QCM : Épistémologie des sciences (36 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel est l’objet général de l’épistémologie ?

L’étude des formes de connaissance humaine indépendamment des sciences
L’étude des lois naturelles que les scientifiques cherchent à découvrir
L’étude des méthodes propres à une discipline sans examen de ses résultats
L’étude des sciences, de leur nature et de la manière dont elles doivent être pratiquées

L’étude des sciences, de leur nature et de la manière dont elles doivent être pratiquées

Explication

L’épistémologie interroge les sciences, leur fonctionnement et la manière dont elles devraient être. L’étude générale des modes de connaissance ne correspond pas ici à la définition retenue de cette discipline.

2. Une chercheuse examine les critères par lesquels sa propre discipline valide ses résultats. De quel type d’épistémologie s’agit-il ?

D’une épistémologie interne, centrée sur la validation des résultats de la discipline étudiée
D’une épistémologie externe, centrée sur le fonctionnement d’une discipline distincte
D’une épistémologie normative, centrée sur la description des pratiques effectivement suivies
D’une épistémologie descriptive, centrée sur la formulation de critères de scientificité

D’une épistémologie interne, centrée sur la validation des résultats de la discipline étudiée

Explication

L’épistémologie interne étudie la manière dont une discipline valide ses propres résultats. L’épistémologie externe concerne le fonctionnement d’une autre discipline, et non celui de la discipline examinée elle-même.

3. Une étude décrit les pratiques scientifiques telles qu’elles se déroulent réellement, sans établir de critères pour les évaluer. Quelle approche adopte-t-elle ?

Une approche externe, qui examine le fonctionnement d’une autre discipline
Une approche interne, qui valide les résultats propres à une discipline
Une approche descriptive, qui rend compte des pratiques réelles de la science
Une approche normative, qui prescrit les critères d’une science bien conduite

Une approche descriptive, qui rend compte des pratiques réelles de la science

Explication

L’épistémologie descriptive décrit la façon dont la science se fait effectivement. L’approche normative, contrairement à cette description, formule des critères sur la manière de faire une bonne science.

4. Quelle conception de la science Francis Bacon défend-il en l’associant à l’observation ?

Une analyse du sens des actions humaines destinée à remplacer l’étude des causes naturelles
Une contemplation de la nature sans visée pratique ni rapport avec le progrès humain
Une recherche de principes abstraits destinée à expliquer le monde avant l’observation des faits
Une démarche d’observation visant à améliorer la vie humaine et à favoriser le progrès moderne

Une démarche d’observation visant à améliorer la vie humaine et à favoriser le progrès moderne

Explication

Bacon associe l’observation scientifique à l’amélioration de la vie humaine et à un progrès orienté vers la modernité. La recherche de principes abstraits caractérise plutôt l’âge métaphysique dans la distinction de Comte.

5. Dans le modèle de Comte, une explication s’appuie sur des faits observés et des lois : à quel âge appartient-elle ?

À l’âge métaphysique, qui explique le monde par des principes abstraits
À l’âge scientifique ou positif, qui explique le monde par les faits et les lois
À l’âge théologique, qui explique le monde par des volontés surnaturelles
À l’âge de la compréhension, qui explique les actions par le sens que leur donnent les individus

À l’âge scientifique ou positif, qui explique le monde par les faits et les lois

Explication

L’âge scientifique ou positif de Comte s’appuie sur des faits observés et sur des lois. L’âge métaphysique invoque des principes abstraits plutôt que ce type d’explication fondée sur l’observation.

6. Un chercheur cherche le sens que des individus donnent à leurs actions plutôt que les lois qui les causent. Quelle démarche privilégie-t-il ?

Expliquer, en établissant les lois et les relations causales qui produisent les actions
Généraliser, en transformant des faits singuliers en lois universelles
Comprendre, en recherchant le sens que les individus donnent à leurs actions
Observer, en recensant des faits sans chercher le sens des actions

Comprendre, en recherchant le sens que les individus donnent à leurs actions

Explication

Comprendre consiste à rechercher le sens attribué par les individus à leurs actions. Expliquer vise plutôt à établir des lois et des relations causales.

