Fiche de révision : Bilan et traitement de l’édentement

Plan du Cours

  1. Examen clinique et interrogatoire
  2. Profils psychologiques et pathologies générales
  3. Examen exobuccal et choix des dents
  4. Résorption et surfaces d’appui
  5. Muqueuse, freins et salive
  6. Anciennes prothèses et examens complémentaires
  7. Possibilités thérapeutiques prothétiques
  8. Devis et consentement éclairé

1. Examen clinique et interrogatoire

★ À maîtriser

  • L’examen clinique comprend quatre phases :

    • observation
    • réflexion sur les difficultés et les moyens de traitement
    • décision thérapeutique tenant compte des exigences techniques et des souhaits du patient
    • planification et consentement éclairé
  • Les déficits associés à l’édentement sont :

    • psychologique
    • esthétique
    • masticatoire
    • digestif
    • phonétique
    • respiratoire
  • Même appareillé, un patient édenté peut présenter une perte de 60 % de son efficacité masticatoire.

Compléments

  • L’interrogatoire précise :
    • le motif de consultation
    • les antécédents de prothèse
    • les symptômes gingivaux
    • les antécédents dentaires familiaux
    • les habitudes alimentaires
    • l’histoire de l’édentement

Astuce mémo

Observer → réfléchir → décider → planifier et consentir

2. Profils psychologiques et pathologies générales

★ À maîtriser

  • La classification de House distingue quatre profils :

    • philosophe
    • critique
    • sceptique
    • indifférent
  • Le diabète peut provoquer une sécheresse buccale, une muqueuse fragile exposée aux traumatismes et brûlures, ainsi qu’une résorption osseuse importante, justifiant des contrôles rapprochés et une réduction du port de la prothèse.

  • En cas de médicaments sialoprives, il est possible de demander au médecin leur remplacement par un traitement non sialoprive ou de prescrire des substituts salivaires et des adhésifs prothétiques.

Compléments

  • Le patient critique est impliqué mais manque de confiance, recherche les défauts et formule des exigences inatteignables.

  • Le patient sceptique rapporte de mauvaises expériences, pense que personne ne peut l’aider et communique peu verbalement.

  • Le patient indifférent coopère peu et peut être traité à la demande de son entourage, de sorte que son adaptation prothétique demande beaucoup d’efforts.

  • L’arthrose déformant les mains peut réduire la mobilité et compliquer l’insertion ainsi que l’hygiène de la prothèse.

  • La radiothérapie peut entraîner une sécheresse buccale, une ostéomyélite et des nécroses osseuses, ce qui impose d’éviter les blessures, de réduire le port prothétique et de renforcer l’hygiène.

3. Examen exobuccal et choix des dents

★ À maîtriser

📌 L’examen exobuccal doit toujours être réalisé de face et de profil pour apprécier la typologie faciale, les tissus du visage et le degré d’ouverture buccale.

  • La forme des dents se choisit en fonction du profil : un profil bombé oriente vers des dents bombées, tandis qu’un profil plat oriente vers des dents plates.

Compléments

  • La couleur de la peau, des cheveux et des yeux aide à choisir la teinte des dents prothétiques.

  • Une perlèche correspond à une candidose liée à la stagnation de salive à la commissure labiale et témoigne d’un effondrement de la dimension verticale d’occlusion, notamment si la prothèse est sous-évaluée.

  • L’ouverture buccale s’évalue notamment par :

    • une amplitude de trois doigts
    • un trajet rectiligne et reproductible
    • la tonicité des lèvres
    • les bruits de l’ATM
    • la puissance des masséters

Astuce mémo

Profil bombé : dents bombées ; profil plat : dents plates

4. Résorption et surfaces d’appui

Notions clés & Définitions

  • Résorption osseuse : Diminution progressive de l’os qui entourait les dents après leur perte, touchant d’abord l’os alvéolaire puis l’os basal.

★ À maîtriser

📌 La résorption centripète fait rentrer la crête vers l’intérieur de la bouche, tandis que la résorption centrifuge l’en éloigne.

  • Une crête résorbée, devenue basse et plate, offre moins de surface d’accrochage à la prothèse.

  • L’examen des surfaces d’appui recherche notamment :

    • les insertions freinales gênantes
    • les tubérosités proéminentes
    • un espace inter-crêtes réduit
    • une contre-dépouille palatine
    • un torus palatin
    • une crête irrégulière

Compléments

  • Un torus palatin peut être déchargé en ménageant un espace dans la prothèse afin d’éviter une chirurgie.

