Fiche de révision : Introduction à la neuropsychologie

Plan du Cours

  1. Définition et approches neuropsychologiques
  2. Disciplines contributives à la neuropsychologie
  3. Évolution historique de la neuropsychologie
  4. Organisation anatomique et liquide cérébral
  5. Vascularisation cérébrale et AVC
  6. Cartographies cérébrales et cervelet
  7. Noyaux gris et circuits cérébraux
  8. Syndromes et causes de l’amnésie
  9. Systèmes de mémoire et amnésies
  10. Études de cas H.M. et K.C.
  11. Dissociation et systèmes mnésiques

Repères chronologiques

  1. années 1950 et 1960La neuropsychologie apparaît comme un domaine identifié de la psychologie.
  2. 1970La neuropsychologie cognitive réintroduit l’étude de cas uniques et se concentre sur les symptômes et les modèles de traitement de l’information.
  3. 1980La neuropsychologie fonctionnelle développe les études par l’imagerie cérébrale fonctionnelle pour observer les aires en action et en temps réel.

1. Définition et approches neuropsychologiques

Notions clés & Définitions

  • Neuropsychologie : La neuropsychologie est la branche de la psychologie qui étudie les liens entre le cerveau et les fonctions cognitives, comportementales et émotionnelles, et cherche à comprendre comment l’activité cérébrale et ses lésions ou dysfonctionnements influencent ces fonctions.

★ À maîtriser

  • L’approche neuropsychologique décrit les perturbations et leurs signes et symptômes, rapproche les sémiologies des lésions cérébrales et étudie le rôle des structures cérébrales dans le comportement du sujet sain.

Compléments

  • La définition de 1983 de Hécaen et Lanteri-laura décrit les rapports entre fonctions mentales supérieures et structures cérébrales, mais ne précise pas la prise en charge.

📌 La sémiologie anglo-saxonne est associée au DSM, tandis que la sémiologie européenne est associée à la CIM-11.

2. Disciplines contributives à la neuropsychologie

★ À maîtriser

  • La neuropsychologie mobilise notamment les disciplines suivantes :

    • la neurologie
    • l’anatomie et l’histologie
    • la psychophysiologie
    • la psychologie expérimentale et cognitive
    • la linguistique
    • l’intelligence artificielle
  • L’imagerie cérébrale regroupe les techniques permettant d’observer le cerveau en action et constitue le domaine majoritaire de la neuropsychologie.

Compléments

  • La méthode anatomo-clinique consiste à observer les altérations de parties du cerveau pour mieux comprendre les perturbations associées.

  • La psychologie expérimentale et cognitive étudie les comportements au moyen d’expériences et permet d’évaluer les capacités d’apprentissage et d’adaptation.

3. Évolution historique de la neuropsychologie

★ À maîtriser

  • À la fin du XIXe siècle, Paul Broca relie une lésion frontale à une perturbation du langage observée chez un patient qui répétait « TATATATATATATATATATTATTATTA ».

  • Carl Wernicke associe une lésion temporale à des difficultés de compréhension du langage et propose un modèle reliant les aires de Broca et de Wernicke.

  • Après la Seconde Guerre mondiale, la neuropsychologie expérimentale étudie des cohortes de soldats cérébrolésés et s’appuie sur les statistiques et la psychométrie pour établir des modèles standardisés.

Compléments

  • Descartes considère le cerveau comme le siège de la pensée, contrairement aux savants de son époque qui attribuaient ce rôle au cœur.

  • Au XVIIe siècle, Franz Joseph Gall développe la phrénologie, une méthode d’observation fondée sur l’examen du crâne.

  • John Jackson soutient que les lésions ne suffisent pas à expliquer les troubles et que les aires cérébrales fonctionnent ensemble.

4. Organisation anatomique et liquide cérébral

Notions clés & Définitions

  • Phylogénétique : Évolution anatomique des espèces, qui permet de comparer notamment la taille et la morphologie de leurs cerveaux.