7. Un chercheur part de plusieurs observations particulières pour élaborer une théorie générale. Quel raisonnement met-il en œuvre ?

L’induction, qui va des faits singuliers vers une théorie générale
L’explication, qui établit des relations causales entre des phénomènes
La déduction, qui va de prémisses vers une conclusion particulière
La compréhension, qui recherche le sens donné aux actions

L’induction, qui va des faits singuliers vers une théorie générale

Explication

L’induction part de l’observation de faits singuliers pour construire une théorie générale. La déduction suit le sens inverse du raisonnement décrit ici, en partant de prémisses pour aboutir à une conclusion.

8. Pour soutenir une généralisation inductive sur un phénomène, quelle démarche d’observation est la plus appropriée ?

Examiner assez de cas, éviter de varier les conditions et déduire la règle de prémisses générales
Examiner quelques cas similaires, répéter les observations dans les mêmes conditions et retenir la règle
Examiner de nombreux cas, varier les conditions et accepter des observations contraires à la règle
Examiner assez de cas, répéter les observations dans des conditions variées et ne relever aucune réfutation

Examiner assez de cas, répéter les observations dans des conditions variées et ne relever aucune réfutation

Explication

Une généralisation inductive requiert un nombre suffisant de cas, des répétitions dans des conditions variées et l’absence d’observation contradictoire. La présence de contre-exemples fragilise la règle au lieu de la confirmer.

9. Quelle difficulté fait partie des critiques de l’induction attribuées à Russell ?

La possibilité de déterminer sans difficulté le nombre d’observations nécessaire
La certitude que les observations futures reproduiront les régularités déjà constatées
L’incertitude quant à la ressemblance des observations futures avec les cas déjà observés
La séparation nette entre les propositions théoriques et les propositions empiriques

L’incertitude quant à la ressemblance des observations futures avec les cas déjà observés

Explication

L’induction est critiquée parce que les observations futures restent incertaines et pourraient contredire les cas passés. La séparation entre propositions théoriques et empiriques est associée à la position discutée par Claude Bernard, et non à cette critique attribuée à Russell.

10. Lorsqu’un scientifique observe un fait, quelle position Claude Bernard défend-il ?

Observer implique d’interpréter, et un fait scientifique est une interprétation admise en commun
Observer consiste à recueillir des faits neutres, séparés des propositions théoriques
Observer revient à appliquer des lois établies sans interpréter les phénomènes étudiés
Observer produit des faits scientifiques valables sans accord entre les chercheurs

Observer implique d’interpréter, et un fait scientifique est une interprétation admise en commun

Explication

Claude Bernard soutient que l’observation comporte une interprétation et qu’un fait scientifique est une interprétation communément admise. La conception d’observations neutres et radicalement séparées de la théorie contredit cette position.

11. Quelle position caractérise l’empirisme logique du Cercle de Vienne ?

Une théorie est scientifique si elle résiste aux tentatives de réfutation, même sans lien avec l’observation.
Un énoncé n’a de sens scientifique que s’il peut être soumis à l’observation, et le langage de la physique doit unifier les sciences.
Les sciences progressent en protégeant leurs hypothèses centrales grâce à des explications adaptées après coup.
Les énoncés scientifiques tirent leur sens de leur cohérence avec les convictions du chercheur.

Un énoncé n’a de sens scientifique que s’il peut être soumis à l’observation, et le langage de la physique doit unifier les sciences.

Explication

Le Cercle de Vienne associe le sens scientifique à la possibilité d’observation et défend l’unification des sciences par le langage de la physique. La résistance à la réfutation renvoie plutôt au critère poppérien de falsifiabilité.

