sont relativistes.
Socrate et les Sophistes reconnaissent une vérité unique, mais divergent sur la façon de l’enseigner.

Socrate ne prétend pas posséder la vérité, mais croit qu’une vérité existe à rechercher ; les Sophistes sont relativistes.

Explication

Socrate distingue le fait de ne pas posséder la vérité de la conviction qu’une vérité est à rechercher. Le « relativisme socratique » confond ignorance et relativisme, la « vérité commune des Sophistes » inverse leurs positions, et le « doute sur l’existence » confond absence de possession et inexistence.

30. Quelle formule exprime la conviction relativiste associée à Protagoras ?

« Le savoir transmis est la mesure de toutes choses. »
« L’homme est la mesure de toutes choses. »
« Le discours est la mesure de toutes les vérités. »
« La vérité commune est la mesure de chaque homme. »

« L’homme est la mesure de toutes choses. »

Explication

La formule de Protagoras fait de l’homme la mesure des choses, ce qui correspond à la conviction relativiste sophistique. La « vérité commune » et le « savoir transmis » introduisent des principes différents, tandis que « le discours » déplace le sujet de la formule.

31. Un orateur défend une opinion en cherchant surtout à la rendre plus persuasive que les opinions concurrentes, sans établir qu’elle est objectivement vraie. Quelle conception du discours illustre-t-il ?

Une transmission de savoir où la compétence prouvée prime sur l’apparence.
Une enquête commune où la vérité objective prime sur l’effet produit.
Une recherche de victoire persuasive où la vraisemblance prime sur la vérité objective.
Une réfutation méthodique où l’examen du vrai prime sur l’opinion.

Une recherche de victoire persuasive où la vraisemblance prime sur la vérité objective.

Explication

Dans la conception sophistique décrite, le discours cherche à faire triompher un point de vue par sa force persuasive, et la vraisemblance prend le pas sur la vérité objective. La « vérité objective » confond persuasion et démonstration, la « recherche commune » relève de la démarche dialogique, et la « réfutation méthodique » renvoie à l’examen socratique.

32. Quelle attitude Socrate dit-il adopter lorsque ses propos sont faux et lorsqu’autrui soutient une idée fausse ?

Il préfère défendre ses propos et laisser les idées d’autrui sans examen.
Il cherche à réfuter autrui, mais considère sa propre réfutation comme un échec.
Il accepte d’être réfuté, mais évite de contester les idées fausses d’autrui.
Il se réjouit d’être réfuté et prend aussi plaisir à réfuter ce qui est faux chez autrui.

Il se réjouit d’être réfuté et prend aussi plaisir à réfuter ce qui est faux chez autrui.

Explication

Socrate affirme apprécier les deux démarches : être réfuté quand il se trompe et réfuter ce qui est faux chez autrui. La « réfutation humiliante » inverse son attitude, le « refus de réfuter » supprime l’un des deux plaisirs, et la « défense de ses propos » écarte l’examen de ses propres erreurs.

33. Pourquoi Socrate juge-t-il plus avantageux d’être réfuté que de réfuter autrui ?

Parce qu’être réfuté permet de conserver ses opinions sans les réexaminer.
Parce que réfuter autrui donne davantage de pouvoir sur l’interlocuteur.
Parce qu’être réfuté permet de se débarrasser soi-même du pire des maux : une fausse idée.
Parce que réfuter autrui suffit à établir la vérité de sa propre position.

Parce qu’être réfuté permet de se débarrasser soi-même du pire des maux : une fausse idée.

Explication

Pour Socrate, être détrompé libère soi-même d’une fausse idée, qu’il considère comme le pire des maux, et représente donc un avantage supérieur. Le « pouvoir sur l’interlocuteur » confond recherche et victoire, la « conservation des opinions » contredit l’intérêt de la réfutation, et la « vérité de sa propre position » n’est pas garantie par le fait de réfuter autrui.

