Fiche de révision : La IIIe République contestée

Plan du Cours

  1. Les institutions parlementaires de la République
  2. Instabilité ministérielle et crises politiques
  3. Fondements de l’antiparlementarisme
  4. Les ligues d’extrême droite
  5. La Croix-de-Feu et le PSF
  6. Les autres ligues nationalistes
  7. Débats sur le fascisme français
  8. Le projet institutionnel du PSF
  9. Le social d’abord et le corporatisme
  10. L’affaire Stavisky et ses conséquences
  11. Presse, ligues et contestation antiparlementaire
  12. Le 6 février 1934 et ses suites
  13. L’union des gauches antifascistes
  14. La crise de l’État et ses interprétations

Repères chronologiques

  1. 1898L’Action française naît dans le camp antidreyfusard.
  2. novembre 1919Le Bloc national, alliance électorale de droite et du centre, remporte les élections législatives et fait élire une Chambre dite « bleu horizon ».
  3. décembre 1920Le congrès de Tours divise la gauche : la majorité de la SFIO rejoint le Komintern et forme la SFIC, tandis qu’une minorité autour de Léon Blum et Paul Faure maintient la SFIO dans la démocratie parlementaire.
  4. 1924Le Cartel des gauches, réunissant socialistes de la SFIO et radicaux, remporte la majorité et Édouard Herriot devient président du Conseil.
  5. avril 1925Le Sénat renverse le gouvernement Herriot après le refus de la Banque de France d’accorder au gouvernement les avances nécessaires.
  6. juillet 1926Une panique financière provoquée par des demandes massives de remboursement des bons du Trésor contribue à la chute du gouvernement Herriot, épisode appelé « plébiscite des porteurs de bons ».
  7. 1932La gauche radicale et socialiste remporte les élections législatives et forme un nouveau Cartel des gauches, avec Édouard Herriot à la tête du gouvernement.
  8. mai 1934Le tournant de l’Internationale communiste fait du fascisme l’adversaire prioritaire et pousse les communistes à soutenir un rassemblement antifasciste avec les autres partis de gauche.
  9. juin 1936Le Comité secret d’action révolutionnaire, dit la Cagoule, prépare un complot visant à renverser le gouvernement et à instaurer une dictature militaire.

1. Les institutions parlementaires de la République

★ À maîtriser

  • La IIIe République, de 1870 à 1940, est un régime parlementaire bicaméral composé de la Chambre des députés et du Sénat.

  • Le Sénat, élu au suffrage universel masculin comme la Chambre des députés, participe à l’initiative et au vote des lois et peut bloquer les textes adoptés par la Chambre.

  • Le pouvoir exécutif est bicéphale : il comprend le président de la République, élu pour sept ans par les chambres parlementaires et rééligible sans limite, et le gouvernement dirigé par le président du Conseil.

Compléments

  • Le Sénat ne peut pas être dissous et exerce une tutelle sur la Chambre des députés.

  • En 1922, le Sénat bloque une proposition portant sur le droit de vote des femmes.

  • Le président du Conseil est nommé par le président de la République et son gouvernement doit composer avec les deux chambres parlementaires.

Astuce mémo

Deux chambres législatives face à un exécutif bicéphale

2. Instabilité ministérielle et crises politiques

★ À maîtriser

  • De 1929 à 1936, douze gouvernements se succèdent, ce qui illustre l’instabilité ministérielle de la IIIe République.

  • La dépendance du gouvernement envers le Parlement favorise la succession rapide des gouvernements et rend difficile la conduite d’une politique à long terme.

📌 Entre 1932 et 1934, la politique de déflation souhaitée par les milieux financiers est rejetée par les socialistes, qui privilégient la reprise et l’augmentation du pouvoir d’achat.

Compléments

  • Les socialistes du Cartel des gauches refusent de participer au gouvernement d’Édouard Herriot, mais soutiennent sa majorité parlementaire.

  • À partir de 1926, le gouvernement d’union nationale de Poincaré stabilise le franc, redresse le commerce extérieur et rend le budget excédentaire.

  • De 1932 au début de 1934, le désaccord entre la majorité politique et les choix économiques du gouvernement paralyse le Parti radical et exaspère l’opinion.

Astuce mémo

Dépendance du gouvernement envers le Parlement → instabilité et paralysie

3. Fondements de l’antiparlementarisme

★ À maîtriser

  • La radicalisation des discours politiques dans les années 1930 s’inscrit dans un contexte de crise économique et de séances parlementaires de plus en plus agitées.

