Fiche de révision : L’émigration et ses désillusions

Plan du Cours

  1. Madické et le match de football
  2. L’homme de Barbès et son ascension
  3. Exil et communication avec le village
  4. Football et fascination pour la France
  5. Ndetare et l’accès à l’école
  6. Madické et les mirages de Paris
  7. Football et rêves d’émigration
  8. L’échec de Moussa en France
  9. Wagane, modèle de réussite migratoire
  10. Sankélé face au mariage imposé
  11. Gnarelle et Simane face à la polygamie
  12. L’émigration et ses désillusions
  13. Les trois services du thé
  14. Tourisme et exploitation au Sénégal
  15. Contrôles migratoires et naturalisation
  16. Écriture, mémoire et exil
  17. La victoire des Lions à Niodior
  18. Identité hybride et retour au pays

1. Madické et le match de football

★ À maîtriser

  • Dans le récit, la narratrice regarde à la télévision la demi-finale de la Coupe d’Europe entre l’Italie et les Pays-Bas, tandis que Madické suit le même match à Niodior.

  • Madické, le petit frère de la narratrice, est un fervent supporter de l’équipe italienne et voue une admiration particulière à Paolo Maldini.

📌 Madické rêve de Maldini au point de courir mentalement à ses côtés, tandis que la narratrice comprend que le « Maldini » de son frère est l’image de Madické lui-même poursuivant son rêve sur le sable de Niodior.

📌 La narratrice oppose la marche africaine, guidée par le hasard et un espoir infini, à la marche européenne, orientée vers des objectifs définis et la performance.

  • La narratrice a quitté Niodior depuis bientôt dix ans et vit en Europe, où elle avance sans connaître sa destination ni les critères de la réussite attendue par ses proches.

Compléments

  • Le 29 juin 2000, la narratrice regarde la demi-finale de la Coupe d’Europe entre l’Italie et les Pays-Bas.

  • À Niodior, les habitants se rassemblent dans la cour du propriétaire de l’unique télévision du quartier pour regarder le match.

  • La publicité de glaces Miko fait rêver les enfants de Niodior, qui n’en connaissent que les images et fabriquent des glaces avec des bouts de bois peints.

  • Les proches de la narratrice tiennent son départ pour la France pour une promesse de réussite, alors qu’elle-même ignore si elle atteindra cette réussite.

  • La narratrice présente l’écriture comme une marmite où elle fait mijoter des rêves difficiles à cuire.

  • Dans le village, les coups de pilon du soir annoncent l’appel du muezzin et le chant des hiboux, et sont associés aux peurs ancestrales de la nuit.

Astuce mémo

Maldini est le joueur italien à l’écran, Madické son double rêvé sur le sable de Niodior.

2. L’homme de Barbès et son ascension

★ À maîtriser

  • L’homme de Barbès est devenu un emblème de l’émigration réussie à Niodior, où les villageois sollicitent son avis et respectent son statut.

  • 🔄 Son ascension suit plusieurs étapes :

    1. Il travaille dans les cales du port de Dakar.
    2. Il part en France.
    3. Il envoie des mandats à ses parents et revient périodiquement au village.
    4. Il bâtit une grande maison.
    5. Il ouvre une boutique bien approvisionnée.
    6. Il s’installe définitivement au village.

Compléments

  • Les mandats irréguliers de leur fils améliorent progressivement la vie de ses parents, qui s’endettent moins chez l’épicier.

  • À son retour au village, l’homme de Barbès distribue quelques billets et des objets de fabrication française, dont la friperie de Barbès procure du prestige aux yeux des habitants.

📌 La télévision du propriétaire sert surtout à afficher sa réussite, tandis que Madické la considère comme le moyen de suivre le match et Maldini.

  • Le père de l’homme de Barbès lui répétait : « Chaque miette de vie doit servir à conquérir la dignité ! »

  • Après le départ de l’homme en France, sa première promise, Sankélé, ne l’attend pas et la famille la rejette après qu’elle a choisi une autre voie amoureuse.

