QCM : Éthique et médecine (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une équipe médicale réfléchit à la manière d’aider un patient à mener une existence épanouissante, tandis qu’une autre se demande quelles règles professionnelles doivent être respectées. Quelle notion correspond à chaque réflexion ?

La première relève de l’éthique et la seconde de la morale
Les deux relèvent de l’éthique plutôt que de la morale
Les deux relèvent de la morale plutôt que de l’éthique
La première relève de la morale et la seconde de l’éthique

La première relève de l’éthique et la seconde de la morale

Explication

L’éthique renvoie à la visée d’une vie bonne, alors que la morale concerne l’obéissance aux normes. Confondre ces deux orientations ou les ramener à une seule notion efface leur distinction.

2. Pour analyser une décision de santé selon le triangle éthique de Paul Ricoeur, quels éléments faut-il mettre en relation ?

Le patient, sa famille et les institutions de soins
Le médecin, le patient et les règles du métier médical
Le soi, la bienfaisance et l’autonomie du patient
Le soi visant une vie bonne, autrui et des institutions justes

Le soi visant une vie bonne, autrui et des institutions justes

Explication

Le triangle relie le soi qui vise une vie bonne, le tu désignant autrui avec et pour qui vivre, et des institutions qui doivent être justes. Les normes professionnelles, les principes bioéthiques ou les acteurs de soins ne remplacent pas ces trois pôles.

3. Quelle méthode procédurale de l’éthique médicale repose sur quatre principes comprenant la bienfaisance, la non-malfaisance, l’autonomie et la justice ?

L’éthique hippocratique
Le triangle éthique de Ricoeur
La distinction déontologique
Le principlism

Le principlism

Explication

Le principlism est une méthode procédurale fondée sur les quatre principes cités. L’éthique hippocratique est associée à l’intérêt du malade, la déontologie au devoir, et le triangle de Ricoeur comporte trois pôles.

4. Un médecin envisage un soin susceptible d’être bénéfique, mais qui comporte aussi des risques pour son patient. Quelle démarche traduit la bienfaisance et la non-malfaisance ?

Choisir le soin selon les préférences du médecin traitant
Éviter toute intervention qui comporte un risque pour le patient
Maximiser le bénéfice attendu sans tenir compte des risques
Éviter de nuire et proportionner les soins aux risques encourus

Éviter de nuire et proportionner les soins aux risques encourus

Explication

La non-malfaisance commande d’éviter de faire du mal, et la bienfaisance implique de soigner en mesurant les soins au risque encouru, selon une balance risques-bénéfices. Écarter toute intervention, ignorer les risques ou substituer les préférences du médecin à cette évaluation déforme ces principes.

5. Dans la pensée de Kant, que signifie l’autonomie morale de l’individu ?

Obéir aux règles établies par la société et les institutions
Se donner à soi-même une loi par l’exercice de la raison pratique et morale
Délibérer sur les moyens d’atteindre le bien commun de la cité
Choisir librement ses actions en suivant ses préférences personnelles

Se donner à soi-même une loi par l’exercice de la raison pratique et morale

Explication

Pour Kant, l’autonomie caractérise la raison pratique et morale : l’individu agit moralement lorsqu’il s’impose lui-même une loi. La délibération visant le bien commun relève plutôt de la conception politique de l’autonomie chez Aristote.

6. À partir de quelle période le principe d’autonomie du patient est-il consacré par la bioéthique et le principlism ?

À partir des années 1950, en lien avec le consentement éclairé associé aux procès de Nuremberg
À partir du XIXe siècle, avec la reconnaissance de l’autonomie physique face à la dépendance
À partir des années 1920, avec les programmes d’éducation des patients après la découverte de l’insuline
À partir des années 2000, avec l’adoption d’une loi sur les décisions de santé partagées

À partir des années 1950, en lien avec le consentement éclairé associé aux procès de Nuremberg

Explication

La bioéthique et le principlism consacrent le principe d’autonomie du patient à partir des années 1950, dans un contexte où le consentement éclairé est associé aux procès de Nuremberg. Les années 1920 correspondent plutôt au développement de l’autonomie liée aux comportements face aux maladies chroniques.

