QCM : État, justice et liberté (25 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle distinction sépare une loi scientifique d’une loi prescriptive ?

La loi scientifique impose une conduite, tandis que la loi prescriptive explique un phénomène naturel.
La loi scientifique exprime une préférence individuelle, tandis que la loi prescriptive formule une relation universelle.
La loi scientifique décrit un phénomène et son mécanisme, tandis que la loi prescriptive indique une conduite à suivre.
La loi scientifique règle les rapports sociaux, tandis que la loi prescriptive mesure les propriétés des corps.

La loi scientifique décrit un phénomène et son mécanisme, tandis que la loi prescriptive indique une conduite à suivre.

Explication

Une loi scientifique décrit un phénomène et son mécanisme de façon universelle et nécessaire, alors qu’une loi prescriptive commande une conduite. Confondre les deux revient à attribuer à la loi scientifique une fonction normative qu’elle n’a pas.

2. Dans quelle situation une personne exerce-t-elle sa liberté au sens général ?

Elle obtient le résultat souhaité malgré l’absence de choix personnel.
Elle agit selon une règle imposée sans pouvoir la remettre en question.
Elle choisit une action et peut la réaliser sans contrainte.
Elle obéit à une décision extérieure qui détermine son comportement.

Elle choisit une action et peut la réaliser sans contrainte.

Explication

La liberté désigne le pouvoir de choisir et d’agir sans contrainte. Obéir à une décision extérieure qui détermine le comportement ne correspond pas à cette définition.

3. À quoi sert l’état de nature dans la réflexion de Hobbes ?

À expliquer comment les hommes ont progressivement abandonné toute forme de pouvoir politique.
À décrire une période historique attestée durant laquelle les hommes ont fondé leurs premières sociétés.
À construire intellectuellement une situation sans société pour examiner ce que l’État apporte aux hommes.
À présenter une société primitive où des lois communes garantissaient déjà la sécurité des individus.

À construire intellectuellement une situation sans société pour examiner ce que l’État apporte aux hommes.

Explication

L’état de nature est une construction intellectuelle qui permet d’interroger les effets de l’État en imaginant l’homme sans société. Le prendre pour un récit historique de l’entrée des hommes en société est une confusion.

4. Pourquoi Hobbes considère-t-il les hommes comme naturellement égaux ?

Les lois naturelles accordent à chaque personne les mêmes aptitudes et les mêmes biens.
Les différences de force physique peuvent être compensées par la ruse et les alliances.
Les hommes sont égaux parce qu’ils renoncent spontanément à toute rivalité.
Les individus disposent tous d’une force physique équivalente dès leur naissance.

Les différences de force physique peuvent être compensées par la ruse et les alliances.

Explication

Pour Hobbes, la ruse et les alliances peuvent compenser les différences de force physique, ce qui rend les hommes naturellement égaux. Cette égalité ne signifie pas que leurs capacités physiques sont identiques.

5. Quel droit Hobbes appelle-t-il le droit naturel de chaque individu ?

Le droit de transférer sa puissance à un souverain pour obtenir une sécurité commune.
La liberté d’agir dans les seuls domaines que le souverain a laissés sans réglementation.
Le pouvoir de fixer des règles communes afin de préserver la vie de tous les sujets.
La liberté d’user de sa propre puissance comme il le veut pour préserver sa vie.

La liberté d’user de sa propre puissance comme il le veut pour préserver sa vie.

Explication

Le droit naturel hobbesien est la liberté de chacun d’employer sa propre puissance comme il l’entend afin de préserver sa vie. La liberté dans les domaines non réglés par le souverain relève plutôt de la liberté du sujet dans l’état civil.

6. Dans quelle situation les hommes se trouvent-ils, selon Hobbes, dans un état de guerre ?

Lorsqu’ils rivalisent pour des biens, mais peuvent compter sur une autorité qui assure leur sécurité.
Lorsqu’ils sont en rivalité et se menacent mutuellement au point de ne pouvoir vivre en sécurité.
Lorsqu’ils disposent de puissances différentes, même si leurs relations demeurent pacifiques.
Lorsqu’ils respectent des règles communes qui organisent leurs désaccords sans menaces.

Lorsqu’ils sont en rivalité et se menacent mutuellement au point de ne pouvoir vivre en sécurité.

Explication

L’état de guerre désigne une situation de rivalité et de menace mutuelle dans laquelle les hommes ne peuvent vivre en sécurité. Une rivalité encadrée par une autorité protectrice ne correspond donc pas à cet état.

