Fiche de révision : Éruptions fébriles chez l’enfant

Plan du Cours

  1. Analyse des lésions dermatologiques
  2. Signes de gravité et purpura
  3. Classement des éruptions
  4. Varicelle et prévention
  5. Gingivostomatite herpétique
  6. Syndrome pieds-mains-bouche
  7. Rougeole et rubéole
  8. Autres exanthèmes viraux
  9. Maladie de Kawasaki
  10. Scarlatine bactérienne

1. Analyse des lésions dermatologiques

★ À maîtriser

  • L’analyse sémiologique des lésions est primordiale avant d’établir un diagnostic dermatologique.

  • Une macule est une lésion plane, tandis qu’une papule est une lésion surélevée et solide.

  • Une bulle contient un liquide et est de plus grande taille qu’une vésicule, tandis qu’une pustule contient du pus.

  • Un exanthème est une éruption cutanée diffuse, tandis qu’un énanthème est une éruption des muqueuses.

Compléments

📌 Un nodule est une lésion surélevée profonde qui atteint l’hypoderme, tandis qu’une vésicule contient un liquide clair.

📌 Une squame est un détachement fin de peau, tandis qu’une ulcération correspond à une perte de substance.

Astuce mémo

Macule plane, papule solide : l’absence ou la présence de relief les distingue.

2. Signes de gravité et purpura

Notions clés & Définitions

  • Purpura : Tache hémorragique liée à l’extravasation de globules rouges dans le derme et qui ne s’efface pas à la vitropression.

★ À maîtriser

  • 🔄 La démarche diagnostique consiste à :

    1. caractériser les lésions
    2. rechercher les signes de gravité
    3. reprendre le contexte clinique
  • Un purpura associé à un trouble hémodynamique impose d’éliminer une infection invasive à méningocoque.

  • Un érythème fébrile associé à un trouble hémodynamique impose d’éliminer un syndrome toxique lié au relargage d’une toxine bactérienne.

  • Une fièvre de plus de 5 jours associée à une éruption cutanée et à une atteinte muqueuse doit faire évoquer la maladie de Kawasaki.

  • Le purpura fulminans est rapidement extensif, violacé et nécrotique, survient dans un contexte de fièvre et d’état de choc, et est lié à une infection invasive à méningocoque.

Compléments

  • Des lésions érythémateuses bien limitées, infiltrées et douloureuses évoquent un érysipèle, une infection cutanée bactérienne.

📌 Des décollements cutanés importants imposent d’éliminer une allergie médicamenteuse ou une infection à staphylocoque.

  • Le purpura thrombopénique est lié à une baisse des plaquettes et peut s’accompagner d’un purpura pétéchial, d’une atteinte muqueuse avec bulles et de saignements d’organes, notamment abdominaux ou cérébraux.

📌 Devant un purpura thrombopénique, il faut éliminer une hémopathie telle qu’une leucémie.

  • Le purpura rhumatoïde est une vascularite fréquente chez l’enfant, caractérisée par un purpura infiltré des zones déclives, des douleurs abdominales et une atteinte articulaire.

  • Le purpura viral est le plus fréquent et se manifeste par de petits points rouges sans extension, avec un bon état général.

📌 En cas de purpura, l’enfant doit être examiné déshabillé afin de ne pas méconnaître des lésions.

Astuce mémo

Purpura extensif violacé avec choc → suspicion de purpura fulminans.

3. Classement des éruptions

Notions clés & Définitions

  • Vésicule : Petite élévation de la peau ou d’une muqueuse contenant un liquide clair séreux.

Points essentiels

  • Les lésions vésiculo-pustuleuses orientent notamment vers la varicelle, l’herpès ou le syndrome pieds-mains-bouche lié au Coxsackievirus.

  • Les lésions maculo-papuleuses orientent notamment vers la rougeole, la rubéole, l’exanthème subit, la maladie de Kawasaki ou la mononucléose à EBV.