Astuce mémo

Les mandats et les retours de France → aisance, maison et prestige au village.

3. Exil et communication avec le village

Notions clés & Définitions

  • Télécentre : Petite pièce du village où se trouve le téléphone partagé par les habitants, qui paient quelques pièces pour appeler leurs correspondants.

★ À maîtriser

  • Les commerçants du village tiennent des carnets d’impayés, tandis que des vieillards sans activité et des familles de migrants vivent à crédit dans l’attente d’un mandat incertain.

  • Au téléphone, Madické veut d’abord entendre le récit des tirs au but du match Italie-Pays-Bas avant de demander des nouvelles de sa famille.

  • La narratrice estime que Madické imagine à tort sa vie en France comme un éden, alors qu’elle y connaît la solitude, la précarité et la difficulté de poursuivre ses études après son divorce.

Compléments

  • Ndogou, considérée comme une intellectuelle après un bref passage au collège, gère le télécentre et aide les habitants illettrés à composer leurs numéros.

  • Ndogou parcourt le village de 8 heures à 22 heures pour prévenir les habitants qu’un proche les réclame au téléphone.

  • La narratrice éprouve la nostalgie de l’exil, réveillée par les chants et les plats qui la rapprochent de ses origines ou l’en éloignent.

  • La narratrice décrit comme indécent le prix des communications entre la France et le Sénégal, particulièrement pour les étudiants fils de paysans et les travailleurs précaires.

  • La narratrice ressent comme un lourd fardeau l’obligation faite aux émigrés de réussir pour soutenir leur famille restée au pays.

Astuce mémo

La France imaginée comme un éden s’oppose à la précarité vécue par la narratrice.

4. Football et fascination pour la France

★ À maîtriser

  • L’arrivée de la première télévision au village détourne les jeunes spectateurs des matchs locaux et les familiarise avec le football français.

  • Le récit décrit une forme de colonisation mentale : les habitants associent la France à la réussite, car la télévision, les études, les postes importants et plusieurs modèles sportifs sont liés à ce pays.

  • Madické soutient le Milan AC, imite les gestes de son capitaine Paolo Maldini et reçoit de ses camarades le surnom de Maldini, qu’il adopte avec fierté.

Compléments

  • Enfant, Madické apprend à marcher et à frapper un ballon en même temps, puis joue avec ses camarades à l’école et sur des terrains vagues, parfois avec des ballons improvisés en chiffons ou en éponges.

  • Les jeunes du village forment des équipes portant des noms de clubs français et s’identifient à leurs joueurs favoris.

  • Madické comprend que le vieux pêcheur suit secrètement la carrière de son fils, devenu un célèbre joueur sénégalais en France, après avoir recoupé les équipes évoquées par le vieil homme et les rumeurs du village.

  • La narratrice rapporte que les villageois jugent le divorce d’une femme à travers des proverbes qui associent la réussite conjugale à la fidélité de l’épouse et sa valeur à la maternité.

Astuce mémo

La télévision diffuse les modèles français → les jeunes du village les imitent et les admirent.

5. Ndetare et l’accès à l’école

★ À maîtriser

  • Ndetare est un instituteur syndicaliste et directeur de l’école primaire du village depuis près d’un quart de siècle, après avoir été envoyé sur l’île par le gouvernement, qui le considérait comme un agitateur dangereux.

  • La narratrice attribue à Ndetare son accès à l’école et à l’instruction, ainsi que ses premiers apprentissages de la lecture, de l’écriture et du français.

  • D’abord clandestine dans la classe, la narratrice copie les lettres et les chiffres, participe aux exercices de répétition de la méthode CLAD, puis Ndetare l’inscrit sur sa liste et lui fait faire les exercices comme aux autres élèves.

