Fiche de révision : Injections et perfusions parentérales

Plan du Cours

  1. Cadre réglementaire des soins injectables
  2. Définition et voies parentérales
  3. Produits, solvants et matériel d’injection
  4. Préparation et précautions infirmières
  5. Voies intramusculaire et sous-cutanée
  6. Voies intradermique et intraveineuse
  7. Indications et solutés de perfusion
  8. Voies d’abord et cathéters
  9. Perfusion sous-cutanée
  10. Préparation et surveillance des perfusions

1. Cadre réglementaire des soins injectables

★ À maîtriser

  • Selon l’article R.4311-6 du Code de la santé publique, l’infirmier agit sur la base d’une prescription écrite, nominative, qualitative et quantitative, datée et signée, ou d’un protocole écrit, qualitatif et quantitatif, préalablement établi, daté et signé par un médecin.

  • Selon l’article R.4312-42 du Code de la santé publique, l’infirmier qui doute d’une prescription la vérifie auprès de son auteur.

  • Selon l’article R.4312-38 du Code de la santé publique, l’infirmier vérifie la conformité du médicament, du produit ou du dispositif médical à la prescription, ainsi que le dosage, la péremption et le mode d’emploi du dispositif.

  • L’arrêté du 6 avril 2011, article 13, prévoit avant l’administration la vérification de l’identité du patient, du médicament par rapport à la prescription, de la péremption, de l’aspect du produit et du mode d’administration.

Compléments

  • L’arrêté du 20 février 2026 sur le référentiel de compétences prévoit la préparation et l’administration médicamenteuse, notamment les calculs de doses, les modes d’administration et la surveillance des effets secondaires.

Astuce mémo

Prescription → vérification → administration → traçabilité

2. Définition et voies parentérales

Notions clés & Définitions

  • Injection parentérale : Consiste à introduire une substance médicamenteuse dans l’organisme par une voie autre que le tube digestif, au moyen d’une aiguille et d’une seringue stériles, de façon aseptique et dans les tissus appropriés.

★ À maîtriser

  • Les voies d’injection dans les tissus sont :
    • la voie sous-cutanée ou hypodermique (SC)
    • la voie intramusculaire (IM)
    • la voie intradermique (ID)

Compléments

  • L’injection parentérale permet généralement une action thérapeutique rapide et efficace.

  • Les autres voies citées sont : l’intraveineuse directe (IVD), l’intrathécale, l’intra-articulaire, l’intra-rectale, en raison de l’hypervascularisation, l’intra-osseuse

  • Les injections IV, SC et IM exposent à un accident d’exposition au sang (AES), qui appelle une prévention.

Astuce mémo

Parentérale : hors tube digestif ; entérale : par le tube digestif

3. Produits, solvants et matériel d’injection

★ À maîtriser

  • Les préparations injectables peuvent être :

    • des solutions aqueuses
    • des solutions huileuses
    • des poudres à diluer
  • Une préparation injectable présente les caractéristiques suivantes :

    • stérile
    • limpide
    • isotonique
    • un pH compatible avec les tissus
    • apyrogène, c’est-à-dire sans endotoxine

Compléments

  • Les solvants aqueux cités sont :

    • l’eau pour préparation injectable (EPPI)
    • le chlorure de sodium à 0,9 %
    • le glucosé isotonique à 5 %
  • Une seringue comprend :

    • un piston
    • un embout
    • un corps
    • des ailettes
  • Une aiguille comprend :

    • une embase
    • une tige
    • un biseau

4. Préparation et précautions infirmières

★ À maîtriser

  • Avant une injection, l’infirmier lit et vérifie la prescription, connaît l’indication du produit et contrôle sur l’emballage son nom, son dosage, sa concentration et sa voie d’injection.

  • Avant la préparation, l’infirmier vérifie l’intégrité des emballages, la date de péremption et l’aspect du produit et des dispositifs.

  • Lors de la préparation, deux principes actifs ne doivent pas être associés dans une même seringue, comme le NaCl et le KCl.

  • La préparation doit être extemporanée, avec le délai le plus court possible entre la préparation et l’administration, et la préparation et l’administration sont réalisées par le même infirmier.

  • La prescription injectable doit préciser : le patient, le médicament, son dosage et sa forme galénique, la voie d’administration, la dose par prise et par 24 h, le rythme et les horaires d’administration, les modalités de dilution, la vitesse et la durée de perfusion, la durée du traitement si elle est connue

Compléments

  • Selon la recommandation de la SF2H issue d’une étude datée du 16/04/2024, les précautions standard ne prévoient pas le port de gants non stériles à usage unique pour les injections IM, SC et ID, y compris lors de la pose d’une perfusion sous-cutanée.