★ À maîtriser

  • Une obstruction des canaux du LCR peut provoquer une accumulation de liquide, une augmentation de la pression cérébrale et des atteintes cognitives, voire la mort si le dysfonctionnement persiste.

Compléments

  • La surface neuronale est comparée à partir du nombre et de la profondeur des plissements cérébraux, les cerveaux de rat et de chat étant plus lisses que ceux du singe et de l’humain.

  • Les ventricules communiquent avec les méninges par lesquelles circule le liquide céphalorachidien (LCR).

  • Une irrigation insuffisante des ventricules en LCR peut entraîner leur dilatation, la compression de zones cérébrales, une atrophie cérébrale, des atteintes cognitives et parfois la mort.

5. Vascularisation cérébrale et AVC

★ À maîtriser

  • La vascularisation cérébrale est hétérogène : les zones les plus actives sont davantage irriguées.

📌 L’AVC ischémique résulte de l’obstruction d’une artère et d’un défaut d’apport d’oxygène, tandis que l’AVC hémorragique résulte de la fissure ou de la rupture d’une artère et d’un épanchement sanguin.

  • L’AVC ischémique représente 80 % des AVC déclarés.

Compléments

  • Les artères cérébrales se regroupent en un cercle appelé polygone de Willis, dont la multiplicité rend l’AVC complexe à déclencher.

  • L’AVC hémorragique représente 15 % des AVC déclarés.

Astuce mémo

Ischémie : artère obstruée ; hémorragie : artère rompue.

6. Cartographies cérébrales et cervelet

★ À maîtriser

  • La cartographie de Brodmann relie les fonctions cognitives à l’anatomie cérébrale, mais reste approximative.
  • Les homoncules de Penfield comprennent un modèle sensoriel et un modèle moteur représentant les membres du corps selon la superficie neuronale, la sensibilité ou la précision des mouvements.

  • Le cervelet intervient notamment dans :

    • la motricité complexe
    • la coordination
    • la démarche
    • le maintien du corps
    • l’équilibre

Compléments

  • Une fonction cognitive mobilise souvent plusieurs aires de Brodmann, et les aires associatives servent de centres de tri traitant des informations provenant de plusieurs aires.

  • Le cervelet contient 50 % des neurones tout en représentant 11 % de la composition cérébrale.

  • Le cervelet intervient aussi, de manière décrite comme mineure, dans la préparation des tâches, la concentration et la somesthésie.

7. Noyaux gris et circuits cérébraux

★ À maîtriser

  • Les noyaux gris participent à certains réseaux et aux informations motrices, et leur dysfonctionnement est associé à la maladie de Parkinson.

  • Le thalamus filtre les informations sensorielles et les redistribue aux aires sensorielles primaires pour permettre leur interprétation perceptive.

  • L’hypothalamus participe notamment :

    • aux comportements motivés
    • aux comportements fondamentaux pour la survie
    • au système hormonal
    • au fonctionnement des organes végétatifs
  • L’hippocampe contribue à la mémoire épisodique, à la formation de souvenirs déclaratifs, à l’apprentissage par potentialisation à long terme, à la mémoire prospective et à la discrimination des contextes.

  • Le circuit de Papez est une boucle hippocampo-mamillo-thalamique impliquée dans la gestion des émotions et dans certains troubles psychologiques comme l’addiction.

Compléments

📌 Les noyaux gris sont des structures sous-corticales distinctes de la substance blanche et de la substance grise, et sont associés dans le cours à une troisième substance appelée substance noire.

  • Les noyaux caudés, striés et lenticulaires interviennent dans les processus d’apprentissage.

  • Le thalamus intervient dans la régulation du sommeil, de l’attention, de la conscience et des émotions, et comprend une vingtaine de noyaux ayant chacun leur rôle propre.

  • Les corps mamillaires contribuent à la mémoire épisodique.

  • L’amygdale intervient dans la gestion des émotions.

  • L’épiphyse sécrète la mélatonine, hormone liée au sommeil, et son activité varie avec la lumière car elle est photosensible.

