Fiche de révision : Entérites néonatales du veau

Plan du Cours

  1. Traitements d’entérites et d’ulcères bovins
  2. Étiologies des diarrhées néonatales
  3. Épidémiologie et facteurs de risque
  4. Mécanismes et conséquences de la diarrhée
  5. Signes cliniques et diagnostic
  6. Réhydratation et traitement étiologique
  7. Traitement étiologique et antibiothérapie
  8. Soins de support et fluidothérapie
  9. Prévention et immunité colostrale
  10. Agents pathogènes et mécanismes
  11. Cryptosporidiose du veau
  12. Strongyloïdose bovine
  13. Coccidioses digestives bovines
  14. Ascaridose à Toxocara vitulorum
  15. Autres nématodoses digestives

1. Traitements d’entérites et d’ulcères bovins

Points essentiels

  • La coccidiose bovine peut être traitée par sulfamides-triméthoprime pendant 5 à 10 jours per os, ou par une prise unique de toltrazuril (temps d’attente de 63 jours) ou de diclazuril (temps d’attente de 0 jour).

  • Pour les entérites hémorragiques hivernales, le traitement présenté associe réhydratants, anti-anémiques, anti-hémorragiques, antispasmodiques, pansements intestinaux et AINS, avec transfusion éventuelle.

  • Pour les ulcères de la caillette, le traitement présenté comprend hydroxyde d’aluminium, réhydratation, anti-anémiques, anti-hémorragiques, spiramycine, AINS, transfusion éventuelle si l’hématocrite est inférieur à 12 et chirurgie.

  • Pour le syndrome jéjunal, le traitement présenté comprend réhydratation, AINS, anti-anémiques, anti-hémorragiques, pénicilline contre les bactéries Gram positives et une chirurgie pouvant inclure massage du caillot, entérotomie ou entérectomie.

  • La prévention de la salmonellose présentée associe isolement des malades, exclusion du lait de la consommation, vaccination ou autovaccination et révision de la gestion des effluents.

2. Étiologies des diarrhées néonatales

Notions clés & Définitions

  • Veau nouveau-né : Un veau âgé de 0 à 30 jours.

★ À maîtriser

  • Les origines des entérites néonatales sont :

    • infectieuse
    • nutritionnelle
    • iatrogène
  • Les virus impliqués sont :

    • rotavirus
    • coronavirus
    • virus de la BVD
  • Les bactéries associées comprennent :

    • Escherichia coli
    • Salmonella
    • Clostridium perfringens
    • Clostridium sordelli
    • Campylobacter
  • Les parasites associés sont :

    • Cryptosporidium parvum
    • Eimeria zuernii
    • Eimeria bovis
    • Giardia duodenalis
    • Strongyloides papillosus
  • Les principaux agents sont associés à des âges différents : ETEC avant 5 jours, autres E. coli, coronavirus et cryptosporidies entre 7 et 20 jours, salmonelles après 10 jours et coccidies après 20 jours.

Compléments

  • Les causes nutritionnelles comprennent :
    • une mauvaise dilution du lactoremplaceur
    • une mauvaise homogénéisation de la poudre
    • une préparation avec de l’eau trop froide
    • une mauvaise conservation du lactoremplaceur
    • des protéines de substitution mal digérées
    • une composition inadéquate du lait maternel

Astuce mémo

ETEC très précoce, coccidies tardives

3. Épidémiologie et facteurs de risque

★ À maîtriser

  • Au cours de la stabulation, les premiers veaux atteints peuvent excréter de grandes quantités d’agents pathogènes, accroître la pression d’infection et favoriser une augmentation des cas en fin de saison de vêlage.

  • Près de 20 % des veaux sont atteints d’entérite néonatale, 50 % des cas surviennent durant la première semaine, 85 % durant les deux premières semaines et 5 % après trois semaines d’âge.

  • Un défaut de transfert de l’immunité colostrale peut résulter d’une ingestion insuffisante ou tardive de colostrum, ou d’une qualité immunologique médiocre du colostrum.

  • Les facteurs d’élevage favorisant la pression d’infection sont :

    • le mélange d’animaux d’âges différents
    • la chaleur
    • l’humidité
    • le retard de curage
    • une densité animale trop élevée

Compléments

  • Les entérites néonatales surviennent surtout en hiver, parfois en automne, chez des animaux logés en bâtiment.

  • Les courants d’air et l’humidité de l’environnement peuvent rendre le veau plus sensible aux infections.