Astuce mémo

Préparer sans interruption, administrer par le même infirmier

5. Voies intramusculaire et sous-cutanée

Notions clés & Définitions

  • Injection intramusculaire : Consiste à introduire sous pression une substance médicamenteuse dans le tissu musculaire.
  • Injection sous-cutanée : Consiste à introduire sous pression une substance médicamenteuse dans les tissus conjonctifs lâches sous-cutanés, sous le derme.

★ À maîtriser

  • L’injection IM permet une absorption rapide grâce à la forte vascularisation du muscle, sauf pour les produits huileux ; elle est accessible et dispense d’un abord vasculaire.

📌 L’injection IM est interdite chez les patients sous anticoagulants ou présentant des troubles de l’hémostase, en raison du risque de lésion du nerf sciatique.

  • L’absorption SC est lente parce que le tissu sous-cutané est moins vascularisé que le tissu musculaire, et le patient peut réaliser lui-même l’injection après éducation.

📌 Il ne faut pas purger les seringues préremplies SC, car leur bulle permet de délivrer tout le produit et favorise sa dispersion dans le tissu.

Compléments

  • Les sites IM cités sont le quadrant supéro-externe et la face supéro-externe de la cuisse.

📌 Avant une injection IM, il faut vérifier l’absence de reflux veineux, choisir un site sans lésion cutanée et éviter une zone comportant une prothèse de hanche.

📌 Pour les injections SC, il faut changer les sites d’injection afin de minimiser le risque de complications locales.

Astuce mémo

IM : absorption rapide ; SC : absorption lente

6. Voies intradermique et intraveineuse

Notions clés & Définitions

  • Injection intradermique : Consiste à introduire sous pression une substance médicamenteuse dans le derme, juste sous l’épiderme.
  • Injection intraveineuse : Consiste à introduire directement une substance médicamenteuse liquide dans la lumière d’une veine.

★ À maîtriser

  • La voie ID permet de réaliser :
    • des tests d’allergie
    • le test à la tuberculine
    • quelques vaccinations

📌 Lors d’une injection IV, il faut vérifier le retour veineux au début et en cours d’injection et purger parfaitement la seringue pour éviter une embolie gazeuse.

Compléments

📌 Les sites ID cités sont la face interne de l’avant-bras et le deltoïde ; le volume injecté est faible et le site ne doit pas être massé après l’injection.

Astuce mémo

ID : derme et petits volumes ; IV : lumière veineuse et purge

7. Indications et solutés de perfusion

Notions clés & Définitions

  • Perfusion : Technique d’administration parentérale prolongée, à débit contrôlable et continue ou discontinue, d’un médicament, d’un soluté ou d’une alimentation.

★ À maîtriser

  • La perfusion IV permet notamment : l’hydratation, la régulation de l’équilibre hydro-électrolytique, la correction des troubles métaboliques, la nutrition parentérale partielle ou totale

  • Les solutés de transport ou de réhydratation apportent de l’eau, des électrolytes manquants ou des médicaments ; les exemples cités comprennent les glucosés à 5 %, 10 %, 20 %, 30 % et 50 %, ainsi que le chlorure de sodium à 0,9 %.

Compléments

  • Les voies de perfusion citées sont :

    • la voie veineuse
    • la voie sous-cutanée
    • la voie intra-osseuse
    • plus rarement, la voie intrathécale
    • plus rarement, la voie artérielle
  • La perfusion IV permet l’administration de médicaments ou de produits diagnostiques lorsqu’ils n’existent pas par voie orale, pour obtenir une efficacité plus grande ou une action plus rapide, ou lorsque le patient est à jeun ou ne peut avaler ; elle permet aussi la transfusion de produits sanguins et dérivés.

  • Les solutés de remplissage visent à maintenir ou augmenter le volume sanguin pour traiter un état de choc ; les exemples cités sont le chlorure de sodium, le sang et ses dérivés comme le plasma, et les solutés à grosses molécules comme la Gélofusine®.

8. Voies d’abord et cathéters

★ À maîtriser

📌 La voie veineuse périphérique (VVP), première intention, concerne notamment les membres supérieurs et parfois la jugulaire externe ou, rarement, les membres inférieurs, tandis que la voie veineuse centrale (VVC) cathétérise une veine de gros calibre, comme la jugulaire, la subclavière ou la fémorale, et est posée par un médecin en conditions stériles.

