QCM : Phèdre et les jeux de la parole (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une pièce s’inspire de modèles antiques et respecte des règles de composition théâtrale : quel courant artistique ces caractéristiques évoquent-elles ?

Le classicisme
Le réalisme
Le romantisme
Le baroque

Le classicisme

Explication

Le classicisme puise dans l’art antique et codifie la production artistique, notamment au théâtre. Le romantisme privilégie d’autres principes, le réalisme vise la représentation du réel et le baroque ne correspond pas à cette définition.

2. À qui Phèdre confie-t-elle son amour pour Hippolyte, fils de Thésée et d’Antiope ?

À Œnone, sa suivante
À Antiope, sa belle-mère
À Hippolyte, son beau-fils
À Ariane, sa sœur

À Œnone, sa suivante

Explication

Phèdre avoue à sa suivante Œnone son amour pour Hippolyte. Antiope est la mère d’Hippolyte, tandis qu’Hippolyte est l’objet de cet amour et qu’Ariane n’est pas la confidente.

3. Au début d’une tirade, Phèdre affirme aimer Thésée tout en s’adressant directement à Hippolyte ; quelle interprétation rend compte de ce double mouvement ?

Elle raconte son amour pour Thésée sans interpeller personne
Elle réaffirme son amour pour Hippolyte en interpellant Thésée
Elle renonce à Thésée et s’adresse à Œnone
Elle réaffirme son amour pour Thésée en interpellant Hippolyte

Elle réaffirme son amour pour Thésée en interpellant Hippolyte

Explication

Dans les vers 1 à 7, Phèdre réaffirme son amour pour Thésée, mais son apostrophe associe Hippolyte à l’expression de ses sentiments. Prendre Hippolyte pour le destinataire de l’amour inverse l’interprétation, tandis que le renoncement ou l’absence d’interpellation ne correspondent pas à ce mouvement.

4. En étudiant le portrait de Thésée, un lecteur distingue deux passages successifs : quelle évolution observe-t-il entre les vers 2 à 4 et les vers 5 à 7 ?

Le portrait passe du négatif au mélioratif
Le portrait reste négatif dans les deux passages
Le portrait passe du mélioratif au négatif
Le portrait reste mélioratif dans les deux passages

Le portrait passe du négatif au mélioratif

Explication

Le portrait de Thésée est négatif aux vers 2 à 4, puis devient mélioratif aux vers 5 à 7. L’inversion des deux tonalités, ou l’idée que le portrait reste d’une seule tonalité, méconnaît cette évolution.

5. En étudiant les vers 8 à 19, quelle évolution du récit de Phèdre faut-il relever ?

Elle rappelle l’aventure du Minotaure en substituant progressivement Hippolyte à Thésée.
Elle passe du récit de l’aventure du Minotaure à un aveu explicite de son amour.
Elle rappelle l’aventure du Minotaure en substituant progressivement Thésée à Hippolyte.
Elle raconte l’exploit de Thésée sans modifier les rôles des personnages.

Elle rappelle l’aventure du Minotaure en substituant progressivement Hippolyte à Thésée.

Explication

Dans les vers 8 à 19, Phèdre rappelle l’aventure du Minotaure tout en faisant progressivement prendre à Hippolyte la place de Thésée. L’inversion des rôles de substitution confond Hippolyte et Thésée, tandis que l’aveu explicite appartient au mouvement suivant.

6. Dans le portrait évoqué par Phèdre, à quel personnage l’expression « noble pudeur » est-elle associée ?

À Hippolyte, présenté comme fidèle et farouche.
À Ariane, présentée comme une héroïne farouche.
À Thésée, présenté comme un séducteur inconstant.
À Thésée, présenté comme fidèle et farouche.

À Hippolyte, présenté comme fidèle et farouche.

Explication

La « noble pudeur » caractérise Hippolyte, associé aux qualités de fidélité et de réserve. Attribuer cette qualité à Thésée confond le fils avec le séducteur inconstant; le portrait d’Ariane ou l’exploit du Minotaure ne sont pas concernés.

