Fiche de révision : Dysgraphies et développement de l’écriture

Plan du Cours

  1. Fonctions et développement du graphisme
  2. Maturation et stades de l’écriture
  3. Composantes et coordination de l’écriture
  4. Étiologies et fréquence des dysgraphies
  5. Définitions et classifications diagnostiques
  6. Comorbidité et formes de dysgraphie

1. Fonctions et développement du graphisme

★ À maîtriser

  • L’écriture mobilise trois facteurs :
    • la motricité
    • la perception
    • la représentation symbolique

📌 Contrairement au dessin, qui ne nécessite pas d’apprentissage particulier, l’écriture est une praxie et un langage.

Compléments

  • L’écriture dépend de la société, de l’époque, de la culture et de la civilisation dans lesquelles évolue l’enfant.

  • Avant 4 ans, les enfants ne différencient pas le dessin de l’écriture, alors que les mêmes circuits neuronaux sont stimulés, selon Adi-Japha et Freeman.

  • L’enseignement de l’écriture entraîne une inhibition du dessin et la distinction entre dessin et écriture est clairement observée à 6 ans.

2. Maturation et stades de l’écriture

★ À maîtriser

  • L’évolution du graphisme va des gribouillis à 18 mois aux gribouillages amples jusqu’à 2 ans, puis au contrôle gestuel et visuel après 2 ans, à l’intérêt pour l’espace vers 2 ans et demi, aux traits verticaux et aux ronds à 3 ans, puis à la coordination graphique entre 4 et 6 ans.

📌 Le stade pré-calligraphique, situé vers 6-7 ans, se caractérise par une maîtrise insuffisante et des exigences calligraphiques non respectées.

  • Le stade calligraphique se situe entre 8 et 12 ans et se caractérise par une meilleure maîtrise du geste, ainsi que par un équilibre et une régularité du graphisme.

Compléments

  • Le développement psychomoteur influence l’évolution de l’écriture.

  • Entre 4 et 6 ans, l’enfant coordonne progressivement le membre scripteur et réalise des balayages, des fuseaux, des ellipses et des cercles.

  • Les formes perceptives citées sont :

    • la croix
    • le cercle
    • la spirale
    • le carré, acquis plus tard
  • Après 12 ans, le stade post-calligraphique correspond à la transformation et à la personnalisation de l’écriture.

Astuce mémo

Du pré-calligraphique au calligraphique, puis au post-calligraphique

3. Composantes et coordination de l’écriture

Notions clés & Définitions

  • Écriture efficiente : L’écriture est efficiente lorsque la production graphique et l’orthographe ne gênent pas la génération d’idées.

★ À maîtriser

  • L’écriture repose sur la combinaison du mouvement d’inscription et du mouvement de translation, dont l’équilibre synergique dépend notamment de la position du corps.

Compléments

  • Le geste scripteur combine les déplacements :
    • des doigts
    • du poignet
    • du coude

📌 Une posture correcte libère le bras pendant l’écriture.

  • Une pince défectueuse lors de la tenue de l’outil scripteur diminue la vitesse d’écriture.

4. Étiologies et fréquence des dysgraphies

★ À maîtriser

  • La dysgraphie peut concerner le développement de l’écriture chez l’enfant ou être associée à des pathologies comme l’IMC, une tumeur cérébrale, un AVC, la maladie de Dupuytren ou la maladie de Parkinson, et apparaître à tout âge.

📌 Selon Dueul (1994), les dysgraphies développementales spécifiques sont liées à des troubles de la coordination motrice, des fonctions exécutives et de la planification motrice, visuo-spatiaux, orthographiques ou du langage, tandis que les dysgraphies non spécifiques expriment d’autres étiologies.

  • La dysgraphie touche 5 à 20 % des enfants d’âge scolaire et est plus fréquente chez les garçons que chez les filles.

Compléments

  • Les étiologies non spécifiques citées sont :

    • la prématurité
    • la trisomie 21
    • la neurofibromatose de type 1
    • l’épilepsie
    • la paralysie cérébrale ou IMC
    • une lésion cérébelleuse
    • la dystonie
    • le syndrome Ehlers-Danlos
  • La fréquence rapportée de la dysgraphie varie selon les pays, l’absence de critères homogènes, la diversité des définitions et les outils d’évaluation employés.