34. Deux personnes échangent des paroles qui circulent entre elles afin d’examiner une question. Quel aspect définit ici le dialogue ?

Une confrontation où chacun cherche à l’emporter sur l’autre.
Un usage de la parole qui circule entre au moins deux personnes.
Une réflexion menée par une personne sans échange verbal.
Une prise de parole destinée à convaincre un auditoire silencieux.

Un usage de la parole qui circule entre au moins deux personnes.

Explication

Le dialogue est un usage du logos — la parole — qui circule « entre, à travers » au moins deux personnes. La « parole devant un auditoire » décrit plutôt un discours, le « monologue intérieur » ne comporte pas d’échange entre personnes, et la « confrontation victorieuse » confond dialogue et combat.

35. Lors d’une discussion, deux participants cherchent ensemble à vérifier leurs idées plutôt qu’à remporter le débat. Quelle orientation correspond au dialogue socratique ?

Collaborer à la recherche de la vérité plutôt que s’affronter pour gagner.
Présenter chacun son opinion sans entreprendre d’examen commun.
Accepter l’opinion de l’autre afin d’éviter tout désaccord.
Défendre sa position jusqu’à obtenir la victoire sur l’interlocuteur.

Collaborer à la recherche de la vérité plutôt que s’affronter pour gagner.

Explication

Le dialogue socratique fait des participants des partenaires dans une recherche de la vérité, et non des adversaires visant la victoire. La « concession automatique » n’est pas une recherche commune, la « victoire sur l’interlocuteur » est précisément l’attitude écartée, et la « présentation sans examen » ne comporte pas de collaboration.

36. Lors d’un débat, une personne examine les définitions et les enchaînements d’idées afin d’établir ce qui est vrai et d’accéder à un savoir. Quelle démarche emploie-t-elle ?

La dialectique du philosophe
La rhétorique du sophiste
La vraisemblance du sophiste
La persuasion affective du sophiste

La dialectique du philosophe

Explication

La dialectique sert au philosophe à dire le vrai et à accéder à des savoirs. La prise de pouvoir renvoie à la rhétorique, la persuasion affective aux procédés du sophiste, et la vraisemblance à l’apparence de vérité.

37. Dans une assemblée, un orateur cherche à obtenir l’adhésion en suscitant la peur et en renforçant les croyances du public plutôt qu’en développant des arguments. Quelle démarche adopte-t-il ?

La persuasion propre au sophiste
La conviction raisonnée du philosophe
La recherche dialectique du philosophe
La vérité travaillée par le philosophe

La persuasion propre au sophiste

Explication

Le sophiste cherche à persuader en jouant sur les affects et les croyances, tandis que le philosophe vise à convaincre par des raisons et des arguments. La dialectique concerne la recherche du vrai, et le vraisemblable l’apparence de vérité.

38. Deux intervenants défendent des opinions opposées : l’un veut examiner ce qui est vrai, tandis que l’autre cherche surtout à faire paraître son opinion plus crédible que celle de son adversaire. Quelle distinction caractérise le second intervenant ?

Il recherche une vérité qu’il faut travailler
Il privilégie la vraisemblance et l’apparence de vérité
Il convainc par des raisons et des arguments
Il établit le vrai par l’examen dialectique

Il privilégie la vraisemblance et l’apparence de vérité

Explication

Le sophiste privilégie la vraisemblance, c’est-à-dire l’apparence de vérité de son opinion, tandis que le philosophe recherche une vérité à travailler. L’examen dialectique et la conviction par arguments relèvent de la démarche philosophique.

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Quelle idée reçue concerne l’efficacité de la parole ?

Elle est souvent considérée comme du « vent » inefficace.

Quels effets les pouvoirs de la parole peuvent-ils produire ?

Ils peuvent changer le monde ou influencer la conscience d’autrui.

Au sens large, que désigne le langage ?

Tout code ou système de signes utilisé pour communiquer.

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