QCM : Tolérance religieuse en Angleterre moderne (20 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Au début de l’époque moderne, que signifiait généralement « tolérer » ?

Endurer un mal nécessaire sans forcément l’approuver, dans un sens souvent péjoratif.
Adhérer à une doctrine minoritaire malgré les pressions, dans un sens généralement neutre.
Reconnaître un droit individuel à choisir une religion, dans un sens généralement favorable.
Encourager la coexistence religieuse en affirmant l’égalité des croyances, dans un sens positif.

Endurer un mal nécessaire sans forcément l’approuver, dans un sens souvent péjoratif.

Explication

Dans l’usage de cette époque, tolérer signifiait souvent endurer ou soutenir un mal nécessaire sans l’approuver, et le mot portait une charge péjorative. Le distracteur qui évoque un droit individuel correspond plutôt à une conception favorable et plus moderne de la liberté religieuse.

2. Comment Alexandra Walsham décrit-elle le rapport entre persécution et tolérance ?

Elles désignent deux attitudes également neutres, sans lien avec les convictions religieuses des autorités.
Elles se succèdent nécessairement, la tolérance mettant fin à la persécution dans une société donnée.
Elles constituent deux politiques opposées, la tolérance excluant toute forme de coercition religieuse.
Elles peuvent toutes deux relever d’une « haine charitable », la tolérance pouvant prendre une forme condescendante.

Elles peuvent toutes deux relever d’une « haine charitable », la tolérance pouvant prendre une forme condescendante.

Explication

Walsham soutient que la tolérance et la persécution ne sont pas de simples opposés : la première peut devenir condescendante et fonctionner comme un alter ego de la seconde. Les présenter comme des politiques mutuellement exclusives ignore cette idée de « haine charitable ».

3. Qu’est-ce qu’une hérésie dans le contexte chrétien ?

Une opinion ou doctrine jugée contraire à la doctrine chrétienne catholique ou orthodoxe.
Une pratique religieuse locale qui ne concerne pas les doctrines reconnues par l’Église.
Une religion distincte du christianisme, sans rapport avec les débats sur l’orthodoxie chrétienne.
Une croyance personnelle qui échappe par définition à toute évaluation doctrinale.

Une opinion ou doctrine jugée contraire à la doctrine chrétienne catholique ou orthodoxe.

Explication

L’hérésie est une opinion ou une doctrine tenue pour contraire à la doctrine chrétienne catholique ou orthodoxe. Le distracteur qui l’assimile à une autre religion confond une dissidence interne au christianisme avec une tradition religieuse distincte.

4. Dans l’Angleterre chrétienne du XVIe siècle, quelle place la croyance religieuse occupait-elle dans la vie collective ?

Elle était considérée comme un choix personnel et avait peu de conséquences politiques au-delà des communautés locales.
Elle était diversement présente et avait des conséquences politiques principalement lorsqu’elle était publiquement déclarée.
Elle était réservée au clergé et avait des conséquences politiques principalement pour les institutions ecclésiastiques.
Elle était considérée comme universelle et avait d’importantes conséquences politiques, plutôt que comme une affaire privée.

Elle était considérée comme universelle et avait d’importantes conséquences politiques, plutôt que comme une affaire privée.

Explication

La croyance religieuse était tenue pour universelle et n’était pas conçue comme une affaire privée ou une simple opinion personnelle ; elle avait également des conséquences politiques importantes. Le distracteur qui la réduit à un choix personnel transpose une conception qui ne correspond pas à ce contexte.

5. Quel événement est souvent retenu comme le début de la Réforme protestante ?

En octobre 1534, Martin Luther affiche ses Quatre-vingt-quinze thèses à Genève.
En janvier 1521, Martin Luther présente ses Quatre-vingt-quinze thèses à la diète de Worms.
En octobre 1517, Martin Luther publie son traité sur la liberté chrétienne à Augsbourg.
En octobre 1517, Martin Luther affiche ses Quatre-vingt-quinze thèses à Wittenberg.

En octobre 1517, Martin Luther affiche ses Quatre-vingt-quinze thèses à Wittenberg.

Explication

Le début de la Réforme protestante est souvent associé à octobre 1517, lorsque Luther affiche ses Quatre-vingt-quinze thèses sur la porte de l’église de la Toussaint à Wittenberg. La diète de Worms est un événement distinct et ne correspond pas à l’affichage des thèses.

