QCM : Sémiologie et analyse de l’image (22 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel est l’objet d’étude de la sémiologie ?

Les messages écrits et leurs règles de composition littéraire
Les sons de la parole et leurs règles de prononciation
Les structures sociales et leurs formes d’organisation politique
Les signes, les systèmes de signes et leurs significations

Les signes, les systèmes de signes et leurs significations

Explication

La sémiologie étudie les signes, les systèmes dans lesquels ils s’inscrivent et les significations qu’ils produisent. L’étude des sons de la parole relève davantage de la phonétique et de la phonologie.

2. Une trace de freinage révèle un accident, tandis qu’une croix verte indique une pharmacie par convention : quelle distinction ces exemples illustrent-ils ?

La trace est un signe verbal, tandis que la croix verte est un signe auditif
La trace est un signe non intentionnel, tandis que la croix verte est un signe artificiel conventionnel
La trace est un signe artificiel conventionnel, tandis que la croix verte est un signe non intentionnel
La trace est un signe symbolique par convention, tandis que la croix verte est un indice causal

La trace est un signe non intentionnel, tandis que la croix verte est un signe artificiel conventionnel

Explication

La trace d’un accident peut fonctionner comme signe sans avoir été produite pour communiquer, alors que la croix verte repose sur une convention culturelle. La croix verte n’est pas un indice causal de la présence d’une pharmacie : sa valeur communicative vient d’un code partagé.

3. Dans l’analyse d’un signe, comment distinguer le signifiant du signifié ?

Le signifiant est la chose désignée, tandis que le signifié est le code social qui la nomme
Le signifiant est son contenu interprété, tandis que le signifié est sa forme perceptible
Le signifiant est sa forme perceptible, tandis que le signifié est son contenu interprété
Le signifiant est l’intention de l’émetteur, tandis que le signifié est la réaction du destinataire

Le signifiant est sa forme perceptible, tandis que le signifié est son contenu interprété

Explication

Le signifiant correspond au support perceptible du signe, et le signifié à son contenu ou à son interprétation. Inverser ces deux notions constitue la confusion la plus fréquente entre elles.

4. Quelle conception Ferdinand de Saussure défend-il au sujet de la langue et de la sémiologie ?

La langue est une institution sociale, et la sémiologie étudie la vie des signes dans la vie sociale
La langue est un système de gestes, et la sémiologie étudie les mouvements corporels en société
La langue est une faculté individuelle, et la sémiologie étudie les intentions propres à chaque locuteur
La langue est un ensemble de sons naturels, et la sémiologie étudie leurs propriétés acoustiques

La langue est une institution sociale, et la sémiologie étudie la vie des signes dans la vie sociale

Explication

Saussure considère la langue comme une institution sociale et définit la sémiologie par l’étude de la vie des signes au sein de la vie sociale. L’associer à une faculté purement individuelle confond la langue avec les usages particuliers de la parole.

5. Une communauté partage un code linguistique, puis une personne formule un message à sa manière : comment Saussure nomme-t-il ces deux niveaux ?

Le code partagé est la parole, et sa mise en œuvre individuelle est la langue
Le code partagé est la phonation, et sa mise en œuvre individuelle est la grammaire
Le code partagé est le signifié, et sa mise en œuvre individuelle est le signifiant
Le code partagé est la langue, et sa mise en œuvre individuelle est la parole

Le code partagé est la langue, et sa mise en œuvre individuelle est la parole

Explication

La langue désigne le code social partagé, tandis que la parole est l’emploi individuel et subjectif de ce code dans des messages. La parole n’est donc pas le code commun lui-même.

6. Dans le modèle saussurien, de quels éléments le signe linguistique est-il l’union ?

D’un objet matériel, le signifié, et du nom prononcé, le signifiant
D’une intention personnelle, le signifié, et d’un geste, le signifiant
D’un concept, le signifié, et d’une image acoustique, le signifiant
D’une règle grammaticale, le signifié, et d’une chose, le signifiant

D’un concept, le signifié, et d’une image acoustique, le signifiant

Explication

Le signe linguistique unit un concept, appelé signifié, à une image acoustique, appelée signifiant. Il ne s’agit pas, dans cette définition, d’un lien direct entre une chose et son nom.

7. Pourquoi le lien entre un signifiant et son signifié est-il dit arbitraire chez Saussure ?

Parce que le lien est créé par la ressemblance entre le mot et l’objet désigné
Parce que chaque locuteur choisit librement ce lien au moment de prononcer un mot
Parce que la forme sonore imite les propriétés physiques de chaque concept
Parce qu’il repose sur une convention de la communauté linguistique plutôt que sur un lien naturel

Parce qu’il repose sur une convention de la communauté linguistique plutôt que sur un lien naturel

Explication

Le lien est arbitraire et conventionnel : il est établi par la communauté linguistique avant chaque acte de parole, et non par une ressemblance naturelle. L’idée que chaque locuteur le choisit individuellement méconnaît ce caractère social.

8. À qui attribue-t-on l’emploi du terme « semiotics » dès 1867 pour désigner la science générale des signes et des significations ?

Charles Sanders Peirce, logicien et philosophe américain
Émile Benveniste, linguiste français
Roland Barthes, sémiologue français
Ferdinand de Saussure, linguiste suisse

Charles Sanders Peirce, logicien et philosophe américain

Explication

Charles Sanders Peirce emploie le terme « semiotics » dès 1867 pour désigner la science générale des signes et des significations. Saussure a élaboré une approche majeure de la sémiologie, mais ce n’est pas à lui que cette attribution précise revient.

9. Comment Peirce définit-il un signe, ou representamen ?

Quelque chose qui tient lieu, pour quelqu’un, de quelque chose sous un certain rapport
Un objet matériel qui transmet une information sans dépendre d’un interprète
Un mot qui associe directement un nom à une chose pour tous les locuteurs
Une image qui reproduit fidèlement l’apparence de ce qu’elle désigne

Quelque chose qui tient lieu, pour quelqu’un, de quelque chose sous un certain rapport

Explication

Pour Peirce, un signe tient lieu de quelque chose pour quelqu’un sous un certain rapport ou à quelque titre. Le réduire à une image fidèle écarte les signes conventionnels et les autres types de signes.

10. Quelle différence caractérise les approches de Saussure et de Peirce ?

Saussure analyse les signes visuels, tandis que Peirce réserve son modèle aux signes verbaux
Saussure centre son approche sur la langue, tandis que Peirce élabore une théorie générale des signes
Saussure étudie les signes de toute nature, tandis que Peirce limite son approche à la langue
Saussure fonde le sens sur le contexte culturel, tandis que Peirce l’explique par un code linguistique fixe

Saussure centre son approche sur la langue, tandis que Peirce élabore une théorie générale des signes

Explication

L’approche de Saussure prend la langue comme objet central, alors que la théorie de Peirce porte sur les signes verbaux et non verbaux et tient compte de la culture et du contexte. Dire que Peirce se limite à la langue inverse précisément cette distinction.

11. Une fumée indique un feu par contiguïté physique, un portrait ressemble à son modèle et un feu tricolore fonctionne selon un code partagé : comment Peirce classe-t-il ces signes ?

La fumée est une icône, le portrait un symbole et le feu tricolore un indice
La fumée est un indice, le portrait une icône et le feu tricolore un symbole
La fumée est un symbole, le portrait un indice et le feu tricolore une icône
La fumée est un indice, le portrait un symbole et le feu tricolore une icône

La fumée est un indice, le portrait une icône et le feu tricolore un symbole

Explication

L’indice repose sur une relation causale ou une contiguïté physique, l’icône sur l’analogie, et le symbole sur une convention. Le portrait relève donc de la ressemblance, et non d’une convention comparable à celle du feu tricolore.

