Fiche de révision : Interrogatoire cardiovasculaire

Plan du Cours

  1. Anatomie et conduction cardiaques
  2. Circulation et mécanique cardiaque
  3. Interrogatoire et facteurs de risque
  4. Athérosclérose et manifestations artérielles
  5. Facteurs cardiovasculaires modifiables
  6. Dyslipidémie et hypertension
  7. Diabète, obésité et risque global
  8. Antécédents, allergies et mode de vie
  9. Douleurs thoraciques et angor
  10. Dyspnée d’origine cardiaque
  11. Lipothymies et syncopes
  12. Palpitations et troubles du rythme

1. Anatomie et conduction cardiaques

★ À maîtriser

  • Le cœur comprend quatre cavités : deux oreillettes séparées par le septum interatrial et deux ventricules séparés par les septums interventriculaires.
  • Les quatre valves cardiaques sont :
    • la tricuspide entre OD et VD
    • la mitrale entre OG et VG
    • la pulmonaire entre VD et artère pulmonaire
    • l’aortique entre VG et aorte
  • L’artère coronaire gauche se divise en IVA, qui vascularise la face antérieure du cœur, et en artère circonflexe, qui vascularise sa paroi latérale.

  • L’activation électrique naît au nœud sinusal, traverse le nœud AV, puis le faisceau de His, ses branches droite et gauche, et le réseau de Purkinje.

Compléments

  • Les veines caves se jettent dans l’OD, les quatre veines pulmonaires dans l’OG, l’artère pulmonaire part du VD et l’aorte part du VG.

2. Circulation et mécanique cardiaque

★ À maîtriser

  • Le sang désoxygéné revient par les veines caves à l’OD, passe dans le VD puis les poumons, revient oxygéné par les veines pulmonaires à l’OG, passe dans le VG et est éjecté par l’aorte.

📐 Formule - Le débit cardiaque vérifie Q=VES×FCQ = VES \times FC et Q=PAM−PVCRVSQ = \frac{PAM-PVC}{RVS}.

  • Le débit cardiaque normal au repos est de 4 à 6 L/min et l’index cardiaque normal de 2,5 à 3 L/min/m².

  • Le volume d’éjection systolique dépend principalement de l’inotropisme, de la précharge et de la postcharge ; la FEVG normale est de 65 %.

📌 La diastole ventriculaire correspond au remplissage avec mitrale ouverte et aortique fermée, tandis que la systole correspond à l’éjection avec mitrale fermée et aortique ouverte.

Compléments

  • B1 correspond à la fermeture de la valve mitrale et B2 à la fermeture de la valve aortique ; la systole ventriculaire se déroule entre ces deux bruits.

Astuce mémo

Le ventricule gauche pousse vers la haute pression systémique ; le droit travaille à basse pression pulmonaire.

3. Interrogatoire et facteurs de risque

★ À maîtriser

  • La sémiologie cardiovasculaire associe l’interrogatoire, qui recueille notamment les symptômes subjectifs, et l’examen clinique, qui recherche des signes objectifs par inspection, palpation, percussion et auscultation.

  • L’interrogatoire recueille :

    • le motif de consultation ou d’hospitalisation
    • les facteurs de risque cardiovasculaire
    • les antécédents personnels et familiaux
    • les allergies
    • les traitements habituels
    • le mode et le rythme de vie
    • l’anamnèse des symptômes

Compléments

  • L’interrogatoire est particulièrement important car les signes physiques ne sont pas toujours présents.

📌 Un bilan cardiologique n’est généralement pas systématique en l’absence de plainte, mais peut être indiqué chez un patient à haut risque cardiovasculaire ou après la découverte fortuite d’un signe comme un souffle.

4. Athérosclérose et manifestations artérielles

Notions clés & Définitions

  • Athérosclérose : Maladie diffuse des artères caractérisée par des remaniements de l’intima liés à l’accumulation de lipides, glucides complexes, fibrinogène et calcium.

★ À maîtriser

  • L’athérosclérose peut entraîner une sténose, la rupture d’une plaque avec thrombose, une embolie par migration d’un caillot ou d’un fragment d’athérome, et un anévrisme par fragilisation et dilatation artérielles.

📌 Une sténose coronaire peut provoquer une angine de poitrine à l’effort, tandis qu’une rupture de plaque avec thrombose peut provoquer un infarctus au repos.

Compléments

  • L’athérosclérose peut atteindre les artères coronaires, cérébrales, des membres inférieurs, rénales et digestives.

Astuce mémo

Sténose → ischémie à l’effort ; rupture de plaque → thrombose et occlusion.

5. Facteurs cardiovasculaires modifiables

★ À maîtriser

  • Les facteurs cardiovasculaires non modifiables comprennent l’âge, le sexe et l’hérédité cardiovasculaire au premier degré, définie par un événement avant 55 ans chez le père ou le frère et avant 65 ans chez la mère ou la sœur.