7. Comment les individus forment-ils l’État selon le contrat social de Hobbes ?

Ils délèguent leur puissance à une assemblée de sujets qui assure la sécurité sans souverain.
Ils concluent chacun un contrat avec le souverain, qui leur transfère ensuite sa propre puissance.
Ils abandonnent toute puissance individuellement, sans accord commun ni autorité chargée de les protéger.
Ils conviennent entre eux de transférer leur puissance à un souverain chargé d’assurer leur sécurité.

Ils conviennent entre eux de transférer leur puissance à un souverain chargé d’assurer leur sécurité.

Explication

Les individus conviennent entre eux de transférer leur puissance à un souverain, qui reçoit leurs forces et assure leur sécurité. La confusion importante consiste à croire que le contrat est conclu entre chaque individu et le souverain.

8. Quelle est la fonction principale du souverain chez Hobbes ?

Rendre les sujets naturellement égaux en supprimant leurs différences physiques.
Assurer la préservation de la vie de ses sujets.
Garantir à chaque sujet le droit naturel d’employer sa puissance sans limite.
Éliminer toute liberté des sujets dans les domaines de la vie civile.

Assurer la préservation de la vie de ses sujets.

Explication

Hobbes attribue au souverain la fonction d’assurer la préservation de la vie de ses sujets. Le droit naturel d’employer sa puissance comme on le veut caractérise l’état de nature, et non la fonction du souverain.

9. Dans l’état civil hobbesien, où la liberté du sujet subsiste-t-elle ?

Dans les domaines que le souverain n’a pas réglés, comme acheter, vendre ou conclure des contrats.
Dans les domaines où le souverain garantit que les sujets n’ont aucune obligation commune.
Dans les domaines où chaque sujet peut remplacer les décisions du souverain par ses propres règles.
Dans tous les domaines, puisque le sujet conserve son droit naturel sans modification.

Dans les domaines que le souverain n’a pas réglés, comme acheter, vendre ou conclure des contrats.

Explication

La liberté civile subsiste dans les domaines laissés sans réglementation par le souverain, notamment les échanges et les contrats. Elle ne se confond pas avec le droit naturel de faire tout ce qui sert à préserver sa vie.

10. Quelle distinction sépare l’absolutisme du totalitarisme quant à l’étendue du pouvoir exercé ?

L’absolutisme concentre un pouvoir fort sans contrôler toute l’existence, tandis que le totalitarisme investit les sphères publique et privée et rejette l’opposition organisée.
L’absolutisme et le totalitarisme limitent leur action à la sphère publique, mais se distinguent par le statut du souverain.
L’absolutisme contrôle les sphères publique et privée, tandis que le totalitarisme concentre un pouvoir fort sans intervenir dans la vie privée.
L’absolutisme admet l’opposition organisée, tandis que le totalitarisme laisse aux individus le choix de leurs lois privées.

L’absolutisme concentre un pouvoir fort sans contrôler toute l’existence, tandis que le totalitarisme investit les sphères publique et privée et rejette l’opposition organisée.

Explication

L’absolutisme concentre fortement le pouvoir sans viser la maîtrise de tous les aspects de l’existence, contrairement au totalitarisme. Confondre l’absolutisme avec le contrôle des sphères publique et privée revient à lui attribuer la caractéristique du totalitarisme.

11. Pourquoi Rousseau distingue-t-il la sécurité de la liberté lorsqu’il examine un pouvoir absolu ?

Parce que tout pouvoir absolu supprime les menaces arbitraires en limitant les choix individuels.
Parce que la liberté consiste à être protégé par un pouvoir qui ne peut être contesté.
Parce qu’un pouvoir absolu peut protéger les sujets tout en les exposant à des menaces arbitraires.
Parce que la sécurité exige que les sujets choisissent eux-mêmes chaque décision du souverain.

Parce qu’un pouvoir absolu peut protéger les sujets tout en les exposant à des menaces arbitraires.

Explication

Pour Rousseau, la sécurité et la liberté ne se confondent pas : un pouvoir absolu peut laisser les sujets exposés à des menaces arbitraires. L’idée qu’un pouvoir incontestable garantirait nécessairement cette liberté néglige précisément le risque arbitraire.

12. Une personne fait ce qui lui plaît, mais reste soumise à la volonté d’un autre : quelle distinction de Rousseau permet d’analyser sa situation ?

Elle dispose de liberté civile, car l’absence de contrainte personnelle équivaut à l’absence de domination.
Elle dispose d’indépendance au sens de faire ce qui lui plaît, mais cette situation ne suffit pas à établir sa liberté.
Elle dispose de liberté morale, car ses actions suivent ses désirs plutôt qu’une loi commune.
Elle dispose de liberté, car faire ce qui lui plaît exclut toute soumission à la volonté d’autrui.

Elle dispose d’indépendance au sens de faire ce qui lui plaît, mais cette situation ne suffit pas à établir sa liberté.