  • À la naissance de la narratrice, sa grand-mère l’assiste en l’absence de la sage-femme du village, la baigne dans une décoction et s’oppose à ce qu’elle porte le nom de l’homme imposé à sa mère, afin qu’elle garde celui de son père biologique.

  • Le mari imposé à la mère de la narratrice la rejette et la met dehors, tandis que la grand-mère finit par recueillir l’enfant pour la protéger.

Compléments

  • Ndetare convainc la grand-mère de scolariser la narratrice en faisant valoir qu’elle pourrait réussir le certificat d’études et que l’instruction lui permettrait de lire les numéros de bus, les noms de rues et les documents administratifs.

  • Ndetare apprend à la narratrice que son nom signifie « dignité » et lui conseille de répondre aux moqueries en restant digne et en travaillant à l’école.

  • Pour soigner la narratrice, sa grand-mère lui donne des décoctions et des massages au beurre de karité, puis se remet à l’allaiter jusqu’à ce que l’enfant cesse spontanément de réclamer le sein, après trois ans passés.

  • La mère de la narratrice considère son fils Madické comme son premier enfant, tandis que la narratrice décrit sa grand-mère comme sa mère véritable et durable.

  • Les habitants reprochent à la narratrice de porter un nom étranger au village et certains enfants l’accusent de leur voler leur chance scolaire ou de posséder un pouvoir occulte.

6. Madické et les mirages de Paris

★ À maîtriser

  • Comme beaucoup de garçons de l’île, Madické a fréquenté l’école coranique, puis l’a délaissée à l’adolescence et s’est consacré à la pêche, aux activités champêtres, au football et à l’apprentissage du français.

  • Madické oriente ses rêves vers la France, notamment parce que des joueurs sénégalais connus jouent en France, que Ndetare y a étudié et que l’homme de Barbès raconte son séjour à Paris.

📌 L’homme de Barbès raconte une France prospère et efface de ses récits la vie misérable qu’il y a menée.

Compléments

  • Le père de Madické estime qu’il vaut mieux apprendre à connaître Dieu et étudier les voies du salut que décoder le langage des Blancs.

  • Ndetare annonce que l’équipe de Madické a battu Bassoul deux buts à un et qu’une victoire en Coupe des îles pourrait permettre à certains joueurs d’intégrer l’équipe régionale.

  • Dans ses récits à Niodior, l’homme de Barbès présente Paris comme une ville immense, riche et brillante, et décrit ses monuments, ses logements, ses équipements domestiques, ses commerces et son niveau de vie comme des signes d’abondance.

  • L’homme de Barbès affirme que l’État français verse le RMI aux personnes sans emploi et aide financièrement les familles selon le nombre d’enfants.

Astuce mémo

Paris rêvé par les récits s’oppose à Paris vécu par l’homme de Barbès.

7. Football et rêves d’émigration

★ À maîtriser

  • Avant de devenir vigile, l’homme de Barbès a connu la faim et la manche, puis trouvé un squat, travaillé au noir sur des marchés et des chantiers, et circulé dans l’Hexagone avec un faux titre de séjour.

  • Après avoir travaillé comme maître-chien, l’homme de Barbès est devenu vigile dans une grande surface et a repéré des voleurs parmi les immigrés, ce qui lui a valu les bonnes grâces de son chef.

  • Pour cacher ses épreuves en France, l’homme de Barbès ne raconte que les souvenirs qui entretiennent son prestige auprès des villageois.

📌 Ndétare défend un sport désintéressé fondé sur le plaisir de participer et le dépassement de soi, tandis que Garoualé défend le football comme moyen de gagner de l’argent et de partir en France.

  • Madické rêve de jouer dans un grand club français, d’assister à des matchs du Milan AC en Italie et de serrer un jour la main de Maldini avant de rentrer satisfait, riche et heureux.

Compléments

  • L’homme de Barbès a investi dans la musculation parce qu’il estimait que son corps était son seul capital et que son français ne lui permettait pas d’exprimer les nuances.

