Fiche de révision : Initiation aux médicaments

Plan du Cours

  1. Définition et composition du médicament
  2. Origines et dénominations des médicaments
  3. Formes galéniques et spécialités
  4. Prérequis et durée du développement
  5. Études précliniques et essais cliniques
  6. AMM, prix et commercialisation
  7. Suivi et pharmacovigilance
  8. Suspension et retrait de l’AMM
  9. Disponibilité et classification réglementaire
  10. Listes et contenu du RCP

1. Définition et composition du médicament

Notions clés & Définitions

  • Médicament : Substance ou composition présentée comme curative ou préventive, ou utilisée pour le diagnostic ou pour restaurer, corriger ou modifier une fonction physiologique par une action pharmacologique, immunologique ou métabolique.

★ À maîtriser

  • La définition du médicament comprend les produits destinés aux humains ou aux animaux, notamment les vaccins, les produits de contraste radiologique et les médicaments vétérinaires.

📌 Le principe actif exerce l’effet thérapeutique et peut aussi provoquer des effets indésirables, tandis que les excipients n’ont pas d’effet thérapeutique mais peuvent eux aussi provoquer des effets indésirables.

Compléments

  • Les excipients à effets notoires comprennent notamment l’alcool, le sucre, le lactose et le latex, et leurs effets indésirables peuvent être pharmacologiques, comme l’augmentation de la glycémie par le saccharose chez une personne diabétique, ou allergiques.

  • Les excipients peuvent adapter le médicament à sa voie d’administration, modifier son goût ou son odeur, moduler la libération du principe actif et améliorer sa conservation.

Astuce mémo

Principe actif : effet thérapeutique ; excipient : rôle technique, sans effet thérapeutique

2. Origines et dénominations des médicaments

★ À maîtriser

📌 Les principes actifs peuvent être d’origine animale, végétale, minérale ou gazeuse, ou provenir de l’hémisynthèse, de la synthèse de novo ou de biothérapies produites à partir du vivant ou d’organismes génétiquement modifiés.

📌 La Dénomination Commune Internationale (DCI), attribuée par l’OMS et utilisée dans tous les pays, accompagne le médicament durant sa vie, tandis que le nom commercial ou nom de spécialité est attribué par le laboratoire et peut être signalé par ® ou *.

Compléments

  • La plupart des antibiotiques sont extraits de micro-organismes, et certains sont modifiés chimiquement pour produire des médicaments d’hémisynthèse.

  • Un facteur d’hémostase extrait du plasma humain est un biomédicament.

  • Environ 120 à 150 nouvelles DCI sont publiées chaque année, et les suffixes peuvent signaler une classe pharmacologique, comme « il » pour les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, « am » pour les benzodiazépines et « zole » pour les inhibiteurs de la pompe à protons.

3. Formes galéniques et spécialités

Notions clés & Définitions

  • Forme galénique : Présentation donnée au médicament à partir du principe actif et des excipients, par exemple un comprimé, une solution buvable, une gélule, un suppositoire ou une forme injectable.
  • Spécialité pharmaceutique : Médicament préparé à l’avance, présenté sous un conditionnement particulier et caractérisé par une dénomination spéciale.

★ À maîtriser

  • La prescription et l’administration exigent de vérifier la forme pharmaceutique et le dosage, notamment pour distinguer les formes adultes des formes pédiatriques.

  • Les formes systémiques visent une diffusion dans l’organisme, tandis que les formes locales ciblent une zone d’application, même si elles peuvent aussi diffuser dans la circulation générale.

  • Un générique a la même composition qualitative et quantitative en principe actif que le médicament princeps, présente la même forme pharmaceutique et doit démontrer une diffusion équivalente dans l’organisme.

Compléments

  • Une boîte de médicament indique notamment la DCI, le nom de spécialité, le dosage, la forme galénique, le laboratoire, la date de péremption et le numéro de lot, mais pas l’indication thérapeutique.

Astuce mémo

Forme systémique : diffusion dans l’organisme ; forme locale : application ciblée, mais absorption générale possible

4. Prérequis et durée du développement

★ À maîtriser

  • Avant la mise sur le marché, le développement doit établir le mécanisme d’action, la circulation du médicament dans l’organisme, son profil de sécurité, ses indications thérapeutiques et la qualité de fabrication.