12. Comment la falsifiabilité permet-elle à Popper de distinguer une théorie scientifique ?

Elle exige que la théorie puisse être contredite par une observation possible.
Elle exige que la théorie soit confirmée par toutes les observations disponibles.
Elle mesure la capacité de la théorie à unifier le langage des disciplines scientifiques.
Elle garantit que les hypothèses centrales de la théorie resteront inchangées.

Elle exige que la théorie puisse être contredite par une observation possible.

Explication

Une théorie est falsifiable si une observation pourrait la contredire, ce qui constitue pour Popper un critère de démarcation scientifique. La confirmation par les observations ne suffit pas à définir ce critère.

13. Une équipe considère ses résultats comme provisoires et révise une théorie lorsque des observations la mettent en difficulté. Quelle conception de la science cela illustre-t-il chez Popper ?

La science progresse en écartant toute théorie qui n’unifie pas le langage des disciplines.
La science progresse en accumulant des confirmations qui établissent définitivement ses théories.
La science progresse en préservant ses hypothèses de base et en ajustant les faits observés.
La science progresse par conjectures et erreurs, sans établir définitivement la vérité d’une théorie.

La science progresse par conjectures et erreurs, sans établir définitivement la vérité d’une théorie.

Explication

Pour Popper, les théories sont des conjectures révisables et la science avance par essai et erreur. L’accumulation de confirmations ne permet pas d’établir qu’une théorie est définitivement vraie.

14. Dans un programme de recherche de Lakatos, que désigne le noyau dur ?

Les observations nouvelles, utilisées pour remplacer les principes centraux.
Les hypothèses auxiliaires, ajustées pour accommoder de nouveaux résultats.
Les explications après coup, ajoutées pour défendre la théorie face aux difficultés.
Les hypothèses de base communes, préservées pour rester dans le programme.

Les hypothèses de base communes, préservées pour rester dans le programme.

Explication

Le noyau dur rassemble les hypothèses fondamentales communes aux chercheurs d’un programme et sa modification implique d’en sortir. Les hypothèses auxiliaires forment plutôt la ceinture qui peut être ajustée.

15. Comment distinguer les normes idéales de Merton des écarts observés dans les pratiques scientifiques ?

Les normes valorisent l’universalité et le désintérêt, tandis que les pratiques peuvent inclure quête de crédit, secret et intérêts de carrière.
Les normes valorisent le crédit individuel et le secret, tandis que les pratiques favorisent l’universalité et le désintérêt.
Les normes décrivent les intérêts financiers, tandis que les pratiques scientifiques les remplacent par une neutralité assurée.
Les normes imposent l’indépendance des chercheurs, tandis que les pratiques éliminent les désaccords entre équipes.

Les normes valorisent l’universalité et le désintérêt, tandis que les pratiques peuvent inclure quête de crédit, secret et intérêts de carrière.

Explication

Merton décrit des idéaux tels que l’universalité, la collectivité et le désintéressement, auxquels les pratiques peuvent déroger. Le crédit individuel et le secret sont des exemples d’écarts, non des normes idéales.

16. Pourquoi l’idée d’un paradigme unique s’applique-t-elle difficilement à la sociologie selon Berthelot ?

La discipline étudie des objets qui échappent à toute méthode scientifique commune aux chercheurs.
La discipline a remplacé les débats théoriques par l’étude exclusive des pratiques expérimentales.
La discipline repose sur des normes communes qui empêchent l’apparition de courants théoriques concurrents.
La discipline est fragmentée en courants concurrents qui ne se regroupent pas autour d’un paradigme unique.

La discipline est fragmentée en courants concurrents qui ne se regroupent pas autour d’un paradigme unique.

Explication

Berthelot souligne que la sociologie est fragmentée en courants concurrents, ce qui complique l’application de l’idée d’un paradigme unique. Cette fragmentation ne signifie pas que la discipline renonce à toute méthode scientifique.

17. Quel traitement David Bloor propose-t-il pour comparer les succès et les échecs scientifiques ?

Expliquer les succès par les faits et les échecs par les intérêts des chercheurs.
Les étudier avec les mêmes méthodes et les mêmes outils explicatifs.
Étudier les succès par les méthodes scientifiques et les échecs par la psychologie individuelle.
Réserver les mêmes outils explicatifs aux seuls résultats reconnus comme valides.

