Fiche de révision : Éthique et médecine

Plan du Cours

  1. Éthique, morale et visée de vie bonne
  2. Les principes de la bioéthique
  3. Autonomie, raison et responsabilité
  4. Autonomie du patient en santé
  5. La position du médecin
  6. Sollicitude et juste distance
  7. Justice et équité en santé
  8. Vulnérabilité dignité et respect
  9. Respect du patient et consentement
  10. Démarche éthique dans le soin
  11. Définition et rôles des ONG
  12. Responsabilités des ONG

1. Éthique, morale et visée de vie bonne

Notions clés & Définitions

  • Sollicitude : P.Ricoeur - La sollicitude est l’union intime entre un choix philosophique et la chair affective des sentiments et de la compassion, et permet de vivre bien avec et pour les autres.
  • Vie bonne : La vie bonne suppose un souhait et un souci de soi, distinct du moi, ainsi que l’estime, le respect, la capacité de choisir et d’agir intentionnellement et la capacité d’initiative.
  • Institutions justes : P.Ricoeur - Les institutions justes sont un système de partage et de répartition des droits et devoirs, des revenus et patrimoines, des responsabilités et pouvoirs, ainsi que des avantages et inconvénients.

★ À maîtriser

📌 L’éthique renvoie à la « visée de la vie bonne », tandis que la morale renvoie à l’obéissance aux normes.

  • Le triangle éthique de Paul Ricoeur associe le soi, qui vise une vie bonne, le tu, qui désigne autrui avec et pour qui vivre, et les institutions, qui doivent être justes.

Compléments

📌 L’héritage aristotélicien conçoit l’éthique selon une perspective téléologique orientée vers une fin, tandis que l’héritage kantien conçoit la morale comme déontologie fondée sur le devoir.

  • Selon P.Ricoeur, l’estime de soi et la sollicitude s’interpellent et la sollicitude permet de se dégager de son égocentrisme.

  • Selon P.Ricoeur, la justice consiste à attribuer à chacun sa part, et l’exigence d’égalité dans les institutions se distingue de l’amitié et de la sollicitude.

Astuce mémo

Éthique : vie bonne ; morale : normes

2. Les principes de la bioéthique

Notions clés & Définitions

  • Autonomie : L’autonomie est la compétence à décider et à choisir, que le médecin doit respecter chez les personnes autonomes.
  • Balance risques-bénéfices : La balance risques-bénéfices consiste à proportionner les soins au risque encouru par le malade afin de faire le bien médicalement.

★ À maîtriser

📌 La non-malfaisance impose d’éviter de faire du mal, tandis que la bienfaisance impose de soigner en mesurant les soins au risque encouru par le malade.

📌 Le principe d’autonomie oblige le médecin à donner une information claire au patient et à respecter son choix d’accepter ou de refuser un traitement ou un protocole de recherche proposé.

  • Le principlism est fondé sur quatre principes :

    • bienfaisance
    • non-malfaisance
    • autonomie
    • justice
  • Le principe de bienfaisance et de non-malfaisance traduit le primum non nocere associé au serment d’Hippocrate et place l’intérêt du malade au cœur de l’éthique hippocratique.

Compléments

  • Hippocrate formule l’exigence médicale ainsi : « Avoir dans les maladies deux choses en vue : être utile ou ne pas nuire ».

3. Autonomie, raison et responsabilité

★ À maîtriser

📌 L’autonomie et la liberté impliquent à la fois une possibilité d’action et de choix, qui engagent la responsabilité et les devoirs, et la reconnaissance de la personne, qui fonde ses droits ; droits et devoirs sont indissociables.

  • Pour Kant, l’autonomie caractérise la raison humaine, surtout la raison pratique et morale, et l’individu agit moralement lorsqu’il s’impose lui-même une loi.

  • L’impératif catégorique formule trois exigences :

    • agir selon une maxime qui puisse devenir une loi universelle
    • traiter l’humanité en soi-même et en autrui comme une fin, jamais comme un moyen
    • agir comme législateur et sujet dans une république de volontés libres et raisonnables

Compléments

📌 L’éducation à l’autonomie s’appuie sur l’individualisation et la responsabilisation, sollicite la personne comme sujet plutôt que de la soumettre au seul pouvoir d’autrui ou de l’institution, et favorise sa participation active et sa responsabilité dans sa vie.

  • Selon Aristote, l’autonomie est politique et désigne la capacité de bien délibérer sur les moyens d’atteindre le bien le plus général et celui du plus grand nombre ; elle constitue la première qualité du citoyen.

  • Selon Aristote, l’éducation des plaisirs peut rendre autonome une personne qui ne possède pas encore cette capacité, en lui apprenant à prendre plaisir à viser le bien commun plutôt que la satisfaction immédiate.

  • Ferrière décrit l’éducation à l’autonomie comme un « art de former des citoyens pour la nation et pour l’humanité » et conçoit l’autonomie comme un moyen autant qu’une fin en soi.

  • L’autonomie s’acquiert grâce à l’éducation et à des mises en situation qui aident à sortir du conformisme et à accéder à son propre jugement.

4. Autonomie du patient en santé

★ À maîtriser

📌 En éthique clinique, l’autonomie désigne la capacité qui conduit à la prise de décision médicale, sans jugement moral sur la qualité de cette autonomie ; la personne doit être mise en situation d’agir de façon autonome.

  • Dans la prise en charge des maladies chroniques, le patient devient son propre soignant et revendique, par sa conduite, un discours spécifique sur son corps malade ainsi que l’efficacité d’une prise en charge autonome.

  • À partir des années 1970, la bioéthique et le principlism consacrent le principe d’autonomie du patient, valeur défendue par le consentement éclairé associé aux procès de Nuremberg.

Compléments

📌 L’évolution de l’autonomie en santé marque le passage d’un objet à restaurer à un sujet à respecter.

  • Au XIXe siècle, l’autonomie en santé désigne d’abord un objectif physique lié à la dépendance, sans engager la subjectivité du patient.

  • À partir des années 1920, l’autonomie en santé s’applique aux comportements des patients, notamment face aux maladies chroniques, et se développe avec des programmes d’éducation du patient après la découverte de l’insuline.

  • L’émancipation du malade dans la relation médecin-patient reste subordonnée à l’autorité médicale.

  • La gestion des maladies chroniques impose de nouvelles normes pour vivre avec une maladie dont l’objectif n’est désormais ni de guérir ni de mourir.

5. La position du médecin

Notions clés & Définitions

  • Justice : La justice est l’exigence de rendre à chacun son dû ; elle constitue un idéal sans absolu et renvoie au respect, à l’égalité, à l’équité et à la collectivité.
  • Je peux : Le « je peux » du médecin renvoie à l’estime de soi et au désir aristotélicien de mener une vie bonne par des actions bonnes.

★ À maîtriser

📌 Le principe de justice impose une distribution équitable des risques et des bénéfices et s’exprime à l’échelle de la population.

📌 Le médecin doit raviver ou préserver l’estime de soi du patient, et son pouvoir faire correspond à un pouvoir juger.

  • Les décisions éthiquement justes résultent de la conciliation de la bienfaisance, de la non-malfaisance et de l’autonomie, qui garantit le respect des personnes.

Compléments

  • Le souci de soi du patient engage son identité, sa mémoire et ses choix d’existence.

  • La position du médecin doit tenir compte de la maladie, de la dignité inaliénable du patient et des réalités délicates du soin.

  • Les pièges de la position du médecin sont :

    • le mépris
    • l’arbitraire
    • l’indifférence
    • la routine

6. Sollicitude et juste distance

Notions clés & Définitions

  • Sollicitude : La sollicitude consiste à se reconnaître obligé à l’égard d’autrui, en relation avec lui et dans la réciprocité d’un parcours et d’une histoire à partager.

★ À maîtriser

  • La souffrance est la contrepartie négative du « je peux » et renvoie à une incapacité qui conduit à solliciter un professionnel.

  • Pour P. Ricoeur, « la responsabilité est ce qui exclusivement m’incombe et que, humainement, je ne peux refuser ». - P.Ricoeur

  • La prise en compte de la souffrance implique l’agir médical.

Compléments

📌 La sollicitude prend en compte la respectabilité, la dignité et la liberté de la personne, et répond à sa sollicitation avec une juste distance.

📌 Le soignant délimite son action en fonction des situations afin de ne pas confondre sollicitude et surinvestissement relationnel.

  • Le professionnel sollicité mobilise son savoir technique, ses connaissances intellectuelles et ses qualités humaines.

Astuce mémo

La sollicitude répond à l’autre ; le surinvestissement efface la juste distance.

7. Justice et équité en santé

Notions clés & Définitions

  • Justice : La justice désigne les règles justes d’attribution des ressources en santé dans une perspective d’ensemble.
  • Équité : L’équité concerne le souci de l’individu concret en rapport avec les autres.

★ À maîtriser

  • Les repères de justice en santé comprennent : le plus grand bien pour le plus grand nombre, l’égalité des chances, le refus de la discrimination, la mutualité, le refus des conflits d’intérêt au chevet du malade, la transparence des choix

Compléments

  • La justice en santé implique une obligation d’équité dans la distribution des risques et des bénéfices, pensée à l’échelle de la population.

Astuce mémo

Justice : ressources à l’échelle collective ; équité : souci de l’individu concret.

8. Vulnérabilité dignité et respect

Notions clés & Définitions

  • Vulnérabilité : La vulnérabilité implique le respect, le souci et la protection d’autrui, sur la base du constat universel de la fragilité, de la finitude et de la mortalité des êtres.
  • Dignité : La dignité vient du latin dignitas, qui signifie mérite ou estime, et désigne le respect que mérite quelqu’un ou quelque chose.
  • Respect : Le respect vient du latin respectus, « attention » ou « considération », et inclut le soin, la considération et la déférence.
  • Pudeur : La pudeur vient du latin pudor, qui signifie gêne, timidité, retenue ou réserve, et désigne notamment la gêne devant ce qui peut blesser la décence ou évoquer des choses très personnelles.

