Fiche de révision : Physiopathologie de la douleur

Plan du Cours

  1. Transmission du message douloureux
  2. Nocicepteurs et stimuli
  3. Médiateurs chimiques de la douleur
  4. Régulation de la douleur
  5. Définition et types de douleur
  6. Durée et intensité douloureuses
  7. Échelles d’évaluation de la douleur

1. Transmission du message douloureux

★ À maîtriser

  • La transmission du message douloureux comprend la transduction du stimulus par les nocicepteurs, sa transmission afférente jusqu’à la moelle par la racine postérieure, une réaction réflexe motrice par la racine ventrale, puis des relais jusqu’au cortex où la douleur est perçue et localisée.

Compléments

  • Le siège de la douleur est localisé au niveau du cortex frontal.

Astuce mémo

Stimulus → moelle → réaction réflexe → cortex : la perception clôt la voie.

2. Nocicepteurs et stimuli

Notions clés & Définitions

  • Nocicepteurs : Terminaisons nerveuses présentes presque partout dans l’organisme, notamment dans la peau, les muscles, les articulations, les os, les vaisseaux sanguins et les organes internes.

★ À maîtriser

  • Les nocicepteurs se répartissent en quatre types :

    • Les mécanorécepteurs, activés par des stimuli mécaniques.
    • Les thermorécepteurs, activés par des stimuli thermiques.
    • Les récepteurs mécano-thermiques.
    • Les récepteurs polymodaux, activés par des stimuli mécaniques, thermiques et chimiques.
  • Les récepteurs polymodaux sont les nocicepteurs les plus nombreux et représentent plus de 75 % de l’ensemble des nocicepteurs.

Compléments

  • Les substances algogènes citées comprennent :
    • L’acide lactique.
    • Les prostaglandines.
    • L’histamine.

3. Médiateurs chimiques de la douleur

★ À maîtriser

  • La substance P sensibilise les neurones nociceptifs, agit sur les récepteurs NK1 et est libérée par les fibres C nociceptives.

  • Le glutamate est le principal médiateur excitateur de la douleur, agit sur les récepteurs NMDA et AMPA et participe à la transmission rapide du signal nociceptif.

  • Le CGRP participe à la transmission et à la sensibilisation de certaines fibres périphériques de la douleur, provoque une vasodilatation et est impliqué dans la migraine.

Compléments

  • L’aspartate est un médiateur excitateur secondaire qui agit sur les récepteurs NMDA et est moins abondant que le glutamate.
  • En cas de douleur, la substance P est sécrétée conjointement au glutamate et permet la génération du message douloureux.

4. Régulation de la douleur

★ À maîtriser

  • Les enképhalines ou endomorphines sécrétées par l’hypophyse et l’hypothalamus sont libérées par un interneurone inhibiteur médullaire et se fixent sur les récepteurs opioïdes μ, diminuant l’excitabilité des neurones nociceptifs et atténuant la transmission douloureuse.

  • Les voies descendantes inhibitrices issues du tronc cérébral utilisent la sérotonine et la noradrénaline pour moduler la nociception au niveau de la moelle épinière.

Compléments

  • La sérotonine inhibe la transmission nociceptive dans la corne dorsale de la moelle épinière via les récepteurs 5-HT1A et 5-HT3.

  • La noradrénaline active les récepteurs α2-adrénergiques, ce qui réduit la libération de substance P, de CGRP et de glutamate.

  • Certains antidépresseurs IRSNa ciblent les voies descendantes inhibitrices et sont utilisés comme coanalgésiques dans les douleurs chroniques, notamment neuropathiques.

Astuce mémo

Enképhalines et voies descendantes inhibitrices → excitabilité nociceptive diminuée.

5. Définition et types de douleur

Notions clés & Définitions

  • Douleur : La douleur est définie par l’International Association for the Study of Pain comme une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée ou ressemblant à celle associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, selon la définition de 2020.
  • Douleur nociceptive : La douleur nociceptive, la plus fréquente, fait suite à une stimulation excessive des récepteurs périphériques et peut survenir après une brûlure, un traumatisme ou une infection.
  • Douleur neuropathique : Causée par une lésion primitive ou une maladie du système somato-sensoriel et pouvant survenir dans des contextes cliniques variés.