Les étudier avec les mêmes méthodes et les mêmes outils explicatifs.

Explication

Le principe de symétrie de Bloor demande d’analyser les succès et les échecs avec les mêmes méthodes et outils explicatifs. Distinguer leurs explications selon que le résultat est reconnu ou non enfreindrait cette symétrie.

18. Un chercheur utilise une théorie stabilisée sans réexaminer son fonctionnement interne. Comment l’approche de Latour qualifie-t-elle cette théorie ?

Un paradigme fragmenté, contesté par les courants concurrents d’une discipline.
Une norme idéale, à laquelle les pratiques scientifiques cherchent à se conformer.
Une boîte noire, mobilisée telle quelle parce qu’elle est acceptée.
Un actant, élément humain ou non humain qui participe à un réseau scientifique.

Une boîte noire, mobilisée telle quelle parce qu’elle est acceptée.

Explication

Une boîte noire est une théorie stabilisée et acceptée dont le fonctionnement interne n’est plus réexaminé lorsqu’on la mobilise. Un actant désigne plutôt un élément humain ou non humain participant à un réseau scientifique.

19. Un comportement paraît inexplicable lorsqu’on l’observe isolément, mais devient compréhensible une fois examinée la situation où il survient. Quelle idée de Watzlawick cela illustre-t-il ?

Il faut réduire le champ d’observation afin d’isoler le message transmis.
Il faut élargir le champ d’observation afin d’inclure le contexte du phénomène.
Il faut considérer le silence comme une absence de communication dans le contexte.
Il faut étudier les signes corporels indépendamment de la situation d’interaction.

Il faut élargir le champ d’observation afin d’inclure le contexte du phénomène.

Explication

Pour Watzlawick, un phénomène reste incompréhensible tant que l’observation n’inclut pas son contexte. Réduire l’analyse au message isolé risque précisément de négliger le contexte nécessaire à son interprétation.

20. Quelle distinction oppose le modèle télégraphique de Shannon au modèle orchestral de Palo Alto ?

Le premier analyse le contexte d’interaction, tandis que le second réduit la communication à un message transmis.
Le premier porte sur la rétroaction du système, tandis que le second explique son retour à un état d’équilibre.
Le premier étudie une situation globale de participation, tandis que le second décrit paroles et signes corporels réunis.
Le premier représente une transmission entre deux points, tandis que le second étudie une situation globale de participation.

Le premier représente une transmission entre deux points, tandis que le second étudie une situation globale de participation.

Explication

Le modèle télégraphique représente le trajet d’un message entre deux points, alors que le modèle orchestral considère une situation de communication globale, avec paroles et signes corporels. Le modèle orchestral ne se réduit donc pas à une simple transmission entre un émetteur et un destinataire.

21. Lors d’un échange, une personne reste silencieuse tandis que les autres attendent une réaction. Que signifie l’axiome de Palo Alto dans cette situation ?

Le silence transmet un message uniquement si les autres participants l’interprètent ainsi.
Le silence participe à la communication, car on ne peut pas ne pas communiquer en interaction.
Le silence relève de la rétroaction seulement s’il modifie durablement l’équilibre du système.
Le silence suspend la communication jusqu’à ce qu’un message verbal soit formulé.

Le silence participe à la communication, car on ne peut pas ne pas communiquer en interaction.

Explication

L’axiome de Palo Alto affirme que toute situation d’interaction communique, y compris le silence. L’absence de parole ne suspend donc pas la communication entre les participants.

22. Laquelle de ces catégories regroupe les paradoxes étudiés dans le cadre de Palo Alto ?

Les paradoxes de l’observation, les conflits de paradigmes et les paradoxes de validation scientifique.
Les paradoxes logico-mathématiques, les définitions paradoxales et les paradoxes pragmatiques liés à la double contrainte.
Les paradoxes de transmission, les erreurs d’encodage et les paradoxes de rétroaction liés à l’équilibre.
Les paradoxes du silence, les règles de prise de parole et les paradoxes de signification des gestes.