12. Quels sont les six pôles du modèle de communication de Jakobson ?

Le destinateur, le destinataire, le code, le message, le contact et le contexte
L’émetteur, le récepteur, le canal, le signe, le référent et le bruit
Le destinateur, le public, le support, le thème, le contexte et la rétroaction
Le locuteur, l’auditeur, la langue, le discours, la situation et l’intention

Le destinateur, le destinataire, le code, le message, le contact et le contexte

Explication

Le modèle de Jakobson comprend ces six pôles, qui structurent l’analyse de la communication. Les autres propositions substituent à certains pôles des notions apparentées, mais absentes de cette liste.

13. Dans le modèle de Jakobson, quelle fonction est liée au code, par exemple lorsqu’un message explique le sens d’un mot ?

La fonction métalinguistique
La fonction phatique
La fonction expressive
La fonction référentielle

La fonction métalinguistique

Explication

La fonction métalinguistique porte sur le code, comme lorsqu’on explicite le sens d’un terme. La fonction phatique concerne plutôt le contact entre les interlocuteurs.

14. Quel aspect Roland Barthes étudie-t-il notamment dans « Rhétorique de l’image » en 1964 ?

Le paysage documentaire, dont l’absence de texte empêche la communication
L’image abstraite, dont la composition exclut toute intention communicationnelle
Le portrait artistique, dont l’ambiguïté rend l’interprétation incertaine
L’image publicitaire, dont l’intentionnalité rend la communication manifeste

L’image publicitaire, dont l’intentionnalité rend la communication manifeste

Explication

Barthes analyse notamment l’image publicitaire, dont l’intentionnalité rend particulièrement manifeste la communication. L’analyse n’est pas centrée sur un type d’image dépourvu d’intention explicite.

15. Dans l’analyse de Barthes, que désigne le message iconique non codé ?

La composition plastique de l’image
Les signifiés culturels associés à l’image
Le message littéral de l’image
Les mots qui accompagnent l’image

Le message littéral de l’image

Explication

Le message iconique non codé correspond au niveau littéral de l’image. Les signifiés relèvent du message iconique codé, distinction qu’il faut éviter de confondre.

16. Une analyse décrit d’abord les objets visibles, puis examine les valeurs culturelles qu’ils évoquent. Comment distinguer ces deux niveaux ?

La description figurative relève de la connotation, et les valeurs évoquées relèvent de la dénotation
Les deux étapes relèvent de la dénotation, car elles partent des éléments visibles
Les deux étapes relèvent de la connotation, car elles impliquent une interprétation
La description figurative relève de la dénotation, et les valeurs évoquées relèvent de la connotation

La description figurative relève de la dénotation, et les valeurs évoquées relèvent de la connotation

Explication

La dénotation correspond au premier niveau figuratif et objectif, tandis que la connotation construit une signification seconde à partir de celui-ci. Considérer les valeurs culturelles comme de la dénotation confond le niveau littéral et l’interprétation.

17. Quelle démarche Martine Joly propose-t-elle pour analyser une image ?

La classer par genre, puis étudier ses messages esthétique, politique et commercial
La contextualiser, puis étudier ses messages plastique, iconique et linguistique
La décrire globalement, puis étudier ses messages narratif, affectif et historique
La contextualiser, puis étudier ses messages sonore, iconique et gestuel

La contextualiser, puis étudier ses messages plastique, iconique et linguistique

Explication

Joly propose de contextualiser l’image et d’examiner ses dimensions plastique, iconique et linguistique. L’étude du contexte n’est pas remplacée par une classification selon le genre ou la visée de l’image.

18. Pourquoi l’analyse publicitaire mobilise-t-elle particulièrement la fonction conative tout en faisant aussi place à la fonction poétique ?