Astuce mémo

Colostrum insuffisant ou milieu contaminé → davantage d’entérites

4. Mécanismes et conséquences de la diarrhée

Notions clés & Définitions

  • Diarrhée : Une augmentation de la fréquence d’émission, du volume et de la teneur en eau des selles.

★ À maîtriser

  • Les mécanismes de diarrhée sont :

    • la diminution de l’absorption
    • l’hypersécrétion
    • l’augmentation de la perméabilité intestinale
  • Les rotavirus et coronavirus détruisent des entérocytes, ce qui diminue digestion et absorption ; le lactose non digéré atteint le gros intestin et y attire l’eau par effet osmotique.

  • E. coli F5 produit la toxine STa, qui augmente la sécrétion de Cl⁻ et de HCO₃⁻, puis d’eau ; son attachement est possible à un pH intestinal supérieur à 6,5, présent chez les très jeunes veaux.

  • La diarrhée néonatale entraîne une déshydratation, une acidose métabolique et des pertes en électrolytes ; l’acidose est observée chez près de 98 % des veaux déshydratés non réhydratés.

  • Les mécanismes d’acidose comprennent : les pertes fécales de bicarbonates, l’accumulation de L-lactate lors d’hypoperfusion tissulaire, la diminution de l’excrétion urinaire des H⁺, l’accumulation de D-lactate issu du lactose fermenté par les bactéries intestinales

  • Les pertes fécales concernent le sodium, le chlore, le bicarbonate et le potassium ; l’acidose peut faire augmenter la kaliémie malgré un déficit corporel en potassium, et cette hyperkaliémie peut provoquer bradycardie, arythmie ou mort.

Compléments

  • L’inflammation augmente la perméabilité intestinale et provoque une hypersécrétion ; elle est particulièrement marquée lors d’infection par des agents invasifs comme les salmonelles.

Astuce mémo

Malabsorption, hypersécrétion, inflammation

5. Signes cliniques et diagnostic

Notions clés & Définitions

  • Gastro-entérite paralysante : Une entité clinique caractérisée par une acidose sans déshydratation, généralement chez des veaux de 7 à 15 jours.

★ À maîtriser

  • Les indicateurs de déshydratation sont :

    • l’enfoncement du globe oculaire
    • l’humidité des muqueuses buccales
    • la persistance du pli de peau
  • L’acidose peut provoquer un état ébrieux, une démarche chancelante puis une ataxie pouvant évoluer vers le décubitus ou le coma, ainsi qu’une perte du réflexe de succion et des extrémités froides.

  • Les examens étiologiques comprennent : ELISA antigénique pour les virus, coproscopie pour les parasites, identification bactérienne avec recherche des facteurs de virulence et antibiogramme

📌 La gastro-entérite paralysante apparaît généralement chez des veaux de 8 à 12 jours et associe acidose marquée, absence de déshydratation clinique, fèces pâteuses à mucoïdes ou mastic, abdomen souvent distendu et parésie ou paralysie flasque.

  • Les signes cliniques d’acidose comprennent :

    • une diminution du réflexe palpébral
    • la prostration
    • des difficultés à tenir debout
    • une parésie
    • une ataxie
    • une démarche ébrieuse
  • L’identification des agents étiologiques repose sur des prélèvements de selles, ou de sang ou de rate pour le BVDv, puis sur des tests adaptés : ELISA antigénique pour les virus, culture et dénombrement avec typage des facteurs de virulence pour E. coli, et coproscopie pour les parasites.

Compléments

  • L’examen clinique recherche :

    • la température rectale
    • la froideur des extrémités
    • l’état d’hydratation
    • la congestion des muqueuses
    • l’état de conscience
    • la tonicité musculaire
    • le réflexe de succion
    • le poids ou le retard de croissance
    • la production urinaire
    • la fonction cardiaque
  • Les veaux de moins de 8 jours présentent des signes cliniques d’acidose plus sévères que les veaux plus âgés pour un même niveau d’acidose.

  • Les signes associés peuvent comprendre :

    • ataxie
    • perte du réflexe de succion
    • diarrhée absente ou peu abondante et mucoïde
    • distension abdominale
    • anorexie
    • œdème des paupières
    • cornage
  • La présence d’une bactériémie peut être estimée par le test urinaire Uriscreen®, dont la sensibilité est d’environ 80 %.

  • L’évaluation clinique de la déshydratation examine :

    • l’enfoncement du globe oculaire
    • le temps de retour du pli de peau
    • l’état des muqueuses
    • la température des extrémités
    • le réflexe de succion
  • Pour un diagnostic de troupeau, il faut prélever un nombre représentatif d’animaux en début d’évolution et avant traitement.