6. Quand et par qui l’édit de Nantes a-t-il été promulgué ?

En 1689, par Henri IV, après les guerres de Religion françaises.
En 1598, par Henri IV, après les guerres de Religion françaises.
En 1598, par Henri III, avant les guerres de Religion françaises.
En 1562, par François Ier, au début des guerres de Religion françaises.

En 1598, par Henri IV, après les guerres de Religion françaises.

Explication

Henri IV promulgue l’édit de Nantes en 1598, à la suite des guerres de Religion françaises qui se sont déroulées de 1562 à 1598. Le distracteur qui attribue l’édit à Henri III conserve la date mais se trompe de souverain.

7. Que signifie la liberté de conscience accordée par l’édit de Nantes pour le statut des cultes ?

Elle reconnaît les cultes protestants comme norme commune et maintient le catholicisme à titre exceptionnel.
Elle protège la conscience individuelle tout en interdisant les formes publiques de culte protestant.
Elle reconnaît une diversité de croyances et de cultes sans établir leur égalité, le catholicisme restant la norme.
Elle reconnaît une diversité de croyances et établit l’égalité des cultes, sans privilégier le catholicisme.

Elle reconnaît une diversité de croyances et de cultes sans établir leur égalité, le catholicisme restant la norme.

Explication

L’édit reconnaît une diversité de croyances et de formes de culte, mais n’instaure pas l’égalité entre les cultes : le catholicisme demeure la norme et le protestantisme une exception. Le distracteur qui déduit une égalité religieuse de la liberté de conscience confond deux principes distincts.

8. Quelle affirmation décrit correctement la portée de l’Acte de tolérance anglais de 1689 ?

Il accorde un culte limité aux catholiques, sans leur ouvrir les fonctions politiques ni les universités.
Il accorde un culte limité aux non-trinitaires, tout en les excluant des universités et des charges politiques.
Il accorde un culte sans restriction aux protestants non-conformistes et leur ouvre les fonctions politiques.
Il accorde un culte limité aux protestants non-conformistes, sans leur ouvrir les fonctions politiques ni les universités.

Il accorde un culte limité aux protestants non-conformistes, sans leur ouvrir les fonctions politiques ni les universités.

Explication

L’Acte de 1689 accorde une liberté de culte limitée aux protestants non-conformistes, mais les exclut des fonctions politiques et des universités. Le distracteur qui étend l’Acte aux catholiques se trompe sur les groupes concernés, puisque ceux-ci en sont exclus.

9. Quel motif explique largement les politiques de tolérance religieuse dans l’Angleterre monarchique ?

La volonté d’accroître l’autonomie politique des communautés religieuses locales
La promotion d’un idéal moderne de liberté individuelle de conscience par la monarchie
La reconnaissance d’un droit naturel égal pour chaque confession au sein du royaume
La volonté de préserver l’unité religieuse et politique de l’État face au risque de désordre

La volonté de préserver l’unité religieuse et politique de l’État face au risque de désordre

Explication

Ces politiques visent largement à préserver l’unité de l’État monarchique et répondent souvent à la crainte du désordre. L’idée d’un droit naturel égal pour chaque confession ne correspond pas à ce motif dominant.

10. Comment Alexandra Walsham propose-t-elle d’évaluer les rapports entre confessions à l’échelle locale ?

En expliquant les relations locales par les seules politiques de tolérance décidées par la monarchie
En attribuant les périodes de paix locale à l’absence de différences confessionnelles entre habitants
En distinguant les discours polémiques violents des réalités locales, où la coexistence pouvait être relativement bonne
En considérant les discours polémiques comme un reflet fidèle des relations sociales dans chaque communauté

En distinguant les discours polémiques violents des réalités locales, où la coexistence pouvait être relativement bonne

Explication

Walsham invite à ne pas confondre la violence des controverses avec les réalités historiques et sociales locales, où des confessions différentes pouvaient coexister relativement bien. Considérer les polémiques comme un reflet fidèle de toutes les relations locales efface cette distinction.

11. Quelle représentation de l’histoire de la tolérance dominait chez les historiens whigs-libéraux et marxistes jusqu’aux années 1960 ?