  • L’affaire Dreyfus constitue une origine de la radicalisation politique de la IIIe République et contribue à l’installation de la xénophobie et de l’antisémitisme dans le débat politique.

  • Les ligues d’extrême droite exploitent les frustrations liées aux crises économique et sociale et à la perte de confiance dans une République perçue comme faible, impuissante et corrompue.

  • Les ligues rejettent la démocratie parlementaire et proposent de remplacer la République par des solutions variées, notamment un régime autoritaire, le fascisme ou la monarchie.

Compléments

  • Le mécontentement exploité par l’extrême droite touche notamment les ouvriers, les classes moyennes et les paysans, tandis que la pression de la rue augmente.

Astuce mémo

Crises économique et politique → discrédit de la République → progression des ligues

4. Les ligues d’extrême droite

★ À maîtriser

  • Les ligues sont des organisations politiques de l’entre-deux-guerres qui défendent des idées d’extrême droite et sont hostiles à la République parlementaire.

📌 L’Action française défend une pensée royaliste, antirépublicaine et nationaliste, associant la déchéance de la France à la Révolution de 1789, à la déchristianisation et au judaïsme.

  • Les Croix-de-Feu, fondées en 1927, rassemblent des anciens combattants et sont dirigées par le colonel François de La Rocque.

Compléments

  • Les ligues d’extrême droite existent de 1927 à 1936.

  • Henri Vaugeois et Maurice Pujo sont les fondateurs de l’Action française, ligue ancienne, influente et particulièrement connue.

  • Charles Maurras dirige l’Action française, qui diffuse ses idées grâce au quotidien L’Action française, publié de 1908 à 1944.

  • La pensée de l’Action française s’appuie notamment sur l’idée de Louis de Bonald selon laquelle la Révolution française a conduit la France au chaos et rompu son équilibre. - Théorie du pouvoir politique et religieux, 1796

5. La Croix-de-Feu et le PSF

★ À maîtriser

📌 La Croix-de-Feu se dit nationaliste et au-dessus des partis, mais n’est pas royaliste.

  • La Croix-de-Feu devient un mouvement de masse doté de groupes paramilitaires, dans un contexte où la République est jugée trop faible.

  • Après sa dissolution par le Front populaire, la Croix-de-Feu se transforme en Parti social français (PSF).

Compléments

  • La Croix-de-Feu n’est pas considérée comme raciste ni antisémite, malgré une évolution vers l’autoritarisme.

  • Les ligues partagent la détestation du régime parlementaire, le nationalisme et la xénophobie.

  • Le poids des manifestations du 6 février 1934 est présenté comme colossal pour la Croix-de-Feu.

  • Le PSF adopte la devise « Travail, Famille, Patrie » et compte plus d’un million d’adhérents à la veille de la guerre.

6. Les autres ligues nationalistes

★ À maîtriser

  • L’Action française et la Croix-de-Feu sont les seules ligues présentées comme ayant connu un succès massif.

Compléments

  • Les Jeunesses patriotes, dirigées par Pierre Taittinger, sont créées en 1924.

  • Solidarité française, associée à François Coty et Jean Renaud, défend le modèle fasciste italien inspiré de Mussolini et est anticommuniste.

  • Solidarité française porte un uniforme noir et participe activement aux manifestations de février 1934.

  • Le Francisme de Marcel Bucard est un mouvement inspiré du fascisme italien et financé par Mussolini.

  • Le Francisme exalte la nation et se caractérise par une tenue militaire et un salut à l’antique.

  • Les autres ligues restent limitées par leurs effectifs et par l’absence d’une dimension populaire massive.

  • Les ligues appellent à la révolte et aux désordres de rue, et partagent le culte de l’autorité, l’hostilité à la République, l’anticommunisme, le nationalisme et l’antisémitisme.

7. Débats sur le fascisme français

★ À maîtriser

  • Serge Berstein conteste la thèse de Sternhell : il juge que l’étiquette fasciste appliquée au PSF n’est pas démontrée et critique une argumentation qu’il estime insuffisamment fondée sur les sources. - Bataille d'historiens : Serge Berstein répond à Zeev Sternhell sur le fascisme français

Compléments

  • Serge Berstein rapporte que Zeev Sternhell soutient que le fascisme est né en France au tournant des XIXe et XXe siècles et que le régime de Vichy en est une forme française. - Bataille d'historiens : Serge Berstein répond à Zeev Sternhell sur le fascisme français

  • Selon Serge Berstein, Zeev Sternhell s’appuie sur le PSF et ses 1 200 000 membres pour défendre l’existence d’un parti fasciste français de masse. - Bataille d'historiens : Serge Berstein répond à Zeev Sternhell sur le fascisme français

  • Selon Berstein, la plupart des historiens français et étrangers spécialistes de la période rejettent la thèse de Sternhell sur les origines françaises du fascisme et la préparation de Vichy. - Serge Berstein, Bataille d'historiens : Serge Berstein répond à Zeev Sternhell sur le fascisme français

Astuce mémo

Sternhell affirme l’existence d’un fascisme français de masse ; Berstein conteste que le PSF soit fasciste.

