Fiche de révision : Aérobiocontamination au bloc opératoire

Plan du Cours

  1. Risque infectieux opératoire
  2. Surveillance et conséquences des ISO
  3. Évaluation du risque NNIS
  4. Contexte et sources infectieuses
  5. Micro-organismes et particules aériennes
  6. Transmission et risques opératoires
  7. Normes et classes de propreté
  8. Prévention à la source
  9. Traitement et filtration de l’air
  10. Flux d’air et maîtrise globale

1. Risque infectieux opératoire

★ À maîtriser

📌 Le risque d’infection du site opératoire dépend simultanément du patient, de la nature de l’acte, notamment la pose d’un implant ou d’une prothèse, et de l’environnement de l’intervention.

  • Les principaux modes de transmission sont: le manuportage, la contamination par la flore endogène du patient, la transmission aérienne

  • Les infections du site opératoire constituent une source majeure de morbidité, de mortalité et de surcoûts pour les patients et les établissements de santé.

Compléments

📌 L’adhésion aux protocoles d’hygiène, la rigueur des mesures de prévention et la vigilance quotidienne des professionnels influencent directement le risque infectieux.

Astuce mémo

Patient, acte et environnement → risque infectieux

2. Surveillance et conséquences des ISO

★ À maîtriser

  • Depuis 2020, la surveillance des infections du site opératoire est pilotée par le CPIAS Île-de-France dans le cadre de la mission nationale SPICMI, sous la tutelle de Santé publique France.

  • La surveillance semi-automatisée des infections du site opératoire croise les données hospitalières PMSI/SIH sur 18 interventions cibles, puis les fait valider par le chirurgien ou l’Équipe Opérationnelle d’Hygiène.

📌 Le suivi réglementaire des ISO dure 30 jours après l’intervention en chirurgie générale et 90 jours lorsqu’un matériel ou une prothèse est posé.

Compléments

  • Les principales conséquences d’une ISO sont: une hospitalisation prolongée, une reprise chirurgicale non programmée, une augmentation des coûts de prise en charge, une mortalité accrue, des douleurs ou séquelles fonctionnelles et esthétiques

3. Évaluation du risque NNIS

Notions clés & Définitions

  • Index de risque NNIS : Score d’auto-évaluation du risque d’acquisition d’une infection du site opératoire.

Points essentiels

  • L’index de risque NNIS correspond à la combinaison des points attribués au score ASA, à la durée d’intervention et à la classe de contamination.

  • Le score ASA attribue 0 point aux scores 1 et 2 et 1 point aux scores 3, 4 et 5 dans le calcul du NNIS.

  • La durée d’intervention attribue 0 point si elle est inférieure ou égale au percentile 75 de l’intervention concernée et 1 point si elle le dépasse.

  • La classe de contamination attribue 0 point à une chirurgie propre ou propre contaminée et 1 point à une chirurgie contaminée, sale ou infectée.

Astuce mémo

ASA–durée–Altemeier = NNIS

4. Contexte et sources infectieuses

Notions clés & Définitions

  • Infection : Survenue lorsqu’un micro-organisme pénètre dans l’organisme, s’y multiplie et provoque une réaction de défense de l’hôte.

★ À maîtriser

📌 Le contexte d’une infection associe un micro-organisme pathogène, une porte d’entrée, des facteurs de risque individuels et des conditions environnementales ou de soins favorables.

  • La source du micro-organisme peut être externe, comme l’environnement, le matériel ou le soignant, ou interne, comme la flore du patient.

Compléments

📌 Plus la charge microbienne de l’inoculum est élevée, plus le risque d’infection augmente.

  • La virulence désigne l’agressivité ou la résistance de certains micro-organismes, tandis que le pouvoir pathogène désigne leur capacité à franchir les barrières de défense de l’hôte.

Astuce mémo

Source + porte d’entrée + hôte vulnérable → infection

5. Micro-organismes et particules aériennes

Notions clés & Définitions

  • Aérobiocontamination : Contamination de l’air par des micro-organismes présents sous forme de particules ou d’aérosols.

★ À maîtriser

  • Les micro-organismes aéroportés comprennent notamment:
    • des bactéries
    • des champignons
    • des virus
    • des spores bactériennes
    • des parasites

📌 Les droplet nuclei sont des résidus desséchés d’aérosols de moins de 10 μm, les small droplets mesurent moins de 60 μm et les large droplets plus de 60 μm.

Compléments

  • La microflore aéroportée a un diamètre équivalent moyen de 8 à 17 microns, tandis que les spores d’Aspergillus et différentes moisissures mesurent 3 à 6 microns en moyenne. — Lidwell & al., 1982

  • Les droplet nuclei d’origine pulmonaire peuvent parcourir plusieurs mètres, sédimentent peu et pénètrent jusqu’aux parties distales de l’arbre respiratoire.

Astuce mémo

Droplet nuclei : longue portée ; grosses gouttelettes : sédimentation rapide

6. Transmission et risques opératoires

★ À maîtriser

  • La respiration, la parole, la toux et l’éternuement génèrent des aérosols susceptibles de transporter des micro-organismes pathogènes.

  • Les particules aéroportées peuvent déposer des micro-organismes sur la plaie opératoire, le matériel chirurgical ou les implants et augmenter le risque d’infection postopératoire.