  • Les facteurs modifiables comprennent :

    • le diabète
    • l’hypertension artérielle
    • l’obésité
    • le tabagisme
    • les dyslipidémies
  • Le tabagisme favorise l’inflammation chronique, l’oxydation du cholestérol, la diminution de la sécrétion de NO et le spasme coronaire, pouvant contribuer à une mort subite.

  • Le nombre de paquets-années est le produit du nombre de paquets fumés par jour par le nombre d’années de tabagisme ; un paquet correspond à 20 cigarettes.

Compléments

  • Un arrêt complet du tabac depuis plus de 3 ans annule le risque cardiovasculaire attribué au tabagisme, mais le risque pulmonaire persiste.

6. Dyslipidémie et hypertension

Notions clés & Définitions

  • Hypertension artérielle : Pression circulatoire systémique élevée, longtemps souvent asymptomatique, qui rigidifie progressivement les artères.

★ À maîtriser

📌 Le LDL-cholestérol est présenté comme un facteur athérogène majeur, tandis que le HDL est protecteur au-dessus de 0,6 g/L et facteur de risque en dessous de 0,4 g/L.

📐 Formule - Lorsque les triglycérides sont inférieurs à 4 g/L, la formule de Friedwald est LDL=CHOL−HDL−TG5LDL = CHOL - HDL - \frac{TG}{5}.

  • En mesures ambulatoires, l’hypertension est définie par une pression supérieure à 135 mmHg pour la systolique et/ou 85 mmHg pour la diastolique.

Compléments

  • Le LDL-cholestérol est considéré en excès à partir de 1,6 g/L chez une personne en bonne santé, tandis que les objectifs peuvent être abaissés vers 1 ou 0,7 g/L en cas de haut risque cardiovasculaire.

  • Les statines inhibent la HMG-CoA-réductase et peuvent réduire le LDL-cholestérol jusqu’à 80 %.

7. Diabète, obésité et risque global

★ À maîtriser

📌 Le diabète est défini par une glycémie à jeun supérieure à 1,26 g/L ou une HbA1c supérieure à 6,5 %.

📌 Le diabète de type 1 résulte d’une destruction auto-immune des cellules sécrétrices d’insuline, tandis que le type 2 associe principalement insulinorésistance et facteurs de risque tels que surpoids et alcool.

📐 Formule - L’IMC se calcule par IMC=poids (kg)taille2 (m)IMC = \frac{poids\ (kg)}{taille^2\ (m)}.

Compléments

  • Le surpoids correspond à un IMC supérieur à 25 et l’obésité à un IMC supérieur à 30.

  • L’obésité abdominale est définie par un périmètre supérieur à 102 cm chez l’homme et 88 cm chez la femme.

  • L’estimation du risque cardiovasculaire global utilise notamment le sexe, l’âge, la pression artérielle, le cholestérol et les consommations d’alcool et de tabac pour estimer la mortalité cardiovasculaire à 10 ans.

8. Antécédents, allergies et mode de vie

★ À maîtriser

  • Les antécédents personnels et familiaux orientent le diagnostic et la prise en charge, et doivent être hiérarchisés selon leur importance clinique et, si possible, datés.

Compléments

  • Une bicuspidie aortique familiale justifie de rechercher une anomalie valvulaire chez un patient dyspnéique, tandis qu’un syndrome de Marfan familial augmente la suspicion de dissection aortique chez un patient douloureux.

  • L’évaluation du mode de vie comprend les habitudes, les expositions professionnelles, la situation familiale et le degré d’autonomie, qui contribuent à adapter l’intensité des soins.

  • L’interrogatoire des allergies doit préciser le produit responsable, la nature et la gravité de la réaction, ainsi que l’existence d’un bilan allergologique ou d’une désensibilisation.

9. Douleurs thoraciques et angor

★ À maîtriser

📌 La douleur infarctoïde est brutale, constrictive, souvent médio-thoracique, peut irradier vers la mâchoire ou le bras gauche et persiste au repos ; la douleur angineuse survient à l’effort et cède à l’arrêt de celui-ci.

  • La douleur péricardique augmente à l’inspiration profonde et en position couchée, puis est soulagée par l’antéflexion.

  • La dissection aortique provoque typiquement une douleur brutale, intense et transfixiante pouvant irradier dans le dos.

  • La classification CCS distingue :

    • stade I : angor pour des efforts physiques importants ou inhabituels
    • stade II : angor à la marche en côte ou rapide
    • stade III : angor pour les efforts de la vie quotidienne
    • stade IV : angor de repos

Compléments

  • L’angor chronique est typiquement rétrosternal ou médio-thoracique, constrictif, parfois irradié au cou, à la mâchoire, à l’épaule ou au bras gauche, et déclenché par l’effort, parfois le froid, le vent ou un repas.