Les paradoxes logico-mathématiques, les définitions paradoxales et les paradoxes pragmatiques liés à la double contrainte.

Explication

Les catégories étudiées comprennent les paradoxes logico-mathématiques, les définitions paradoxales et les paradoxes pragmatiques associés à la double contrainte. Les erreurs d’encodage et l’équilibre du système ne constituent pas la classification visée.

23. Quelle distinction oppose la communication télégraphique à la communication orchestrale ?

La première analyse les gestes culturels, tandis que la seconde étudie les définitions paradoxales.
La première décrit les postures individuelles, tandis que la seconde se limite aux paroles échangées.
La première considère la rétroaction entre interlocuteurs, tandis que la seconde transmet un message sans contexte.
La première transmet un message d’un point à un autre, tandis que la seconde considère l’ensemble de la situation d’interaction.

La première transmet un message d’un point à un autre, tandis que la seconde considère l’ensemble de la situation d’interaction.

Explication

La communication télégraphique est conçue comme la transmission d’un message d’un point à un autre, alors que l’approche orchestrale inclut la situation, la parole et les signes corporels. La rétroaction et le contexte relèvent de l’approche systémique, mais ne définissent pas à eux seuls la distinction entre ces deux modèles.

24. Dans l’approche systémique de Palo Alto, quels éléments sont essentiels pour étudier une communication ?

Le contexte, les interactions et la rétroaction entre les participants.
Les définitions paradoxales, les règles formelles et les contradictions logiques.
Le message transmis, son codage et son point de destination.
Les gestes culturels, les postures et les caractéristiques individuelles.

Le contexte, les interactions et la rétroaction entre les participants.

Explication

L’approche systémique de Palo Alto étudie la communication en tenant compte du contexte, des interactions et de la rétroaction. Le codage et la destination d’un message correspondent davantage à une conception centrée sur la transmission.

25. Dans une interaction, comment comprendre l’idée qu’on ne peut pas ne pas communiquer ?

Une communication existe uniquement lorsqu’un message est formulé explicitement.
Même le silence peut communiquer quelque chose dans la situation.
Le silence interrompt la communication jusqu’à la reprise de la parole.
Seuls les gestes rendent le silence interprétable par les participants.

Même le silence peut communiquer quelque chose dans la situation.

Explication

L’énoncé signifie que tout comportement en situation d’interaction peut communiquer, y compris le silence. Considérer le silence comme une interruption suppose à tort que seule la parole transmet quelque chose.

26. Quelle différence distingue les paradoxes logico-mathématiques des paradoxes pragmatiques en communication ?

Les premiers désignent des silences ambigus, tandis que les seconds correspondent à des rétroactions inattendues.
Les premiers décrivent des contradictions dans les gestes, tandis que les seconds opposent la parole aux signes corporels.
Les premiers reposent sur le contexte d’une interaction, tandis que les seconds concernent la transmission d’un message.
Les premiers sont liés à des définitions paradoxales, tandis que les seconds comprennent des situations comme la double contrainte.

Les premiers sont liés à des définitions paradoxales, tandis que les seconds comprennent des situations comme la double contrainte.

Explication

Les paradoxes logico-mathématiques sont liés à des définitions paradoxales, alors que les paradoxes pragmatiques peuvent prendre la forme d’une double contrainte. Le contexte et la rétroaction sont des éléments importants de l’approche systémique, mais ne constituent pas cette distinction.

27. Pourquoi une trace ne constitue-t-elle pas, à elle seule, une preuve transparente du passé ?

Parce qu’elle reflète directement le passé, mais doit être datée avant toute utilisation.
Parce que sa valeur dépend principalement du statut officiel de l’organisme qui l’a produite.
Parce qu’elle ne prend sens qu’en étant comparée à un témoignage oral contemporain.
Parce qu’elle doit être interprétée et que tout document résulte d’une sélection et d’un tri.

