L’histoire n’est pas le passé lui-même : elle est une reconstruction élaborée par l’historien à partir de documents et de traces.
L’histoire n’est pas une science exacte, car elle ne produit pas de lois universelles ni d’expériences de laboratoire, mais elle reste rigoureuse et révisable par les pairs.
L’histoire se distingue du roman par son exigence de vérité : l’historien ne peut pas inventer ce que les sources ne permettent pas d’établir. — Henri-Irénée Marrou, De la connaissance historique, 1954
Une affirmation historique n’a une valeur scientifique que si elle repose sur une source vérifiable confrontée à d’autres témoignages indépendants.
Passé vécu ≠ histoire construite
📌 La critique externe examine la matérialité et l’authenticité d’une source, tandis que la critique interne analyse son contenu, ses biais, ses intentions et sa cohérence.
📌 Le principe « témoin unique, témoin nul » signifie qu’un témoignage isolé ne suffit pas à établir scientifiquement une affirmation historique.
Externe puis interne : authentifier, interpréter
★ À maîtriser
📌 Selon Braudel, le temps court des événements politiques ne coïncide pas nécessairement avec le temps long des structures économiques et de la vie quotidienne.
Compléments
📌 La périodisation peut être eurocentrée ou ethnocentrée lorsqu’elle analyse l’histoire mondiale principalement à partir d’un seul point de vue culturel.
Temps court des événements ≠ temps long des structures
📌 Le savoir savant est le savoir produit par la recherche universitaire et les historiens de métier, tandis que le savoir à enseigner est sélectionné et fixé dans les programmes et les manuels.
Savant → à enseigner → enseigné
★ À maîtriser
À 9 ans, l’élève se situe selon Piaget au stade des opérations concrètes, ce qui rend l’abstraction pure du temps long difficile d’accès.
L’élève peut produire spontanément un anachronisme en pensant que les hommes du passé vivaient comme lui.
Compléments
📌 Pour éviter la surcharge et rendre l’histoire compréhensible, l’enseignant doit adapter les documents et les incarner par des récits, des objets concrets ou des figures historiques.
Abstraction difficile → supports concrets et récits incarnés
Les trois finalités de l’histoire scolaire sont:
Les finalités citoyennes utilisent le passé pour éclairer le présent et former un citoyen conscient et éclairé.
Les finalités culturelles construisent un socle commun de repères temporels, de grandes périodes et de connaissances historiques partagées.
Les finalités intellectuelles développent l’esprit critique par le questionnement des sources, l’investigation et le doute scientifique.
CCC : citoyenne, culturelle, critique
Dans l’Antiquité et au Moyen Âge, l’histoire sert principalement de réservoir d’exemples pour former le caractère des élites par l’imitation des vertus et le rejet des vices.
Au XIXe siècle, l’histoire scolaire obligatoire contribue à unifier la population et à construire un sentiment d’appartenance nationale grâce au roman national.
Au milieu du XXe siècle, l’enseignement historique s’ouvre à l’histoire économique, sociale et culturelle ainsi qu’à celle d’autres continents sous l’influence de l’École des Annales.
À partir des années 1980-1990, les programmes intègrent davantage la mémoire et l’histoire des victimes afin de lutter contre le racisme, l’antisémitisme et le totalitarisme.
Morale → nation → monde → mémoire
★ À maîtriser
📌 Un témoignage d’instituteur n’est pas un reflet neutre de la réalité, car son auteur, fonctionnaire écrivant à son inspecteur, peut chercher à valoriser son action.
Compléments
Les indices de l’imprégnation républicaine sont:
Les élèves peuvent croire à tort que la laïcisation s’est faite sans heurts partout en France et que tous les acteurs l’ont immédiatement approuvée.
📌 En 1885, le terme « laïque » renvoie dans le cours à un combat politique contre l’influence de l’Église, et non seulement à la neutralité religieuse actuelle.
Témoignage orienté ≠ reflet neutre
📌 Le négationnisme ne se confond pas avec le révisionnisme, car le cours les présente comme deux notions différentes.
| Niveau | Production ou support | Caractéristique |
|---|---|---|
| Savoir savant | Recherche universitaire et historiens | Technique, complexe et provisoire |
| Savoir à enseigner | Programmes et manuels | Sélectionné et stabilisé par l’institution |
| Savoir enseigné | Classe et pratiques du professeur | Reconstruit selon les élèves et les choix pédagogiques |
| Finalité | Objectif | Moyen |
|---|---|---|
| Citoyenne | Éclairer le présent et former le citoyen | Comprendre les origines des valeurs et institutions |
| Culturelle | Construire un socle commun | Transmettre repères temporels et patrimoine |
| Intellectuelle | Développer l’esprit critique | Questionner les sources et vérifier les faits |
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Qu'est-ce que l'histoire scientifique étudie ?
Les sociétés humaines du passé à partir de l'analyse critique de leurs traces.
Qu'est-ce qui différencie l'histoire du passé lui-même ?
L'histoire est une reconstruction élaborée par l'historien à partir de documents et de traces.
Pourquoi l'histoire n'est-elle pas une science exacte ?
Parce qu'elle ne produit pas de lois universelles ni d'expériences de laboratoire.
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