  • Les mécanismes des syndromes coronaires aigus comprennent : la rupture de plaque avec formation d’un thrombus, l’hémorragie intraplaque, le spasme coronaire, la dissection spontanée coronaire

Astuce mémo

Angor : effort, cède au repos ; infarctus : repos, persistant.

10. Dyspnée d’origine cardiaque

Notions clés & Définitions

  • Orthopnée : Dyspnée aggravée en position couchée et diminuée en position assise, évocatrice d’insuffisance cardiaque gauche.

★ À maîtriser

📌 L’insuffisance cardiaque gauche provoque une congestion pulmonaire et une dyspnée, tandis que l’insuffisance cardiaque droite entraîne une congestion veineuse et notamment des œdèmes des membres inférieurs.

📌 La dyspnée d’insuffisance cardiaque gauche apparaît généralement progressivement à l’effort puis peut évoluer vers l’orthopnée, tandis que la dyspnée d’embolie pulmonaire apparaît brutalement, souvent au repos.

  • L’échelle NYHA classe la dyspnée en :
    • stade I : absence de limitation de l’activité physique
    • stade II : dyspnée pour des efforts importants
    • stade III : dyspnée pour des efforts modérés
    • stade IV : dyspnée au repos

Compléments

  • L’œdème aigu pulmonaire correspond à une aggravation de l’insuffisance cardiaque gauche avec accumulation de liquide dans les alvéoles pulmonaires.

Astuce mémo

Effort → décubitus difficile → dyspnée au repos : aggravation typique de l’insuffisance gauche.

11. Lipothymies et syncopes

★ À maîtriser

📌 La lipothymie est une sensation brève de malaise avec impression de perte de connaissance imminente, tandis que la syncope est une perte de connaissance totale, brève et réversible.

  • Une syncope d’Adams-Stokes est typiquement brutale, sans prodrome, suivie d’un retour rapide à la conscience et souvent associée à un traumatisme de chute.
  • Les causes cardiaques décrites comprennent : les troubles du rythme ventriculaire, notamment TV et FV, les voies accessoires, les troubles de conduction, notamment BAV de haut grade et dysfonction sinusale, à l’effort, le rétrécissement aortique serré, à l’effort, la TV catécholaminergique, à l’effort, la sténose du TCCG

  • L’hypotension orthostatique est une baisse d’au moins 20 mmHg de la pression systolique lors du passage de la position allongée à la position debout.

Compléments

📌 Un malaise avec prodromes et contexte de chaleur, stress, station debout ou période postprandiale évoque une origine vagale, tandis qu’une convulsion suivie d’une phase post-critique évoque une épilepsie.

  • Le malaise vasovagal résulte d’un dysfonctionnement transitoire du système nerveux autonome provoquant une bradycardie par hyperactivité parasympathique et/ou une hypotension par hypoactivité sympathique.

Astuce mémo

Syncope d’Adams-Stokes : brutale, sans prodrome ; malaise vagal : prodromes et contexte déclenchant.

12. Palpitations et troubles du rythme

★ À maîtriser

  • L’interrogatoire des palpitations précise : le moment de survenue, la sensation d’accélération ou de battement plus fort, l’existence d’une syncope associée, les antécédents familiaux, l’enregistrement éventuel d’une fréquence cardiaque élevée

  • Les causes fréquentes comprennent :

    • les extrasystoles atriales
    • les extrasystoles ventriculaires
    • les troubles du rythme supraventriculaires
    • les troubles du rythme ventriculaires

Compléments

  • La maladie de Bouveret provoque des tachycardies pouvant atteindre 200 battements par minute par réentrée au niveau du nœud atrioventriculaire.

  • Les extrasystoles ventriculaires correspondent à un battement ventriculaire anticipé suivi d’une pause et peuvent être diagnostiquées par ECG ou Holter.

Tableaux de synthèse

Profils des douleurs thoraciques

TypeDéclenchementCaractéristique
AngineuseEffortCède à l’arrêt de l’effort
InfarctoïdeSouvent au reposBrutale et persistante
PéricardiqueInspiration ou décubitusSoulagée par l’antéflexion
Dissection aortiqueBrutale au reposIntense et transfixiante

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1. Comment les quatre cavités cardiaques sont-elles organisées et séparées ?

2. Lors d’une intervention sur la valve située entre le ventricule gauche et l’aorte, quelle valve est concernée ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

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Combien de cavités comprend le cœur ?

Quatre cavités.

Quel septum sépare les deux oreillettes du cœur ?

Le septum interatrial.

Quelles valves séparent l’OD du VD et l’OG du VG ?

La tricuspide sépare l’OD du VD, et la mitrale sépare l’OG du VG.

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