QCM : Technique et création artistique (32 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans l’opposition latine entre ars et natura, à quoi renvoie ars ?

À une habileté acquise
À un artifice sans savoir-faire
À une connaissance théorique
À une habileté naturelle

À une habileté acquise

Explication

Ars désigne une habileté acquise, que l’on distingue de l’habileté naturelle appelée natura. « Habileté naturelle » inverse cette distinction, « artifice » ne retient qu’un sens dérivé et « connaissance théorique » confond savoir-faire et science.

2. Quelle distinction l’Académie française établit-elle officiellement en 1762 entre artiste et artisan ?

L’artiste associe génie et main, tandis que l’artisan exerce un art mécanique
L’artiste travaille sans intervention de la main, tandis que l’artisan exerce un métier
L’artiste et l’artisan désignent encore le même savoir-faire
L’artiste exerce un art mécanique, tandis que l’artisan associe génie et main

L’artiste associe génie et main, tandis que l’artisan exerce un art mécanique

Explication

En 1762, l’artiste est défini par la coopération du génie et de la main, tandis que l’artisan est un ouvrier dans un art mécanique. Inverser les deux définitions confond leurs statuts, dissocier la main du travail de l’artiste déforme la définition, et leur équivalence correspond à l’usage antérieur à cette distinction.

3. Une pâtissière explique qu’elle a acquis un savoir-faire pour réaliser des gâteaux, puis qu’elle a fait preuve d’adresse pour réussir une décoration délicate. Quels deux sens courants du mot « art » ces exemples illustrent-ils ?

Un savoir-faire de réalisation et une adresse orientée vers un objectif
Un savoir-faire de réalisation et un artifice opposé à la nature
Une adresse orientée vers un objectif et une habileté naturelle
Une connaissance théorique et un savoir-faire de réalisation

Un savoir-faire de réalisation et une adresse orientée vers un objectif

Explication

Dans l’usage courant, art désigne à la fois un savoir-faire appliqué à une réalisation et l’adresse ou le talent permettant d’atteindre un objectif. « Adresse et habileté naturelle » omet le savoir-faire de réalisation, « savoir-faire et artifice » substitue un sens dérivé, et « connaissance théorique » ne correspond pas à ces deux sens.

4. Dans la définition d’Aristote, qu’est-ce qui distingue la technè d’une simple disposition à produire ?

Elle est accompagnée d’une règle vraie et capable de produire
Elle repose sur une contemplation théorique sans production
Elle consiste en une habileté naturelle dépourvue de règle
Elle est accompagnée d’une règle fausse et capable de produire

Elle est accompagnée d’une règle vraie et capable de produire

Explication

Pour Aristote, la technè est une disposition accompagnée d’une règle vraie et capable de produire. « Règle fausse » caractérise le défaut d’art, tandis que la contemplation théorique et l’habileté sans règle ne rendent pas cette définition.

5. Une artisane doit fabriquer un objet destiné à contenir de l’eau. Quelle démarche correspond au processus de production décrit pour l’artisan ?

Déterminer la forme, choisir les moyens, puis négliger l’ajustement des matériaux à la fin
Se représenter l’usage, choisir des moyens sans les adapter, puis conserver les matériaux tels quels
Se représenter l’usage, choisir les moyens et la matière-forme, puis ajuster les matériaux à la fin
Choisir la matière, retenir une forme disponible, puis définir l’usage de l’objet

Se représenter l’usage, choisir les moyens et la matière-forme, puis ajuster les matériaux à la fin

Explication

L’artisan se représente d’abord une fin, choisit les moyens adaptés, sélectionne matière et forme, puis ajuste les matériaux entre eux et à la fin visée. Définir l’usage après le choix des matériaux inverse la démarche, des moyens non adaptés manquent le choix raisonné, et négliger l’ajustement omet une étape du processus.

6. Deux personnes fabriquent des outils : la première possède une aptitude naturelle à les confectionner, tandis que la seconde applique un savoir-faire réglé et devient ainsi principe de son ouvrage. Comment les caractériser ?