  • Une bande de jeunes de sa cité a attaqué l’homme de Barbès parce qu’il était dévoué aux bourgeois, et il a perdu deux dents dans l’agression.

  • L’équipe niodioroise remporte la Coupe des îles du Saloum après avoir battu Thialane 1 à 0, Djirnda 2 à 0 et Dionewar 3 à 0 en finale.

  • Garoualé affirme qu’en France, même les personnes qui ne travaillent pas reçoivent un salaire de l’État et qu’un migrant peut y trouver du travail même sans carrière de footballeur.

  • Ndétare rappelle aux jeunes que Moussa a lui aussi suivi l’attrait de la France, mais qu’il n’en est pas revenu riche.

  • Les jeunes footballeurs dépensent leurs maigres économies en gris-gris, décoctions et rituels censés assurer leurs victoires et favoriser leur départ pour la France.

Astuce mémo

Pour Ndétare, le sport vaut pour le jeu ; pour les jeunes, il ouvre la voie vers la France.

8. L’échec de Moussa en France

★ À maîtriser

  • À vingt ans, Moussa quitte le village pour M’Bour, travaille comme matelot, rejoint l’équipe de football locale, puis est recruté par Jean-Charles Sauveur pour un centre de formation français.

  • Au centre de formation, Moussa subit le froid, le racisme et la rivalité des stagiaires, reste sur le banc ou joue à des postes inadaptés, puis le centre renonce à le garder parce que ses résultats sont décevants.

  • Le père de Moussa lui rappelle qu’il doit respecter ses coutumes, aider sa famille et travailler, économiser puis rentrer au pays, car il n’a envoyé aucun argent depuis son départ.

  • Une OQTF est remise à Moussa, qui est renvoyé à Dakar par avion soixante-douze heures plus tard.

Compléments

  • Jean-Charles Sauveur promet à Moussa :

    • un billet d’avion payé par le club
    • un logement en centre de formation
    • un entraînement avec les juniors
    • un salaire important
  • Pour permettre à Moussa d’intégrer les juniors malgré ses vingt ans, son âge est falsifié grâce à des pots-de-vin versés au chef de bureau, et un pot-de-vin facilite aussi l’obtention du visa.

  • Après l’échec de Moussa au centre, Sauveur lui annonce qu’il lui doit environ cent mille francs, que son titre de séjour est périmé et qu’il devra travailler sur un bateau pour rembourser sa dette.

  • À Marseille, Moussa est arrêté parce qu’il n’a pas ses papiers ; le patron du bateau nie le connaître et les policiers l’emmènent en détention.

  • Moussa ordonne ses projets du plus prioritaire au moins prioritaire : construire une grande maison familiale, acheter une pirogue motorisée pour la pêche au village, ouvrir une épicerie pour sa mère, économiser pour la dot, acheter des habits à toute la famille et des bijoux et parfums de luxe à sa fiancée, payer à ses parents un billet d’avion pour le pèlerinage à La Mecque

  • À son retour, Moussa cache d’abord son infortune pendant trois jours de festivités, puis révèle qu’il n’a rien rapporté et subit le mépris des villageois, qui l’accusent de n’avoir pas travaillé en France.

Astuce mémo

Recrutement, déclassement, bateau, arrestation, retour.

9. Wagane, modèle de réussite migratoire

★ À maîtriser

  • Les jeunes footballeurs, confrontés à la pauvreté et aux charges familiales, voient l’émigration comme un moyen de conquérir leur dignité et rejettent les avertissements de Ndétaré.

  • Wagane Yaltiqué, surnommé El-Hadji après son pèlerinage à La Mecque, est un ancien émigré devenu riche citadin, propriétaire de plusieurs villas et de nombreuses pirogues motorisées.

Compléments

  • Wagane exhibe sa fortune par son grand boubou amidonné, sa montre en or et ses dents en or, ce qui suscite l’admiration et l’envie des villageois.

