Fiche de révision : Hématopoïèse et lignées sanguines

Plan du Cours

  1. Lymphopoïèse et maturation lymphocytaire
  2. Facteurs de croissance hématopoïétiques
  3. Applications et troubles hématopoïétiques
  4. Myélogramme et ponction médullaire
  5. Biopsie ostéomédullaire
  6. Morphologie et constantes érythrocytaires
  7. Classification des anémies et polyglobulies
  8. Composition et pathologies des globules rouges
  9. Groupes sanguins et transfusion
  10. Production et destruction des globules rouges
  11. Réticulocytes et régénération médullaire
  12. Érythropoïèse et maturation
  13. Lignée plaquettaire et hémostase

1. Lymphopoïèse et maturation lymphocytaire

★ À maîtriser

📌 La lymphopoïèse primaire produit des lymphocytes naïfs capables de reconnaître un antigène exogène, tandis que la sélection élimine ceux qui réagissent contre les antigènes du soi.

  • La lymphopoïèse primaire des lymphocytes B a lieu dans la moelle osseuse, tandis que celle des lymphocytes T a lieu dans le thymus situé dans le médiastin.

  • La lymphopoïèse secondaire a lieu dans les ganglions lymphatiques, la rate et le tissu lymphoïde associé aux muqueuses.

  • La lymphopoïèse produit des lymphocytes T et B, et les lymphocytes B peuvent ensuite se différencier en plasmocytes.

Compléments

  • Après rencontre avec un antigène exogène, les lymphocytes deviennent capables de lutter efficacement contre cet antigène.

Astuce mémo

Primaire : lymphocyte naïf sélectionné ; secondaire : lymphocyte exposé à l’antigène

2. Facteurs de croissance hématopoïétiques

★ À maîtriser

📌 Les facteurs hématopoïétiques peuvent agir localement par voie paracrine sur des cellules voisines ou à distance par voie endocrine.

  • L’érythropoïétine produite par le rein agit sur la moelle osseuse pour augmenter la production des globules rouges.

  • Le GM-CSF favorise la production des polynucléaires neutrophiles et des monocytes, qui partagent un progéniteur GM.

  • L’érythropoïétine stimule l’érythropoïèse, la thrombopoïétine stimule la production des plaquettes et le G-CSF stimule la production des polynucléaires neutrophiles.

Compléments

  • L’IL-2 est un exemple de facteur à effet paracrine sur les lymphocytes T.

  • L’interleukine 3 favorise la différenciation des :

    • polynucléaires
    • macrophages
    • mastocytes
  • Le M-CSF et l’interleukine 5 figurent parmi les facteurs agissant sur une seule lignée.

Astuce mémo

GM-CSF agit sur plusieurs lignées ; EPO cible l’érythropoïèse

3. Applications et troubles hématopoïétiques

Notions clés & Définitions

  • Agranulocytose : L’agranulocytose correspond à une baisse importante des polynucléaires neutrophiles, avec moins de 500 polynucléaires neutrophiles/mm3.
  • Aplasie : L’aplasie désigne ici une leucopénie touchant toutes les lignées cellulaires.

★ À maîtriser

📌 La chimiothérapie anticancéreuse cible surtout les cellules en division rapide, mais touche aussi les cellules sanguines saines qui se renouvellent fréquemment.

📌 Une dose de chimiothérapie doit être limitée pour réduire le risque de pancytopénie, qui expose notamment aux hémorragies et aux infections.

  • L’administration de GM-CSF peut réduire la durée de l’aplasie après une chimiothérapie et diminuer le risque infectieux.

Compléments

  • Une greffe de moelle osseuse ou une supplémentation en EPO en cas d’insuffisance rénale sont d’autres moyens mentionnés pour soutenir la production sanguine.

  • L’EPO peut être utilisée dans le dopage pour augmenter les capacités respiratoires et l’oxygénation des muscles.

Astuce mémo

Chimiothérapie → aplasie ; GM-CSF → durée d’aplasie réduite

4. Myélogramme et ponction médullaire

★ À maîtriser

  • Le myélogramme consiste à aspirer de la moelle osseuse par ponction sternale ou iliaque, à étaler le prélèvement sur des lames, puis à colorer rapidement les frottis pour une analyse cytologique.