  • Le développement dure en moyenne 10 à 12 ans avant l’AMM ; environ un tiers du temps est consacré aux essais précliniques et deux tiers à la recherche clinique.

  • Un médicament arrive sur le marché environ 12 à 13 ans après le dépôt du brevet et le début du développement, alors que le brevet dure 20 ans et peut être prolongé jusqu’à 5 ans par un Certificat Complémentaire de Protection.

Compléments

  • Le coût global du développement est estimé entre 800 millions et 1 milliard d’euros, et environ deux tiers des coûts sont consacrés à la recherche clinique.

5. Études précliniques et essais cliniques

★ À maîtriser

  • Les études précliniques utilisent principalement des modèles animaux et cellulaires et évaluent notamment la toxicité aiguë et chronique, le pouvoir mutagène et le risque reprotoxique.

  • Les études précliniques de pharmacodynamie précisent le mécanisme d’action, tandis que les études pharmacocinétiques renseignent sur le devenir du médicament, notamment son métabolisme et son élimination.

📌 La phase I évalue la sécurité d’emploi et détermine la dose maximale tolérée chez 20 à 80 volontaires sains, lors d’expérimentations relativement courtes.

  • La phase II évalue l’efficacité du principe actif et précise la posologie et le schéma d’administration chez des malades, souvent au nombre de 100 à 300.

  • La phase III confirme l’efficacité thérapeutique à grande échelle par comparaison avec des traitements existants ou avec un placebo en l’absence de traitement de référence, et ses critères d’inclusion et d’exclusion contribuent à définir l’indication.

📌 En France, la loi Jardé classe les recherches cliniques en trois catégories de risques et les essais de médicaments relèvent du risque maximal ; ils nécessitent l’autorisation de l’ANSM et du CPP, ainsi qu’une assurance avant leur réalisation.

Compléments

📌 Les participants aux essais cliniques, sains ou malades, doivent être volontaires et donner un consentement libre et éclairé après une information orale et écrite délivrée par un médecin.

Astuce mémo

Phase I : sécurité ; phase II : efficacité et dose ; phase III : confirmation comparative

6. AMM, prix et commercialisation

★ À maîtriser

📌 Tout médicament fabriqué industriellement doit obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour être commercialisé.

  • L’AMM garantit un profil satisfaisant de qualité, de sécurité et d’efficacité et est accompagnée du RCP, qui rassemble les données de développement destinées aux professionnels de santé.

📌 La Commission de Transparence évalue le SMR selon la gravité et l’importance de la maladie, tandis que l’ASMR mesure le progrès apporté par le médicament par rapport aux traitements existants.

Compléments

  • Une demande d’AMM peut être déposée auprès de l’EMA pour couvrir les pays de l’Union économique européenne, ou auprès de l’ANSM pour une demande en France ; le siège de l’EMA est à Amsterdam depuis 2019.

📌 La notice destinée au patient reprend les principales informations du RCP dans un vocabulaire plus accessible.

  • Le CEPS fixe les prix pris en charge par l’assurance maladie ; le prix est fixe en ville et libre à l’hôpital depuis 1987.

Astuce mémo

SMR mesure l’intérêt médical ; ASMR mesure le progrès par rapport aux traitements existants

7. Suivi et pharmacovigilance

★ À maîtriser

  • La pharmacovigilance après commercialisation surveille continuellement le médicament afin de réévaluer son rapport bénéfice-risque.

  • Les essais cliniques détectent surtout les effets indésirables survenant dans plus de 1 % des cas, tandis que des effets rares comme ceux observés dans 1/1 000, 1/10 000 ou 1/100 000 cas peuvent n’être repérés qu’après la commercialisation.

  • Les CRPV recueillent les déclarations d’effets indésirables, les enregistrent dans une base nationale et contribuent, par leur analyse et leur regroupement, à établir l’imputabilité du médicament.

📌 La déclaration des effets indésirables est une obligation réglementaire pour les professionnels de santé, et les patients peuvent également déclarer eux-mêmes ces effets.

