Fiche de révision : Infections urinaires

Plan du Cours

  1. Généralités et physiopathologie
  2. Définitions et classifications
  3. Situations à risque et gravité
  4. Colonisation urinaire
  5. Épidémiologie et bactériologie
  6. Diagnostic biologique et imagerie
  7. Traitement antibiotique
  8. Complications et drainage
  9. Infections urinaires nosocomiales

1. Généralités et physiopathologie

Notions clés & Définitions

  • Voie ascendante : Progression de bactéries digestives depuis l’urètre vers l’arbre urinaire et principal mode de transmission des infections urinaires.

★ À maîtriser

  • Les infections urinaires sont très fréquentes et comprennent des formes communautaires et nosocomiales, allant de la colonisation bactérienne asymptomatique à la pyélonéphrite compliquée, parfois obstructive.

Compléments

  • L’arbre urinaire est normalement stérile, à l’exception de l’urètre distal, colonisé par des microorganismes d’origine digestive, cutanée ou génitale chez la femme.

  • La voie hématogène implique notamment:

    • des streptocoques
    • des staphylocoques
    • des salmonelles

Astuce mémo

Voie ascendante ou hématogène → infection urinaire

2. Définitions et classifications

Notions clés & Définitions

  • Colonisation urinaire : Présence d’une bactérie détectée à l’ECBU chez un patient asymptomatique.
  • Cystite : Association de signes urinaires irritatifs, comme la pollakiurie, les brûlures mictionnelles et l’impériosité, sans fièvre ni douleur lombaire.
  • Pyélonéphrite : Association de signes de cystite à une hyperthermie, une altération de l’état général, des frissons et une douleur du flanc irradiant vers le pubis.

Points essentiels

📌 Une infection urinaire simple survient sans facteur de risque de complication, tandis qu’une infection urinaire à risque de complication concerne notamment l’homme, la grossesse, les sujets âgés ou une anomalie urinaire.

Astuce mémo

Cystite sans fièvre, pyélonéphrite avec atteinte rénale

3. Situations à risque et gravité

★ À maîtriser

  • Les facteurs de risque de complication comprennent:
    • les anomalies organiques urinaires
    • l’insuffisance rénale
    • l’immunodépression
    • la grossesse
    • l’âge avancé

📌 Les signes de gravité d’une infection urinaire sont le sepsis avec un Quick SOFA supérieur à 2, le choc septique ou l’indication d’un drainage urologique autre qu’un sondage vésical simple.

Compléments

  • Les anomalies organiques urinaires comprennent:

    • le résidu vésical
    • le reflux
    • la lithiase
    • la tumeur
  • Chez la personne âgée, les signes urinaires sont parfois absents et des signes aspécifiques comme la confusion ou la chute peuvent révéler l’infection.

4. Colonisation urinaire

★ À maîtriser

  • Les facteurs de risque de colonisation urinaire sont:

    • le sexe féminin
    • l’âge
    • la vie en institution
    • le diabète
    • le sondage urinaire
    • les antécédents urologiques
  • La prévalence de la colonisation urinaire atteint jusqu’à 50 % chez les femmes vivant en institution et 100 % des patients porteurs d’un sondage à demeure après un mois.

📌 Une colonisation urinaire ne doit jamais être traitée, sauf pendant la grossesse ou avant une intervention urinaire haute programmée.

Compléments

📌 Une bandelette urinaire ou un ECBU ne doit pas être réalisé en l’absence de suspicion d’infection urinaire, car traiter une colonisation n’empêche pas la survenue d’infections.

Astuce mémo

Colonisation ≠ infection : germe présent sans symptômes

5. Épidémiologie et bactériologie

★ À maîtriser

  • Les infections urinaires communautaires sont dix fois plus fréquentes chez la femme que chez l’homme.

  • Chez l’homme de plus de 50 ans, une infection urinaire doit faire rechercher une uropathie sous-jacente.

  • Dans les infections urinaires communautaires, Escherichia coli est l’entérobactérie principale et Staphylococcus saprophyticus représente 5 à 10 % des cystites.

Compléments

  • Les bactéries retrouvées dans les infections urinaires nosocomiales sont:
    • E. coli à 30 %
    • les groupes KES à 20 %
    • Enterococcus à 15 %
    • Pseudomonas aeruginosa à 10 %
    • Candida à 5 %

6. Diagnostic biologique et imagerie

★ À maîtriser

📌 Chez la femme symptomatique, une bandelette urinaire négative exclut une infection urinaire sauf en cas de leucopénie, tandis que chez l’homme une bandelette négative n’exclut pas l’infection et impose un ECBU systématique.

  • L’ECBU se réalise avant toute antibiothérapie, après désinfection du méat, sur des urines fraîches de milieu de jet, avec transport rapide au laboratoire ou conservation au réfrigérateur à 4 °C pendant moins de 12 heures.

📌 L’ECBU est le seul examen complémentaire diagnostique de la cystite de l’homme et doit être réalisé en cas de suspicion d’infection urinaire, sauf dans la cystite simple de la femme sans facteur de risque de complication.

Compléments

  • En cas de pyélonéphrite, l’échographie recherche une dilatation des cavités pyélocalicielles ou un globe vésical, et un uro-TDM est réalisé en cas de suspicion d’abcès.

Astuce mémo

BU → ECBU → imagerie selon la situation

7. Traitement antibiotique

Points essentiels

📌 La cystite aiguë simple se traite sans ECBU par fosfomycine-trométamol en dose unique de 3 g en première intention ou pivmécillinam pendant 5 jours en deuxième intention.

  • La cystite aiguë à risque de complication nécessite un ECBU systématique et un traitement adapté à l’antibiogramme, avec comme préférences successives amoxicilline 7 jours, pivmécillinam 5 jours, nitrofurantoïne 5 jours, fosfomycine-trométamol à J1-J3-J5 puis triméthoprime 5 jours.

📌 La cystite récidivante correspond à au moins 4 épisodes par an et l’antibioprophylaxie ne se discute qu’après échec des mesures hygiéno-diététiques avec au moins une cystite par mois.

📌 Le traitement probabiliste principal de la pyélonéphrite aiguë communautaire simple est la ceftriaxone, avec récupération systématique de l’antibiogramme à 48 heures et relais vers l’antibiotique oral au spectre le plus étroit si l’évolution est favorable.

8. Complications et drainage

★ À maîtriser

  • Les complications comprennent: l’abcès rénal ou prostatique, le sepsis sévère ou le choc septique, la rétention aiguë d’urine surtout dans les prostatites, le décès

📌 Un abcès urinaire nécessite un traitement chirurgical associé à un drainage de l’abcès.

📌 Un obstacle urinaire impose un drainage urgent des urines, par cathéter sus-pubien pour un obstacle bas ou par sonde JJ ou néphrostomie percutanée pour un obstacle haut.

Compléments

  • La pose d’une sonde urinaire à demeure est normalement contre-indiquée en cas d’obstacle bas prostatique en raison du risque de décharge bactériémique lors du passage de la prostate.

Astuce mémo

Obstacle ou abcès → drainage ou chirurgie

9. Infections urinaires nosocomiales

★ À maîtriser

  • L’infection urinaire liée aux soins est la première cause d’infection nosocomiale et concerne 3 % des patients hospitalisés.

  • Le sondage vésical est un facteur de risque dans 60 à 80 % des infections urinaires nosocomiales, tandis que la cystoscopie et la chirurgie urologique représentent 5 % des cas.

Compléments

  • Les infections urinaires nosocomiales présentent une grande variabilité des germes, une fréquence importante des bactéries multirésistantes et une rareté des uropathogènes usuels.

📌 La prévention du risque infectieux lié au sondage vésical repose notamment sur l’asepsie de la pose, le maintien du système clos et la réduction de la durée du sondage.

Tableaux de synthèse

Cystite et pyélonéphrite

CaractéristiqueCystitePyélonéphrite
Signes urinairesPrésents et irritatifsSouvent discrets voire absents
FièvreAbsenteHyperthermie et frissons
Douleur lombaireAbsentePrésente, uni- ou bilatérale
Atteinte rénaleAbsentePrésente

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Quelles formes d'infections urinaires existent ?

Des formes communautaires et nosocomiales.

Quelle est la gravité possible des infections urinaires ?

Elles vont de la colonisation asymptomatique à la pyélonéphrite compliquée.

Qu'est-ce que la voie ascendante dans les infections urinaires ?

La progression de bactéries digestives de l’urètre vers l’arbre urinaire.

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