  • Les gaz sanguins et le ionogramme permettent d’évaluer les désordres acido-basiques et électrolytiques, tandis que le test Uriscreen met en évidence une bactériémie sur la base d’une bactériurie.

Astuce mémo

Gastro-entérite paralysante : acidose sans déshydratation

6. Réhydratation et traitement étiologique

★ À maîtriser

  • La réhydratation doit permettre de :
    • corriger la déshydratation
    • corriger l’acidose métabolique
    • corriger les déséquilibres électrolytiques
    • apporter de l’énergie

📐 Formule - Le volume de correction de la déshydratation en litres se calcule par V=fraction de deˊshydratation×poids vif en kgV = \text{fraction de déshydratation} \times \text{poids vif en kg}.

📌 La réhydratation orale est indiquée si la déshydratation est inférieure à 8 % et que le réflexe de succion est présent ; la voie intraveineuse est indiquée si la déshydratation dépasse 8 %, si le réflexe est faible ou si l’état corporel est fortement atteint.

  • La quantité de bicarbonates à administrer se calcule par HCO3− (mmol)=deˊficit de base×poids vif (kg)×0,6 aˋ 0,7\text{HCO}_3^-\text{ (mmol)} = \text{déficit de base} \times \text{poids vif (kg)} \times 0{,}6\text{ à }0{,}7.

  • Le consensus présenté recommande les antibiotiques par voie orale chez les veaux de moins de 5 jours ou en cas de colibacillose avérée, et par voie parentérale chez les veaux de moins de 7 jours ou en cas de bactériémie.

Compléments

  • Pour un veau de 50 kg déshydraté à 9 % avec une diarrhée peu intense, les besoins calculés sur 24 heures sont de 4,5 L pour corriger la déshydratation, 3,5 L d’entretien et 1,25 L pour les pertes, soit 9,25 L au total.

7. Traitement étiologique et antibiothérapie

★ À maîtriser

  • Les antibiotiques ne sont pas recommandés systématiquement lors d’entérite néonatale, malgré la prolifération intestinale fréquente de colibacilles.

  • Un traitement antibiotique oral est indiqué chez un veau de moins de 5 jours ou en cas de colibacillose avérée par test rapide ou analyse de laboratoire.

  • Un traitement antibiotique parentéral est indiqué chez un veau de moins de 7 jours, en cas de bactériémie ou septicémie avérée ou suspectée, ou si un mauvais transfert colostral est suspecté.

Compléments

📌 En première intention, les antibiotiques doivent avoir un spectre orienté contre les bactéries Gram négatif et une diffusion adaptée à la cible digestive ou sanguine.

  • Les molécules utilisables par voie orale sont : la colistine, les sulfamides potentialisés, l’amoxicilline-acide clavulanique, les fluoroquinolones, antibiotiques critiques nécessitant un antibiogramme

  • Les molécules utilisables par voie injectable sont : les aminosides, dont la gentamicine, les sulfamides potentialisés, les céphalosporines de 3e et 4e générations, antibiotiques critiques nécessitant un antibiogramme, les fluoroquinolones, antibiotiques critiques nécessitant un antibiogramme

Astuce mémo

Colistine : tube digestif ; injectable diffusant : compartiment sanguin

8. Soins de support et fluidothérapie

★ À maîtriser

  • Le nursing du veau diarrhéique comprend le réchauffement dans un endroit propre, sec et chaud, la surveillance clinique avec réévaluation de l’hydratation et de l’acidose, puis une alimentation lactée adaptée à l’état de l’animal.

📌 Il est généralement déconseillé de supprimer le lait, car les réhydratants oraux commerciaux sont trop peu énergétiques et le lait favoriserait la régénération des entérocytes.

Compléments

📌 Le lait n’est supprimé que si le réflexe de succion est absent ou en cas de gastro-entérite paralysante, et pour un maximum de 24 heures.

  • La réalimentation se fait progressivement par petites quantités de 0,5 à 1 L, alternées avec un réhydratant oral si celui-ci reste nécessaire.

  • Les effets possibles des anti-inflammatoires non stéroïdiens sont :

    • analgésique
    • antisécrétoire
    • anti-inflammatoire
    • antipyrétique
    • antitoxinique
  • Les pansements digestifs comme le kaolin n’ont pas d’efficacité prouvée, tandis que la scopolamine peut soulager les spasmes mais ne doit pas être utilisée pour diminuer l’émission de fèces.