Un déclin continu de la tolérance depuis les Lumières jusqu’à l’époque moderne
Une succession imprévisible de conflits sans évolution vers la tolérance
Un progrès téléologique conduisant vers la tolérance moderne
Une histoire locale sans rapport avec les transformations politiques générales

Un progrès téléologique conduisant vers la tolérance moderne

Explication

Ces approches présentaient souvent l’histoire comme une évolution orientée vers l’avènement de la tolérance moderne. Une succession de conflits sans trajectoire vers cette tolérance ne correspond pas à leur récit téléologique.

12. Que met en évidence la critique de la téléologie historiographique dans l’étude de la tolérance ?

Elle efface les conflits religieux, minimise les aspects réactionnaires du passé et favorise les minorités
Elle exagère la contingence, minimise les changements politiques et favorise le récit des vaincus
Elle efface la contingence, minimise les aspects réactionnaires du passé et favorise le récit des vainqueurs
Elle privilégie les vainqueurs, mais rend davantage visibles la contingence et les tendances réactionnaires

Elle efface la contingence, minimise les aspects réactionnaires du passé et favorise le récit des vainqueurs

Explication

La critique souligne que le récit téléologique masque la contingence, néglige les dimensions réactionnaires du passé et privilégie les vainqueurs historiques. Il ne rend donc pas davantage visibles la contingence et les tendances réactionnaires, comme le suggère un distracteur.

13. Comment les historiens révisionnistes présentent-ils l’évolution de l’histoire de la tolérance jusqu’à l’Acte de 1689 ?

Comme un progrès régulier depuis le Moyen Âge, interprétable selon les idéaux modernes
Comme une histoire complexe, qui remplace le récit linéaire et appelle à éviter l’anachronisme
Comme une rupture soudaine en 1689, qui rend inutiles les comparaisons avec le passé
Comme une suite de décisions royales, sans lien avec les transformations confessionnelles

Comme une histoire complexe, qui remplace le récit linéaire et appelle à éviter l’anachronisme

Explication

Les révisionnistes substituent au récit linéaire une histoire plus complexe et mettent en garde contre l’anachronisme. Interpréter les périodes anciennes à partir d’idéaux modernes rétablit précisément le risque qu’ils signalent.

14. Quelle place les révisionnistes accordent-ils à l’intolérance et à l’anti-papisme dans l’histoire de l’Angleterre moderne ?

La peur du catholicisme y concerne les débats religieux, sans peser fortement sur la politique
L’intolérance y est centrale, et la peur du catholicisme constitue une force politique majeure
L’intolérance y est marginale, et la peur du catholicisme relève surtout des relations locales
L’anti-papisme y est une conséquence secondaire, tandis que la tolérance structure la politique

L’intolérance y est centrale, et la peur du catholicisme constitue une force politique majeure

Explication

Les révisionnistes insistent sur le rôle central de l’intolérance et sur l’importance politique de la peur du catholicisme. La réduire à une question religieuse sans poids politique contredit cette interprétation.

15. Entre quels groupes l’intolérance religieuse anglaise pouvait-elle s’exercer ?

Entre protestants et catholiques, tandis que les dissidents protestants formaient un groupe homogène
Entre catholiques et dissidents protestants, tandis que l’Église d’Angleterre restait à l’écart
Entre protestants et catholiques, ainsi qu’entre l’Église d’Angleterre et les dissidents protestants
Entre l’Église d’Angleterre et les catholiques, sans oppositions entre mouvances protestantes

Entre protestants et catholiques, ainsi qu’entre l’Église d’Angleterre et les dissidents protestants

Explication

L’intolérance opposait les protestants aux catholiques, mais aussi différentes mouvances protestantes, dont l’Église d’Angleterre et les dissidents. L’exclure des relations entre protestants méconnaît ces conflits confessionnels internes.

16. Comment Coffey caractérise-t-il l’évolution religieuse du XVIIe siècle tout en tenant compte du contexte historique ?

Il reconnaît la persistance de la persécution et met en garde contre l’anachronisme, tout en observant un mouvement vers la tolérance et le pluralisme.
Il considère que la persécution a disparu dès le début du siècle et que la tolérance s’est imposée sans résistance.
Il soutient que l’uniformité religieuse s’est renforcée et que le pluralisme est resté sans importance politique.
Il explique que le changement vers la tolérance résulte principalement de l’abandon des croyances religieuses.

