Fiche de révision : Arthrose : physiopathologie et prise en charge

Plan du Cours

  1. Définition et mécanismes de l’arthrose
  2. Facteurs de risque et causes
  3. Diagnostic et signes cliniques
  4. Complications et évolution
  5. Objectifs et règles de prise en charge
  6. Mesures hygiéno-diététiques
  7. Traitements de fond
  8. Traitement des poussées douloureuses
  9. Thérapeutiques complémentaires et aides

1. Définition et mécanismes de l’arthrose

Notions clés & Définitions

  • Arthrose : OMS - Pathologie rhumatismale chronique non inflammatoire qui dégénère progressivement le cartilage puis les autres structures articulaires, sous l’effet d’un déséquilibre entre synthèse et dégradation du cartilage et de l’os sous-jacent.

★ À maîtriser

  • L’évolution de l’arthrose amincit le cartilage, qui peut disparaître localement, et s’accompagne d’ostéocondensation, d’ostéophytes, de géodes et parfois d’un épanchement de synovie appelé hydarthrose.

Compléments

  • L’arthrose touche 10 millions de personnes en France et 65 % des personnes de plus de 65 ans.

Astuce mémo

Déséquilibre cartilage-os → dégénérescence puis déformation articulaire

2. Facteurs de risque et causes

★ À maîtriser

  • Les facteurs mécaniques favorisant l’arthrose comprennent : le surpoids, les asymétries corporelles comme le genu valgum, les séquelles de fractures, entorses ou luxations, le port répété de charges lourdes, la pratique intense de certains sports

Compléments

  • Le cartilage se fragilise avec l’âge et les femmes sont davantage touchées, notamment pour l’arthrose de la main et du genou.

  • La rhizarthrose, qui touche l’articulation du pouce, peut être héréditaire.

  • Les maladies et facteurs métaboliques associés au risque d’arthrose sont :

    • le diabète
    • l’obésité
    • les dyslipidémies
    • l’hypertension artérielle
  • La goutte et les rhumatismes inflammatoires chroniques, dont la polyarthrite rhumatoïde et le rhumatisme psoriasique, peuvent déformer les articulations et se compliquer d’arthrose.

3. Diagnostic et signes cliniques

★ À maîtriser

  • L’examen clinique repère les articulations atteintes par leurs déformations et les modifications des attitudes ou des mouvements, tandis que l’interrogatoire évalue la douleur.

  • La radiographie recherche :

    • les pincements articulaires
    • l’ostéocondensation
    • les ostéophytes
    • les géodes
  • La douleur arthrosique est généralement mécanique, apparaît en fin de journée ou à l’effort et est soulagée par le repos, avec des raideurs articulaires.

  • L’arthrose évolue par poussées douloureuses aiguës avec inflammation nécessitant le repos de l’articulation, alternant avec des périodes d’accalmie où la gêne est modérée.

Compléments

  • Il n’existe pas de signe biologique spécifique de l’arthrose.
  • Les localisations citées de l’arthrose sont :
    • le cou
    • le dos
    • les doigts ou le pouce
    • les hanches
    • les genoux
    • les épaules
    • les coudes
    • les poignets
    • les chevilles

Astuce mémo

Douleur mécanique soulagée au repos, contrairement à une douleur persistante au repos

4. Complications et évolution

★ À maîtriser

  • L’évolution de l’arthrose est imprévisible : certaines formes progressent rapidement avec douleurs, déformations et impotence fonctionnelle, tandis que d’autres évoluent lentement sans retentissement important.

Compléments

  • Les formes avancées peuvent nécessiter une arthroplastie, qui remplace l’articulation défaillante, notamment au genou ou à la hanche.

  • L’arthrose des mains peut entraîner des déformations articulaires importantes et la douleur peut gêner considérablement la vie quotidienne.

  • La douleur arthrosique peut affecter l’humeur et entraîner une dépression.

5. Objectifs et règles de prise en charge

Points essentiels

  • Les traitements de l’arthrose sont symptomatiques et ne guérissent pas la maladie, mais leur association peut améliorer la qualité de vie, protéger le cartilage restant, préserver l’amplitude articulaire et soulager la douleur.

  • La prise en charge associe des mesures d’hygiène de vie, éventuellement un traitement de fond, un traitement antalgique lors des poussées et, si nécessaire, des orthèses ou aides techniques.

6. Mesures hygiéno-diététiques

★ À maîtriser

📌 En cas d’excès pondéral, une perte de poids d’au moins 5 % est recommandée, particulièrement pour l’arthrose du genou ou de la hanche, afin de réduire la pression articulaire.

  • Les conseils hygiéno-diététiques comprennent : éviter le port de charges lourdes, pratiquer une activité physique régulière et modérée hors poussées, réaliser des exercices de rééducation et d’endurance, adopter une alimentation variée et équilibrée de type méditerranéen

Compléments

📌 La marche, les sports aquatiques, le yoga et le Pilates sont cités comme activités adaptées, tandis que le ski, le football et le tennis sont à éviter car ils sollicitent les articulations ou favorisent leur usure.