Astuce mémo

Réchauffer, surveiller, alimenter

9. Prévention et immunité colostrale

★ À maîtriser

📌 La prévention des entérites néonatales repose sur la réduction du contact entre l’hôte et l’agent pathogène ainsi que sur l’amélioration de l’immunité de l’hôte.

  • Le transfert immunitaire peut être évalué par un taux de protéines sériques supérieur à 55 g/L au réfractomètre ou par une concentration d’IgG d’au moins 10 g/L, avec un objectif de 14 à 16 g/L.

📌 La qualité du colostrum est insuffisante sous 50 g/L d’IgG, médiocre entre 50 et 100 g/L et satisfaisante au-dessus de 100 g/L.

  • L’absorption des immunoglobulines est maximale pendant les 4 premières heures suivant la naissance.

Compléments

  • La séparation des veaux nouveau-nés des veaux malades, des veaux plus âgés et des vaches, ainsi que le nettoyage et la désinfection rigoureux des locaux et du matériel, diminuent la pression d’infection.

  • La quantité de colostrum à distribuer est de 3 à 4 L selon sa qualité, et la distribution au biberon ou par sondage permet de contrôler la quantité bue.

📌 La vaccination des mères enrichit le colostrum en anticorps spécifiques sans augmenter la quantité globale d’immunoglobulines et doit être réalisée entre 3 et 12 semaines avant le vêlage.

📌 En cas de cryptosporidiose avérée dans un troupeau, le lactate d’halofuginone peut être administré en prophylaxie aux veaux nouveau-nés à 100 μg/kg pendant 7 jours.

Astuce mémo

Colostrum précoce et suffisant → transfert d’immunité

10. Agents pathogènes et mécanismes

★ À maîtriser

  • Les principaux agents infectieux comprennent :
    • les virus : rotavirus, coronavirus, virus BVD/MD, torovirus et calicivirus
    • les bactéries : E. coli, Salmonella sp., Clostridium perfringens et Campylobacter sp.
    • les parasites : Cryptosporidium parvum, Eimeria bovis, Eimeria zuernii, Giardia duodenalis

📌 Les ETEC s’attachent notamment par F5, F41, FY ou CS31A et produisent les toxines STa ou LTa, qui perturbent l’absorption et favorisent la sécrétion ionique ; les EPEC et VTEC/EHEC sont associés à l’effacement des microvillosités, et les VTEC/EHEC produisent VT1 et VT2.

  • Les entérites néonatales entraînent généralement une perte d’eau et d’électrolytes, une déshydratation, une acidose, des désordres électrolytiques et un déficit énergétique.

Compléments

  • 🔄 La malabsorption peut entraîner : l’arrivée de molécules non digérées dans le gros intestin, notamment le lactose et les acides gras volatils, la production possible d’acide lactique par fermentation bactérienne, un appel d’eau dans la lumière intestinale par gradient osmotique

  • Chez les veaux diarrhéiques, les modifications observées comprennent une hausse de l’hématocrite, de l’hémoglobine, du potassium et de l’urée, une baisse du sodium, du pH sanguin, des bicarbonates et du déficit de base, tandis que le chlorure, le glucose et la pCO2 ne diffèrent pas significativement dans les données présentées. - Schelcher et al., 2002

  • Les co-infections par plusieurs agents pathogènes sont fréquentes et peuvent aggraver l’atteinte et prolonger la maladie.

Astuce mémo

ETEC sécrète ; les agents malabsorptifs détruisent ou altèrent les villosités

11. Cryptosporidiose du veau

Notions clés & Définitions

  • Cryptosporidioses : Protozooses cosmopolites, infectieuses, inoculables et contagieuses, dues au développement de Cryptosporidium dans les cellules épithéliales intestinales et pouvant provoquer des diarrhées néonatales chez les ruminants.

★ À maîtriser

  • Chez le veau, l’infection à Cryptosporidium siège essentiellement dans le jéjunum et l’iléon ; la libération des oocystes s’accompagne d’apoptose des entérocytes, d’érosion de la muqueuse et d’abrasion des villosités.

  • La cryptosporidiose provoque une diarrhée mixte par augmentation de la perméabilité intestinale, mauvaise digestion, malabsorption et perturbation du transport des nutriments, avec baisse de l’activité enzymatique et dysbiose du microbiote.

  • La cryptosporidiose atteint surtout le jéjunum et l’iléon : la libération des oocystes lors de l’apoptose des entérocytes érode la muqueuse et abrase les villosités, entraînant une diarrhée mixte par fuite d’eau et malabsorption.

