Fiche de révision : Dysphonie : diagnostic et étiologies

Plan du Cours

  1. Anatomie et mécanismes vocaux
  2. Troubles de la voix et du langage
  3. Évaluation initiale de la dysphonie
  4. Laryngoscopie et orientations diagnostiques
  5. Lésions suspectes et bénignes
  6. Immobilité laryngée unilatérale
  7. Étiologies de l’immobilité unilatérale
  8. Immobilité laryngée bilatérale
  9. Prise en charge et conduite à tenir

1. Anatomie et mécanismes vocaux

Notions clés & Définitions

  • Innervation des cordes vocales : Contrôle des cordes vocales par le nerf récurrent, branche collatérale du nerf vague (X).

★ À maîtriser

📌 Une anomalie de fermeture des cordes vocales, comme une paralysie, provoque une fuite d’air audible, une voix faible et une voix essoufflée, tandis qu’une anomalie muqueuse, comme un polype, entraîne des vibrations irrégulières et une voix éraillée ou rauque.

Compléments

  • Le noyau du nerf vague (X) se situe dans le bulbe rachidien, à proximité des noyaux des nerfs IX et XII, qui participent avec le X à la déglutition.

  • Le nerf vague descend dans le cou puis remonte vers le larynx.

Astuce mémo

Atteinte de fermeture → fuite d’air ; atteinte muqueuse → vibration irrégulière

2. Troubles de la voix et du langage

Notions clés & Définitions

  • Dysphonie : Trouble de la voix correspondant à une anomalie du son ou du timbre vocal.
  • Langage : Utilisation de sons de la parole dans un but signifiant.

Points essentiels

📌 La dysarthrie est un trouble de l’articulation, notamment observé dans certaines maladies neurologiques, tandis que l’aphasie est un trouble du langage lié à une lésion ou à un dysfonctionnement cérébral.

📌 Toute anomalie audible dans le discours ne correspond pas nécessairement à une dysphonie, et la sémiologie initiale oriente fortement la démarche diagnostique.

Astuce mémo

Dysphonie = voix ; dysarthrie = articulation ; aphasie = langage

3. Évaluation initiale de la dysphonie

★ À maîtriser

📌 Toute dysphonie durant plus de 8 à 15 jours impose une consultation ORL avec examen des cordes vocales, notamment par fibroscopie naso-pharyngée.

📌 L’objectif de l’examen est de rechercher une lésion suspecte, en particulier un cancer du larynx chez les sujets à risque.

Compléments

  • Les facteurs de risque de cancer ORL comprennent notamment:
    • le sexe masculin
    • un âge d’environ 50 ans ou supérieur à 50 ans
    • le tabagisme
    • l’alcool
    • une profession à risque vocal
    • le reflux gastro-œsophagien
    • des antécédents chirurgicaux ou traumatiques

📌 Le diagnostic positif de dysphonie repose d’abord sur l’écoute du patient et ne nécessite pas d’examen complémentaire à ce stade.

Astuce mémo

Dysphonie persistante → ORL → examen des cordes → recherche de lésion

4. Laryngoscopie et orientations diagnostiques

★ À maîtriser

📌 Une voix faible peut être liée à une hypotonie, une insuffisance respiratoire ou une altération générale, tandis qu’une obstruction nasale provoque une rhinolalie fermée et qu’une fuite d’air par le voile provoque une rhinolalie ouverte.

  • Le bilan initial d’une dysphonie traînante associe l’interrogatoire, la recherche de signes ORL associés, l’examen des paires crâniennes, l’examen cervical et la laryngoscopie.

Compléments

  • Une tumeur volumineuse basilinguale ou oropharyngée peut provoquer une anomalie du timbre appelée voix pharyngée.

  • Dans le syndrome parkinsonien, la dysarthrie est au premier plan et la voix est typiquement monocorde et monotone.

  • L’examen des paires crâniennes évalue notamment la motricité de la langue par le XII, la motricité du voile par le X et la motricité de la paroi pharyngée postérieure par les IX et X.

Astuce mémo

Normal-mobile → phoniatrie ; suspect → biopsie ; immobile → bilan du X

5. Lésions suspectes et bénignes

★ À maîtriser

  • Une laryngoscopie montrant des cordes vocales normales mais un trouble de mobilité évoque une paralysie uni- ou bilatérale, tandis que des cordes vocales normales et mobiles malgré une dysphonie orientent vers une consultation spécialisée en phoniatrie.

  • Une lésion d’allure néoplasique maligne impose sans délai une laryngoscopie en suspension avec prélèvement histologique.

  • Une lésion manifestement bénigne, comme des nodules bilatéraux, ne nécessite pas de laryngoscopie en suspension d’emblée, mais le moindre doute initial ou évolutif impose une biopsie-exérèse.

Compléments

  • Le diagnostic d’immobilité repose sur l’évaluation de la mobilité laryngée, et la démarche étiologique suit le trajet des nerfs laryngés jusqu’à la corde vocale et à l’aryténoïde.