5. Définitions et classifications diagnostiques

Notions clés & Définitions

  • Dysgraphie selon Ajuriaguerra : Selon Ajuriaguerra (1964), la dysgraphie est une atteinte de la qualité de l’écriture qui ne s’explique pas par un déficit neurologique ou intellectuel ; l’écriture est lente, fatigante et non conforme aux possibilités de tenue instrumentale de l’enfant et à son âge.
  • Dysgraphie selon Albaret, Kaiser et Soppelsa : Selon Albaret, Kaiser et Soppelsa (2013), la dysgraphie correspond à des performances d’écriture évaluées individuellement par des tests standardisés, portant sur la qualité et la fréquence d’inscription, nettement inférieures au niveau attendu compte tenu de l’âge, du niveau intellectuel et psychomoteur et d’un enseignement approprié.

★ À maîtriser

📌 La CIM 10 et le DSM 5 ne considèrent pas la dysgraphie comme un trouble isolé, mais situent les troubles de l’écriture dans des troubles plus complexes, notamment les TND, le TDC et les troubles spécifiques des apprentissages.

Compléments

📌 Ajuriaguerra situe le diagnostic de dysgraphie à partir de 7 ans.

  • Les manifestations décrites sont : une écriture lente ou illisible, des ratures, des formes de lettres irrégulières et variables, un geste manquant de fluidité et de régularité

  • Le diagnostic de dysgraphie est fonctionnel et ne relève pas uniquement du médecin ; certains professionnels le posent après 4 trimestres pleins d’apprentissage de l’écriture manuscrite, tandis que des recommandations de l’INSERM évoquent un diagnostic plus précoce si le trouble est sévère.

  • Les cinq profils cliniques sont (Ajuriaguerra et Al., 1964) :

    • les lents et précis
    • les raides et tendus
    • les mous
    • les impulsifs
    • les maladroits
  • Les trois sous-types de Deuel sont :

    • la dysgraphie dyslexique
    • la dysgraphie liée à une maladresse motrice
    • la dysgraphie due à un trouble spatial

6. Comorbidité et formes de dysgraphie

Notions clés & Définitions

  • Dysgraphie dyspraxique : Atteinte du versant moteur de l’écriture qui peut toucher les praxies constructives et les aspects visuo-spatiaux.
  • Dysgraphie dysorthographique : La dysgraphie dysorthographique est une atteinte du versant linguistique de l’écriture impliquant la mémoire auditivo-verbale, la mémoire de travail, l’élaboration du message et l’application des règles orthographiques, en coordination avec le geste d’écriture.

★ À maîtriser

  • Les troubles neurodéveloppementaux sont rarement présents sous une forme pure et sont régulièrement associés entre eux ou à d’autres troubles, comme le TDA/H et le TSA.

  • Dans la dysgraphie dysorthographique, l’attention relâchée sur le geste peut rendre l’écriture maladroite, irrégulière et parfois difficilement lisible ; cette dysgraphie est secondaire au trouble linguistique et durable, non passagère.

Compléments

  • Les difficultés visuo-spatiales peuvent provoquer (Mazeau, 2003) : des raccords incomplets dans les figures ou les lettres, des lettres en miroir, des inversions ou oublis de lettres dans un mot, une mise en page désastreuse

  • Dans la dysgraphie dyspraxique, l’écriture manuelle reste malhabile, privilégie les lettres non attachées et celles-ci sont souvent difficilement identifiables.

  • Les difficultés d’écriture peuvent rendre l’enfant difficilement lisible, ralentir et fatiguer l’écriture, empêcher la réalisation d’une tâche supplémentaire et réduire progressivement l’écriture, ce qui entraîne des difficultés d’apprentissage et un parcours scolaire difficile.

Astuce mémo

Versant moteur : praxies et tracé ; versant linguistique : orthographe et langage écrit

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Dysgraphies et développement de l’écriture avec 16 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quels types de facteurs l’écriture mobilise-t-elle ?

2. Quelle distinction caractérise l’écriture par rapport au dessin ?

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Révisez avec les flashcards

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Quels facteurs l’écriture mobilise-t-elle ?

Des facteurs de motricité, de perception et de représentation symbolique.

Qu’est-ce qui distingue l’écriture du dessin selon l’apprentissage requis ?

L’écriture nécessite un apprentissage particulier, contrairement au dessin.

En quoi l’écriture diffère-t-elle du dessin sur le plan fonctionnel ?

L’écriture est une praxie et un langage.

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