📌 Les interventions avec pose de prothèse ou d’implant, notamment en orthopédie, chirurgie cardiaque et neurochirurgie, sont particulièrement sensibles à la contamination aéroportée.

Compléments

  • Une minute de conversation entraîne l’émission d’environ 15 000 à 20 000 particules.

  • Une étude suisse a observé un taux d’ISO de 17 % dans les salles bruyantes contre 0 % dans les salles calmes, avec un séjour prolongé de 7 à 13 jours.

7. Normes et classes de propreté

★ À maîtriser

  • La norme NF S 90-351 d’avril 2013 définit les exigences de maîtrise de la contamination aéroportée dans les établissements de santé.

  • La classe microbiologique M100 correspond à un maximum de 100 UFC/m³, M10 à 10 UFC/m³ et M1 à 1 UFC/m³.

  • Une zone 4 à très haut risque infectieux correspond à la classe ISO 5, à une cinétique CP10, à un niveau M10 et à un flux unidirectionnel renouvelant l’air à plus de 50 volumes par heure.

Compléments

  • La norme ISO EN 14644-1 classe les zones à empoussièrement contrôlé selon le nombre maximal de particules de 0,1 à 5 μm présentes dans l’air.

Astuce mémo

Particules → décontamination → microbiologie

8. Prévention à la source

Points essentiels

  • La prévention à la source repose sur: la réduction du nombre de personnes et des mouvements, l’exclusion des personnes malades, la tenue adaptée, le nettoyage et la désinfection des surfaces et du matériel

  • La tenue du personnel de bloc doit comporter une tunique et un pantalon resserrés aux extrémités, avec peu de coutures et sans poches, afin de limiter la production et la diffusion de particules.

  • La chevelure et la barbe doivent être complètement recouvertes, de préférence par une cagoule ou une coiffe à usage unique, afin de limiter la contamination liée à la desquamation.

  • Le masque chirurgical doit être porté dès l’entrée en salle d’opération et pendant tout le séjour du patient, puis éliminé immédiatement après usage.

  • Il faut limiter au minimum nécessaire le nombre de personnes, les allées et venues, les mouvements du personnel et les ouvertures de porte pendant l’intervention.

9. Traitement et filtration de l’air

★ À maîtriser

  • Les mécanismes de filtration sont:

    • le tamisage
    • l’impact
    • l’interception
    • la diffusion
    • l’attraction électrostatique
  • Un traitement d’air efficace doit assurer:

    • l’apport d’air neuf
    • la filtration
    • la surpression
    • le renouvellement de l’air
    • un régime de distribution adapté

Compléments

  • La filtration électrostatique attire les particules chargées ou polarisables vers des fibres chargées et peut capturer des particules inférieures à 0,1 μm.

  • Les filtres sont classés selon leur capacité à arrêter des particules de plus en plus petites, et les filtres absolus atteignent 100 % d’efficacité par les méthodes opacimétrique et gravimétrique.

  • Les filtres H13 et H14 sont utilisés comme filtres finaux pour les salles blanches et les salles d’opération.

Astuce mémo

Tamisage → impact → interception → diffusion

10. Flux d’air et maîtrise globale

Notions clés & Définitions

  • Surpression : Protection d’un local empêchant l’entrée d’air provenant de zones avoisinantes plus contaminées grâce à un apport d’air neuf supérieur à l’air extrait.

★ À maîtriser

  • Les mécanismes de maîtrise des mouvements d’air sont:

    • le flux non unidirectionnel
    • le plafond soufflant
    • le flux unidirectionnel
  • Le flux unidirectionnel présente un taux de brassage supérieur à 50 volumes par heure, tandis que le flux non unidirectionnel se situe entre 15 et 20 volumes par heure.

  • La cascade de pression recommandée présente un gradient de 15 ± 5 Pa, avec une pression minimale de 15 Pa, soit 0,15 mbar.

  • Le plafond Joubert est un plafond filtrant à flux unidirectionnel vertical qui souffle un air filtré par des filtres HEPA vers le bas afin d’éloigner les particules du site opératoire.

📌 Le traitement de l’air réduit la contamination sans la supprimer, et son efficacité dépend aussi de la propreté des locaux, des tenues, des comportements et des gestes du personnel.

Compléments

  • Le plafond Joubert assure une vitesse de 0,25 à 0,35 m/s au niveau du champ opératoire et peut renouveler plus de 300 volumes d’air par heure dans la zone protégée.

Astuce mémo

Renouvellement et surpression → réduction de la contamination

Tableaux de synthèse

Classes de risque et traitement d’air

ZoneClasse particulaireClasse microbiologiqueRenouvellement
Zone 4ISO 5M10Plus de 50 volumes/heure
Zone 3ISO 7M1025 à 30 volumes/heure
Zone 2ISO 8M10015 à 20 volumes/heure

Teste tes connaissances

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1. Quels éléments déterminent simultanément le risque d’infection du site opératoire ?

2. Quels sont les principaux modes de transmission en secteur interventionnel ?

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Quels facteurs influencent le risque d'infection du site opératoire ?

Le patient, la nature de l'acte et l'environnement de l'intervention.

Quels sont les principaux modes de transmission en secteur interventionnel ?

Le manuportage, la flore endogène du patient et la transmission aérienne.

Quelle est la conséquence des infections du site opératoire pour les patients ?

Elles causent une morbidité et une mortalité majeures.

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