  • Les lésions érythémateuses orientent notamment vers la scarlatine, un syndrome toxinique ou une toxidermie médicamenteuse.

  • Une vésicule peut être isolée ou regroupée, puis se rompre et former une croûte.

4. Varicelle et prévention

Notions clés & Définitions

  • Varicelle : Infection virale très contagieuse causée par le virus varicelle-zona (VZV).

★ À maîtriser

  • La varicelle se transmet par voie aérienne, notamment par les gouttelettes respiratoires, et par contact direct avec les lésions.

  • Le patient atteint de varicelle est contagieux 48 heures avant l’éruption jusqu’à la formation complète ou la disparition des croûtes.

  • La varicelle associe fièvre, fatigue et prurit à des lésions d’âges différents, notamment des macules, des papules, des vésicules en gouttes de rosée et des croûtes.

  • Les enfants de moins de 1 an, les femmes enceintes, les adultes et les personnes immunodéprimées risquent davantage de développer une forme sévère de varicelle.

📌 L’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont contre-indiqués dans la varicelle, car ils peuvent entraîner des formes très sévères.

Compléments

  • Après la guérison de la varicelle, le VZV reste latent dans les ganglions nerveux et peut se réactiver plus tard sous forme de zona ou d’herpès zoster.

  • La varicelle survient généralement avant 10 ans, mais peut toucher tous les âges; les anticorps maternels peuvent protéger le nouveau-né jusqu’à 3 à 6 mois si la mère a eu la varicelle ou a été vaccinée.

  • L’incubation de la varicelle dure environ 14 jours, avec une plage indiquée de 10 à 21 jours.

  • L’éruption de varicelle débute sur le tronc et le visage, puis s’étend au cuir chevelu et aux membres; des vésicules peuvent également toucher la bouche et les fesses.

  • Les complications de la varicelle comprennent la surinfection cutanée favorisée par le grattage, la déshydratation, la pneumopathie, la cérébellite, l’encéphalite et des atteintes graves chez les personnes immunodéprimées.

  • La prise en charge symptomatique comprend :

    • le paracétamol
    • un antihistaminique pour diminuer le grattage
    • l’hydratation
    • des ongles courts
    • le lavage des lésions à l’eau et au savon

📌 En cas d’hospitalisation pour varicelle, un isolement air et contact en chambre seule est nécessaire, avec limitation des contacts avec les personnes à risque.

  • L’éviction scolaire pour la varicelle est recommandée mais non obligatoire, et la vaccination est recommandée à partir de 1 an.

📌 Le diagnostic de varicelle est clinique; un prélèvement local peut être réalisé en cas de doute et une sérologie VZV pour connaître le statut immunitaire.

Astuce mémo

Macules et papules → vésicules → croûtes, à différents stades simultanément.

5. Gingivostomatite herpétique

Notions clés & Définitions

  • Gingivostomatite herpétique : Le plus souvent une primo-infection par le virus Herpes simplex, après laquelle le virus peut rester latent et se réactiver sous forme d’herpès labial.

★ À maîtriser

  • Les petites vésicules de la gingivostomatite herpétique deviennent des ulcérations douloureuses touchant les gencives, les lèvres, la langue et la muqueuse buccale.

  • La complication principale de la gingivostomatite herpétique est la déshydratation due au refus alimentaire provoqué par la douleur.

📌 La prise en charge repose sur l’antalgie, parfois jusqu’à la morphine, la réhydratation, parfois hospitalière, l’alimentation froide et les soins de bouche; l’aciclovir est indiqué si l’éruption est présente depuis moins de 3 jours.

Compléments

  • La primo-infection herpétique survient chez les enfants de 1 à 4 ans et 80 % des enfants de plus de 5 ans ont des anticorps anti-HSV.

  • La gingivostomatite herpétique se transmet par contact direct avec la salive ou les lésions, et son incubation dure de 2 à 12 jours.