★ À maîtriser

  • On distingue trois grandes classes de douleurs :
    • La douleur nociceptive.
    • La douleur neuropathique ou neurogène.
    • La douleur psychogène.

📌 La douleur neuropathique centrale est liée à une atteinte du cerveau ou de la moelle épinière, tandis que la douleur neuropathique périphérique résulte d’une lésion ou d’un dysfonctionnement des nerfs situés hors du cerveau et de la moelle épinière.

Compléments

  • La douleur neuropathique représente environ 25 % des douleurs et touche 7 % de la population adulte.

  • La douleur neuropathique peut se manifester par des brûlures, un froid douloureux, des décharges électriques, un engourdissement, des fourmillements ou des démangeaisons.

Astuce mémo

Nociceptive : stimulation des récepteurs ; neuropathique : lésion du système somato-sensoriel.

6. Durée et intensité douloureuses

★ À maîtriser

📌 La douleur aiguë constitue un signal d’alarme qui finit par céder rapidement, tandis que la douleur chronique persiste au-delà de 3 mois et constitue une pathologie à part entière.

  • L’intensité de la douleur se classe sur une échelle de 0 à 10 : absence de douleur à 0, douleur faible ou légère de 1 à 3, modérée de 4 à 5, intense de 6 à 7 et insupportable de 8 à 10.

Compléments

  • La douleur chronique peut retentir sur l’appétit, le sommeil et la vie quotidienne, et nécessiter une prise en charge pluridisciplinaire en service d’algologie.
  • Les exemples associés aux degrés d’intensité sont une petite blessure pour une douleur faible, une fracture ou une rage de dents pour une douleur modérée, une colique néphrétique ou un écrasement de membre pour une douleur intense, et une amputation sans anesthésie ou un accouchement difficile sans péridurale pour une douleur insupportable.

Astuce mémo

Aiguë : signal d’alarme qui cède rapidement ; chronique : persiste au-delà de trois mois.

7. Échelles d’évaluation de la douleur

★ À maîtriser

  • L’échelle visuelle analogique (EVA) est utilisable chez l’adulte et chez l’enfant à partir de 6 ans ; elle comporte une face soignant graduée de 0 à 10 et une face patient munie d’un curseur.
  • L’échelle numérique (EN), principalement utilisée chez l’adulte, demande au patient de noter sa douleur de 0, absence de douleur, à 10, douleur maximale imaginable ; la graduation peut aussi être exprimée de 0 à 100 mm.

📌 Une prise en charge de la douleur est nécessaire lorsque le score à l’EN est supérieur ou égal à 4 sur 10, ou à 4 sur 100 selon la graduation utilisée.

📌 L’échelle verbale simple (EVS) comporte 5 points et une prise en charge de la douleur est nécessaire à partir d’un score supérieur ou égal à 2.

Compléments

  • La Haute Autorité de Santé recommande l’utilisation d’échelles d’autoévaluation de la douleur facilement utilisables à l’officine. - HAS
  • L’échelle des visages est utilisable chez l’enfant à partir de 4 ans et présente six visages à l’enfant avec une correspondance numérique de 0 à 10 destinée au soignant.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Physiopathologie de la douleur avec 20 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel enchaînement décrit la transmission du message douloureux depuis la détection du stimulus jusqu’à sa perception ?

2. À quel niveau cérébral le siège de la douleur est-il localisé ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

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Quelles étapes mènent le message douloureux des nocicepteurs à la moelle ?

La transduction du stimulus, puis la transmission afférente par la racine postérieure.

Par quelle racine la réaction réflexe motrice liée à la douleur passe-t-elle ?

Par la racine ventrale.

Où les relais du message douloureux permettent-ils de percevoir et localiser la douleur ?

Au cortex.

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