Explication

Rousseau distingue l’indépendance, qui consiste à faire ce qui plaît, de la liberté, qui exclut la soumission à la volonté d’autrui comme sa domination. Assimiler le fait de satisfaire ses désirs à la liberté efface cette distinction.

13. À quoi correspond le contrat social dans la pensée politique de Rousseau ?

À la règle qui répartit les fonctions entre des groupes sociaux sans former de communauté politique.
À l’accord par lequel un souverain promet de protéger des individus déjà constitués en peuple.
À l’acte politique par lequel une communauté se constitue et se donne des lois.
À la décision individuelle de renoncer aux lois communes pour retrouver son indépendance naturelle.

À l’acte politique par lequel une communauté se constitue et se donne des lois.

Explication

Le contrat social est l’acte politique par lequel une communauté se forme et se donne des lois. Il ne se réduit pas à une promesse de protection conclue avec un souverain déjà institué.

14. Dans le pacte social de Rousseau, à qui appartient la souveraineté et sous quelle direction les associés se placent-ils ?

À chaque individu séparément, et les associés se placent sous la direction de leurs volontés particulières.
Au peuple, et les associés se placent sous la direction de la volonté générale.
À un monarque, et les associés se placent sous la direction de sa volonté particulière.
À une assemblée de représentants, et les associés se placent sous la direction de leurs intérêts privés.

Au peuple, et les associés se placent sous la direction de la volonté générale.

Explication

Chez Rousseau, la souveraineté appartient au peuple et les associés sont dirigés par la volonté générale. Attribuer la souveraineté à un monarque reprend une possibilité du souverain hobbesien, et non la thèse rousseauiste visée ici.

15. Quelle association décrit correctement les trois formes de liberté distinguées par Rousseau ?

La liberté naturelle est limitée par les lois civiles, la liberté civile exclut toute règle commune, et la liberté morale consiste à obéir à la volonté d’autrui.
La liberté naturelle est limitée par les forces individuelles, la liberté civile par la volonté générale, et la liberté morale consiste à suivre la loi qu’on s’est prescrite.
La liberté naturelle est limitée par la volonté générale, la liberté civile par les forces individuelles, et la liberté morale consiste à suivre ses passions.
La liberté naturelle consiste à obéir à une loi prescrite par soi, la liberté civile à agir sans limites, et la liberté morale à suivre la volonté générale.

La liberté naturelle est limitée par les forces individuelles, la liberté civile par la volonté générale, et la liberté morale consiste à suivre la loi qu’on s’est prescrite.

Explication

Rousseau différencie ces libertés selon leurs limites et leur principe : les forces de l’individu, la volonté générale et l’obéissance à la loi que l’on s’est prescrite. Inverser les limites de la liberté naturelle et de la liberté civile confond les deux premières notions.

16. Que signifie l’isonomie dans l’organisation juridique d’une société ?

Les individus disposent de droits différents selon leur contribution au pouvoir politique.
La loi s’applique de la même manière à tous, indépendamment de leur statut social.
Les citoyens participent également à l’élaboration des lois, mais leur application dépend de leur statut.
La loi varie selon le rang social, afin d’adapter les obligations à chaque groupe.

La loi s’applique de la même manière à tous, indépendamment de leur statut social.

Explication

L’isonomie désigne l’égalité des individus devant une loi qui s’applique de la même manière quel que soit leur statut social. Une participation égale à la création des lois ne suffit pas à définir l’isonomie si leur application varie ensuite selon le rang.

17. Quelle position Calliclès défend-il dans le Gorgias au sujet des hommes qu’il considère comme les plus forts ?

Ils devraient modérer leurs passions et renoncer à dominer les autres citoyens.
Ils devraient pouvoir dominer la masse et satisfaire leurs passions sans contrainte.
Ils devraient défendre l’égalité devant la loi en répartissant également le pouvoir.
Ils devraient se soumettre aux lois communes afin que la masse conserve le pouvoir.

Ils devraient pouvoir dominer la masse et satisfaire leurs passions sans contrainte.

Explication

Calliclès soutient que les plus forts devraient dominer la masse et satisfaire leurs passions sans contrainte. L’idée qu’ils devraient se soumettre aux lois communes contredit cette défense de leur domination.

18. Une personne respecte une règle parce qu’elle la juge conforme à sa conscience, même si personne ne la surveille. Comment caractériser son rapport à cette règle ?

Comme une menace réciproque entre les individus
Comme une contrainte imposée par une force extérieure
Comme une obligation qu’elle reconnaît comme valable
Comme une sanction qui limite ses choix

Comme une obligation qu’elle reconnaît comme valable

Explication

La personne adhère à la règle en la jugeant conforme à sa conscience : il s’agit d’une obligation, et non d’une simple force subie. La contrainte désigne précisément une règle vécue comme une pression extérieure.