L’intention publicitaire rend l’interprétation incertaine, et la fonction conative décrit surtout l’organisation esthétique du message
La publicité privilégie le contexte de diffusion, tandis que ses procédés formels écartent l’effet sur le destinataire
La fonction poétique vise le destinataire, tandis que l’intention publicitaire détourne l’attention de la forme du message
L’intention affichée facilite l’analyse communicationnelle, et la publicité cherche à agir sur son destinataire tout en travaillant la forme du message

L’intention affichée facilite l’analyse communicationnelle, et la publicité cherche à agir sur son destinataire tout en travaillant la forme du message

Explication

L’intentionnalité publicitaire facilite une lecture communicationnelle, et la fonction conative y domine sans exclure la fonction poétique. La fonction poétique concerne la forme du message, et non la visée exercée sur le destinataire.

19. Une affiche guide le regard à travers plusieurs éléments selon un parcours en Z. Quelle construction publicitaire met-elle en œuvre ?

La construction en profondeur
La construction séquentielle
La construction focalisée
La construction axiale

La construction séquentielle

Explication

La construction séquentielle conduit le regard selon un parcours, souvent en Z. La construction axiale place plutôt l’objet principal dans l’axe de l’image.

20. Dans la double page Marlboro, quelle opposition caractérise les deux pages ?

Les deux pages sont horizontales et ouvertes, mais la page gauche concentre les éléments visuels.
La page gauche est large et ouverte sur le paysage, tandis que la page droite est serrée, verticale et massive.
La page gauche est serrée, verticale et massive, tandis que la page droite est large, horizontale et ouverte sur le paysage.
Les deux pages sont verticales et massives, mais la page droite présente un paysage plus rapproché.

La page gauche est serrée, verticale et massive, tandis que la page droite est large, horizontale et ouverte sur le paysage.

Explication

La mise en page oppose une page gauche compacte et massive à une page droite plus ample et ouverte sur le paysage. L’inversion proposée est plausible, mais elle attribue à chaque page les caractéristiques de l’autre.

21. Quel principe organise la lecture globale du message plastique de la publicité Marlboro ?

Une hiérarchie de couleurs qui oppose le produit au paysage environnant.
Une progression narrative dans laquelle chaque élément décrit une étape de l’action.
Une répétition de formes semblables qui unifie l’image autour d’un même espace.
Un contraste de formes, de textures et d’espaces dont la lecture repose sur l’oxymore.

Un contraste de formes, de textures et d’espaces dont la lecture repose sur l’oxymore.

Explication

Le message plastique associe des oppositions de formes, de texture et d’espace, et sa lecture globale s’appuie sur le principe de l’oxymore. Une progression narrative peut sembler adaptée à une publicité, mais elle ne rend pas compte du principe plastique caractéristique de cet exemple.

22. Quelle image du personnage masculin les associations iconiques de la publicité Marlboro contribuent-elles à construire ?

Un homme viril, rassurant, proche de la nature et calme, construit par des stéréotypes et l’histoire des campagnes de la marque.
Un homme urbain, nerveux et distant, associé à la modernité technologique.
Un homme provocateur et agité, dont l’attitude rompt avec les représentations antérieures de la marque.
Un homme fragile et inquiet, présenté comme dépendant de la protection d’autrui.

Un homme viril, rassurant, proche de la nature et calme, construit par des stéréotypes et l’histoire des campagnes de la marque.

Explication

Les associations iconiques construisent l’image d’un homme viril, rassurant, proche de la nature et calme, en mobilisant des stéréotypes et les campagnes antérieures de la marque. Un personnage provocateur et en rupture avec ces représentations contredit cette construction plutôt que de la résumer.

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Que désigne la sémiologie ?

La science des significations qui étudie les signes, les systèmes de signes et leurs significations.

Qu’est-ce qui caractérise un signe non intentionnel ?

Il apparaît sans intention de communiquer, comme la trace d’un accident.

Sur quoi repose un signe artificiel ?

Sur une convention ou un code culturel utilisé pour communiquer.

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