  • La contagiosité de la gingivostomatite herpétique est présente pendant l’éruption.

  • La gingivostomatite herpétique peut provoquer une fièvre parfois élevée, une altération de l’état général, des douleurs buccales, un refus alimentaire, des difficultés à boire et une hypersalivation.

  • La gingivostomatite herpétique ne nécessite pas d’isolement particulier; l’éviction scolaire est recommandée mais non obligatoire et il n’existe pas de vaccin.

6. Syndrome pieds-mains-bouche

Notions clés & Définitions

  • Syndrome pieds-mains-bouche : Infection virale causée principalement par des entérovirus, notamment le Coxsackievirus A16, et généralement bénigne.

★ À maîtriser

  • Le diagnostic clinique repose sur des vésicules dans la bouche, sur les paumes et les plantes des pieds, parfois sur le siège et les membres, avec une éruption généralement peu prurigineuse.

Compléments

  • Le syndrome pieds-mains-bouche touche surtout les enfants de moins de 5 ans, mais peut aussi atteindre les enfants plus grands et les adultes.

  • Le syndrome pieds-mains-bouche se transmet par voie respiratoire, par les selles et au contact des vésicules; son incubation dure de 3 à 6 jours et la contagiosité est maximale les premiers jours.

  • La fièvre, l’asthénie et les douleurs buccales du syndrome pieds-mains-bouche peuvent diminuer la prise alimentaire et rendre la déshydratation possible.

  • L’évolution du syndrome pieds-mains-bouche est généralement favorable en environ une semaine; ses complications principales sont la déshydratation et les surinfections cutanées.

📌 La prise en charge du syndrome pieds-mains-bouche est symptomatique et repose sur l’antalgie et l’hydratation; il n’y a pas d’éviction scolaire systématique ni de vaccin disponible.

Astuce mémo

Des vésicules dans la bouche, sur les paumes et sous les pieds.

7. Rougeole et rubéole

★ À maîtriser

  • La rougeole est causée par un paramyxovirus appelé Morbillivirus et se transmet directement par voie aérienne.

  • La vaccination contre la rougeole est obligatoire avec le vaccin vivant combiné ROR, administré à 12 mois puis entre 16 et 18 mois.

  • L’incubation de la rougeole dure de 10 à 12 jours et la contagiosité respiratoire commence 5 jours avant l’éruption et se poursuit jusqu’au cinquième jour après son début.

  • L’éruption de rougeole est maculo-papuleuse, non prurigineuse, séparée par des intervalles de peau saine, débute derrière les oreilles et s’étend vers la face puis le reste du corps en 24 à 48 heures en une seule poussée.

📌 Le diagnostic de rougeole est clinique, mais une confirmation biologique par PCR ou sérologie est systématique et la maladie est à déclaration obligatoire.

  • Le diagnostic de rubéole est difficile en raison de symptômes non spécifiques, notamment fièvre, céphalées, courbatures et éruption maculo-papuleuse débutant derrière les oreilles; une sérologie est possible en cas de doute.

Compléments

  • En France, des épidémies de rougeole surviennent régulièrement depuis 2009, notamment en raison d’une couverture vaccinale longtemps inférieure à 90 %, d’un rattrapage incomplet et de personnes non immunisées.

  • Les nourrissons sont protégés contre la rougeole par les anticorps maternels jusqu’à l’âge de 6 mois.

  • La phase prodromale de la rougeole associe fièvre élevée et atteinte oculo-respiratoire avec larmoiement, conjonctivite, rhinorrhée et toux.

  • Le signe de Köplik est un énanthème pathognomonique formé de taches punctiformes blanc bleutées sur une muqueuse jugale inflammatoire.

  • La fièvre de la rougeole décroît au moment où l’éruption se généralise.