  • Wagane avait employé Moussa dans l’une de ses pirogues, mais il avait auparavant manqué plusieurs obsèques de ses pêcheurs et remplaçait rapidement les équipages disparus en recrutant parmi les candidats du port.

  • Wagane refuse de prêter à ses proches l’argent nécessaire aux billets d’Europe, car il sait que les dettes au sein du clan restent souvent impayées.

  • Pour redorer son blason, Wagane : laisse une somme à l’imam, contribue à la rénovation de la mosquée, offre à l’équipe un vrai ballon de football et des maillots plus qu’il n’en fallait

  • Le vieux pêcheur, entretenu par Wagane grâce à une vieille pirogue motorisée, chante ses louanges et exhorte les jeunes à partir chercher la réussite, en présentant Wagane comme un modèle.

Astuce mémo

Wagane affiche sa fortune, mais refuse les prêts coûteux à ses proches.

10. Sankélé face au mariage imposé

★ À maîtriser

📌 Dans la société décrite, le mariage sert principalement à rapprocher des familles selon leurs intérêts et leurs alliances, tandis que Sankélé aspire à un amour libre, choisi au-delà des stratégies communautaires.

  • À peine âgée de dix-sept ans, Sankélé est promise sans consultation à l’homme de Barbès, un émigré revenu de France que sa famille juge bon parti.

  • Sankélé aime l’instituteur Ndétaré et refuse le mariage imposé ; malgré les supplications de sa fille, son père maintient sa décision et envisage de célébrer le mariage au retour du fiancé.

  • Sankélé cache sa grossesse jusqu’au début du cinquième mois, puis son père la découvre et l’enferme dans sa chambre pour éviter que la nouvelle ne se répande.

  • À la naissance, le père de Sankélé place le nouveau-né dans un sac plastique, l’emmène au large et le noie après l’avoir attaché à une grosse pierre.

  • Après la noyade du bébé, Ndétaré aide Sankélé à fuir l’île déguisée en homme, lui donne ses économies et organise son départ avec l’aide d’un piroguier.

Compléments

  • Lors d’une année de bonnes récoltes et de pêche abondante, les familles se rapprochent et les patriarches organisent des mariages afin de renforcer les alliances entre clans.

  • Bien qu’analphabète, Sankélé acquiert un esprit de révolte grâce aux idées de résistance et de féminisme dont Ndétaré lui parle.

  • Sankélé retrouve Ndétaré en secret et choisit de devenir mère avant le mariage afin de faire échouer la stratégie matrimoniale de son père.

  • Deux ans après la fuite de Sankélé, des habitants affirment l’avoir vue danser dans un ballet à Dakar ; une rumeur ultérieure la dit partie exercer son art en France, mais son destin demeure inconnu.

  • La disparition de Sankélé lie durablement les souvenirs de Ndétaré, du vieux pêcheur et de l’homme de Barbès, mais Ndétaré est le plus affecté et reste incapable d’engager une autre relation amoureuse.

Astuce mémo

L’alliance choisie par le clan s’oppose à l’amour libre voulu par Sankélé.

11. Gnarelle et Simane face à la polygamie

★ À maîtriser

  • Dix mois après son mariage avec El-Hadji, Gnarelle donne naissance à un garçon, accueilli avec joie par son époux et sa belle-famille.

  • El-Hadji prend une troisième épouse, la fille de seize ans d’un paysan de Finela, qui lui propose cette union pour neutraliser une dette.

  • Pour tenter de reconquérir El-Hadji, Gnarelle et sa mère consultent un marabout peul, qui prescrit une cordellette à porter à la taille, trois pincées de poudre dans le dîner chaque soir pendant une semaine à partir d’un vendredi, et l’usage prudent d’un liquide auquel il faut ajouter du parfum.

  • Lors du rite, Salie, contrainte par Coumba et menacée de représailles si elle révèle le secret, doit stimuler manuellement le marabout tandis qu’il récite ses incantations et que Gnarelle est allongée sur la natte.