La première relève du défaut d’art, la seconde de l’homo faber
La première relève de l’artisan, la seconde de l’homo faber
La première relève de l’homo faber, la seconde de l’artisan
La première relève de l’homo faber, la seconde du défaut d’art

La première relève de l’homo faber, la seconde de l’artisan

Explication

L’homo faber possède la puissance naturelle de fabriquer, tandis que l’artisan met en œuvre un savoir-faire réglé qui le rend principe de son ouvrage. Attribuer le savoir-faire réglé à l’homo faber inverse les notions, le défaut d’art désigne une disposition accompagnée d’une règle fausse, et la seconde personne dépasse la simple aptitude naturelle.

7. Une personne façonne un objet à la main sans suivre de gestes réglés ni d’opérations préalables. Quelle condition manque pour qualifier cet objet de technique ?

Une amélioration ultérieure de ses possibilités d’usage
L’emploi d’un outil déjà constitué pour le façonner
Des gestes réglés et des opérations qui président à sa réalisation
Une fabrication manuelle, même sans procédé organisé

Des gestes réglés et des opérations qui président à sa réalisation

Explication

Un objet est qualifiable de technique si sa réalisation est précédée de gestes réglés et d’opérations, qui peuvent notamment concerner la fabrication et le perfectionnement des outils. La fabrication manuelle seule ne suffit pas, l’emploi d’un outil n’est pas la condition définitoire, et l’amélioration ultérieure ne remplace pas les opérations de réalisation.

8. Un objet conçu pour une fonction précise révèle à son utilisateur des possibilités imprévues et stimule son invention. Comment faut-il le qualifier ?

Un outil, car il résulte d’une fabrication humaine organisée
Un instrument, car il instruit l’utilisateur et stimule son invention
Un outil, car sa définition fixe entièrement ses usages possibles
Un instrument, car il est employé dans un domaine spécialisé

Un instrument, car il instruit l’utilisateur et stimule son invention

Explication

L’instrument peut instruire son utilisateur sur ses potentialités et stimuler son pouvoir d’invention, au-delà de sa fonction initialement prévue. L’ustensile figé correspond à la notion d’outil, tandis que le domaine d’usage ou la fabrication humaine ne suffisent pas à établir cette distinction.

9. Un artisan commence avec une idée qui règle son exécution, mais le travail de l’objet lui fait découvrir une solution meilleure que celle qu’il avait prévue. Comment Alain caractérise-t-il ce moment ?

L’artisan devient artiste par éclairs lorsque l’œuvre corrige son idée
L’artisan devient artiste parce qu’il applique une règle du Beau
L’artisan cesse d’être artiste puisque l’idée a précédé l’exécution
L’artisan est artiste dès lors qu’il suit son idée initiale

L’artisan devient artiste par éclairs lorsque l’œuvre corrige son idée

Explication

Pour Alain, lorsque l’idée précède et règle l’exécution, il s’agit d’industrie, mais l’œuvre peut redresser cette idée pendant le travail : l’artisan est alors artiste par éclairs. L’idée initiale ne suffit pas à faire de lui un artiste, et cette correction ne relève pas de l’application d’une règle universelle du Beau.

10. Une peintre commence un portrait sans avoir arrêté toutes les couleurs et découvre ce que sera l’œuvre en la réalisant. Quelle caractérisation correspond à la distinction d’Alain ?

L’artiste est spectatrice de l’œuvre qui se forme au cours de sa création
L’artiste applique un plan complet dont l’exécution reproduit l’idée
L’artiste conçoit entièrement l’œuvre avant de commencer à la produire
L’artisane découvre l’œuvre uniquement après avoir achevé son exécution

L’artiste est spectatrice de l’œuvre qui se forme au cours de sa création

Explication

Selon Alain, l’artiste est spectateur de son œuvre en train de naître : l’idée lui vient à mesure qu’il crée. La conception complète préalable caractérise plutôt l’artisan, et un plan intégralement fixé ne rend pas compte de cette découverte progressive.