  • Les complications possibles de la rougeole comprennent : les bronchites et pneumopathies dues à la diffusion virale respiratoire, les surinfections pulmonaires et les otites moyennes aiguës purulentes, les purpuras thrombopéniques post-éruptifs rares, les encéphalites aiguës morbilleuses précoces post-éruptives, les panencéphalites sclérosantes subaiguës de Van Bogaert (PESS) de survenue retardée

📌 Le traitement de la rougeole est symptomatique; en cas d’hospitalisation, un isolement gouttelettes avec masque FFP2, gants systématiques et aération régulière est prescrit.

📌 L’éviction scolaire est obligatoire pendant 5 jours pour la rougeole.

  • La rubéole est due au Rubivirus et touche notamment les populations non vaccinées et les enfants de moins de 1 an.

  • Les complications de la rubéole sont rares, mais la maladie nécessite une attention particulière chez les femmes enceintes non vaccinées.

Astuce mémo

Rougeole : contagiosité respiratoire majeure et déclaration obligatoire ; rubéole : symptômes souvent peu spécifiques.

8. Autres exanthèmes viraux

Points essentiels

  • Le mégarhythème épidémique est lié au Parvovirus B19 et se caractérise par des joues souffletées comme des gifles.

  • L’exanthème subit est lié à HHV6 et associe une forte fièvre à une éruption chez le nourrisson.

  • La mononucléose liée à l’EBV peut provoquer fièvre, angines, adénopathies, éruption et fatigue importante.

9. Maladie de Kawasaki

Notions clés & Définitions

  • Maladie de Kawasaki : Vascularite de l’enfant, c’est-à-dire une inflammation des vaisseaux, qui peut être grave.

★ À maîtriser

📌 La maladie de Kawasaki doit être évoquée devant une fièvre de plus de 5 jours associée à une éruption cutanée et à des signes tels qu’une chéilite, une glossite ou une adénopathie cervicale.

  • Les signes cliniques clés comprennent :

    • une conjonctivite non purulente
    • des lèvres rouges et fissurées
    • une langue framboisée
    • une éruption polymorphe
    • une adénopathie cervicale
  • La maladie de Kawasaki peut entraîner une atteinte cardiaque très sévère.

Compléments

  • 🔄 L’atteinte des extrémités évolue ainsi :

    1. érythème palmaire ou plantaire en phase aiguë
    2. œdème en phase subaiguë de 1 à 3 semaines
    3. desquamation en phase de 2 à 4 semaines
  • La maladie de Kawasaki peut guérir sans séquelle.

Astuce mémo

Fièvre prolongée → signes cutanéo-muqueux → possible atteinte cardiaque.

10. Scarlatine bactérienne

Notions clés & Définitions

  • Scarlatine : Infection due au Streptocoque A, une bactérie responsable d’angines.

★ À maîtriser

  • La scarlatine associe fièvre, angine et éruption rouge diffuse sans intervalle de peau saine, à toucher granité prédominant aux plis axillaires et inguinaux, ainsi qu’une langue framboisée.

📌 Le traitement de la scarlatine repose sur l’amoxicilline et un traitement symptomatique.

Compléments

  • La scarlatine se transmet par voie respiratoire.

📌 Le diagnostic de scarlatine repose sur un prélèvement de gorge recherchant le Streptocoque A, notamment par Streptotest.

  • La scarlatine peut entraîner des complications ORL liées à l’angine.

📌 L’éviction scolaire en cas de scarlatine est nécessaire pendant 48 heures après le début de l’antibiothérapie.

Teste tes connaissances

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1. Quelle étape est primordiale avant d’établir un diagnostic dermatologique ?

2. Quelle distinction permet de différencier une macule d’une papule ?

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Qu’est-il primordial d’analyser avant un diagnostic dermatologique ?

La sémiologie des lésions.

Quelle est la caractéristique d’une macule ?

C’est une lésion plane.

Quelle est la caractéristique d’une papule ?

C’est une lésion surélevée et solide.

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