7. Si l’on interprète au vers 16 l’hypothèse selon laquelle Hippolyte aurait vaincu le Minotaure, que marque le conditionnel passé ?

Une action qui se déroulait dans le passé.
Un exploit effectivement accompli dans le passé.
Une possibilité qui reste ouverte dans le présent.
Un événement irréalisable dans le passé.

Un événement irréalisable dans le passé.

Explication

Dans cette hypothèse, le conditionnel passé exprime un irréel du passé : la victoire d’Hippolyte n’a pas eu lieu. La lire comme un fait accompli transforme le fantasme en événement réel; l’imparfait décrit plutôt une action passée en cours, et une possibilité présente n’est pas l’effet de ce temps ici.

8. Dans les vers 20 à 22, quelle succession traduit le fantasme de Phèdre ?

Elle prend la place de Thésée, puis désigne cette substitution par « c’est moi » répété.
Elle prend la place d’Ariane, puis désigne cette substitution par « c’est moi » répété.
Elle prend la place de Phèdre, puis désigne cette substitution par « c’est moi » répété.
Elle rappelle la victoire de Thésée, puis la désigne par « c’est moi » répété.

Elle prend la place d’Ariane, puis désigne cette substitution par « c’est moi » répété.

Explication

Phèdre imagine d’abord prendre la place d’Ariane, puis le présentatif répété « c’est moi » désigne cette substitution. La place de Thésée relève d’une autre substitution dans le récit, tandis que Phèdre ne prend pas sa propre place ni celle du héros.

9. Une phrase des vers 8 à 11 présente deux propositions séparées par un point-virgule, puis une proposition introduite par « lorsque ». Comment analyser cette construction ?

Les deux premières propositions sont subordonnées et la troisième est indépendante.
Les deux premières propositions sont juxtaposées et la troisième est une subordonnée conjonctive.
Les trois propositions sont juxtaposées, y compris celle introduite par « lorsque ».
La première proposition est indépendante et les deux suivantes sont coordonnées.

Les deux premières propositions sont juxtaposées et la troisième est une subordonnée conjonctive.

Explication

Le point-virgule juxtapose les deux premières propositions, tandis que « lorsque » introduit la troisième comme subordonnée conjonctive. Traiter cette dernière comme indépendante confond subordination et coordination; qualifier les premières de subordonnées ou les trois de juxtaposées méconnaît les marqueurs de la phrase.

10. Dans les vers 20 à 29, comment évolue l’aveu de Phèdre au fil de son jeu avec les mots ?

Il devient progressivement plus explicite.
Il devient progressivement moins explicite.
Il porte surtout sur le récit du labyrinthe.
Il demeure implicite jusqu’au dernier vers.

Il devient progressivement plus explicite.

Explication

Le jeu avec les mots conduit Phèdre à formuler ses sentiments de manière de plus en plus explicite entre les vers 20 et 29. Le maintien de l’implicite inverse cette progression, l’effacement lui attribue le mouvement contraire, et le récit du labyrinthe ne résume pas l’évolution de l’aveu.

11. À la fin de sa tirade, Phèdre lie le sort de l’épreuve racontée à celui de son aveu. Quelle décision reste entre les mains d’Hippolyte ?

Le choix qui déterminera la réussite de l’épreuve.
La réponse qui déterminera l’issue de l’aveu.
Le récit qui fixera l’issue de l’aventure passée.
La décision qui déterminera l’issue du labyrinthe.

La réponse qui déterminera l’issue de l’aveu.

Explication

Phèdre met en parallèle l’issue de l’épreuve et celle de son aveu, mais c’est la réponse d’Hippolyte qui décide du sort de l’aveu. Confondre les deux issues attribue à Hippolyte la décision concernant l’épreuve, tandis que les autres réponses lui prêtent cette décision ou la donnent déjà arrêtée par Phèdre.

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De quelles sources le classicisme tire-t-il son inspiration ?

De l’art antique.

À quoi le classicisme soumet-il la production artistique ?

À des règles.

À qui Phèdre avoue-t-elle son amour pour Hippolyte ?

À Œnone.

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