Astuce mémo

Lésion suspecte → suspension et biopsie ; lésion bénigne typique → prudence et surveillance

6. Immobilité laryngée unilatérale

★ À maîtriser

📌 Une corde vocale immobile n’est pas nécessairement paralysée, car une immobilité peut résulter d’un blocage mécanique ou tumoral de l’articulation crico-aryténoïdienne ou d’une cicatrice entre les aryténoïdes.

📌 Le temps d’ouverture des cordes vocales est plus fiable que le temps de fermeture, qui peut être trompeur, pour apprécier une immobilité laryngée.

Compléments

  • Dans les situations difficiles, notamment médico-légales, l’électromyographie laryngée peut aider à distinguer une paralysie d’une immobilité mécanique.

  • La stroboscopie n’apporte aucun élément au diagnostic positif d’une paralysie laryngée unilatérale ou d’une immobilité laryngée unilatérale.

Astuce mémo

Immobilité ≠ paralysie : blocage mécanique ou atteinte nerveuse

7. Étiologies de l’immobilité unilatérale

★ À maîtriser

📌 En position ouverte, la corde paralysée reste en position inspiratoire tandis que la corde mobile se place en position médiane, alors qu’en position fermée la corde paralysée reste en position phonatoire pendant l’inspiration et la corde mobile s’ouvre.

  • Une paralysie en position ouverte entraîne une fuite d’air, une voix très faible, une voix essoufflée et des fausses routes par inhalation.

📌 L’immobilité d’une corde associée à l’immobilité de l’hémivoile a une valeur localisatrice et suggère une lésion située au-dessus de l’émergence de la branche vélienne du X, dans la partie supérieure du cou.

Compléments

  • Une paralysie en position fermée provoque une sémiologie très discrète voire absente et généralement aucune gêne respiratoire notable.

Astuce mémo

Articulation, intubation, nerf, chirurgie, neurologie, cœur, idiopathique

8. Immobilité laryngée bilatérale

★ À maîtriser

  • En l’absence de circonstances évocatrices, l’exploration d’une immobilité unilatérale repose sur une TDM injectée allant de la base du crâne au thorax.

  • Les principales causes d’immobilité unilatérale sont: le blocage articulaire, les lésions post-traumatiques après intubation, les lésions de la voie motrice, les lésions traumatiques ou iatrogènes, les causes neurologiques, les causes cardiaques, les paralysies idiopathiques

  • Les paralysies idiopathiques représentent environ 20 % des cas, avec une récupération dans environ un cas sur deux, parfois après 6 à 8 mois d’évolution.

Compléments

  • Une lésion laryngée entraînant une immobilité unilatérale est classée T3 dans le statut TNM.

Astuce mémo

Position fermée → dyspnée urgente ; position ouverte → voix inaudible et fausses routes

9. Prise en charge et conduite à tenir

★ À maîtriser

📌 Une immobilité bilatérale en position fermée provoque une dyspnée laryngée avec voix quasi normale, tandis qu’une immobilité bilatérale en position ouverte provoque une dysphonie importante, une voix quasi inaudible et des fausses routes, notamment sur les liquides.

  • La dyspnée laryngée se manifeste par: une bradypnée inspiratoire, un tirage, des dépressions sus-sternales ou sus-claviculaires, un cornage, des bruits inspiratoires, un stridor chez l’enfant

📌 Une immobilité bilatérale en position fermée constitue une urgence diagnostique et thérapeutique avec pronostic vital engagé, et nécessite souvent une trachéotomie transitoire.

Compléments

  • Les causes d’immobilité bilatérale comprennent:
    • les blocages articulaires
    • les lésions après intubation prolongée
    • les lésions inflammatoires
    • les immobilités post-radiques
    • les lésions de la voie motrice
    • les causes neurologiques

Astuce mémo

Diagnostiquer avant rééduquer ; suspect → biopsier ; immobilité → imager le trajet du X

Tableaux de synthèse

Signification de l’immobilité laryngée

SituationManifestations principalesConduite
Unilatérale ouverteVoix faible, essoufflement, fausses routesBilan étiologique et TDM du trajet du X
Unilatérale ferméeSémiologie discrète, gêne respiratoire généralement absenteBilan étiologique
Bilatérale ferméeDyspnée laryngée, voix quasi normaleUrgence, trachéotomie transitoire souvent nécessaire
Bilatérale ouverteDysphonie majeure, voix quasi inaudible, fausses routesMême démarche étiologique que l’unilatérale

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1. Concernant le contrôle nerveux des cordes vocales, quelles sont les propositions exactes ?

2. À propos des conséquences vocales des anomalies laryngées :

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Quel nerf contrôle les cordes vocales ?

Le nerf récurrent, branche du nerf vague (X).

Où se situe le noyau du nerf vague (X) ?

Dans le bulbe rachidien, près des noyaux des nerfs IX et XII.

Quels nerfs participent à la déglutition avec le nerf vague (X) ?

Les nerfs IX et XII.

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