7. Quel rôle le pouvoir faire du médecin joue-t-il dans sa position auprès du patient ?

Il sert à répartir équitablement les ressources médicales entre les patients d’une population.
Il permet de décider à la place du patient afin de garantir l’efficacité des soins.
Il correspond à un pouvoir de jugement, tout en contribuant à préserver l’estime de soi du patient.
Il vise à rétablir l’autonomie physique du patient en réduisant sa dépendance médicale.

Il correspond à un pouvoir de jugement, tout en contribuant à préserver l’estime de soi du patient.

Explication

Le pouvoir faire du médecin correspond à un pouvoir juger, et le médecin doit préserver ou raviver l’estime de soi du patient. La répartition des ressources relève plutôt de la justice en santé à l’échelle de la population.

8. Dans la position du médecin, à quelle échelle le principe de justice s’exprime-t-il lorsqu’il impose une répartition équitable des risques et des bénéfices ?

À l’échelle de la population, en organisant une répartition équitable des risques et des bénéfices
À l’échelle de la relation individuelle, en privilégiant le choix du patient concerné
À l’échelle de l’équipe soignante, en répartissant les tâches et les responsabilités
À l’échelle de l’établissement, en répartissant les soins selon les ressources disponibles

À l’échelle de la population, en organisant une répartition équitable des risques et des bénéfices

Explication

Le principe de justice porte sur une distribution équitable des risques et des bénéfices pensée à l’échelle de la population. La relation individuelle est importante pour l’autonomie et le respect du patient, mais elle ne décrit pas l’échelle à laquelle s’exprime ici la justice.

9. En éthique de la santé, quelle différence distingue principalement la justice de l’équité ?

La justice protège les choix du patient face au médecin, tandis que l’équité garantit la transparence des décisions institutionnelles.
La justice adapte les soins aux besoins personnels, tandis que l’équité répartit les ressources selon des règles communes à la population.
La justice mesure les bénéfices médicaux pour chaque malade, tandis que l’équité répartit les risques entre les établissements de santé.
La justice organise l’attribution des ressources à l’échelle collective, tandis que l’équité porte attention à la situation concrète de chaque individu.

La justice organise l’attribution des ressources à l’échelle collective, tandis que l’équité porte attention à la situation concrète de chaque individu.

Explication

La justice concerne les règles d’attribution des ressources en santé dans une perspective d’ensemble, alors que l’équité s’attache à l’individu concret en rapport avec les autres. L’adaptation des soins aux besoins personnels ne définit pas la justice dans cette distinction : elle relève davantage de la préoccupation pour la situation individuelle.

10. En quoi le constat que toute personne est fragile, finie et mortelle entraîne-t-il une exigence éthique envers autrui ?

Il impose de privilégier les intérêts de la collectivité.
Il conduit à préserver la pudeur en évitant toute discussion personnelle.
Il établit que la confiance doit remplacer la responsabilité du soignant.
Il appelle le respect, le souci et la protection d’autrui.

Il appelle le respect, le souci et la protection d’autrui.

Explication

La vulnérabilité, liée à la fragilité et à la finitude humaines, fonde le devoir de respecter, de soutenir et de protéger autrui. La pudeur concerne la réserve face à ce qui touche à l’intimité, mais elle ne constitue pas la conséquence générale de ce constat.

11. Un soignant doit examiner une personne qui exprime une gêne face à l’exposition de son corps. Quelle conduite respecte le mieux sa pudeur et son intimité ?

Poursuivre l’examen sans interruption afin de respecter le protocole clinique établi
Demander à un proche de décider à sa place pour éviter de prolonger son inconfort
Expliquer les gestes prévus, limiter l’exposition et tenir compte de ses demandes pendant les soins
Reporter toute discussion sur sa gêne jusqu’à la fin de l’examen médical

Expliquer les gestes prévus, limiter l’exposition et tenir compte de ses demandes pendant les soins

Explication

Prendre en compte la pudeur et l’intimité fait partie du respect du patient et suppose une communication adaptée à ses demandes. S’en tenir au protocole sans considérer son inconfort néglige la personne dans sa globalité.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 10 flashcards sur Éthique et médecine.

Que désigne l’éthique, par opposition à la morale ?

La visée de la vie bonne.

Quels sont les quatre principes du principlisme ?

La bienfaisance, la non-malfaisance, l’autonomie et la justice.

Quelle conception de l’éthique distingue l’héritage aristotélicien de l’héritage kantien ?

L’éthique aristotélicienne est téléologique et orientée vers une fin, tandis que la morale kantienne relève de la déontologie fondée sur le devoir.

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