19. Dans l’argument de Hobbes, que rend possible la loi dans une situation où les individus sont menacés les uns par les autres ?

Elle protège la sécurité et rend possible une liberté concrète mais restreinte.
Elle empêche les individus de disposer de toute liberté concrète.
Elle confie la sécurité de chacun à la seule prudence individuelle.
Elle supprime toute menace et garantit une liberté sans limites.

Elle protège la sécurité et rend possible une liberté concrète mais restreinte.

Explication

Pour Hobbes, la loi protège les individus exposés aux menaces réciproques et permet une liberté concrète, quoique limitée. Elle ne supprime pas toute menace et ne garantit donc pas une liberté sans limites.

20. Quelle démarche doit guider une dissertation philosophique lorsqu’elle traite des opinions en présence ?

Choisir immédiatement une opinion et écarter les objections possibles
Examiner les opinions ainsi que les raisons qui les soutiennent
Accumuler des citations sans discuter les thèses qu’elles expriment
Présenter une opinion personnelle en l’illustrant par des exemples

Examiner les opinions ainsi que les raisons qui les soutiennent

Explication

Une dissertation philosophique examine les opinions et les raisons qui les fondent, plutôt que de se limiter à l’expression personnelle. Illustrer une opinion par des exemples ne remplace pas l’examen argumenté des différentes positions.

21. Dans quel ordre l’introduction d’une dissertation philosophique articule-t-elle les étapes essentielles de la réflexion ?

Elle annonce le plan, expose une réponse, définit les termes, puis résume les arguments principaux.
Elle cite une thèse, présente des exemples, choisit une conclusion, puis formule la question générale.
Elle pose la question, définit les termes, construit un problème, formule la problématique et annonce le plan.
Elle définit les termes, résume les parties, expose la conclusion, puis présente le problème rencontré.

Elle pose la question, définit les termes, construit un problème, formule la problématique et annonce le plan.

Explication

L’introduction va de la présentation de la question et de la définition des termes à la construction du problème, puis à la problématique et à l’annonce du plan. Annoncer d’abord le plan et exposer une réponse ne suit pas cette progression.

22. Après avoir cité un philosophe dans une dissertation, que faut-il faire pour intégrer correctement cette référence à l’argumentation ?

Mentionner l’auteur sans préciser le rôle de sa pensée dans le raisonnement
Ajouter d’autres citations sans expliciter leur lien avec l’argument
Réserver l’explication de la citation à la conclusion générale
Commenter la citation immédiatement et développer la référence

Commenter la citation immédiatement et développer la référence

Explication

Une citation doit être commentée juste après avoir été donnée, et une référence philosophique doit être développée. Reporter son explication à la conclusion ne permet pas d’éclairer immédiatement son rôle dans l’argumentation.

23. Quel régime confie le gouvernement à un petit groupe de personnes riches ?

La monarchie
La technocratie
La théocratie
L’oligarchie

L’oligarchie

Explication

L’oligarchie désigne un régime où le gouvernement est confié à un petit groupe de riches. La technocratie confie plutôt le gouvernement à des personnes considérées comme compétentes.

24. Une institution met en œuvre les résolutions publiques sans faire les lois ni juger les différends : à quel pouvoir correspond-elle ?

Au pouvoir législatif
Au pouvoir exécutif
À un pouvoir religieux
Au pouvoir judiciaire

Au pouvoir exécutif

Explication

Le pouvoir exécutif met en œuvre les résolutions publiques, tandis que le législatif fait les lois et que le judiciaire juge les crimes ou les différends. Faire les lois décrit donc le pouvoir législatif, et non la fonction évoquée.

25. Quel danger Montesquieu associe-t-il à la concentration des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire dans les mêmes mains ?

Elle rend le pouvoir judiciaire responsable de l’exécution des résolutions publiques.
Elle prive le pouvoir législatif de la capacité de produire des lois.
Elle confie le gouvernement à des personnes choisies pour leur compétence.
Elle met les individus en danger en réunissant les pouvoirs dans un même homme ou corps.

Elle met les individus en danger en réunissant les pouvoirs dans un même homme ou corps.

Explication

Montesquieu estime que la réunion des trois pouvoirs dans les mains d’un même homme ou d’un même corps met les individus en danger. La difficulté n’est pas que le législatif perde sa fonction de faire les lois, mais que les pouvoirs soient concentrés.

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Que décrit une loi scientifique ?

Un phénomène et son mécanisme de manière universelle et nécessaire.

Qu’indique une loi prescriptive ?

Une conduite à suivre.

Qu’est-ce que la liberté ?

Le pouvoir de choisir et d’agir sans contrainte.

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