Il reconnaît la persistance de la persécution et met en garde contre l’anachronisme, tout en observant un mouvement vers la tolérance et le pluralisme.

Explication

Coffey souligne à la fois la force persistante de la persécution et un déplacement important vers la tolérance et le pluralisme au XVIIe siècle, en évitant les jugements anachroniques. Une lecture qui fait disparaître rapidement la persécution néglige précisément sa persistance.

17. Quelle portée Coffey attribue-t-il à l’Acte de tolérance de 1689 dans l’histoire de l’Angleterre ?

Il constitue une mesure sans portée historique dans l’évolution religieuse anglaise.
Il représente une étape historique réelle au sein d’un tournant majeur du XVIIe siècle.
Il met fin à toute forme de persécution religieuse au moment de son adoption.
Il marque le début d’un retour durable à l’uniformité religieuse en Angleterre.

Il représente une étape historique réelle au sein d’un tournant majeur du XVIIe siècle.

Explication

Coffey considère l’Angleterre du XVIIe siècle comme un tournant majeur et l’Acte de tolérance de 1689 comme une étape historique réelle. Le qualifier de mesure sans portée efface le rôle qu’il lui reconnaît, sans pour autant supposer qu’il ait mis fin à toute persécution.

18. Une recherche examine comment les arguments théologiques et les pamphlets sur la tolérance influencent l’action politique et sociale. À quel axe d’étude appartient-elle ?

À l’histoire sociale, qui étudie les interactions entre minorités et communautés plus larges.
À l’histoire intellectuelle, qui relie croyances, mentalités et action politique ou sociale.
À l’histoire démographique, qui mesure l’évolution numérique des groupes religieux.
À l’histoire juridique et politique, qui analyse les lois pénales et les mesures de tolérance.

À l’histoire intellectuelle, qui relie croyances, mentalités et action politique ou sociale.

Explication

L’histoire intellectuelle étudie la façon dont croyances et mentalités orientent l’action politique et sociale, notamment par les arguments théologiques et les pamphlets. L’histoire juridique et politique s’intéresserait plutôt aux lois et aux dispositifs légaux.

19. Quel axe convient à une étude comparant les lois pénales élisabéthaines, le Code Clarendon et l’Acte de tolérance ?

L’histoire juridique et politique, centrée sur les lois et les mesures politiques.
L’histoire intellectuelle, centrée sur les croyances et les arguments théologiques.
L’histoire économique, centrée sur les ressources et les échanges entre groupes.
L’histoire sociale, centrée sur les interactions entre minorités et communautés.

L’histoire juridique et politique, centrée sur les lois et les mesures politiques.

Explication

L’histoire juridique et politique examine précisément les lois pénales élisabéthaines, le Code Clarendon et l’Acte de tolérance. L’étude des croyances et des arguments théologiques relève plutôt de l’histoire intellectuelle.

20. Une historienne observe comment une minorité religieuse prend part à la vie de communautés plus larges. Quel axe d’étude mobilise-t-elle ?

L’histoire sociale, qui étudie les relations entre les minorités et les communautés plus larges.
L’histoire ecclésiastique, qui étudie les doctrines et l’organisation interne des Églises.
L’histoire juridique et politique, qui étudie les lois encadrant les pratiques religieuses.
L’histoire intellectuelle, qui étudie les croyances et les arguments sur la tolérance.

L’histoire sociale, qui étudie les relations entre les minorités et les communautés plus larges.

Explication

L’histoire sociale porte sur la manière dont les minorités interagissent avec les communautés plus larges. L’histoire juridique et politique se concentre plutôt sur les lois et les politiques qui encadrent la tolérance.

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Dans *Charitable Hatred*, quelle distinction Alexandra Walsham établit-elle entre tolération et tolérance ?

La tolération est une reconnaissance institutionnelle, tandis que la tolérance est une vertu idéalisée et une aptitude générale à supporter.

Quel ouvrage d’Alexandra Walsham expose la distinction entre tolération et tolérance ?

*Charitable Hatred*.

Dans l’usage du début de l’époque moderne, que signifie « tolérer » ?

Endurer ou soutenir un mal nécessaire, souvent sans l’approuver.

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