8. Le projet institutionnel du PSF

★ À maîtriser

📌 Dans la tradition républicaine née au début de la IIIe République, le Parlement détient la prééminence comme représentant de la souveraineté nationale et le gouvernement s’y soumet, tandis que le chef de l’État joue un rôle protocolaire. - Serge Berstein

  • Le projet institutionnel du PSF publié en 1936 prévoit un président de la République qui désigne le président du Conseil et, en accord avec lui, les ministres, et dispose du droit de dissolution et du droit de message. - Serge Berstein

Compléments

  • Dans les années 1930, un courant juge que la prééminence parlementaire entraîne l’instabilité gouvernementale et l’impuissance politique, et réclame une réforme de l’État renforçant le pouvoir exécutif. - Serge Berstein

  • Dans le projet du PSF, le Parlement conserve la discussion et le vote de la loi, tandis que son contrôle du gouvernement est encadré par des règles d’interpellation. - Serge Berstein

  • Le projet du PSF prévoit (Serge Berstein) : le vote des femmes, le vote familial, l’introduction de la représentation proportionnelle pour tous les scrutins

  • La Rocque réclame « des changements dans la Constitution et non un changement de Constitution ». - Serge Berstein

Astuce mémo

Parlement prééminent dans la tradition républicaine, exécutif renforcé dans le projet du PSF

9. Le social d’abord et le corporatisme

★ À maîtriser

  • Le PSF est un parti de masse interclassiste qui recrute majoritairement dans la classe moyenne et vise l’union des classes sociales dans une communauté d’intérêts, contre la lutte des classes marxiste. - Serge Berstein

  • L’inspiration du « social d’abord » est le catholicisme social exprimé par l’encyclique Rerum Novarum de 1891 et par l’encyclique Quadragesimo Anno de Pie XI en 1931. - Serge Berstein

  • Le « social d’abord » défend (Serge Berstein) : la famille, la protection sociale des travailleurs, la « profession organisée », forme de corporatisme où patrons et salariés dialoguent au sein de professions libres

Compléments

  • Dans la profession organisée, les salariés sont rassemblés dans une Fédération des syndicats professionnels. - Serge Berstein

  • Le corporatisme défendu par le PSF se distingue du modèle instauré en Italie fasciste et en Allemagne nazie, car il laisse aux professions la liberté d’organisation et d’action. - Serge Berstein

  • Le « social d’abord » conduit le PSF à soutenir (Serge Berstein) : les conventions collectives, la création de délégués du personnel, après des hésitations, la semaine de 40 heures

  • Parti de droite et conservateur, le PSF est hostile au Front populaire, mais le « social d’abord » l’oriente vers une modération croissante et son intégration au système politique de la IIIe République. - Serge Berstein

Astuce mémo

Profession libre et dialoguante, contrairement au corporatisme autoritaire et étatiste

10. L’affaire Stavisky et ses conséquences

Notions clés & Définitions

  • Affaire Stavisky : L’affaire Stavisky est un scandale révélé à la fin de 1933 autour des escroqueries d’Alexandre Stavisky et des complicités qu’elles mettent au jour dans les milieux politique, médiatique et judiciaire.

Points essentiels

  • Alexandre Stavisky est un escroc qui s’enrichit par ses fraudes et noue des liens avec des responsables politiques, la presse et la justice.

  • Le procès de Stavisky est ajourné 19 fois, tandis que des députés, sénateurs, ministres et patrons de presse couvrent ses activités parce qu’ils sont corrompus ou y participent.

  • Au début de 1934, Stavisky s’enfuit puis est retrouvé mort, et certains soupçonnent qu’il a été exécuté pour l’empêcher de dénoncer ses complices.

Astuce mémo

Scandale et complicités révélées → crise politique et contestation parlementaire

11. Presse, ligues et contestation antiparlementaire

★ À maîtriser

  • La presse de droite et d’extrême droite exploite l’affaire Stavisky pour dénoncer la République parlementaire et un monde politique et judiciaire présenté comme corrompu, tandis que l’origine juive de Stavisky nourrit l’antisémitisme.