  • Environ 20 % des veaux sont atteints pendant leurs deux premières semaines de vie, tandis que les adultes sont souvent porteurs asymptomatiques.

  • La transmission se fait par ingestion d’oocystes, directement par léchage d’un pelage contaminé ou indirectement par des aliments ou boissons contaminés ; Musca domestica peut aussi assurer un portage mécanique d’environ 150 oocystes par asticot. - Graczyk et al., 1999

📌 Le diagnostic épidémiologique et clinique repose notamment sur une diarrhée plus ou moins sévère entre 4 et 21 jours d’âge, un caractère contagieux touchant au moins 30 % des veaux et des adultes souvent asymptomatiques.

Compléments

  • Environ 20 % des veaux sont atteints de cryptosporidiose pendant leurs deux premières semaines de vie, et les veaux nouveau-nés sont une source importante d’oocystes.

  • La cryptosporidiose du veau peut provoquer une diarrhée plus ou moins sévère entre 4 et 21 jours d’âge.

  • Les nouveau-nés peuvent excréter 1,6 à 7 × 10⁶ oocystes par gramme de fèces, voire 26 × 10⁶, tandis que les adultes en excrètent 9 × 10² à 1,8 × 10⁴ par gramme.

  • Le diagnostic de laboratoire peut utiliser la concentration diphasique, la flottation au saccharose et la coloration de Ziehl-Neelsen modifiée, mais ces techniques sont peu sensibles ; immunofluorescence, ELISA, immunochromatographie, PCR et génotypage sont également utilisés.

  • À l’autopsie, la cryptosporidiose peut provoquer congestion et inflammation hémorragique du dernier tiers de l’iléon, abrasion et diminution de taille des villosités, présence de parasites épicellulaires et hypertrophie des nœuds lymphatiques mésentériques.

Astuce mémo

Ingestion d’oocystes → atteinte jéjunum-iléon → diarrhée mixte

12. Strongyloïdose bovine

Notions clés & Définitions

  • Strongyloïdose : Nématodose digestive des jeunes, possible dès le 10e jour, due à des migrations larvaires puis au développement dans la paroi de l’intestin grêle de femelles parthénogénétiques du genre Strongyloides.

★ À maîtriser

  • Chez le veau, la contamination se fait d’abord principalement par voie orale via le colostrum avec des larves L3, puis par voie cutanée après le rejet des œufs dans les fèces.

📌 En coprologie, les œufs larvés de Strongyloides mesurent 50 à 60 μm, tandis que les œufs larvés de strongles dépassent 70 μm.

Compléments

  • Les deux espèces de Strongyloides signalées chez les bovins sont S. papillosus, également présent chez les ovins, et S. vituli.

  • La strongyloïdose peut provoquer fièvre, amaigrissement, anémie et diarrhée parfois sanglante.

  • Le traitement repose surtout sur les lactones macrocycliques, par exemple l’ivermectine à 200 μg/kg, ou sur les benzimidazoles, par exemple l’albendazole à 7,5 mg/kg ; la lutte comprend aussi le nettoyage et la désinfection du sol ainsi qu’une bonne gestion des litières.

Astuce mémo

Strongyloides : œufs de 50–60 μm ; strongles : œufs de plus de 70 μm

13. Coccidioses digestives bovines

Notions clés & Définitions

  • Coccidiose digestive : Protozoose contagieuse due chez les bovins à la multiplication intracellulaire de coccidies spécifiques d’hôte du genre Eimeria dans les cellules épithéliales intestinales, avec un cycle homoxène.

★ À maîtriser

  • Les principales espèces bovines sont Eimeria zuernii et Eimeria bovis ; la maladie survient dès 15 à 21 jours, mais apparaît le plus souvent après le sevrage, entre 6 et 18 mois, particulièrement dans les concentrations animales et souvent en été au pâturage.

  • Les infections latentes ou subcliniques sont les plus fréquentes, mais les jeunes peuvent développer une entérite parfois hémorragique ; une forte immunité concomitante, appelée prémunition, s’installe après la primo-infection.

  • Le stress est un facteur de risque majeur de coccidiose clinique, dont les signes peuvent apparaître 8 jours après ; la forme aiguë survient notamment après le sevrage ou un stress et peut associer fièvre, ténesme, prolapsus rectal et diarrhée hémorragique, avec une mortalité élevée sans traitement.