Parce qu’elle doit être interprétée et que tout document résulte d’une sélection et d’un tri.

Explication

Une trace prend sens grâce au travail d’interprétation du chercheur, et un document est toujours le produit d’une sélection et d’un tri. Le statut officiel d’un document ne garantit pas que son contenu soit transparent ou complet.

28. Que permet de conclure l’absence d’une trace lorsqu’on étudie un fait passé ?

Elle prouve que les traces conservées ont été sélectionnées pour contredire les témoignages.
Elle indique que le fait est impossible à interpréter tant qu’une trace matérielle n’est pas retrouvée.
Elle ne suffit pas à prouver que le fait n’a pas eu lieu, car les traces s’expriment au présent.
Elle établit que le fait n’a pas eu lieu, dès lors qu’aucun document contemporain ne le mentionne.

Elle ne suffit pas à prouver que le fait n’a pas eu lieu, car les traces s’expriment au présent.

Explication

Les traces témoignent du passé tout en s’exprimant au présent, et l’absence d’une trace ne prouve pas l’absence du fait. Conclure à l’inexistence du fait à partir d’un document manquant confond absence de preuve et preuve d’absence.

29. Que doit prendre en compte une description épaisse pour rendre compte de la construction de la réalité sociale ?

Les attentes des lecteurs, la diffusion des rumeurs, les peurs collectives et les canaux de communication.
Les registres de discours, les interactions, les tensions et les jeux de miroir entre groupes d’acteurs.
Les témoignages individuels, les preuves matérielles, les catégories juridiques et les décisions officielles.
Les faits rapportés, les dates vérifiables, les documents conservés et leur ordre chronologique.

Les registres de discours, les interactions, les tensions et les jeux de miroir entre groupes d’acteurs.

Explication

La description épaisse examine les registres de discours, les interactions, les tensions et les jeux de miroir entre groupes d’acteurs. L’étude des attentes et des canaux de diffusion concerne plutôt les conditions de succès des rumeurs.

30. Selon Marc Bloch, pourquoi une rumeur peut-elle se diffuser avec succès sans fait avéré à son origine ?

Elle correspond aux attentes ou aux peurs et circule dans une communication faible, orale et segmentée.
Elle présente une explication technique qui résout les contradictions des récits disponibles.
Elle est diffusée par des groupes dont les échanges sont continus et largement documentés.
Elle s’appuie sur un document officiel dont le contenu est confirmé par plusieurs témoins.

Elle correspond aux attentes ou aux peurs et circule dans une communication faible, orale et segmentée.

Explication

Pour Marc Bloch, une rumeur peut réussir sans élément factuel initial si elle correspond aux attentes ou aux peurs et se propage dans une communication faible, orale et segmentée. Un document officiel n’est pas une condition nécessaire à son succès.

31. Que désigne le « témoignage monumentaire » proposé par Renaud Dulong ?

La dimension d’un document daté et situé qui permet d’établir précisément la chronologie d’un événement.
La valeur d’un récit qui confirme les faits par des éléments matériels indépendants du témoin.
La dimension d’un témoignage qui dépasse le récit des faits, éclaire la signification de l’événement et interpelle le lecteur.
La fonction d’un monument qui conserve publiquement la mémoire d’un événement historique.

La dimension d’un témoignage qui dépasse le récit des faits, éclaire la signification de l’événement et interpelle le lecteur.

Explication

Le témoignage monumentaire désigne ce qui, dans un témoignage, dépasse le simple récit des faits pour ouvrir sur la signification de l’événement et interpeller le lecteur. La datation et la localisation caractérisent le document, mais ne définissent pas cette notion.

32. Comment le négationnisme détourne-t-il l’exigence de preuve ?

Il confronte les témoignages aux données disponibles et suspend son jugement lorsque les preuves manquent.
Il écarte les témoignages comme subjectifs, puis invoque le manque de données factuelles pour servir une idéologie.
Il accepte les témoignages, mais conteste leur portée lorsqu’ils ne précisent pas le contexte de diffusion.
Il distingue les registres de preuve afin de vérifier séparément les récits et les éléments matériels.