  • Une crête flottante est une portion de crête mobile dont la muqueuse ne repose pas sur de l’os ; sa stabilisation dépend de la quantité d’os restant et peut nécessiter des techniques d’empreinte adaptées.

Astuce mémo

Perte des dents → résorption osseuse → crête moins favorable à la rétention

5. Muqueuse, freins et salive

★ À maîtriser

  • Des points rouges sous la prothèse peuvent signaler le début d’une stomatite sous-prothétique, et un palais rouge vif peut témoigner d’une muqueuse inflammatoire associée à une hygiène prothétique délétère.

📌 Il ne faut pas refaire une prothèse sur des tissus abîmés : il faut d’abord traiter les surfaces d’appui et récupérer la muqueuse, puis réaliser la prothèse d’usage avec des empreintes adaptées.

  • Après une chirurgie muqueuse, la prothèse d’usage est réalisée après 30 à 45 jours de cicatrisation ; après une chirurgie osseuse, une prothèse provisoire est nécessaire et la cicatrisation osseuse doit durer au minimum trois mois.

  • La salive protège la muqueuse et aide la prothèse à tenir ; une bouche sèche peut donc rendre la rétention plus difficile et favoriser les blessures.

Compléments

📌 Un frein très marqué doit être contourné et enregistré plutôt que réduit, tandis qu’une insertion freinale très haute peut être réduite chirurgicalement pour approfondir le vestibule.

  • Une gencive brillante ou une langue sèche et craquelée évoque une sécheresse buccale et justifie des contrôles post-prothétiques rapprochés, des substituts salivaires et des adhésifs prothétiques.

Astuce mémo

Traiter les tissus → les laisser récupérer → réaliser la prothèse d’usage

6. Anciennes prothèses et examens complémentaires

★ À maîtriser

  • Les examens complémentaires peuvent comprendre : un bilan biologique en lien avec le médecin si des extractions sont prévues, une radiographie pour rechercher des débris radiculaires, un CBCT pour planifier des implants ou explorer des douleurs

  • La disparition de l’os recouvrant le trou mentonnier peut placer le nerf juste sous la gencive et expliquer une douleur provoquée par la pression de la prothèse.

Compléments

  • L’examen des anciennes prothèses porte sur : l’usure, les dents cassées, les bords cassés, l’état et l’hygiène de la prothèse et de la bouche

  • Une mandibule très fine sur une radiographie panoramique traduit une résorption extrême et expose à un risque de fracture si des dents très cuspidées transmettent de fortes forces.

  • Pour refaire une prothèse mandibulaire douloureuse, des bases souples peuvent amortir les pressions et résoudre partiellement le problème.

7. Possibilités thérapeutiques prothétiques

Points essentiels

📌 La solution implantaire peut aller d’une réhabilitation fixe implanto-portée en haut et en bas à deux implants symphysaires sous la prothèse mandibulaire pour la stabiliser ; si les implants sont impossibles ou non souhaités, une prothèse conventionnelle est proposée.

📌 Même lorsqu’un traitement implantaire est prévu, des prothèses complètes conventionnelles réalisées dans les règles de l’art servent de guide pour placer les implants.

Astuce mémo

Implants possibles ou souhaités : option implantaire ; sinon prothèse conventionnelle

8. Devis et consentement éclairé

Points essentiels

  • Le patient doit bénéficier d’un délai légal de réflexion ou de rétractation de huit jours avant les empreintes, et le consentement éclairé est impératif.

  • Dès la première séance, il faut borner les attentes : même dans le meilleur des cas, la prothèse offre un bénéfice esthétique réel mais une efficacité masticatoire réduite d’au minimum 50 à 60 %.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Bilan et traitement de l’édentement avec 21 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelles sont les quatre phases de l’examen clinique en prothèse ?

2. Une personne édentée présente des difficultés à mastiquer, à parler et à maintenir ses relations sociales. Quelle interprétation rend le mieux compte de cette situation ?

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Quelles sont les quatre phases de l’examen clinique ?

Observation, réflexion thérapeutique, décision thérapeutique, puis planification et consentement éclairé.

Quels déficits l’édentement peut-il entraîner ?

Des déficits psychologique, esthétique, masticatoire, digestif, phonétique et respiratoire.

Quel retentissement l’édentement peut-il avoir ?

Un retentissement social, psychologique et physique.

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