  • Le myélogramme est indiqué devant des anomalies de la NFS, notamment une thrombopénie, certaines anémies ou la présence suspectée de cellules cancéreuses immatures.

  • Le myélogramme coloré au MGG présente normalement une lignée granuleuse à 70–75 %, une lignée érythroblastique à 8–30 % et des lymphocytes et monocytes à moins de 15 %.

Compléments

  • Le myélogramme peut rechercher un agent infectieux dans la moelle, notamment en cas de tuberculose ou de leishmaniose, avec mise en culture si nécessaire.

📌 Une sternotomie oriente vers un prélèvement iliaque, car le site sternal peut contenir du tissu fibreux après une opération cardiaque.

  • Lors d’une ponction médullaire, une petite quantité est aspirée afin de limiter la dilution du prélèvement par le sang, puis le produit est déposé sur des lames pour obtenir un frottis.

Astuce mémo

Ponction → frottis → coloration → lecture cytologique

5. Biopsie ostéomédullaire

Notions clés & Définitions

  • Biopsie ostéomédullaire : La biopsie ostéomédullaire prélève un fragment osseux médullaire, généralement une carotte de 2 mm, afin d’étudier l’architecture de la moelle.

★ À maîtriser

  • La biopsie ostéomédullaire est réalisée au niveau iliaque, en position postérieure ou antérieure, et non au sternum en raison de la proximité de l’aorte.

  • La biopsie ostéomédullaire est indiquée pour explorer une aplasie, une myélofibrose, un lymphome ou l’extension médullaire d’un cancer.

📌 Les troubles de l’hémostase, la thrombopénie et la prise d’antiagrégants plaquettaires contre-indiquent la biopsie ostéomédullaire en raison du risque hémorragique.

Compléments

  • Le résultat histologique de la biopsie ostéomédullaire nécessite fixation, décalcification, coupe et coloration, et prend généralement 48 à 72 heures.

  • Après une biopsie ostéomédullaire, le patient doit rester au repos couché ou assis pendant 24 heures en raison du risque hémorragique.

Astuce mémo

Myélogramme : cellules ; biopsie : architecture médullaire

6. Morphologie et constantes érythrocytaires

★ À maîtriser

  • Les globules rouges, aussi appelés érythrocytes ou hématies, sont les éléments figurés les plus nombreux du sang, à raison de 4 à 6 × 10^12/L.

  • Un globule rouge est un disque biconcave anucléé d’environ 7 microns de diamètre et de 1 à 2 microns d’épaisseur, avec un cytoplasme acidophile.

  • Les globules rouges transportent l’oxygène et le dioxyde de carbone grâce à l’hémoglobine.

  • L’hématocrite correspond au volume des globules rouges rapporté au volume sanguin total et vaut environ 45 %.

  • La concentration sanguine en hémoglobine est de 120 à 170 g/L, soit 12 à 17 g/100 mL, avec des valeurs de 120 à 150 g/L chez la femme et de 130 à 170 g/L chez l’homme.

Compléments

  • Les globules rouges ne possèdent ni noyau ni organites cytoplasmiques et leur cytosquelette sous-membranaire développé leur permet de se déformer dans des vaisseaux de diamètre inférieur à 7 microns.

7. Classification des anémies et polyglobulies

★ À maîtriser

📐 Formule - Le volume globulaire moyen se calcule par VGM=heˊmatocritenombre de globules rougesVGM = \frac{\text{hématocrite}}{\text{nombre de globules rouges}} et se situe normalement entre 80 et 100 μm3.

📌 Une anémie microcytaire présente un VGM inférieur à 80 μm3 et évoque un trouble de synthèse de l’hémoglobine, une anémie normocytaire un VGM entre 80 et 100 μm3, et une anémie macrocytaire un VGM supérieur à 100 μm3.

  • Une anémie microcytaire ferriprive peut résulter d’un apport insuffisant en fer ou de pertes sanguines génitales ou digestives.

  • Une anémie macrocytaire peut être liée à l’éthylisme, à un déficit en vitamine B12 ou en acide folique, ou à un syndrome myélodysplasique.

  • Une polyglobulie est caractérisée par une hémoglobine supérieure à 170 g/L et un hématocrite supérieur à 55 %, et peut être secondaire à l’altitude ou au dopage, ou primitive comme dans la maladie de Vaquez.

Compléments

  • Une anémie normocytaire est régénérative lorsque les réticulocytes augmentent, notamment après une hémorragie aiguë, une hémolyse ou une chimiothérapie.

  • Une anémie normocytaire arégénérative évoque une atteinte centrale et conduit au myélogramme après exclusion d’une insuffisance rénale, d’une pathologie thyroïdienne ou d’une inflammation.

Astuce mémo

Microcytaire < 80 ; normocytaire 80–100 ; macrocytaire > 100

8. Composition et pathologies des globules rouges

★ À maîtriser

  • Le globule rouge contient 55 à 60 % d’eau, des lipides membranaires, environ 10 % d’enzymes, protéines, ions et nucléotides, et 32 % d’hémoglobine.

  • L’hémoglobine comprend quatre sous-unités de globine identiques deux à deux et un hème contenant du fer ferreux Fe2+.

  • L’hémoglobine A, de formule α2β2, représente 97 % de l’hémoglobine chez l’adulte.

  • La drépanocytose est due à une mutation du gène de la globine β produisant une hémoglobine S anormale et des globules rouges falciformes qui transportent mal l’oxygène.

Compléments

  • Les chaînes de globine citées sont α, β, δ, γ, ε et ζ.

  • Les thalassémies α ou β sont d’origine génétique et vont de formes très graves à des formes β mineures asymptomatiques.

  • La drépanocytose peut provoquer des crises douloureuses importantes et des traitements génétiques par CRISPR-Cas9 sont évoqués comme potentiels.

9. Groupes sanguins et transfusion

★ À maîtriser

  • La membrane des globules rouges est riche en protéines et son glycocalyx porte les déterminants des groupes sanguins.

  • Les antigènes des groupes A et B résultent de l’ajout de polysaccharides à une structure de base associée au groupe O, et le groupe O est récessif face à A ou B.

  • Le groupe A peut avoir les génotypes AA ou AO et possède des anticorps anti-B, tandis que le groupe B peut être BB ou BO et possède des anticorps anti-A.

  • Le groupe O a le génotype OO et des anticorps anti-A et anti-B, tandis que le groupe AB possède les deux antigènes et ne présente pas d’anticorps anti-A ni anti-B.

  • Un receveur A peut recevoir A ou O, un receveur B peut recevoir B ou O, un receveur O ne peut recevoir que O et un receveur AB peut recevoir A, B, AB ou O.

  • Le contrôle ultime prétransfusionnel comporte un contrôle de concordance des documents et du produit en présence du patient, puis un contrôle de compatibilité par test de Beth-Vincent lors d’une transfusion de concentré globulaire.

📌 Le contrôle ultime prétransfusionnel est obligatoire, médico-légal, réalisé par un professionnel habilité au lit du patient et maintenu même en situation d’urgence.

Compléments

  • Le phénotype Bombay correspond à l’absence de l’antigène H et à la présence d’anticorps anti-H.

Astuce mémo

O donne à tous ; AB reçoit de tous

10. Production et destruction des globules rouges

★ À maîtriser

  • L’érythropoïèse produit les globules rouges, dont la durée de vie moyenne est de 120 jours.

  • Les globules rouges âgés sont phagocytés par des macrophages dans la moelle osseuse ou la rate, et le fer de l’hème est recyclé tandis que l’hème est dégradé.

Compléments

  • Après splénectomie, la destruction des globules rouges se poursuit notamment dans la moelle osseuse et le foie.

Astuce mémo

Moelle produit → sang circule → rate et macrophages détruisent

11. Réticulocytes et régénération médullaire

Notions clés & Définitions

  • Réticulocyte : Le réticulocyte est un globule rouge immature anucléé qui conserve des organites et des ARN cytoplasmiques avant de devenir une hématie.

★ À maîtriser

📌 Une anémie régénérative présente un taux élevé de réticulocytes indiquant une réponse médullaire à un problème périphérique, tandis qu’une anémie arégénérative présente un taux non élevé évoquant un problème central.

Compléments

  • Les réticulocytes représentent environ 1 % des cellules circulantes, soit 25 000 à 100 000 par mm3.

  • Les réticulocytes perdent leurs organites en 24 à 48 heures et deviennent des hématies.