Compléments

  • Simane a eu sept filles avec El-Hadji et subit des moqueries qui la présentent comme incapable de prolonger le patronyme de son mari.

  • Après le retour d’El-Hadji de Finela, il partage ses nuits entre ses épouses et réserve la septième nuit de la semaine à la plus jeune.

  • Le second fils de Gnarelle naît six mois après le retour de son mari ; malgré les rumeurs sur sa paternité, El-Hadji le reconnaît dans la lignée des Yatiguié.

  • Le marabout affirme que le liquide se retournerait contre Gnarelle si ses coépouses le touchaient et l’avertit de se méfier d’elles.

  • Trois mois après le rite, El-Hadji revient et reprend une alternance de nuits entre ses épouses, mais Gnarelle reste une épouse secondaire.

Astuce mémo

Gnarelle obtient un fils ; Simane est dévalorisée pour n’avoir eu que des filles.

12. L’émigration et ses désillusions

★ À maîtriser

  • Madické est persuadé que sa sœur, qui vit en France et serait passée à la télévision, est devenue riche et peut financer son départ.

  • L’émigré qui nourrit les espoirs de Madické vit dans une grande précarité en France, enchaînant les emplois intérimaires et logeant dans une petite chambre de la Sonacotra.

  • À son arrivée au village, la narratrice doit financer un repas collectif sans avoir été consultée, car la communauté considère que le bonheur et le malheur se partagent.

Compléments

  • L’émigré entretient trois foyers, l’un en France, un autre à Dakar et un troisième sur l’île, et voyage entre la France et le Sénégal selon les saisons.

  • L’épouse de l’île attend pendant dix ans que son mari l’emmène en France, après avoir reçu la promesse qu’il s’occupait des formalités et du billet.

  • L’émigré se détourne de ses collègues après des fins de mois difficiles et se déclare « raciste anti-cons, toutes races confondues ».

  • De retour au village, l’émigré raconte avoir vu à la télévision le livre de la sœur de Madické, bien qu’il n’en connaisse que la couverture.

Astuce mémo

La France rêvée par Madické s’oppose à la précarité vécue par l’émigré.

13. Les trois services du thé

★ À maîtriser

  • L’attaya comporte trois phases de dégustation, chacune précédée d’une très longue préparation.

  • Le premier service, appelé thé de la mort, est une infusion fumante et très amère, préparée avec une forte dose de thé et peu de sucre.

  • Le deuxième service, appelé thé de l’amour, contient une dose de thé plus légère, davantage de sucre et de la menthe, donnant une infusion agréable à siroter.

  • Le troisième et dernier service, appelé thé de l’amitié, est une eau jaunâtre très sucrée qui ne conserve que le souvenir du thé.

Compléments

  • Dans la maison, Garouwalé, réputé meilleur préparateur de thé, est choisi à l’unanimité par ses camarades pour le préparer.

  • Garouwalé confie au cadet du groupe la corvée d’apporter le matériel et d’aller chercher du charbon et du papier pour allumer le fourneau malgache.

  • Le cadet récupère des braises encore ardentes dans le bois qui a cuit le déjeuner et ramène le fourneau rempli de braises.

Astuce mémo

Mort, amour, amitié : l’amertume s’adoucit puis laisse un souvenir.

14. Tourisme et exploitation au Sénégal

★ À maîtriser

📌 La narratrice estime qu’il ne faut pas partir en France à n’importe quelle condition, notamment sans papiers et sans préparation.

📌 Selon la narratrice, partir clandestinement sans diplôme ni qualification expose à une longue précarité et au risque d’être arrêté puis expulsé par charter.

  • À M’Bour, la majorité des habitants ne connaît des nombreux hôtels que leur façade, tandis que ceux qui les fréquentent le font généralement en travaillant comme réceptionnistes, valets, femmes de ménage, cuisiniers ou chauffeurs.