  • Le traitement spécifique utilise des sulfamides pendant 5 à 10 jours ou des triazines, notamment le toltrazuril à 15 mg/kg en une prise et le diclazuril à 1 mg/kg en une prise ; le traitement est précoce et collectif pour le lot atteint.

Compléments

  • Eimeria bovis a une période prépatente de 18 à 21 jours et Eimeria zuernii de 15 à 17 jours ; toutes deux provoquent des lésions hémorragiques de l’iléum, du caecum et du côlon, particulièrement marquées dans le caecum et le côlon.

  • Le diagnostic repose sur le contexte et les signes cliniques ainsi que sur la coproscopie par flottation, notamment la méthode de McMaster avec NaCl saturé ; le comptage des oocystes et l’identification des espèces sont interprétés selon la clinique, car les symptômes peuvent précéder leur présence dans les fèces.

  • La prévention repose sur l’hygiène, la désinfection des locaux et le décoquinate à 0,5 mg/kg pendant 4 à 5 semaines chez le veau sevré ; le délai d’attente viande indiqué pour le décoquinate est de 0 jour.

14. Ascaridose à Toxocara vitulorum

Notions clés & Définitions

  • Ascaridose bovine : Infestation du veau par Toxocara vitulorum, peu fréquente en France mais en augmentation et fréquente dans les zones tropicales humides.

★ À maîtriser

  • La vache joue le rôle d’hôte intermédiaire et le veau celui d’hôte définitif ; la transmission est lactogénique au 2e ou 3e jour, tandis que les œufs éliminés dans le milieu extérieur résistent plusieurs mois et que les larves peuvent entrer en hypobiose chez la mère.

  • Les œufs de Toxocara vitulorum sont détectables par coproscopie de l’âge de 3 semaines à 2 ou 3 mois, et l’autopsie peut révéler des parasites de 30 cm dans l’intestin grêle.

Compléments

  • L’ascaridose peut entraîner retard de croissance, rachitisme ou mort dans les premières semaines, des troubles digestifs tels qu’alternance diarrhée-constipation, ballonnements, pica, nausées, coliques et vomissements, ainsi que des troubles respiratoires possibles.

  • Le traitement peut utiliser des benzimidazoles, des lactones macrocycliques ou le lévamisole ; le lévamisole peut être administré dès l’âge de 10 à 15 jours en raison de son activité sur les stades immatures.

Astuce mémo

Transmission lactogénique aux jours 2–3, puis œufs détectables dès 3 semaines

15. Autres nématodoses digestives

★ À maîtriser

  • La trichurose due à T. globulosa est cosmopolite et fréquente en France malgré une infestation généralement faible ; l’infestation massive se fait par voie orale avec des larves L3 et peut provoquer diarrhée parfois hémorragique, anémie et amaigrissement.

  • La bunostomose due à B. phlebotomum est cosmopolite, surtout présente dans les pays tropicaux et assez rare en France ; l’infestation se fait par voie cutanée et peut entraîner diarrhée, anémie et amaigrissement.

Compléments

  • La trichurose se diagnostique par coproscopie et peut provoquer des lésions du caecum, rarement du côlon.

  • La bunostomose se diagnostique par coproscopie ou par identification des adultes à l’autopsie, notamment dans le jéjunum et l’iléon.

  • La lutte contre la trichurose et la bunostomose repose sur les lactones macrocycliques ou les benzimidazoles, avec surveillance des résistances, ainsi que sur le curage fréquent et l’évitement des litières humides, particulièrement en élevage en stabulation.

  • La giardose peut provoquer chez le jeune adulte une entérite chronique ou un arrêt de croissance malgré un bon état général ; la lutte repose sur l’hygiène et, si nécessaire, la désinfection à l’ammonium quaternaire.

Astuce mémo

Trichurose orale ; bunostomose cutanée

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Entérites néonatales du veau avec 50 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel ensemble de soins est présenté pour traiter une entérite hémorragique hivernale chez un bovin ?

2. Chez un bovin atteint d’un ulcère de la caillette, quel seuil d’hématocrite est associé à l’éventualité d’une transfusion dans le traitement présenté ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Entérites néonatales du veau avec 95 flashcards interactives.

Quel âge définit un veau nouveau-né ?

De 0 à 30 jours.

Quelles sont les origines possibles des entérites néonatales ?

Infectieuse, nutritionnelle ou iatrogène.

Quels sont les principaux virus impliqués dans les diarrhées néonatales ?

Les rotavirus, les coronavirus et, plus rarement, le virus de la BVD lors d’infection transitoire.

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