7. Traitements de fond

Notions clés & Définitions

  • AASAL : Traitements de fond destinés à préserver le cartilage restant, sans le régénérer, avec un délai d’action de 2 à 3 mois.

★ À maîtriser

  • Les molécules utilisées comme AASAL comprennent :
    • la chondroïtine sulfate
    • la glucosamine
    • les insaponifiables de soja et d’avocat

Compléments

  • La chondroïtine est indiquée dans l’arthrose de la hanche et du genou, et la Société Française de Rhumatologie recommande également son utilisation pour l’arthrose de la main.

  • La glucosamine est indiquée dans l’arthrose du genou et est contre-indiquée en cas d’allergie aux crustacés; son utilisation est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement.

  • La diacéréine est contre-indiquée après 65 ans et en cas de pathologie hépatique ancienne ou évolutive; la fonction hépatique doit être contrôlée avant puis régulièrement pendant le traitement, qui débute à 50 mg par jour le premier mois.

  • La viscosupplémentation par acide hyaluronique est proposée dans la gonarthrose, au maximum à raison de 3 injections par genou et par an, et l’articulation ne doit pas être excessivement sollicitée dans les 24 heures suivant l’injection.

Astuce mémo

AASAL à action lente pour le fond, antalgiques pour les poussées

8. Traitement des poussées douloureuses

★ À maîtriser

  • Lors d’une poussée douloureuse, l’articulation doit être mise au repos relatif et un antalgique local et/ou oral peut être associé.

  • Le paracétamol, antalgique de palier 1, peut être proposé en première intention lors d’une poussée, mais son efficacité est modeste et il ne constitue pas un traitement de fond.

  • Les AINS par voie orale peuvent être envisagés si le paracétamol est inefficace, à la dose minimale efficace et pendant la durée la plus courte possible.

Compléments

📌 En cas de douleur intense, un antalgique de palier 2 ou le néfopam peut être utilisé pendant la durée la plus courte possible.

  • Les AINS topiques sont indiqués dans l’arthrose de la main et du genou; le diclofénac et le kétoprofène disposent d’une AMM, et les formes comprennent les gels et les emplâtres cutanés.

  • Les AINS topiques ont moins d’effets indésirables systémiques, notamment digestifs, et sont à privilégier chez le sujet âgé; le kétoprofène peut provoquer une photosensibilisation persistant jusqu’à 2 semaines après l’arrêt.

  • Les infiltrations de corticoïdes peuvent être indiquées lors d’une poussée inflammatoire de coxarthrose ou de gonarthrose avec épanchement, après ponction, ou pour préparer une viscosupplémentation; elles sont envisagées après échec des AINS oraux.

  • Les infiltrations de corticoïdes doivent respecter strictement l’asepsie et ne pas dépasser 3 infiltrations par an et par articulation; elles agissent en environ 48 heures.

Astuce mémo

Repos relatif, antalgique, puis AINS si le paracétamol ne suffit pas

9. Thérapeutiques complémentaires et aides

★ À maîtriser

  • Les plantes traditionnellement utilisées comprennent :

    • l’harpagophytum
    • le cassis
    • le saule blanc
    • la reine-des-prés
  • La kinésithérapie et l’activité physique adaptée contribuent à limiter la douleur, renforcer les muscles et améliorer l’amplitude des mouvements; le médecin traitant peut prescrire l’activité physique adaptée en précisant les objectifs et les contre-indications.

Compléments

  • Les compléments alimentaires contre l’arthrose peuvent contenir de la glucosamine, de la chondroïtine, des insaponifiables d’avocat et de soja, ainsi que des acides gras oméga-3 et oméga-6; en 2012, les autorités sanitaires européennes ont interdit la majorité des allégations de santé concernant ces produits.

📌 L’harpagophytum est contre-indiqué en cas d’ulcère gastro-duodénal et déconseillé en cas de troubles cardiovasculaires; l’association de plantes à dérivés salicylés avec des AINS n’est pas recommandée.

  • Les autres options végétales citées sont :

    • les feuilles d’ortie
    • le curcuma
    • la teinture d’arnica
    • l’huile essentielle de gaulthérie
    • l’huile essentielle de gingembre
    • l’huile essentielle de lavande fine
  • Les dispositifs proposés comprennent : une canne tenue dans la main opposée à l’articulation atteinte, un déambulateur, des genouillères, des orthèses de repos pour la rhizarthrose, des semelles podologiques

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1. Quelle caractéristique distingue l’arthrose de l’arthrite ?

2. Quel ensemble de changements peut accompagner l’évolution de l’arthrose dans une articulation ?

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Comment l’OMS définit-elle l’arthrose ?

Une pathologie rhumatismale chronique non inflammatoire, due à un déséquilibre entre synthèse et dégradation du cartilage et de l’os sous-jacent.

Quelles manifestations structurales accompagnent l’évolution de l’arthrose ?

Un amincissement du cartilage, parfois sa disparition locale, une ostéocondensation, des ostéophytes, des géodes et parfois une hydarthrose.

Quels facteurs mécaniques favorisent l’arthrose ?

Le surpoids, les asymétries corporelles, les séquelles de traumatismes, le port répété de charges lourdes et certains sports intenses.

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