Il écarte les témoignages comme subjectifs, puis invoque le manque de données factuelles pour servir une idéologie.

Explication

Le négationnisme disqualifie les témoignages en les qualifiant de subjectifs, puis s’appuie sur l’insuffisance des données factuelles, souvent manquantes, pour confirmer une idéologie. Une démarche qui confronte les témoignages aux données et suspend son jugement ne correspond pas à ce détournement.

33. Qu’est-ce qui caractérise une théorie du complot dans son explication de l’état du monde et de son histoire ?

Elle les rattache à des décisions publiques documentées.
Elle les explique par des transformations économiques visibles.
Elle les présente comme le résultat de facteurs naturels indépendants.
Elle les attribue à l’action de groupes discrets ou secrets.

Elle les attribue à l’action de groupes discrets ou secrets.

Explication

Une théorie du complot interprète l’état du monde et son histoire à partir de l’action de groupes discrets ou secrets. Une explication fondée sur des décisions publiques documentées ne correspond pas à cette caractéristique centrale.

34. Quels sont les trois éléments que le discours conspirationniste comporte selon Alejandro Romero Reche ?

La distinction des cas particuliers, une structure superficielle et le rejet de tout doute.
La spécialisation, des événements sans structure et une adhésion constante aux sources.
La généralisation, des causes immédiatement observables et une confiance durable dans les sources.
La généralisation, une structure profonde du monde et un doute persistant à son sujet.

La généralisation, une structure profonde du monde et un doute persistant à son sujet.

Explication

Alejandro Romero Reche associe ce discours à la généralisation, à l’affirmation d’une structure profonde du monde et au doute persistant sur cette structure. La confiance durable dans les sources ne fait pas partie des trois éléments décrits.

35. Lorsqu’une dissertation est en préparation, quelle démarche articule l’analyse du sujet, la problématique et la construction du devoir ?

Construire un plan à partir d’exemples, rédiger la conclusion, puis définir le sujet à partir de celle-ci.
Rédiger une introduction générale, retenir un plan en quatre parties, puis traiter les auteurs sans exemple.
Analyser le sujet, formuler une problématique, bâtir un plan en deux ou trois parties, puis rédiger une introduction et une conclusion qui y répondent.
Choisir d’abord les auteurs, rédiger le développement, puis ajouter une problématique sans modifier le plan.

Analyser le sujet, formuler une problématique, bâtir un plan en deux ou trois parties, puis rédiger une introduction et une conclusion qui y répondent.

Explication

La démarche commence par l’analyse du sujet et la formulation d’une problématique, qui guide un plan de deux ou trois parties ainsi que l’introduction et la conclusion. Choisir les auteurs avant d’établir la problématique inverse cette logique.

36. Pour mobiliser efficacement un auteur dans une dissertation, quels éléments faut-il associer à son nom ?

Sa biographie, la liste de ses œuvres et une citation sans commentaire.
Son idée centrale, plusieurs citations et une comparaison avec chaque autre auteur.
Son idée centrale, un exemple qui l’illustre et une limite à prendre en compte.
Un exemple lié au sujet, une opinion personnelle et une réfutation de son œuvre.

Son idée centrale, un exemple qui l’illustre et une limite à prendre en compte.

Explication

La méthode demande de présenter l’idée centrale de l’auteur, de l’accompagner d’un exemple et d’en préciser une limite. Une citation ou une biographie ne remplace pas ces trois éléments.

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Qu’est-ce que l’épistémologie ?

La discipline qui interroge les sciences, leur nature et ce qu’elles doivent être.

Que valide l’épistémologie interne au sein d’une discipline ?

Les résultats propres à cette discipline.

À quoi s’intéresse l’épistémologie externe ?

Au fonctionnement d’une autre discipline.

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