Fiche de révision : Infections virales chez l’immunodéprimé

Plan du Cours

  1. Particularités chez l’immunodéprimé
  2. Transmission et virus fréquents
  3. Herpesviridae : structure et cycle
  4. Latence et diagnostic des Herpesviridae
  5. HSV-1 et HSV-2
  6. Cytomégalovirus
  7. Virus Epstein-Barr
  8. Virus varicelle-zona
  9. HHV-6 et HHV-8
  10. Adénovirus et polyomavirus
  11. Virus respiratoires et autres virus

1. Particularités chez l’immunodéprimé

Notions clés & Définitions

  • Immunodépression : Diminution de la réponse immunitaire cellulaire impliquant les lymphocytes T CD4+ et/ou CD8+, favorisant les infections virales graves.

Points essentiels

  • Chez un patient infecté par le VIH, le risque infectieux viral augmente lorsque le taux de lymphocytes T CD4+ est inférieur à 200/mm³.

  • Après une greffe, le risque bactérien domine dans les jours suivants, tandis que le risque viral augmente durant les semaines suivantes sous l’effet de l’immunosuppression.

  • La biologie moléculaire, principalement la PCR, est la méthode diagnostique la plus efficace et la plus répandue chez l’immunodéprimé.

Astuce mémo

Immunosuppression → réplication incontrôlée → dissémination

2. Transmission et virus fréquents

★ À maîtriser

📌 Chez l’immunodéprimé, une infection virale peut être une primo-infection, une réactivation d’un virus latent ou une réinfection.

Compléments

  • Les principales voies de transmission sont:
    • Infections communautaires
    • Infections nosocomiales
    • Infections transmises par le greffon
    • Infections transmises par la transfusion

3. Herpesviridae : structure et cycle

Notions clés & Définitions

  • Herpesviridae : Virus enveloppés à ADN bicaténaire, constitués d’une enveloppe lipidique portant des glycoprotéines, d’un tégument et d’une capside icosaédrique.

Points essentiels

  • Les Herpesviridae humains se répartissent en trois sous-familles:
    • α-herpesvirinae : HSV-1, HSV-2 et VZV
    • β-herpesvirinae : CMV, HHV-6 et HHV-7
    • γ-herpesvirinae : EBV et HHV-8
  • 🔄 La réplication des Herpesviridae suit ces étapes:
    1. Fusion avec la membrane cellulaire
    2. Décapsidation dans le noyau
    3. Circularisation de l’ADN viral
    4. Expression des gènes α puis β puis γ
    5. Assemblage et libération des virions

Astuce mémo

Fusion → décapsidation → gènes α → β → γ → libération

4. Latence et diagnostic des Herpesviridae

Points essentiels

  • La latence des Herpesviridae permet la persistance du génome avec une expression génique limitée, sans réplication de l’ADN ni production virale, tandis que la réactivation reprend la réplication, la production et l’excrétion virales.

  • Les antiviraux actifs sur la réplication des Herpesviridae n’éliminent pas leur génome latent et ne préviennent donc pas directement les réactivations.

  • Chez l’immunodéprimé, la PCR est plus fiable que la sérologie pour diagnostiquer une infection herpétique, car la réponse anticorps peut être insuffisante et provoquer des résultats faussement négatifs.

Astuce mémo

Latence = pas de réplication ; réactivation = réplication et excrétion

5. HSV-1 et HSV-2

★ À maîtriser

  • Après une infection cutanée ou muqueuse, HSV migre par transport axonal vers les ganglions sensitifs, où il reste latent avant de pouvoir se réactiver vers la peau ou les muqueuses.
  • Chez l’immunodéprimé, HSV peut provoquer des lésions cutanées ou muqueuses extensives et chroniques, ainsi que des hépatites, pneumopathies, encéphalites ou infections multiviscérales par dissémination sanguine.

📌 L’encéphalite à HSV-1 est une urgence thérapeutique qui justifie l’administration rapide d’aciclovir sans attendre les résultats de la PCR du LCR, car sa mortalité est de 70 %.

Compléments

  • HSV-1 et HSV-2 présentent 50 % d’homologie nucléotidique, et une infection par l’un confère une immunité partielle contre l’autre.

  • La séroprévalence du HSV-1 est de 50 à 95 %, tandis que celle du HSV-2 est de 10 à 60 %.

Astuce mémo

HSV-1 : orofacial ; HSV-2 : génital

6. Cytomégalovirus

Notions clés & Définitions

  • Maladie invasive à CMV : Virémie accompagnée d’une infection d’un ou plusieurs organes.

★ À maîtriser

  • Le CMV peut être transmis par:
    • Salive et sécrétions oropharyngées
    • Sécrétions sexuelles
    • Transfusion
    • Greffe
    • Transmission materno-fœtale

📌 Une infection à CMV chez l’immunodéprimé correspond à une virémie sans symptôme, tandis qu’une maladie à CMV correspond à une virémie accompagnée de symptômes.

  • Chez les patients VIH+, le CMV devient souvent symptomatique lorsque le taux de lymphocytes T CD4+ est inférieur à 50, voire 100/mm³, avec une choriorétinite fréquente.

📌 La PCR quantitative du CMV mesure la charge virale, aide à décider l’initiation du traitement, permet le suivi de la réponse et peut révéler une résistance lorsque la charge virale remonte malgré le traitement.

Compléments

📐 Formule — Chez la femme enceinte, une avidité faible des IgG anti-CMV indique une infection datant de moins de 3 mois, tandis qu’une avidité forte indique une infection datant de plus de 3 mois. Aviditeˊ faibleinfection<3 mois;aviditeˊ forteinfection>3 mois.\text{Avidité faible} \Rightarrow \text{infection} < 3\ \text{mois};\quad \text{avidité forte} \Rightarrow \text{infection} > 3\ \text{mois}.

Astuce mémo

Virémie seule = infection ; virémie avec symptômes = maladie

7. Virus Epstein-Barr

★ À maîtriser

  • L’EBV infecte les cellules épithéliales et les lymphocytes B, qu’il peut immortaliser grâce à son pouvoir transformant, et il est associé à la mononucléose infectieuse et à plusieurs lymphoproliférations et tumeurs.

  • Les principales maladies associées à l’EBV sont:

    • Mononucléose infectieuse
    • Lymphoprolifération liée à l’X
    • Leucoplasie orale chevelue
    • Lymphomes B post-transplantation
    • Lymphomes de Hodgkin et de Burkitt
    • Carcinome indifférencié du nasopharynx
  • Chez le transplanté, le syndrome lymphoprolifératif post-transplantation lié à l’EBV survient surtout dans les 6 à 48 mois suivant la greffe et son traitement repose sur la réduction de l’immunosuppression.

Compléments

  • L’EBV touche environ 95 % de la population mondiale et se transmet principalement par la salive, mais aussi par transfusion et transplantation.

Astuce mémo

EBV infecte les lymphocytes B → immortalisation → lymphoproliférations

8. Virus varicelle-zona

★ À maîtriser

📌 La primo-infection par le VZV provoque la varicelle, tandis que sa réactivation dans les ganglions sensitifs provoque le zona.

  • Lors de la varicelle, le VZV se réplique dans l’oropharynx, gagne les ganglions lymphatiques, provoque une virémie primaire puis secondaire et se dissémine vers la peau.

  • Chez l’immunodéprimé, la varicelle et le zona peuvent se disséminer, atteindre plusieurs organes et provoquer des formes hémorragiques, bulleuses ou multiviscérales.

📌 Les formes graves de VZV sont traitées par aciclovir intraveineux, tandis que l’isolement, les immunoglobulines spécifiques et certains vaccins participent à la prévention.

Compléments

  • La varicelle a une incubation d’environ 14 jours, avec des lésions évoluant de macules à vésicules, croûtes puis cicatrices par poussées successives.

Astuce mémo

Primo-infection = varicelle ; réactivation = zona

9. HHV-6 et HHV-8

Points essentiels

  • HHV-6 est transmis principalement par la salive et sa primo-infection peut provoquer un exanthème subit, tandis que sa réactivation chez l’immunodéprimé peut entraîner pneumopathie, hépatite, encéphalite, colite ou rétinite.

  • HHV-8 est associé au sarcome de Kaposi, à la maladie de Castleman et au lymphome primitif des séreuses, notamment chez les patients VIH+ ou transplantés.

10. Adénovirus et polyomavirus

★ À maîtriser

  • Chez l’immunodéprimé, les adénovirus peuvent se disséminer et provoquer fièvre, diarrhée, hépatite, pneumonie, cystite hémorragique ou encéphalite, notamment dans les 100 jours suivant une greffe de cellules souches hématopoïétiques.

  • Le virus BK peut provoquer une néphropathie chez le transplanté rénal et une cystite hémorragique après greffe de cellules souches hématopoïétiques, tandis que le virus JC peut provoquer une leucoencéphalite multifocale progressive.

Compléments

  • Le polyomavirus de Merkel peut provoquer un carcinome de Merkel, cancer rare mais très agressif dont le diagnostic est histologique.

11. Virus respiratoires et autres virus

★ À maîtriser

  • Chez l’immunodéprimé, les virus respiratoires comme l’influenza, le VRS, le parainfluenza et le SARS-CoV-2 peuvent provoquer des pneumopathies sévères par transmission communautaire ou nosocomiale.

📌 Le diagnostic des infections respiratoires virales repose sur la biologie moléculaire réalisée sur écouvillonnage nasopharyngé ou lavage bronchoalvéolaire, et leur prévention associe isolement, masque, mesures barrières et vaccination antigrippale lorsque celle-ci est possible.

Compléments

  • Le parvovirus B19 peut provoquer des aplasies érythroïdes et des anémies chroniques, le papillomavirus des cancers anogénitaux, ORL et cutanés, et le VHB ou le VHE des atteintes hépatiques sous immunosuppression.

Tableaux de synthèse

Principaux virus et atteintes chez l’immunodéprimé

VirusAtteintes principalesDiagnostic
HSV-1/2Lésions chroniques, dissémination, encéphalitePCR
CMVSyndrome CMV, pneumopathie, choriorétinite, colitePCR quantitative
EBVLymphoproliférations et lymphomesSérologie, PCR, histologie
VZVVaricelle ou zona disséminéClinique, PCR
BK/JCNéphropathie, cystite ou LEMPBiologie moléculaire

Teste tes connaissances

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1. Comment définit-on l’immunodépression impliquée dans les infections virales graves ?

2. Chez une personne infectée par le VIH, à partir de quel taux de lymphocytes T CD4+ le risque d’infection virale augmente-t-il nettement ?

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Qu'est-ce que l'immunodépression ?

Une diminution de la réponse immunitaire cellulaire impliquant les lymphocytes T CD4+ et/ou CD8+.

Quel est le seuil de lymphocytes T CD4+ augmentant le risque viral chez un patient VIH ?

Un taux inférieur à 200/mm³.

Quel risque infectieux domine juste après une greffe ?

Le risque bactérien.

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