Points essentiels

  • La vulnérabilité renvoie à la notion de confiance.

  • Le respect permet de reconnaître, d’accepter, d’apprécier et de mettre en valeur les qualités et les droits d’autrui ainsi que ceux de la société.

Astuce mémo

Fragilité et finitude → devoir de respect, de souci et de protection.

9. Respect du patient et consentement

★ À maîtriser

  • Le respect du patient consiste à prendre en soins la personne dans sa globalité bio-psycho-sociale, en tenant compte de sa pudeur et de son intimité.

  • Le soignant obtient le consentement du patient avant la réalisation des soins.

  • La loi du 4 mars 2002 prévoit que toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et préconisations fournies, les décisions concernant sa santé.

  • La loi du 4 mars 2002 interdit tout acte médical ou traitement sans le consentement libre et éclairé de la personne, qui peut retirer ce consentement à tout moment.

Compléments

📌 Le soignant écoute le patient et considère ses demandes.

📌 Le soignant établit une communication sincère et adaptée au contexte des soins.

10. Démarche éthique dans le soin

★ À maîtriser

  • La démarche éthique en relation de soin prend en compte :

    • les valeurs universelles
    • les obligations morales
    • la société et sa culture
    • les lois et la déontologie
    • les institutions
    • l’équipe soignante
    • l’individu bio-psycho-social-spirituel
    • ses proches
  • Bien soigner exige de concilier l’universel, le singulier et le particulier.

Compléments

  • La démarche éthique articule les questions et la réflexion avec l’action et la pratique, dans une relation de confiance.

Astuce mémo

Concilier l’universel, le singulier et le particulier.

11. Définition et rôles des ONG

Notions clés & Définitions

  • Organisation non gouvernementale : Selon le professeur Philippe Ryfman, une ONG est une entité réunissant cinq caractéristiques : un regroupement de personnes privées portant un projet au bénéfice d’autrui, une association à but non lucratif selon le droit national, une action autonome de l’État et d’autres pouvoirs, un engagement libre fondé sur des valeurs et inscrit dans la société civile démocratique, et une action transnationale.

★ À maîtriser

  • Les ONG d’action humanitaire interviennent lors de conflits armés, de catastrophes naturelles ou d’épidémies et fournissent notamment abris, nourriture, eau potable et soins médicaux.

Compléments

  • Les ONG de développement communautaire améliorent les conditions de vie des communautés marginalisées par des projets durables touchant notamment l’éducation, la santé, l’agriculture, l’accès à l’eau potable et l’emploi.

  • Les ONG de promotion de la santé améliorent l’accès aux soins, mènent des programmes de prévention, de dépistage et de traitement, et fournissent des médicaments et des équipements médicaux.

  • Les ONG œuvrant dans l’éducation soutiennent l’accès à une éducation de qualité, notamment en construisant des écoles, en formant des enseignants et en offrant des bourses d’études.

  • Les ONG de défense des droits de l’homme luttent contre les discriminations, les injustices et les violations des droits fondamentaux par la sensibilisation, l’assistance juridique et le plaidoyer pour des lois plus justes.

  • Les ONG de protection de l’environnement sensibilisent, préservent les ressources naturelles, promeuvent les énergies renouvelables et protègent la biodiversité face au changement climatique.

12. Responsabilités des ONG

★ À maîtriser

  • Les ONG respectent les cultures et traditions locales et collaborent étroitement avec les communautés afin de répondre à leurs besoins de manière efficace et durable.

  • Les ONG respectent les normes éthiques et professionnelles et minimisent les risques liés aux conflits armés, aux catastrophes naturelles ou aux maladies.

  • Les ONG respectent les droits de l’homme et les principes de non-discrimination dans toutes leurs actions.

  • Les ONG préviennent et sanctionnent les abus de toute nature, notamment la corruption, les abus de pouvoir et les abus sexuels.

Compléments

📌 Les ONG assurent la transparence et la responsabilité financières envers leurs donateurs et partenaires en publiant régulièrement des rapports financiers.

📌 Les ONG promeuvent la durabilité environnementale et la protection de l’environnement dans toutes leurs activités.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Éthique et médecine avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une équipe médicale réfléchit à la manière d’aider un patient à mener une existence épanouissante, tandis qu’une autre se demande quelles règles professionnelles doivent être respectées. Quelle notion correspond à chaque réflexion ?

2. Pour analyser une décision de santé selon le triangle éthique de Paul Ricoeur, quels éléments faut-il mettre en relation ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Éthique et médecine avec 10 flashcards interactives.

Que désigne l’éthique, par opposition à la morale ?

La visée de la vie bonne.

Quels sont les quatre principes du principlisme ?

La bienfaisance, la non-malfaisance, l’autonomie et la justice.

Quelle conception de l’éthique distingue l’héritage aristotélicien de l’héritage kantien ?

L’éthique aristotélicienne est téléologique et orientée vers une fin, tandis que la morale kantienne relève de la déontologie fondée sur le devoir.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches