Fiche de révision : Linguistique générale et sémiologie

Plan du Cours

  1. Postures descriptive et prescriptive
  2. Sémiologie et signe linguistique
  3. Motivation et arbitraire des mots
  4. Double articulation du langage
  5. Axes et oppositions de la langue
  6. Communication et fonctions du langage
  7. Alphabet phonétique et sons du français
  8. Formation et histoire du français
  9. Classes de mots et pièges verbaux

Repères chronologiques

  1. 842Les Serments de Strasbourg constituent le premier texte officiel rédigé en langue romane, ancêtre du français.
  2. 1539L’ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français dans les actes administratifs et juridiques à la place du latin.
  3. 1635Richelieu fonde l’Académie française afin de codifier et de fixer les règles du français.
  4. 1881-1882Les lois Jules Ferry rendent l’école obligatoire et laïque et font du français l’unique langue autorisée en classe, contribuant à l’éradication des patois régionaux.

1. Postures descriptive et prescriptive

★ À maîtriser

📌 Le prescriptivisme établit une norme et juge les usages comme corrects ou incorrects, tandis que le descriptivisme observe la langue telle qu’elle est parlée sans la juger.

Compléments

  • Pour un linguiste descriptiviste, prononcer [mɛnñɑ̃] plutôt que [mɛntnɑ̃] pour « maintenant » est une variante phonétique observée dans la parole spontanée, et non une faute.

Astuce mémo

Le jardinier prescrit la norme ; le botaniste observe les usages.

2. Sémiologie et signe linguistique

Notions clés & Définitions

  • Sémiologie : Étude des signes et des systèmes de communication.
  • Signe linguistique : Unité de base du langage humain articulé, réalisée sous forme de mot prononcé ou écrit.

★ À maîtriser

  • Un indice est un phénomène involontaire lié directement à une information par un rapport de cause à effet, tandis qu’un symbole est un signe visuel choisi par convention culturelle pour représenter une idée.

  • Selon Saussure, le signe linguistique associe deux faces indissociables : le signifiant, image acoustique, et le signifié, concept mental abstrait.

  • Le signe linguistique est arbitraire, car aucun lien naturel n’unit sa forme sonore à son concept, comme le montrent les mots « chat », « cat », « gato » et « Katze ».

Compléments

  • La buée qui sort de la bouche dans le froid est un indice de basse température, tandis qu’une tête de mort dessinée sur un flacon symbolise un produit toxique ou un danger de mort.

📌 Le référent est l’objet réel du monde extérieur auquel le signe peut renvoyer, tandis que le signifié est le concept mental associé au signifiant.

📌 Le signifiant est linéaire : ses sons se succèdent dans le temps et ne peuvent pas être prononcés simultanément, ce qui rend nécessaire l’ordre des mots dans la phrase.

Astuce mémo

L’indice est involontaire ; le symbole est conventionnel ; le mot est un signe linguistique.

3. Motivation et arbitraire des mots

★ À maîtriser

📌 Les mots totalement arbitraires ne s’expliquent par aucun autre mot de la langue, les mots à motivation externe imitent un bruit du monde réel, et les mots à motivation interne sont construits à partir d’autres mots existants.

Compléments

  • Les exemples de mots totalement arbitraires sont :

    • arc
    • beauté
    • ciel
    • faire
    • ride
    • rouge
    • wagon
  • Les exemples de mots à motivation externe sont :

    • atchoum
    • bang
    • ding dong
    • grrrr
    • paf
  • « Anti-rides », « arc-en-ciel », « croissanterie », « défaire », « encercler », « idéaliser », « impossible », « rougir », « salon de beauté » et « wagon-restaurant » sont des mots à motivation interne.

📌 Les onomatopées imitent des sons réels, mais leur forme conserve une part d’arbitraire, comme le montrent « cocorico » en français et « cock-a-doodle-doo » en anglais pour le chant du coq.

4. Double articulation du langage

★ À maîtriser

  • Selon André Martinet, la première articulation découpe l’énoncé en unités porteuses de sens, comme les mots ou les morphèmes, et la deuxième le découpe en phonèmes dépourvus de sens isolément.

Compléments

  • Dans « le chat dort », la première articulation distingue « le », « chat » et « dort », tandis que la deuxième distingue dans « chat » les phonèmes [ʃ] et [a].

  • Avec une trentaine de sons de base, la deuxième articulation permet de former plus de 100 000 mots et une infinité de phrases.

5. Axes et oppositions de la langue

Notions clés & Définitions

  • Syntagme : Groupe de mots combinés dans une chaîne linéaire et constituant une réalisation concrète de la parole.
  • Paradigme : Ensemble des mots substituables à une même place dans un syntagme et constituant un réservoir abstrait associé à la langue.

★ À maîtriser

📌 Le syntagme relève de la combinaison linéaire d’éléments présents dans l’énoncé, tandis que le paradigme relève du choix entre des éléments substituables.

📌 La langue est un système abstrait et collectif partagé par une société, tandis que la parole est son utilisation concrète et individuelle par un locuteur.

Compléments

📌 La synchronie étudie la langue à un moment précis sans considérer son histoire, tandis que la diachronie étudie son évolution à travers le temps.

📌 La linguistique interne étudie la structure et les règles de la langue, tandis que la linguistique externe étudie ses liens avec la société, la géographie ou l’histoire.

Astuce mémo

Le syntagme combine horizontalement ; le paradigme offre verticalement des choix.

6. Communication et fonctions du langage

★ À maîtriser

  • Les six éléments du schéma de la communication sont (Roman Jakobson) :

    • l’émetteur
    • le récepteur
    • le message
    • le référent ou contexte
    • le code
    • le canal ou contact
  • La fonction expressive est centrée sur l’émetteur et exprime ses émotions ou son avis.

