QCM : Éthique et recherche biomédicale (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Que signifie être responsable de ses actes en santé ?

Assumer les conséquences de ses actes devant les seules autorités
Pouvoir et devoir en répondre devant soi-même, autrui et la société
Appliquer les décisions prises par les autres membres de l’équipe
Respecter les règles professionnelles fixées par son établissement

Pouvoir et devoir en répondre devant soi-même, autrui et la société

Explication

La responsabilité désigne la capacité et l’obligation de répondre de ses actes devant soi-même, les autres et la société. La conformité légale réduit la responsabilité au droit, l’obéissance aux consignes à l’application de règles, et les seules autorités excluent les autres interlocuteurs.

2. Une équipe respecte le cadre légal d’un soin, mais s’interroge sur l’équité de son choix et sur les valeurs qu’il met en jeu. Quelle dimension de sa responsabilité examine ces questions ?

La dimension juridique, qui vérifie la conformité aux règles de droit
La dimension clinique, qui établit la validité juridique de la décision
La dimension éthique, qui interroge les choix et leurs valeurs
La dimension juridique, qui détermine les valeurs prioritaires du soin

La dimension éthique, qui interroge les choix et leurs valeurs

Explication

La responsabilité en santé comporte une dimension juridique et une dimension éthique, qui dépasse la seule question du droit en interrogeant les choix et leurs valeurs. Le contrôle de conformité et la validité juridique relèvent du droit, tandis que la responsabilité clinique ne désigne pas cette distinction.

3. Quelle est l’une des missions de la démarche éthique face aux évolutions de la médecine ?

Éclairer la société sur les pratiques médicales et les questions qu’elles soulèvent
Établir les règles juridiques qui encadrent toutes les pratiques médicales
Mesurer les résultats cliniques sans examiner les questions soulevées
Conseiller chaque patient sur le choix de son traitement personnel

Éclairer la société sur les pratiques médicales et les questions qu’elles soulèvent

Explication

La démarche éthique vise à éclairer la société sur la réalité des pratiques médicales et les questions qu’elles soulèvent. Édicter les lois relève de l’élaboration juridique, mesurer des résultats sans examiner les enjeux réduit la portée de la démarche, et le conseil thérapeutique individuel n’est pas cette mission générale.

4. Un service constate qu’une pratique médicale soulève des difficultés pour les patients. Quelle démarche correspond au rôle de l’éthique dans cette situation ?

Appliquer une régulation uniforme sans tenir compte des particularités de la pratique médicale
Analyser la pratique et proposer une régulation adaptée, attentive à la protection et aux besoins des patients
Proposer une régulation adaptée à la pratique sans examiner la protection des patients
Décrire la pratique et ses difficultés sans proposer de piste de régulation

Analyser la pratique et proposer une régulation adaptée, attentive à la protection et aux besoins des patients

Explication

La démarche éthique analyse les pratiques et propose des pistes de régulation adaptées, en tenant compte de la protection et des besoins des patients. Une règle uniforme néglige l’adaptation, une régulation qui ignore les patients omet leur protection, et la simple description ne propose pas de piste.

5. Que désigne la délibération collective lorsqu’une décision de soin soulève des tensions entre autonomie, vulnérabilité et bienfaisance ?

Une règle juridique qui détermine la conduite à suivre lorsque le consentement fait défaut
Une procédure qui transfère la décision médicale à la majorité des professionnels présents
Une consultation destinée à confirmer le choix formulé par le patient sans discuter ses conséquences
Un examen partagé des enjeux et des valeurs en présence afin d’éclairer une décision singulière

Un examen partagé des enjeux et des valeurs en présence afin d’éclairer une décision singulière

Explication

La délibération collective consiste à examiner ensemble les enjeux et les valeurs en tension pour éclairer un choix adapté à la situation. Elle ne revient pas à remplacer l’analyse par un vote majoritaire, même lorsque plusieurs professionnels participent à la discussion.

6. Dans la distinction résumée par la formule mnémotechnique du cours, quel rôle caractérise principalement l’éthique ?

Sanctionner les conduites selon des règles établies à un moment donné
Délibérer sur les valeurs afin d’éclairer les décisions
Prescrire des conduites en approuvant ou réprouvant les actes
Codifier les règles de la relation entre médecin et malade

Délibérer sur les valeurs afin d’éclairer les décisions

Explication

L’éthique consiste en une réflexion active et collective sur les valeurs et leurs tensions pour orienter les décisions. La déontologie, contrairement à cette délibération, codifie des règles encadrant la relation entre médecin et malade.