  • Le fornix est un faisceau de substance blanche sous-cortical qui relie l’amygdale et l’hippocampe aux corps mamillaires.

8. Syndromes et causes de l’amnésie

Notions clés & Définitions

  • Amnésie : Trouble neurologique caractérisé par une perte partielle ou totale de mémoire, causée par des facteurs fonctionnels ou organiques, et impliquant une altération de la formation ou de la récupération des souvenirs sans altération de la conscience ni de la personnalité.

★ À maîtriser

  • Une perte de mémoire est caractérisée comme amnésique lorsqu’elle est disproportionnée par rapport aux autres fonctions, notamment l’attention.

  • L’amnésie fonctionnelle est associée à une cause psychogène, comme le stress post-traumatique, sans lésion apparente à l’imagerie cérébrale ni consommation de substances, sauf exception pour une consommation prolongée.

  • L’amnésie organique transitoire peut récupérer, tandis que l’amnésie organique permanente est définitive, même si son évolution peut être favorable ou défavorable.

  • Les causes organiques possibles de l’amnésie comprennent : les tumeurs cérébrales comprimant les structures hippocampiques, les traumatismes crâniens forts, les AVC, les maladies neurodégénératives avancées comme Alzheimer ou Parkinson, les lésions chirurgicales, les substances et toxines ingérées, y compris certains traitements

Compléments

  • La confabulation consiste à former de faux souvenirs pour combler les lacunes laissées par la perte de mémoire.

  • La désorientation correspond à une difficulté à distinguer passé et présent ainsi qu’à se situer dans l’espace et le temps.

  • Le modèle MNESIS, élaboré à Caen, distingue notamment les mémoires implicites et explicites.

Astuce mémo

Fonctionnelle : sans lésion apparente ; organique : cause cérébrale identifiable.

9. Systèmes de mémoire et amnésies

★ À maîtriser

📌 La mémoire procédurale est une mémoire implicite des actions devenues automatiques, tandis que l’apprentissage procédural est l’entraînement conscient par répétition qui transforme une action en automatisme.

  • La mémoire de travail est une mémoire explicite qui permet de maintenir des informations à court terme.
  • L’amnésie rétrograde empêche d’évoquer les souvenirs personnels antérieurs à son apparition, tandis que l’amnésie antérograde empêche de former de nouveaux souvenirs depuis son apparition.

  • Le syndrome amnésique diencéphalique implique une atteinte de l’hypothalamus et du circuit de Papez et entraîne une amnésie rétrograde et antérograde massive ainsi qu’une confabulation.

  • Le syndrome amnésique bi-hippocampique entraîne généralement une amnésie rétrograde modérée et une amnésie antérograde massive, notamment après une lésion bilatérale du lobe temporal interne.

Compléments

  • La répétition d’une chorégraphie d’abord réalisée consciemment peut la rendre automatique et permettre de l’exécuter sur la musique sans réfléchir.

  • La mémoire perceptive est une autre forme de mémoire implicite.

  • Au XIXe siècle, Claparel montre qu’un patient amnésique peut apprendre à éviter une poignée de main après avoir été piqué, sans se rappeler pourquoi il l’évite, ce qui témoigne d’un apprentissage procédural.

  • Korsakoff nomme ictus amnésique une amnésie transitoire caractérisée par une perte totale de la mémoire antérieure au présent.

  • La lobectomie, pratiquée notamment dans les années 1950 pour des épilepsies sévères, consistait à retirer chirurgicalement des parties du cerveau et était aussi utilisée contre la bipolarité et la schizophrénie.

Astuce mémo

Rétrograde : souvenirs antérieurs perdus ; antérograde : nouveaux souvenirs impossibles.

10. Études de cas H.M. et K.C.

★ À maîtriser

  • H.M. présente une amnésie rétrograde légère et une amnésie antérograde massive, mais conserve sa mémoire procédurale sans se rappeler les épisodes d’apprentissage.

