★ À maîtriser
📌 La peau constitue une barrière pour les molécules hydrosolubles, mais se comporte davantage comme un buvard pour les petites molécules lipophiles, telles que le soman® et les solvants organiques chlorés.
📌 Les poussières gênantes, non fibrogènes et non toxiques, restent dans les voies aériennes supérieures ; les poussières nocives, fibrogènes mais non toxiques, atteignent les voies respiratoires moyennes ; les poussières toxiques, fibrogènes et toxiques, pénètrent jusqu’aux voies aériennes inférieures.
📌 La voie intraveineuse contourne toutes les barrières externes et ne comporte ni absorption ni résorption, car le toxique est déposé directement dans le sang ; les voies intramusculaire, intradermique et sous-cutanée comportent une absorption puis une résorption dépendant de la vascularisation du tissu.
Compléments
La bouche et l’œsophage ont une surface d’environ 0,02 m² et un temps de contact court, ce qui limite l’absorption, sauf notamment pour la nicotine et les dérivés nitrés.
L’estomac a une surface d’environ 0,1 à 0,2 m² et un pH acide ; malgré un temps de contact de quelques heures, l’absorption y est assez limitée, sauf notamment pour les acides organiques faibles et les petites molécules hydrosolubles.
La résorption cutanée dépend de l’épaisseur et de l’altération de la couche cornée, de l’hydratation de l’épiderme et du débit sanguin sous-cutané ; les glandes, les follicules pileux et les tissus accessoires y contribuent aussi.
Les muqueuses ont une barrière moindre que la peau, sont dépourvues de couche cornée et fortement vascularisées ; l’effet y est raccourci par l’absence de passage hépatique.
Les affections pulmonaires représentent environ 20 % des maladies professionnelles et une proportion encore supérieure des cancers professionnels.
📌 Les toxiques hydrophiles se déposent dans le nasopharynx et l’arbre trachéobronchique, tandis que les alvéoles pulmonaires peuvent recevoir des toxiques hydrophiles et lipophiles.
Les exemples de poussières et leurs effets sont :
Les mécanismes de dépôt pulmonaire comprennent :
Les poussières et fibres professionnelles peuvent provenir de l’industrie minière, de l’industrie du bois, de l’industrie métallurgique, de l’industrie agroalimentaire, des soins aux animaux et des travaux agricoles.
Les gaz et vapeurs toxiques peuvent provenir de la combustion (CO, NO, NO₂, SO₂), de l’incinération (H₂S, NH₃, HCl) et de la fermentation (H₂S, NH₃).
★ À maîtriser
📌 La distribution monocompartimentale représente l’organisme par un compartiment unique, tandis que la distribution multicompartimentale distingue des compartiments superficiels et un compartiment profond.
📌 Les toxiques hydrosolubles se répartissent dans les fluides corporels, les toxiques lipophiles dans le système nerveux central et le tissu adipeux, les toxiques colloïdaux dans le système réticulo-endothélial, et les toxiques ostéotrophiques dans l’os et le tissu conjonctif.
Compléments
La dissolution libre d’un toxique dans le plasma dépend du rapport entre le pH sanguin et le pKa du xénobiotique.
Les compartiments tissulaires représentés comprennent :
Les barrières citées sont :
Le tissu adipeux représente 15 à 50 % de la masse corporelle, et le cerveau ainsi que la gaine de myéline sont particulièrement riches en lipides.
Le tissu adipeux est un réservoir de toxiques lipophiles, notamment des toxiques non ionisés et apolaires, des solvants organiques, des hydrocarbures chlorés et des gaz inertes.
Les cellules phagocytaires du système réticulo-endothélial peuvent être activées lors d’une agression jusqu’à saturation, et elles retiennent les particules colloïdales selon leur taille.
Les particules colloïdales les plus grosses sont préférentiellement retenues par le foie, tandis que les plus petites ont une distribution plus uniforme dans la rate, le foie et la moelle osseuse.
Le tissu osseux représente 10 à 15 % de la masse corporelle, et environ une soixantaine d’éléments sont ostéotrophiques.
Les cheveux et les ongles contiennent de la kératine riche en groupes thiols capables de chélater des cations métalliques comme le mercure et le plomb, ainsi que d’interagir avec des molécules organiques spécifiques comme les stupéfiants, les stéroïdes anabolisants et les amphétamines.
★ À maîtriser
📌 L’élimination directe, appelée excrétion, concerne essentiellement les toxiques hydrosolubles, tandis que l’élimination indirecte des toxiques liposolubles est précédée d’une métabolisation.
La phase d’élimination correspond à la disparition du toxique ou de ses métabolites de l’organisme ; le foie assure essentiellement la métabolisation et rarement l’excrétion, tandis que le rein assure essentiellement l’excrétion et rarement la métabolisation.
La vitesse de métabolisation hépatique dépend de :
L’exposition répétée à un toxique peut induire les enzymes hépatiques et accélérer sa métabolisation, ce qui augmente la tolérance ; pour un effet identique, une dose plus élevée est alors nécessaire.
L’inhibition enzymatique diminue la vitesse de métabolisation hépatique et la tolérance au toxique, de sorte qu’une dose plus faible suffit pour obtenir un effet identique.
📐 Formule - La clairance totale est la somme des clairances hépatique et rénale, ainsi que des autres clairances telles que les clairances pulmonaire et cutanée : .
📐 Formule - La clairance totale est liée à la constante d’élimination et au volume de distribution par la relation .
📐 Formule - La concentration sanguine décroît exponentiellement selon la relation .