Compléments

  • Après commercialisation, la phase IV peut étudier de nouvelles indications, de nouvelles formes d’administration, de nouveaux dosages ou de nouvelles associations thérapeutiques.

Astuce mémo

Les effets rares échappent aux essais → leur signalement après commercialisation permet de les repérer

8. Suspension et retrait de l’AMM

Points essentiels

📌 Une AMM peut être suspendue ou retirée si le médicament est nocif en conditions habituelles, si son effet thérapeutique fait défaut, si sa composition diffère de celle déclarée, si des renseignements sont erronés, si les conditions de l’AMM ne sont plus remplies ou si l’étiquetage ou la notice ne sont pas conformes.

  • Après l’AMM, la qualité du produit et de sa production, son efficacité et sa sécurité d’emploi doivent être maintenues et le rapport bénéfice-risque est réévalué régulièrement.

9. Disponibilité et classification réglementaire

★ À maîtriser

📌 Les médicaments non listés sont disponibles sans ordonnance, tandis que les médicaments listés contiennent des substances vénéneuses et ne sont délivrés que par un pharmacien sur prescription médicale.

  • Les médicaments listés sont répartis en :
    • Liste I : substances dites toxiques
    • Liste II : substances dites dangereuses
    • Stupéfiants : notamment des morphiniques ou des substances détournées à des fins de toxicomanie

Compléments

  • Les médicaments peuvent être disponibles en ville, à l’hôpital ou dans les deux lieux, et la rétrocession permet à un hôpital de vendre à l’extérieur certains médicaments réservés à l’hôpital.

📌 Une pharmacie à usage interne peut proposer de substituer un médicament utilisé en ville par un médicament hospitalier équivalent, et le patient hospitalisé ne doit généralement pas utiliser ses médicaments personnels.

  • Le paracétamol est en France le plus gros pourvoyeur d’hépatites médicamenteuses, bien qu’il soit en vente libre.

Astuce mémo

Non listé : vente libre ; médicament listé : délivrance sur prescription

10. Listes et contenu du RCP

★ À maîtriser

  • Pour la liste I, l’ordonnance simple n’est pas renouvelable sauf mention contraire, les renouvellements sont limités à 12 mois au maximum et la délivrance se fait par fractions de 30 jours au maximum.

  • Les stupéfiants nécessitent une ordonnance sécurisée et leur prescription comme leur délivrance sont limitées à 7 à 28 jours selon la substance et la forme pharmaceutique, avec une règle générale de 28 jours.

  • Le RCP est accessible sur le site de l’ANSM et dans la base de données du VIDAL ; il précise notamment la composition, les indications, la posologie, les contre-indications, les précautions, les interactions, les effets indésirables, les données pharmacologiques et les conditions de conservation.

Compléments

  • Les psychotropes sont classés en liste I, mais leur durée maximale de prescription est restreinte, habituellement à 3 mois.

  • La copie d’un médicament classique après expiration de son brevet est appelée générique, tandis que la copie d’un biomédicament est appelée biosimilaire.

Tableaux de synthèse

Phases des essais cliniques

PhaseParticipants et effectifObjectif
IVolontaires sains, 20 à 80Sécurité et dose maximale tolérée
IIMalades, souvent 100 à 300Efficacité, posologie et schéma d’administration
IIIMalades, parfois plusieurs milliersConfirmer l’efficacité face à un traitement existant ou à un placebo

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Initiation aux médicaments avec 30 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle caractéristique permet de qualifier une substance ou une composition de médicament au sens de la définition légale ?

2. Lequel de ces produits entre dans la définition du médicament, même s’il n’est pas destiné à traiter une maladie chez l’être humain ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Initiation aux médicaments avec 74 flashcards interactives.

Selon l’article L.511 du Code de la santé publique, qu’est-ce qu’un médicament ?

Une substance ou composition présentée comme curative ou préventive, ou utilisée à des fins diagnostiques ou pour modifier une fonction physiologique par une action pharmacologique, immunologique ou métabolique.

À qui les médicaments définis par l’article L.511 peuvent-ils être destinés ?

Aux humains ou aux animaux.

Quel effet le principe actif exerce-t-il, et quel risque peut-il présenter ?

Il exerce l’effet thérapeutique et peut provoquer des effets indésirables.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches