QCM : La harangue de La Boétie (9 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans le paragraphe 9 du *Discours de la servitude volontaire*, quel effet La Boétie cherche-t-il à produire en s’adressant au peuple ?

Le pousser à s’indigner de sa servitude
Le divertir par le récit de ses malheurs
Décrire sans jugement la condition du peuple
L’amener à accepter sa soumission au tyran

Le pousser à s’indigner de sa servitude

Explication

La Boétie interpelle le peuple pour l’inciter à prendre conscience de sa servitude et à s’en indigner. L’acceptation de la soumission inverse cet appel, le divertissement lui prête un autre but et la description neutre efface sa visée polémique.

2. Dans une harangue, un orateur reprend le pronom « vous » comme sujet de « vous vous laissez priver » et « vous laissez piller » ; quelle responsabilité cette répétition met-elle en relief ?

L’impuissance du peuple face à une force inévitable
La responsabilité du tyran dans la passivité du peuple
La responsabilité du peuple dans sa passivité
La menace des ennemis extérieurs contre le peuple

La responsabilité du peuple dans sa passivité

Explication

Le « vous » sujet des verbes « se laisser priver » et « laisser piller » rend le peuple responsable de sa passivité. Attribuer cette responsabilité au tyran confond les rôles, tandis que les ennemis extérieurs ou une impuissance inévitable ne rendent pas compte de cette construction.

3. Un peuple soutient un tyran puis subit de graves malheurs ; quelle origine La Boétie leur attribue-t-il ?

Une fatalité indépendante des choix du peuple
Un ennemi extérieur qui attaque le peuple
L’ennemi que le peuple devient en soutenant le tyran
Le tyran, victime du soutien que lui apporte le peuple

L’ennemi que le peuple devient en soutenant le tyran

Explication

Pour La Boétie, ces malheurs ne viennent pas d’ennemis extérieurs : le peuple fait lui-même son ennemi en soutenant le tyran. L’agression extérieure déplace la cause, la fatalité écarte la responsabilité du peuple et le tyran n’est pas présenté comme une victime.

4. Un dirigeant tyrannique semble tout-puissant, mais son autorité repose sur ce que la population lui fournit ; quelle idée de La Boétie cette situation illustre-t-elle ?

Un homme ordinaire qui ne possède que ce que le peuple lui donne
Un dirigeant doté de ressources indépendantes de la population
Un homme réellement tout-puissant malgré l’aide de la population
Un être naturellement supérieur dont le peuple reconnaît l’autorité

Un homme ordinaire qui ne possède que ce que le peuple lui donne

Explication

La Boétie démythifie le tyran : c’est un homme ordinaire, qui ne possède que ce que le peuple lui donne. Une supériorité naturelle ou des ressources autonomes contredisent cette idée, et l’apparence de toute-puissance ne signifie pas une force indépendante.

5. Dans un raisonnement qui demande d’où viennent les yeux, les mains et les pieds du tyran, quelle conclusion les questions rhétoriques conduisent-elles à tirer ?

Ses moyens d’action sont apportés par des alliés étrangers
Ses moyens d’action proviennent de pouvoirs innés et personnels
Ses moyens d’action sont inexistants et n’influencent personne
Ses moyens d’action dépendent de ceux que le peuple lui fournit

Ses moyens d’action dépendent de ceux que le peuple lui fournit

Explication

Les questions rhétoriques font apparaître le peuple comme la source des yeux, des mains et des pieds dont le tyran se sert. Des pouvoirs innés ou des alliés étrangers déplacent cette source, tandis que l’absence de moyens ne correspond pas à la puissance exercée.

6. Une population produit des richesses et soutient des activités utiles, mais ces ressources servent à détruire ses biens, ses familles et ses vies ; quel rapport entre ses actions et les objectifs du tyran cela illustre-t-il ?

Ses actes destructeurs remplacent ceux du tyran contre la population
Ses actions productives servent les objectifs destructeurs du tyran
Ses actions productives protègent les biens contre les projets du tyran
Ses ressources servent volontairement à intensifier les violences subies

Ses actions productives servent les objectifs destructeurs du tyran

Explication

Les phrases déclaratives accusatrices montrent que les actions productives du peuple servent, dans les faits, les objectifs destructeurs du tyran contre les biens, les familles et les vies. En faire un rempart inverse leur effet, attribuer les destructions au peuple confond les rôles et la volonté d’intensifier les violences n’est pas l’idée visée.

7. Un peuple soumis cherche une manière de se délivrer selon le conseil de La Boétie. Quelle démarche doit-il d’abord privilégier ?

Vouloir être libre plutôt que passer immédiatement à l’action
Se révolter immédiatement contre le tyran par les armes
Attendre que le tyran renonce de lui-même à gouverner
Demander au tyran de réformer son mode de gouvernement

Vouloir être libre plutôt que passer immédiatement à l’action

Explication

La Boétie fait de la volonté d’être libre le premier pas vers la délivrance, sans appeler à agir immédiatement contre le tyran. La révolte armée confond volonté et action, l’attente remet l’initiative au tyran, et la réforme substitue une négociation au conseil de vouloir être libre.

8. Un peuple entend l’impératif « soyez résolus de ne plus servir » et prend cette résolution. Quelle conséquence immédiate cet impératif présente-t-il ?

La résolution de cesser de servir suffit à le rendre libre
La résolution ouvre une période de lutte avant la liberté
La résolution oblige le peuple à renverser le tyran par la force
La résolution rend le peuple libre si le tyran l’y autorise

La résolution de cesser de servir suffit à le rendre libre

Explication

L’impératif présente la résolution de cesser de servir comme la condition de la liberté immédiate. La lutte préalable en fait une étape différée, le renversement par la force transforme la résolution en action violente, et l’autorisation du tyran inverse le rapport d’initiative.

9. Un tyran semble invincible, mais son pouvoir cesse de tenir dès que le peuple retire son appui. Quelle idée exprime la métaphore du colosse aux pieds d’argile ?

Le peuple dépend du soutien que lui apporte le tyran
Sa puissance réelle se maintient sans l’appui du peuple
Sa puissance apparente dépend du soutien du peuple
Sa fragilité vient d’une faiblesse physique sans cause politique

Sa puissance apparente dépend du soutien du peuple

Explication

Le colosse paraît puissant, mais ses pieds d’argile figurent sa dépendance envers le soutien populaire pour se maintenir. L’indépendance du tyran ignore cette dépendance, le peuple n’est pas soutenu par le tyran dans cette image, et la faiblesse évoquée est politique autant que symbolique, non simplement physique.

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Dans quel paragraphe La Boétie interpelle-t-il le peuple dans le Discours de la servitude volontaire ?

Dans le paragraphe 9.

Que cherche La Boétie à provoquer chez le peuple asservi ?

L’indignation face à sa servitude.

Quel effet produit la répétition de « vous » comme sujet dans « vous vous laissez priver » et « vous laissez piller » ?

Elle rend le peuple responsable de sa passivité.

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