📐 Formule - Le temps de demi-vie est donné par la relation .
Compléments
Les enzymes hépatiques citées se répartissent en :
La métabolisation extra-hépatique citée implique les cellules rénales, qui contiennent de la xanthine oxydase, et les érythrocytes, qui contiennent des estérases ubiquitaires.
Une induction enzymatique croisée peut survenir lorsque deux toxiques empruntent les mêmes voies métaboliques : l’exposition répétée au toxique TB accélère sa métabolisation et peut aussi augmenter la vitesse de métabolisation du toxique TA, rendant TA davantage toléré.
Une inhibition enzymatique croisée peut survenir lorsque deux toxiques empruntent les mêmes voies métaboliques : l’exposition répétée au toxique TB ralentit sa métabolisation et peut aussi ralentir celle du toxique TA, rendant TA moins bien toléré.
La clairance hépatique correspond à la quantité de substance épurée par le foie par unité de temps ; une clairance hépatique de 120 mL·min⁻¹ signifie qu’à chaque minute, le foie élimine une quantité équivalente à celle contenue dans 120 mL de plasma.
Le rein assure la majeure partie de l’excrétion des toxiques, sous forme inchangée ou sous forme de métabolites.
Induction accélère la métabolisation et augmente la tolérance ; inhibition la ralentit et la diminue.
★ À maîtriser
L’échelle orale humaine de Gosselin, Smith et Hodge distingue :
La toxicité retardée peut provoquer des altérations pathologiques plusieurs jours ou davantage après une exposition unique, accidentelle ou volontaire.
📌 Les courbes dose-réponse non monotones décrivent des cas où, à certaines périodes du développement comme la période périnatale ou l’adolescence, de très faibles doses peuvent produire des effets plus importants que des doses plus élevées ; le bisphénol-A est cité comme exemple. - Le monde Sciences & Techno, 13 avril 2013
Compléments
À dose croissante, l’effet augmente généralement ; certaines courbes non monotones font exception.
★ À maîtriser
📌 Une biotransformation détoxifiante transforme le xénobiotique originel en métabolite moins toxique, tandis qu’une bioactivation ou toxiactivation produit un ou plusieurs métabolites plus toxiques.
Compléments
📌 La spécificité absolue d’une enzyme concerne une seule réaction, la spécificité de groupe concerne un groupe fonctionnel et la spécificité de liaison concerne une liaison particulière.
Les enzymes de phase I citées comprennent :
Les réactions de réduction de phase I sont peu nombreuses, relèvent principalement des bactéries de la flore intestinale et concernent surtout les composés halogénés et nitrés ; elles peuvent produire des composés instables.
Les réactions d’hydrolyse de phase I sont très nombreuses ; les exemples cités comprennent l’hydrolyse des insecticides organophosphorés, de la procaïne et la dégradation de la phénacétine en phénétidine, laquelle est néphrotoxique et méthémoglobinisante.
Les réactions de conjugaison indiquées comprennent :
Une biotransformation peut détoxifier ou, au contraire, bioactiver le xénobiotique.
À dose normale, le paracétamol est métabolisé par le cytochrome P450 et la glycuroconjugaison, puis excrété par voie rénale.
À forte dose, le paracétamol mobilise le cytochrome P450 et la voie du glutathion avant l’excrétion rénale ; l’hépatocyte puise alors dans ses réserves de glutathion, et leur épuisement entraîne l’accumulation de métabolites très toxiques qui détruisent les cellules hépatiques.
Épuisement du GSH → accumulation de métabolites toxiques → destruction des cellules hépatiques.
Benzo(a)pyrène → arène oxyde → dihydrodiol → diol-époxyde → fixation à l’ADN et à l’ARN.
★ À maîtriser
Le mode d’action principal du soman est le blocage des cholinestérases.
Le soman est détoxifié par hydrolyse enzymatique ; il inhibe l’acétylcholinestérase par phosphonylation, puis le complexe soman-enzyme subit un vieillissement rapide par désalkylation, qui empêche sa réactivation par les oximes.
Compléments
Le soman est un ester de l’acide phosphonofluorhydrique et de l’alcool pinacolique, appartenant aux organophosphorés et utilisé comme gaz de combat.
Le soman entraîne des troubles comportementaux et neuromusculaires, notamment une faiblesse musculaire et un steppage.
Blocage des cholinestérases : action principale ; fixation aux récepteurs centraux : action secondaire.
📌 La suppression totale ou partielle de la coagulation peut provoquer une hémorragie ou une microhémorragie, tandis que son activation peut entraîner un infarctus localisé ou une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD).
De rares accidents hématologiques sous forme de CIVD ont été décrits avec les spécialités pharmaceutiques à base d’indalpine, à une fréquence de 1 cas sur 20 000.
Les causes de CIVD mentionnées sont :
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1. Deux substances sont prises par voie orale à concentration comparable, mais diffèrent par leur liposolubilité et leur pKa. Quel principe permet d’expliquer une différence de quantité ou de vitesse de résorption ?
2. Un produit contenant de petites molécules lipophiles entre en contact avec la peau intacte. Quel comportement de la peau est le plus probable pour ces molécules ?
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De quels facteurs physicochimiques dépendent la quantité et la vitesse de résorption orale d’un toxique ?
De sa liposolubilité, de son pKa et de sa concentration.
Sous quelles formes un toxique est-il transporté dans le sang ?
Libre dans le plasma, lié aux fractions plasmatiques ou associé aux éléments figurés.
Quelle surface approximative ont la bouche et l’œsophage ?
Environ 0,02 m².
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