  • L’État sénégalais favorise les investisseurs étrangers du tourisme, qui s’approprient les plus beaux sites côtiers et paient leurs employés très peu, parce que les devises touristiques lui importent beaucoup.

Compléments

  • Selon la narratrice, après la Seconde Guerre mondiale, la France recrutait massivement des immigrés d’origines diverses pour reconstruire le pays, notamment dans les mines de charbon.

  • La narratrice affirme que les Africains, toutes vagues migratoires confondues, vivent majoritairement dans des taudis et que rares sont ceux qui ont véritablement réussi.

📌 Ndétare conseille de se préparer à un éventuel départ en faisant émigrer ses neurones, c’est-à-dire en abandonnant des habitudes qu’il associe au sous-développement, plutôt qu’en ne comptant que sur les valises.

  • Certains réceptionnistes de M’Bour mettent en relation des touristes avec des travailleuses du sexe, et des femmes indépendantes arpentent les hôtels en espérant rencontrer des clients.

  • Le tourisme sexuel concerne aussi des touristes occidentales, auxquelles des hommes sénégalais proposent des relations contre de l’argent ou des cadeaux.

  • Certaines jeunes Africaines épousent des hommes occidentaux âgés pour soutenir leurs proches grâce à l’argent envoyé au pays, tandis que certains hommes africains installés en Europe prennent une seconde épouse qu’ils laissent au pays.

  • L’industrie touristique attire aussi des prédateurs sexuels qui ciblent de jeunes personnes, et la narratrice estime que la mer ne peut effacer cette violence.

Astuce mémo

Les hôtels ouvrent leurs façades aux touristes, mais restent fermés à la majorité des habitants.

15. Contrôles migratoires et naturalisation

★ À maîtriser

  • À son arrivée en France, la narratrice choisit d’abord la file réservée aux passeports européens, puis rejoint celle des passeports étrangers lorsqu’elle voit les panneaux de contrôle.

  • À l’aéroport, un officier refuse le séjour à un couple africain parce que la carte de résident de l’homme est expirée et que le passeport présenté pour sa compagne porte la photo d’une femme plus âgée.

  • Pour obtenir l’autorisation de séjour, la narratrice présente un visa, des chèques de voyage correspondant à 100 francs français par jour de séjour et un billet aller-retour.

  • Le 2 juillet 2000, la France bat l’Italie en finale de la Coupe d’Europe grâce au but en or de Trézéguet marqué à la treizième minute des prolongations, après l’égalisation française de Sylvain Wiltord près du coup de sifflet final.

  • Pour dissuader son frère d’émigrer clandestinement, la narratrice économise une somme destinée à financer une boutique ou un projet équivalent sur leur île, mais Madické lui demande pourquoi elle-même n’y retourne pas.

Compléments

  • Lors de sa première année en France, la narratrice est convoquée à l’Office des migrations internationales pour une radio médicale et reçoit une facture de 320 francs français avec son certificat d’aptitude sanitaire au séjour.

  • Après son retour en France, la narratrice reçoit une nouvelle convocation de la Direction régionale des renseignements généraux à propos de sa demande de naturalisation.

  • Dans le chant qu’elle improvise, la narratrice présente les passeports, certificats d’hébergement et visas comme de nouvelles chaînes de l’esclavage, et les relevés d’identité bancaire, adresses et origines comme des critères de l’apartheid moderne.

  • Madické, qui soutient l’équipe italienne, est profondément déçu par sa défaite et par les moqueries de ses amis, qui célèbrent la victoire française.

  • La narratrice décide de garder l’argent destiné au projet pendant quelques semaines, puis de l’utiliser autrement si Madické refuse de choisir une activité réalisable sur place.

  • La narratrice explique que son départ est lié à une enfance marquée par la honte de sa naissance et les mauvais traitements réservés aux enfants désignés comme « sans-baptême » dans la société traditionnelle.

Astuce mémo

File d’attente, contrôle des papiers, enquête administrative.