7. Quel est le rôle de la déclaration d’Helsinki dans la protection des participants à la recherche biomédicale ?

Garantir que les intérêts scientifiques et sociétaux déterminent les choix, dès lors que les participants consentent.
Faire primer leur bien-être sur les intérêts scientifiques et sociétaux, tout en encadrant les essais et les risques.
Remplacer le consentement individuel par une évaluation préalable des bénéfices collectifs de la recherche.
Réserver les protections renforcées aux personnes dont l’autonomie est pleinement préservée et aux volontaires sains.

Faire primer leur bien-être sur les intérêts scientifiques et sociétaux, tout en encadrant les essais et les risques.

Explication

La déclaration d’Helsinki place le bien-être des participants avant les intérêts de la science et de la société et prévoit des garanties comme la limitation des risques. Le consentement ne suffit pas à faire passer l’intérêt collectif avant celui des personnes qui participent à l’étude.

8. À quelle date la commission nationale a-t-elle soumis le rapport Belmont, qui énonce les principes éthiques de protection des participants à la recherche ?

En 1964, lors de l’adoption de la déclaration d’Helsinki
En 1972, lorsque l’affaire de Tuskegee a été rendue publique
En 1974, au moment de la création de la commission
En 1978, après la création de la commission en 1974

En 1978, après la création de la commission en 1974

Explication

Le rapport Belmont a été soumis en 1978 par la commission créée quatre ans plus tôt. L’année 1974 correspond à la création de cette commission, et non à la soumission du rapport.

9. Quelle évolution du parcours de soins reflète la place croissante accordée aux droits des patients et aux dimensions sociales de la médecine ?

Une médecine davantage orientée vers la personne, au-delà de la seule guérison de la maladie
Une médecine organisée autour des priorités institutionnelles plutôt que des besoins du patient
Une médecine centrée sur la guérison, les droits intervenant surtout après le traitement
Une médecine qui privilégie les dimensions sociales en reléguant les soins de la maladie

Une médecine davantage orientée vers la personne, au-delà de la seule guérison de la maladie

Explication

L’évolution décrite donne davantage de place aux droits des patients et aux dimensions sociales pour orienter les soins vers la personne, et pas seulement vers la guérison. L’idée d’intervenir sur les droits surtout après le traitement ne correspond pas à cette orientation du parcours de soins.

10. Quel philosophe associe l’essor de la puissance humaine à de nouvelles obligations envers le très long terme et les générations futures ?

Immanuel Kant
Emmanuel Levinas
Hans Jonas
Paul Ricœur

Hans Jonas

Explication

Hans Jonas soutient que la capacité humaine de transformer ou de détruire impose une responsabilité tournée vers l’avenir et les générations futures. Emmanuel Levinas met plutôt l’accent sur le devoir envers autrui fondé sur sa fragilité.

11. Pourquoi la vulnérabilité d’autrui fonde-t-elle, chez Levinas et Jonas, un devoir de protection ?

Parce que la vulnérabilité autorise les soignants à décider sans tenir compte de la dignité individuelle.
Parce que la fragilité d’autrui rend les normes juridiques suffisantes pour guider toutes les décisions.
Parce que la fragilité d’autrui engage la responsabilité morale envers les personnes vulnérables.
Parce que la protection des personnes vulnérables vise principalement à préserver la cohésion des institutions médicales.

Parce que la fragilité d’autrui engage la responsabilité morale envers les personnes vulnérables.

Explication

La fragilité d’autrui est présentée comme le fondement de la moralité et du devoir de protéger les personnes les plus vulnérables. La cohésion sociale est un effet important de cette relation, mais elle ne constitue pas le fondement moral principal.

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Qu’est-ce que la responsabilité ?

La capacité et l’obligation de répondre de ses actes devant soi-même, les autres et la société.

Quelles dimensions comporte la responsabilité en santé ?

Une dimension juridique et une dimension éthique, qui dépasse la seule question du droit.

Que vise à éclairer la démarche éthique dans la société ?

La réalité des pratiques médicales et les questions qu’elles soulèvent.

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