11. Une artiste crée une sculpture remarquable sans pouvoir suivre ni formuler de règle précise qui expliquerait sa création. Quelle caractéristique kantienne du génie cette situation illustre-t-elle ?

Une maîtrise technique appliquant des règles établies, dont l’imitation est première
Un talent producteur sans règle déterminée, dont l’originalité est première
Une aptitude acquise par l’apprentissage, dont la conformité est première
Une production arbitraire, dont l’absence de règle garantit la valeur artistique

Un talent producteur sans règle déterminée, dont l’originalité est première

Explication

Pour Kant, le génie produit ce dont aucune règle déterminée ne peut être donnée, et son originalité en est la première propriété. La maîtrise technique confond le génie avec une méthode apprise, l’imitation réussie inverse la priorité de l’originalité, et l’arbitraire confond absence de règle et qualité.

12. Un jeune peintre étudie une œuvre novatrice pour guider son jugement, mais cherche à créer sans la reproduire. Quel statut cette œuvre possède-t-elle dans la conception kantienne du génie ?

Un modèle original, destiné à être reproduit pour apprendre à créer
Une règle déterminée de production, que le peintre peut appliquer à son tour
Une œuvre sans valeur de modèle, puisque l’originalité exclut toute référence
Un modèle original et exemplaire, qui guide le jugement sans provenir de l’imitation

Un modèle original et exemplaire, qui guide le jugement sans provenir de l’imitation

Explication

Les produits du génie sont originaux et exemplaires : ils servent de modèles au jugement sans être eux-mêmes engendrés par l’imitation. La copie confond modèle et reproduction, l’absence de modèle écarte à tort l’exemplarité, et la règle de production attribue à l’œuvre un caractère prescriptif.

13. Une personne admire un artiste comme un être hors de portée et se sent ainsi dispensée de rivaliser avec lui. Quel ressort du culte du génie Nietzsche met-il en évidence ?

La certitude d’une grâce divine, qui prouve le caractère miraculeux du génie
L’estimation objective d’un talent rare, qui impose une admiration raisonnée
La vanité et l’amour-propre, qui éloignent le génie et écartent l’envie
L’envie de rivaliser avec l’artiste, qui nourrit le culte de sa proximité

La vanité et l’amour-propre, qui éloignent le génie et écartent l’envie

Explication

Nietzsche explique le culte du génie par la vanité et l’amour-propre : placer le génie très loin de soi évite qu’il blesse et qu’il suscite l’envie. L’évaluation objective néglige ce ressort psychologique, la rivalité contredit l’éloignement, et la grâce divine reprend précisément la croyance que Nietzsche met en question.

14. Un historien combine des observations et des méthodes avec une grande inventivité. Comment Nietzsche compare-t-il son activité à celle du génie artistique ?

Elle ressemble au génie par ses méthodes, mais pas par son activité
Elle ne diffère pas foncièrement de l’activité du génie
Elle relève d’une activité fondamentalement différente de celle du génie
Elle s’oppose au génie, car elle repose sur des procédés mécaniques

Elle ne diffère pas foncièrement de l’activité du génie

Explication

Nietzsche soutient que l’activité du génie ne diffère pas foncièrement de celle du savant, de l’inventeur ou du maître en tactique. Une différence de nature sépare à tort les activités, leur simple ressemblance de méthode maintient cette séparation, et l’opposition mécanique réduit abusivement le travail du savant.

15. Dans la conception de Platon, pourquoi l’œuvre artistique éloigne-t-elle de la vérité des essences ?

Elle copie l’Idée, dont l’objet particulier est une reproduction imparfaite.
Elle révèle les essences en transformant l’objet particulier en connaissance.
Elle copie un objet particulier, lui-même copie imparfaite de l’Idée.
Elle reproduit directement l’Idée sans passer par un objet particulier.

Elle copie un objet particulier, lui-même copie imparfaite de l’Idée.

Explication

Pour Platon, l’œuvre imite un objet particulier qui est déjà une copie imparfaite de l’Idée : cette double distance éloigne des essences et produit l’illusion. La reproduction directe de l’Idée supprime la médiation, l’inversion du rapport confond l’objet et l’Idée, et la révélation des essences reprend plutôt la conception favorable à l’imitation.