16. Écriture, mémoire et exil

★ À maîtriser

  • La narratrice transforme par l’écriture des souvenirs autrefois peu remarqués en récits de l’exil et en tentatives de renouer les liens rompus par le voyage.

  • Pour la narratrice, l’exil est un « suicide géographique », mais l’ailleurs offre la liberté de se définir selon ses propres choix plutôt que selon les erreurs du destin.

  • La mémoire constitue l’identité de la narratrice et lui permet de porter avec elle ceux qu’elle a aimés comme ceux qu’elle a détestés.

Compléments

📌 Les mots ne peuvent pleinement porter les maux de l’exil ni servir de pont entre l’ici et l’ailleurs, car ils sont trop étroits, trop fragiles et trop limités.

  • La narratrice présente l’écriture comme un moyen d’exprimer et d’accomplir ce que sa mère n’a pas osé dire ni faire.

  • Au retour, on revient changé et l’on ne retrouve jamais exactement les personnes que l’on a quittées.

Astuce mémo

La plume-pioche déterre les souvenirs enfouis.

17. La victoire des Lions à Niodior

★ À maîtriser

  • Henri Camara égalise pour le Sénégal contre la Suède.

  • Henri Camara inscrit le but en or qui permet au Sénégal de battre la Suède et de se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe du monde.

Compléments

  • En juin 2002, les habitants de Niodior se réunissent devant la télévision pour suivre le match de Coupe du monde entre le Sénégal et la Suède.

  • Après que la Suède a marqué contre le Sénégal, Garouwalé encourage les spectateurs en rappelant les victoires sénégalaises contre le Danemark et l’Uruguay.

  • Pendant la prolongation du match contre la Suède, le poteau arrête le tir de Svensson alors que Tony Sylva ne l’a pas intercepté.

  • Après la victoire, Ndétare et le vieux pêcheur, qui se détestaient, se retrouvent dans les bras l’un de l’autre avant d’échanger un sourire gêné.

Astuce mémo

Égalisation de Camara, poteau de Svensson, but en or de Camara.

18. Identité hybride et retour au pays

★ À maîtriser

  • La narratrice souligne que vingt et un des vingt-trois joueurs sénégalais sélectionnés évoluent en France, ce qui peut renforcer chez les jeunes l’idée qu’ils doivent eux aussi émigrer pour réussir.

  • La narratrice réclame des immigrés sénégalais qu’ils racontent aussi les difficultés de leur vie en France, notamment le racisme, les insultes et les gestes racistes subis dans les stades.

  • Madické explique à sa sœur qu’il ne souhaite plus partir en France : sa boutique fonctionne bien, il veut l’agrandir et préfère voir les joueurs sénégalais à Dakar.

  • La narratrice se pense comme une identité hybride, issue de l’Afrique et de l’Europe, et préfère le mauve, mélange de la chaleur rouge africaine et du froid bleu européen.

Compléments

📌 La narratrice refuse de choisir entre les deux pays comme entre deux parties du corps, car elle ne veut pas réduire son identité à un seul pays.

  • Pour la narratrice, le pays recherché est un lieu où les différentes strates de l’être peuvent s’ajouter sans fragmentation identitaire, et l’écriture lui permet de se sentir chez elle partout où elle pose ses valises.

Astuce mémo

Les chants des racines et les loups de l’exil voyagent ensemble.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur L’émigration et ses désillusions avec 61 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle équipe et quel joueur suscitent particulièrement l’admiration de Madické ?

2. En imaginant son frère courant aux côtés de Maldini sur le sable de Niodior, que comprend finalement la narratrice ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de L’émigration et ses désillusions avec 96 flashcards interactives.

Où la narratrice regarde-t-elle la demi-finale de la Coupe d’Europe ?

À la télévision.

Quel joueur Madické admire-t-il particulièrement ?

Paolo Maldini.

Que représente le « Maldini » imaginé par la narratrice ?

Madické poursuivant son rêve sur le sable de Niodior.

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