  • Dans l’expérience du dessin en miroir, H.M. progresse jusqu’à obtenir des résultats comparables à ceux d’un sujet sain, sans se souvenir des séances d’apprentissage ni de la manière dont il a appris la tâche.

  • K.C. présente une amnésie rétrograde épisodique, mais sa mémoire sémantique et sa mémoire sémantique personnelle sont préservées.

  • K.C. ne forme pas de nouveaux souvenirs épisodiques, mais peut apprendre des faits du monde et conserver de nouveaux souvenirs sémantiques et sémantiques personnels.

Compléments

  • Le patient H.M., pharmacorésistant depuis l’âge de 10 ans et opéré à 27 ans après plusieurs crises d’épilepsie par jour, a subi une résection bilatérale de l’hippocampe, du gyrus parahippocampique et de l’amygdale.

  • Après l’opération, H.M. présente une amélioration de son épilepsie et conserve sa personnalité, sa mémoire de travail, son attention, ses capacités intellectuelles et son langage.

  • Après un accident de la voie publique à 30 ans, le patient K.C. présente des lésions temporales et pariétales ainsi qu’une atteinte bilatérale non symétrique de l’hippocampe.

  • K.C. ne peut se souvenir des événements personnels de sa vie ni se projeter dans l’avenir, mais il peut rappeler son nom, son prénom, sa ville, sa date de naissance et des faits sur le monde.

11. Dissociation et systèmes mnésiques

Notions clés & Définitions

  • Mémoire à court terme : Système mnésique de capacité limitée qui retient une information pour une tâche immédiate et est soutenu par le lobe pariétal gauche.
  • Mémoire à long terme : Encode et stocke des informations afin de permettre le rappel de souvenirs ultérieur et est soutenue par l’hippocampe.
  • Mémoire épisodique : Mémoire des événements inscrits dans un contexte spatial et temporel précis.
  • Mémoire sémantique : Mémoire des concepts et des faits situés en dehors de tout contexte d’apprentissage.
  • Démence sémantique : Sous-catégorie d’Alzheimer dans laquelle le patient perd progressivement le sens des mots et des faits, tandis que sa mémoire épisodique reste intacte.

Points essentiels

📌 La simple dissociation correspond à l’échec d’un patient à une tâche plus complexe, tandis que la double dissociation compare deux patients présentant des lésions différentes et des difficultés opposées à deux tâches.

📌 Une double dissociation permet d’attribuer des difficultés distinctes à des lésions différentes lorsque les deux patients échouent à des tâches différentes.

  • La double dissociation a contribué à établir l’indépendance entre la mémoire à court terme et la mémoire à long terme.

Astuce mémo

Mémoire de travail : maintien immédiat ; mémoire à long terme : encodage et stockage durables.

Tableaux de synthèse

Comparaison des syndromes amnésiques

SyndromeAtteinte rapportéeProfil mnésique
DiencéphaliqueHypothalamus et circuit de PapezAmnésies rétrograde et antérograde massives, confabulation
Bi-hippocampiqueLésion bilatérale du lobe temporal interneAmnésie rétrograde modérée et antérograde massive

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction à la neuropsychologie avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel est l’objet central de la neuropsychologie ?

2. Un chercheur met en relation les symptômes observés chez des patients avec leurs lésions cérébrales, puis étudie le rôle des structures cérébrales dans le comportement sain. Quelle démarche adopte-t-il ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction à la neuropsychologie avec 10 flashcards interactives.

Que relie la neuropsychologie aux fonctions cognitives, comportementales et émotionnelles ?

Le cerveau et ces fonctions.

Quelles disciplines la neuropsychologie mobilise-t-elle ?

La neurologie, l’anatomie, l’histologie, la psychophysiologie, la psychologie expérimentale et cognitive, la linguistique et l’intelligence artificielle.

Que permet d’observer l’imagerie cérébrale, domaine majoritaire de la neuropsychologie ?

Le cerveau en action.

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