  • Les ligues d’extrême droite qui manifestent en janvier 1934 comprennent : l’Action française, royaliste, les Jeunesses patriotes, qui souhaitent un régime autoritaire, Solidarité française, qui admire le fascisme, le Francisme, qui admire le fascisme

Compléments

  • La démission de Chautemps à la suite du scandale conduit à faire appel à Daladier.

  • En janvier 1934, Philippe Henriot annonce qu’il faut balayer la République.

  • Dans le contexte des manifestations des ligues, défilent aussi l’Union nationale des combattants et les Croix-de-Feu du colonel de La Rocque, qui se réclament du civisme, de l’ordre et de l’honnêteté et demandent l’épuration du personnel politique.

  • Les hommes politiques de droite battus aux élections législatives de 1932 appuient ou utilisent ces groupes comme une force destinée à chasser la gauche du pouvoir.

12. Le 6 février 1934 et ses suites

★ À maîtriser

  • Le 6 février 1934, les ligues d’extrême droite appellent à une manifestation place de la Concorde, devant l’Assemblée nationale, qui rassemble environ 30 000 personnes.

📌 Le bilan du 6 février est donné comme 16 morts et 600 blessés dans le cours, tandis que S. Berstein compte 14 morts parmi les manifestants et plus de 1 500 blessés sur la place et le pont de la Concorde. - Le 6 février 1934, 1975

  • Après le 6 février, Daladier démissionne malgré son investiture, Gaston Doumergue lui succède et forme un gouvernement de trêve avec des radicaux et des chefs de droite, puis Pierre-Étienne Flandin et Pierre Laval gouvernent jusqu’en 1936.

Compléments

  • Les manifestants cherchent notamment à empêcher l’investiture de Daladier comme président du Conseil par la Chambre des députés.

  • La stratégie clairement identifiée est celle des députés et conseillers municipaux de la droite parisienne, qui prolongent la séance de la Chambre pendant que les ligues déclenchent l’émeute.

  • Le 9 février 1934, une manifestation de gauche inaugure un processus de dialogue, d’échanges et de négociations en vue d’une stratégie unitaire.

13. L’union des gauches antifascistes

★ À maîtriser

  • Le Rassemblement populaire, aussi appelé Front populaire, se forme autour de l’idée que le 6 février 1934 fait peser un risque sur la République.

📌 La gauche rassemble des communistes porteurs d’une ligne révolutionnaire et des socialistes plus modérés, et l’antifascisme constitue leur principal ciment commun.

Compléments

  • Avant le tournant de 1934, la tactique « classe contre classe » du Komintern conduit le Parti communiste à qualifier les radicaux de « bourgeois » et les socialistes de « social-traîtres ».

  • La division de la gauche allemande face à Hitler précède l’adoption du fascisme comme adversaire principal par les communistes.

Astuce mémo

La menace fasciste → le rapprochement des gauches

14. La crise de l’État et ses interprétations

★ À maîtriser

  • Après le 6 février 1934, le régime paraît plus faible et incapable de proposer des réformes ou de gérer la crise, et les tentatives politiques suivantes ont des effets limités.

Compléments

  • En 1934, des intellectuels interprètent la crise comme une crise de civilisation française et européenne plutôt que comme une crise conjoncturelle, et appellent à réformer l’État en renforçant l’exécutif.

  • La recherche d’accords entre partis et d’une majorité parlementaire est présentée comme nécessaire aux réformes en période de crise financière et d’instabilité politique.

  • Les ligues et les journaux d’extrême droite alimentent la haine et la violence contre Léon Blum, notamment en diffusant l’idée d’un prétendu projet juif de conquête des cercles du pouvoir et des milieux d’affaires.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur La IIIe République contestée avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Entre 1870 et 1940, quelles institutions composent le régime parlementaire bicaméral de la IIIe République ?

2. Dans la IIIe République, un président de la République est élu par les chambres pour sept ans, tandis qu’un autre responsable conduit le gouvernement. Quel partage des rôles correspond à cette organisation ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de La IIIe République contestée avec 10 flashcards interactives.

Quelles sont les deux chambres du régime parlementaire bicaméral de la IIIe République ?

La Chambre des députés et le Sénat.

Combien de gouvernements se succèdent-ils de 1929 à 1936 ?

Douze gouvernements.

Quelle conséquence la dépendance du gouvernement envers le Parlement entraîne-t-elle ?

La succession rapide des gouvernements et la difficulté de mener une politique à long terme.

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