  • La fonction conative est centrée sur le récepteur pour l’inciter à agir ou le convaincre.

  • La fonction référentielle est centrée sur le contexte et transmet des faits de manière objective.

Compléments

  • La fonction phatique est centrée sur le canal et sert à établir, maintenir ou rompre le contact.

  • La fonction métalinguistique est centrée sur le code et utilise le langage pour expliquer le langage lui-même.

  • La fonction poétique est centrée sur le message et met en valeur sa forme, son style ou sa beauté.

7. Alphabet phonétique et sons du français

Notions clés & Définitions

  • Paire minimale : Couple de mots qui ne diffèrent que par un seul son placé au même endroit et dont le sens change, comme « pain » [pɛ̃] et « bain » [bɛ̃].
  • Amuïssement : Disparition complète d’un son dans la prononciation, comme dans « je me le dis » [ʒmeldi].

★ À maîtriser

  • L’Alphabet phonétique international (API) associe un symbole à un son afin de transcrire précisément la prononciation, contrairement à l’orthographe française, qui présente des correspondances irrégulières.
  • Les voyelles sont produites sans obstacle à la sortie de l’air ; leur aperture peut être fermée ([i, y, u]), mi-fermée ([e, ø, o]), mi-ouverte ([ɛ, œ, ɔ]) ou ouverte ([a]).

📌 Les consonnes sont produites avec un obstacle dans la bouche : les occlusives comportent une fermeture puis une explosion ([p, b, t, d, k, g]), tandis que les constrictives produisent un frottement continu ([f, v, s, z, ʃ, ʒ]).

Compléments

  • En français, un même son peut s’écrire avec plusieurs graphèmes, comme [z] dans <z> de « zoologie » et <s> de « briser » ou « vous avez ».

  • En français, un même graphème peut correspondre à plusieurs sons ou être muet : <s> vaut [s] dans « test », [z] dans « usé » et ne se prononce pas dans « tu étais ».

  • Les semi-consonnes [j], [ɥ] et [w] correspondent respectivement aux voyelles [i], [y] et [u], comme dans « cahier » [kaje], « huit » [ɥit] et « oui » [wi].

  • La variation diatopique désigne les changements de prononciation liés à la géographie.

  • Dans le Midi de la France, [e] apparaît selon la loi de position en syllabe ouverte, comme dans « clé » [kle], et [ɛ] en syllabe fermée, comme dans « lait » [lɛ] ; le e muet final se prononce souvent [ə], comme dans « côtes » [kɔtə].

  • En Belgique et en Suisse, certaines prononciations conservent des différences de durée vocalique, comme « mettre » [mɛtʁ] et « maître » [mɛːtʁ], ainsi que la voyelle nasale [œ̃] de « brun ».

Astuce mémo

L’API fixe un son par symbole ; l’orthographe française fait varier les sons et les graphèmes.

8. Formation et histoire du français

★ À maîtriser

  • La formation du français combine le substrat gaulois, le latin vulgaire parlé par les Romains et le superstrat germanique apporté par les Francs.

Compléments

  • Le substrat gaulois a laissé des habitudes d’articulation et du vocabulaire rural, notamment « arpent », « charrue » et « mouton ».

  • Au Ve siècle, les Francs apportent au français des mots comme « guerre », « hache », « blanc » et « bleu », ainsi que les sons [w] et [h] aspiré.

  • Les Gloses de Reichenau, au VIIIe siècle, traduisent des mots latins devenus obscurs dans la langue romane parlée par le peuple.

  • La Chanson de Roland, composée au XIe siècle, est le premier grand chef-d’œuvre littéraire en ancien français, de langue d’oïl.

Astuce mémo

Gaulois et latin → apports francs → ancien français → codification → école.

9. Classes de mots et pièges verbaux

★ À maîtriser

  • Les mots variables comprennent :
    • les noms
    • les verbes
    • les adjectifs
    • les pronoms
    • les déterminants

📌 Un déterminant précède un nom, tandis qu’un pronom peut être seul ou placé devant un verbe.

📌 « Bien que nous eussions répondu » est au subjonctif plus-que-parfait, tandis que « Eussions-nous répondu » est au conditionnel passé deuxième forme ; les deux formes sont à la première personne du pluriel.

Compléments

  • Les mots invariables comprennent :

    • les adverbes
    • les prépositions et locutions prépositives
    • les conjonctions de coordination
    • les conjonctions de subordination
    • les interjections
  • À l’imparfait de l’indicatif, « nous ne le niions pas » est à la première personne du pluriel : le premier i appartient au radical « ni- » et le second à la terminaison « -ions ».

  • Le subjonctif imparfait présente notamment les formes « qu’il fût », « que vous tombassiez » et « que nous le sussions », reconnaissables aux accents circonflexes ou aux formes en -sse-.

Teste tes connaissances

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1. Une personne relève que des locuteurs emploient une tournure différente de la norme scolaire et la qualifie de « faute ». Quelle posture linguistique adopte-t-elle ?

2. Dans une conversation spontanée, une locutrice prononce « maintenant » [mɛnñɑ̃] plutôt que [mɛntnɑ̃]. Comment un linguiste descriptiviste interprète-t-il cette prononciation ?

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Comment le prescriptivisme évalue-t-il les usages linguistiques ?

Il les juge corrects ou incorrects selon une norme.

Que fait le descriptivisme face aux usages linguistiques ?

Il observe la langue parlée sans la juger.

Qu’étudie la sémiologie ?

Les signes et les systèmes de communication.

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