  • Une coloration au bleu de crésyl met en évidence les ARN et les ribosomes des réticulocytes, contrairement au frottis sanguin coloré au MGG qui ne permet pas de les distinguer des globules rouges.

Astuce mémo

Réticulocytes élevés : réponse médullaire ; bas : défaut central

12. Érythropoïèse et maturation

★ À maîtriser

  • Les progéniteurs érythroïdes BFU-E sont très immatures et ne nécessitent pas d’érythropoïétine, tandis que les CFU-E en nécessitent.

  • Les cellules souches pluripotentes médullaires s’auto-renouvellent, sont peu nombreuses et expriment le marqueur CD34, tandis que les précurseurs ne s’auto-renouvellent pas et n’expriment plus CD34.

  • La vitamine B12 et l’acide folique sont nécessaires aux divisions érythroblastiques, et le fer utilisé pour synthétiser l’hémoglobine est apporté notamment par le recyclage macrophagique des globules rouges.

  • Un proérythroblaste donne 16 érythroblastes polychromatophiles II, qui ne se divisent plus et mûrissent en érythroblastes acidophiles, réticulocytes puis hématies.

Compléments

  • Dans la maladie de Vaquez, le nombre de globules rouges augmente dans la moelle sans dépendance à l’EPO, ce qui témoigne du caractère malin de la prolifération.

  • Les précurseurs érythroïdes représentent 8 à 30 % des cellules médullaires et sont reconnaissables morphologiquement.

  • Pendant la maturation érythroïde, la taille cellulaire et la basophilie diminuent, la chromatine se condense puis le noyau est expulsé, tandis que l’hémoglobine s’accumule.

  • Le passage du proérythroblaste à l’hématie dure environ 8 jours.

Astuce mémo

Proérythroblaste → érythroblastes → réticulocyte → hématie

13. Lignée plaquettaire et hémostase

★ À maîtriser

  • Les plaquettes sont présentes à raison de 150 à 400 × 10^9/L, sont exclusivement sanguines et participent à la coagulation.

  • Les plaquettes sont des fragments cytoplasmiques anucléés de 1 à 3 μm issus de la fragmentation des mégacaryocytes.

  • Les granulations α contiennent des facteurs de coagulation et des enzymes, tandis que les granulations δ contiennent de la sérotonine, de l’ADP et du calcium, indispensables à la coagulation.

  • Lors de l’hémostase, la brèche vasculaire expose les plaquettes, qui s’activent, s’agrègent et se contractent pour former un clou plaquettaire, puis la coagulation transforme le fibrinogène en fibrine.

📌 La thrombopénie peut provoquer un purpura avec pétéchies et hémorragies, tandis que la thrombocytose accompagne notamment l’inflammation ou peut être essentielle en l’absence d’inflammation.

Compléments

  • Au repos, les plaquettes sont discoïdes et, après activation, elles deviennent étoilées avec des épines, forme appelée échinocyte.

  • Le glycocalyx des cellules endothéliales empêche la coagulation en l’absence de lésion vasculaire.

  • Les plaquettes vivent de 10 à 15 jours, et un tiers d’entre elles est stocké dans la rate.

Astuce mémo

Adhésion → agrégation → contraction → clou plaquettaire

Tableaux de synthèse

Comparaison des examens médullaires

ExamenPrélèvementInformation principaleRésultat
MyélogrammeAspiration médullaire et frottisAnalyse fine des cellulesDans la journée
Biopsie ostéomédullaireCarotte osseuse iliaqueArchitecture et répartition tissulaire48 à 72 heures

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Hématopoïèse et lignées sanguines avec 10 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle distinction décrit correctement la lymphopoïèse primaire et la sélection des lymphocytes ?

2. Chez une personne, où se déroule la maturation primaire des lymphocytes B et celle des lymphocytes T ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Hématopoïèse et lignées sanguines avec 10 flashcards interactives.

Quelle cellule la sélection élimine-t-elle lors de la lymphopoïèse primaire ?

Les lymphocytes qui réagissent contre les antigènes du soi.

Dans quel organe a lieu la lymphopoïèse primaire des lymphocytes B ?

Dans la moelle osseuse.

Par quelles voies les facteurs hématopoïétiques agissent-ils localement et à distance ?

Par voie paracrine localement et par voie endocrine à distance.

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