  • La taille d’un cathéter périphérique, exprimée en gauge, détermine son diamètre extérieur et sa longueur ; les tailles présentées vont de 24 G, de petit diamètre, à 14 G, de gros diamètre.

📌 Le choix d’un cathéter périphérique tient compte de l’état et du diamètre des veines, de l’anatomie locale, du débit et de la durée prévue de perfusion, ainsi que des produits à administrer ; les solutions irritantes doivent être administrées par voie centrale pour faciliter leur hémodilution.

Compléments

  • Les dispositifs cités comprennent :

    • le PICC Line
    • le Mid line
    • la chambre implantable
    • le cathéter intra-osseux
    • le cathéter artériel
  • Le tableau des cathéters indique un débit moyen de 20 ml/min en 24 G, 40 ml/min en 22 G, 60 ml/min en 20 G, 100 ml/min en 18 G, 220 ml/min en 16 G et 300 ml/min en 14 G.

Astuce mémo

VVP périphérique ; VVC gros calibre, posée par le médecin

9. Perfusion sous-cutanée

★ À maîtriser

  • La perfusion SC est indiquée pour l’hydratation, les apports d’électrolytes et l’administration de certains médicaments lorsque les voies orale et veineuse deviennent difficiles ou impossibles, notamment en gériatrie ou en soins palliatifs.

📌 Une perfusion SC utilise des solutés cristalloïdes strictement isotoniques, de préférence du chlorure de sodium à 0,9 %, auxquels peuvent être ajoutés certains antiémétiques, antalgiques, antibiotiques ou neuroleptiques.

📌 Le volume perfusé par site SC ne doit pas dépasser 500 mL et le débit ne doit pas excéder 20 à 25 gouttes par minute ; il ne faut pas perfuser si du sang apparaît lors de l’insertion du cathéter.

Compléments

📌 Une perfusion SC peut être posée sur deux sites en même temps ; le site doit être éloigné d’une articulation et la peau ne doit pas être lésée.

📌 Lors de la pose d’un cathéter SC, son insertion doit être orientée vers la partie supérieure du corps afin de permettre une résorption plus homogène du soluté.

10. Préparation et surveillance des perfusions

Notions clés & Définitions

  • Perfuseur : Dispositif médical destiné à l’administration parentérale d’un volume supérieur ou égal à 50 mL, à l’exclusion du sang et de ses dérivés.

★ À maîtriser

  • 🔄 La préparation d’une perfusion commence par les vérifications suivantes : vérifier la prescription, vérifier les péremptions et l’intégrité des emballages, contrôler la compatibilité du médicament ajouté avec le solvant

  • L’étiquette de chaque préparation indique : le nom, le prénom et la date de naissance du patient, les produits ajoutés et leurs quantités ou doses, la date et l’heure de début de perfusion, le débit, les initiales du préparateur

📌 La préparation d’une perfusion respecte les règles d’hygiène et d’asepsie et exclut la présence de bulles d’air pendant la préparation et la purge de la tubulure.

  • La surveillance locale recherche : une extravasation avec œdème ou douleur, une inflammation avec rougeur, chaleur ou douleur, une infection au point de ponction ou le long de la veine, avec lymphangite, un hématome

Compléments

  • Le transfuseur est utilisé pour les produits sanguins et leurs dérivés et comporte un filtre au niveau de la chambre compte-gouttes.

Astuce mémo

Préparer et étiqueter, surveiller le site et l’état général, entretenir la ligne

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Injections et perfusions parentérales avec 33 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel cadre permet à l’infirmier de réaliser un soin injectable selon l’article R.4311-6 du Code de la santé publique ?

2. Une infirmière repère une ambiguïté dans une prescription injectable ; quelle conduite prévoit l’article R.4312-42 ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Injections et perfusions parentérales avec 75 flashcards interactives.

Sur quelle base l’infirmier agit-il selon l’article R.4311-6 du Code de la santé publique ?

Une prescription écrite, nominative, qualitative et quantitative, datée et signée, ou un protocole écrit, qualitatif et quantitatif, préalablement établi, daté et signé par un médecin.

Quelles caractéristiques doit avoir la prescription selon l’article R.4311-6 ?

Elle doit être écrite, nominative, qualitative et quantitative, datée et signée.

Quelles caractéristiques doit avoir le protocole selon l’article R.4311-6 ?

Il doit être écrit, qualitatif et quantitatif, préalablement établi, daté et signé par un médecin.

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