16. Comment Aristote explique-t-il que les êtres humains soient attirés par les œuvres d’art ?

L’absence d’utilité de l’œuvre fonde sa valeur et suscite leur intérêt.
L’imitation leur procure du plaisir et leur permet d’acquérir des connaissances.
L’imitation les éloigne des essences tout en créant une illusion plaisante.
L’embellissement de la réalité les réconforte face à ce qui est laid.

L’imitation leur procure du plaisir et leur permet d’acquérir des connaissances.

Explication

Pour Aristote, l’imitation procure du plaisir et constitue une source de connaissance, ce qui explique l’attirance pour les œuvres. L’éloignement des essences correspond à la critique de Platon, l’embellissement réconfortant à Nietzsche et l’absence d’utilité à la conception kantienne.

17. Une peintre représente une ruelle délabrée en en atténuant la laideur et en lui donnant une atmosphère apaisante. Quelle conception de l’art son geste illustre-t-il ?

L’art attire parce que l’imitation permet d’acquérir des connaissances.
L’art réinterprète le laid et réconforte en embellissant la réalité.
L’art tire sa valeur de son absence d’utilité et de sa liberté.
L’art dévoile le réel dans sa singularité, sans le transformer.

L’art réinterprète le laid et réconforte en embellissant la réalité.

Explication

Pour Nietzsche, l’art peut cacher ou réinterpréter ce qui est laid et réconforter en embellissant la réalité. La révélation du réel sans voile renvoie à Bergson, l’imitation comme connaissance à Aristote, et l’absence d’utilité à Kant.

18. Une sculptrice crée librement une œuvre sans chercher de rémunération, tandis qu’un artisan conçoit un objet sur commande pour le vendre. Comment Kant classerait-il ces deux activités ?

Les deux relèvent de l’art mercenaire, car ils sont des objets fabriqués.
La sculpture relève de l’art mercenaire et l’objet vendu de l’art libéral.
Les deux relèvent de l’art libéral, car ils résultent d’une création.
La sculpture relève de l’art libéral et l’objet vendu de l’art mercenaire.

La sculpture relève de l’art libéral et l’objet vendu de l’art mercenaire.

Explication

Chez Kant, l’art libéral est désintéressé, tandis que l’art mercenaire vise un profit et comprend notamment les œuvres sur commande. Inverser les catégories confond leurs critères, et la création ou la fabrication ne suffit pas à déterminer le classement.

19. Un artiste refuse d’évaluer son œuvre selon son utilité pratique et la crée pour elle-même. Quelle idée kantienne justifie cette démarche ?

L’art véritable répond à un besoin pratique, et son utilité fonde sa valeur.
L’art véritable dévoile le réel, et cette fonction fonde sa valeur.
L’art véritable est mercenaire, et son profit commercial fonde sa valeur.
L’art véritable est autotélique, et son absence d’utilité fonde sa valeur.

L’art véritable est autotélique, et son absence d’utilité fonde sa valeur.

Explication

Pour Kant, l’art véritable est autotélique : il ne sert pas à une fin extérieure, et c’est précisément cette absence d’utilité qui fonde sa valeur. Le profit caractérise l’art mercenaire, tandis que le dévoilement du réel relève de Bergson.

20. Une œuvre singulière traduit une émotion que les mots ne parviennent pas à exprimer et fait découvrir une réalité jusque-là inaperçue. Quelle conception de Bergson cela illustre-t-il ?

Le langage général exprime un état d’âme singulier et donne accès au réel et à l’indicible.
L’œuvre unique exprime un état d’âme singulier et donne accès au réel et à l’indicible.
L’œuvre unique embellit ce qui est laid et réconforte en transformant la réalité.
L’imitation des objets procure du plaisir et transmet les premières connaissances.

L’œuvre unique exprime un état d’âme singulier et donne accès au réel et à l’indicible.

Explication

Pour Bergson, l’œuvre d’art, toujours unique, exprime un état d’âme singulier et permet d’accéder au réel et à l’indicible. Le langage tend au contraire à produire une vision générale et réductrice, l’embellissement du laid est associé à Nietzsche, et l’imitation source de connaissance à Aristote.

21. Pourquoi, selon Hannah Arendt, une œuvre d’art unique ne s’échange-t-elle pas comme un objet ordinaire ?

Son unicité empêche de l’égaliser à l’aide d’un dénominateur commun comme l’argent.
Sa production en série rend difficile la comparaison de sa valeur avec celle d’autres objets.
Sa valeur se mesure à l’aide d’un étalon commun qui fixe un prix stable sur le marché.
Son usage quotidien détermine sa valeur et rend l’échange comparable à celui d’un outil.

Son unicité empêche de l’égaliser à l’aide d’un dénominateur commun comme l’argent.

Explication

Parce qu’elle est unique, l’œuvre ne peut être égalisée à des objets par un dénominateur commun tel que l’argent. La production en série confond l’œuvre avec un objet reproductible, l’usage quotidien avec une fonction pratique, et l’étalon commun avec une mesure que sa singularité défie.

22. Une chaise s’use à force d’être utilisée, tandis qu’une œuvre conservée peut traverser les siècles. Quelle distinction entre leurs durabilités cette situation illustre-t-elle ?

L’œuvre et l’objet ordinaire résistent de façon comparable, car leur durabilité dépend de leur utilisation.
L’œuvre peut atteindre une permanence séculaire, tandis que l’usage peut détruire l’objet ordinaire.
L’œuvre se détériore par son usage, tandis que l’objet ordinaire acquiert une permanence séculaire.
L’objet ordinaire peut atteindre une permanence séculaire, tandis que l’œuvre s’use par son utilisation.

L’œuvre peut atteindre une permanence séculaire, tandis que l’usage peut détruire l’objet ordinaire.

Explication

La durabilité de l’œuvre peut atteindre la permanence à travers les siècles parce qu’elle n’est pas soumise à l’usage qui risque de détruire les objets ordinaires. La détérioration par l’usage inverse cette relation, la résistance comparable efface la distinction, et la permanence attribuée à la chaise la déplace vers l’objet d’usage.

23. Deux personnes éprouvent des sentiments différents devant un tableau, mais soutiennent aussi des opinions contradictoires sur sa composition. Quelle distinction Hume permet-elle de faire ?

Les sentiments et les opinions sont tous deux justes dès lors qu’ils diffèrent entre personnes.
Les sentiments et les opinions sont tous deux faux dès lors qu’ils divergent sur le tableau.
Chaque sentiment est juste pour celui qui l’éprouve, tandis qu’une opinion peut être fausse.
Chaque opinion est juste pour celui qui l’exprime, tandis qu’un sentiment peut être faux.

Chaque sentiment est juste pour celui qui l’éprouve, tandis qu’une opinion peut être fausse.

Explication

Pour Hume, le sentiment suscité par un objet est juste pour celui qui l’éprouve, alors qu’une opinion sur un sujet peut être fausse. Confondre sentiment et opinion inverse cette distinction ; déclarer les deux toujours justes ou tous deux faux méconnaît leur statut différent.

24. Deux observateurs attribuent des beautés différentes au même tableau. Où se situe la beauté, selon Hume ?

Dans l’accord collectif des observateurs sur la valeur du tableau.
Dans l’intention de l’artiste, telle qu’elle a été fixée lors de la création.
Dans l’esprit de chaque personne qui contemple le tableau.
Dans une qualité stable du tableau, indépendante de ses observateurs.

Dans l’esprit de chaque personne qui contemple le tableau.

Explication

Pour Hume, la beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses : elle existe dans l’esprit qui les contemple. Une propriété stable la situerait dans le tableau, l’accord collectif déplacerait le jugement vers le groupe, et l’intention de l’artiste n’est pas le lieu où se trouve la beauté.

25. Une enquête constate que les visites de musées et les préférences musicales varient selon les parcours scolaires et les milieux familiaux. Quelle interprétation correspond à l’observation rapportée par Bourdieu ?

Les pratiques culturelles relèvent surtout d’un don naturel, indépendamment de l’éducation reçue.
Les pratiques culturelles dépendent principalement du revenu, plutôt que du parcours éducatif.
Les pratiques culturelles sont d’abord liées à l’origine sociale, puis au niveau d’instruction.
Les pratiques culturelles sont étroitement liées au niveau d’instruction, puis à l’origine sociale.

Les pratiques culturelles sont étroitement liées au niveau d’instruction, puis à l’origine sociale.

Explication

L’observation rapportée par Bourdieu relie étroitement les pratiques et préférences culturelles au niveau d’instruction, puis à l’origine sociale. Le don naturel reprend l’idéologie charismatique, l’ordre inversé modifie la hiérarchie indiquée, et le revenu remplace les facteurs mentionnés.

26. Dans une société, les arts et les genres sont classés selon leur légitimité, et les préférences culturelles diffèrent selon les groupes sociaux. Quelle relation Bourdieu établit-il entre ces deux hiérarchies ?

La hiérarchie des arts correspond à celle des consommateurs et fait des goûts des marqueurs de classe.
La hiérarchie des consommateurs détermine la valeur technique des œuvres et des genres.
La hiérarchie des arts reflète principalement les différences de revenus entre artistes.
Les goûts relèvent de choix personnels sans rapport avec la position sociale.

La hiérarchie des arts correspond à celle des consommateurs et fait des goûts des marqueurs de classe.

Explication

Pour Bourdieu, la hiérarchie reconnue des arts et des genres correspond à une hiérarchie sociale des consommateurs, de sorte que les goûts peuvent marquer la classe. L’explication par les revenus des artistes confond les consommateurs avec les producteurs, tandis que la valeur technique et le choix purement individuel manquent ce lien social.

27. Une personne apprend à apprécier les œuvres en observant et en étudiant des formes artistiques. Comment Bourdieu caractérise-t-il l’« œil » et le regard pur ?

L’œil se forme par la seule fréquentation des musées, et le regard pur dépend de la consécration des œuvres.
L’œil est façonné par l’histoire et l’éducation, et le regard pur apparaît avec l’autonomie du champ artistique.
L’œil est une faculté naturelle que l’éducation affine sans la façonner, et le regard pur précède l’art autonome.
L’œil est produit par l’autonomie artistique sans être reproduit par l’éducation, et le regard pur est universel.

L’œil est façonné par l’histoire et l’éducation, et le regard pur apparaît avec l’autonomie du champ artistique.

Explication

Bourdieu présente l’œil comme un produit de l’histoire reproduit par l’éducation et relie l’invention du regard pur à l’apparition d’un champ artistique autonome. L’aptitude naturelle, la seule fréquentation des musées et l’absence de rôle éducatif attribuent à l’œil une origine différente.

28. Deux personnes ont un capital scolaire comparable, mais leurs préférences divergent davantage dans des domaines culturels éloignés des pratiques les plus légitimes. Quel facteur peut alors peser davantage dans l’explication de leurs préférences ?

Le capital scolaire, dont le poids augmente à mesure qu’on s’éloigne des domaines les plus légitimes.
L’origine sociale, dont le poids augmente à mesure qu’on se rapproche des domaines les plus légitimes.
Le niveau de diplôme, qui se substitue à l’origine sociale dans tous les domaines culturels.
L’origine sociale, dont le poids augmente à mesure qu’on s’éloigne des domaines les plus légitimes.

L’origine sociale, dont le poids augmente à mesure qu’on s’éloigne des domaines les plus légitimes.

Explication

À capital scolaire équivalent, Bourdieu indique que le poids de l’origine sociale augmente quand on s’éloigne des domaines les plus légitimes. L’explication par un capital scolaire différent ignore qu’il est équivalent, et placer le poids accru de l’origine dans les domaines les plus légitimes inverse la relation.

29. Une personne cherche à déterminer ce qu’est un objet, tandis qu’une autre rapporte sa représentation de celui-ci à son plaisir ou à son déplaisir. Comment distinguer ces deux jugements chez Kant ?

Le jugement logique rapporte la représentation à l’objet par le plaisir ; le jugement esthétique la rapporte au sujet par un concept.
Le jugement logique rapporte la représentation à l’objet pour connaître ; le jugement esthétique la rapporte au sujet et à son sentiment.
Le jugement logique rapporte la représentation au sujet et à son sentiment ; le jugement esthétique la rapporte à l’objet pour connaître.
Le jugement logique rapporte la représentation à l’imagination pour le plaisir ; le jugement esthétique la rapporte à l’entendement pour connaître.

Le jugement logique rapporte la représentation à l’objet pour connaître ; le jugement esthétique la rapporte au sujet et à son sentiment.

Explication

Le jugement logique rapporte la représentation à l’objet par l’entendement en vue d’une connaissance ; le jugement esthétique la rapporte au sujet et à son sentiment par l’intermédiaire de l’imagination. Les propositions qui attribuent le plaisir à la connaissance ou qui intervertissent les rôles confondent ces deux fonctions.

30. Une personne juge qu’un paysage est beau sans chercher à établir une connaissance de ses propriétés. Pourquoi ce jugement de goût est-il esthétique plutôt que logique chez Kant ?

Parce qu’il exprime la satisfaction liée au désir de posséder l’objet.
Parce qu’il détermine la beauté par une connaissance logique de ses caractéristiques.
Parce qu’il établit une propriété objective de l’objet au moyen d’un concept.
Parce que son principe déterminant est subjectif et ne vise pas une connaissance de l’objet.

Parce que son principe déterminant est subjectif et ne vise pas une connaissance de l’objet.

Explication

Le jugement de goût est esthétique, et non logique, parce que son principe déterminant est subjectif plutôt que fondé sur une connaissance de l’objet. La propriété objective et le concept relèvent d’un jugement de connaissance, tandis que le désir de posséder concerne l’intérêt.

31. Deux observateurs regardent le même objet, mais l’un le trouve beau et l’autre non. Dans la conception kantienne, que désigne la beauté ?

Un accord nécessaire entre tous les observateurs sur les propriétés de l’objet.
Le rapport subjectif entre la représentation de l’objet et le plaisir éprouvé par le sujet.
L’aptitude de l’objet à satisfaire un besoin ou à remplir une fonction pratique.
Une propriété objective de l’objet, indépendante de la représentation et du sujet.

Le rapport subjectif entre la représentation de l’objet et le plaisir éprouvé par le sujet.

Explication

Pour Kant, la beauté exprime le rapport subjectif entre la représentation de l’objet et le sentiment de plaisir du sujet, plutôt qu’une propriété objective de la chose. L’accord nécessaire de tous les observateurs et l’utilité pratique ne définissent pas ce rapport esthétique.

32. Une personne évalue la beauté d’un vase en se demandant d’abord si elle veut l’acheter. Quelle démarche convient au jugement de goût selon Kant ?

Évaluer le désir d’acquérir le vase et prendre cette satisfaction comme critère de beauté.
Comparer le prix du vase à son apparence pour déterminer s’il mérite d’être apprécié.
Faire abstraction de l’existence du vase et examiner si sa représentation procure une satisfaction.
Examiner l’utilité du vase et juger sa beauté selon le service qu’il peut rendre.

Faire abstraction de l’existence du vase et examiner si sa représentation procure une satisfaction.

Explication

Pour juger si une chose est belle, il faut être indifférent à son existence et considérer si sa représentation s’accompagne de satisfaction. Le désir d’acquisition, le prix et l’utilité introduisent un intérêt lié à l’existence de l’objet plutôt que le jugement de goût.

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Que désigne le latin « ars » par opposition à « natura » ?

Une habileté acquise.

Quels autres sens le latin « ars » peut-il avoir ?

Un métier ou un artifice.

En quelle année l’Académie française distingue-t-elle officiellement artiste et artisan ?

En 1762.

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