Fiche de révision : Leucémies chroniques

Plan du Cours

  1. Hématopoïèse et hémopathies malignes
  2. Définition des leucémies chroniques
  3. Physiopathologie de la LMC
  4. Diagnostic et évolution de la LMC
  5. Traitement et suivi de la LMC
  6. Diagnostic et pronostic de la LLC
  7. Traitement et complications de la LLC
  8. Comparaison LMC et LLC

1. Hématopoïèse et hémopathies malignes

Notions clés & Définitions

  • Hématopoïèse : Processus physiologique de production des cellules sanguines et des cellules du système immunitaire dans la moelle osseuse.

Points essentiels

  • Toutes les cellules sanguines proviennent de cellules souches hématopoïétiques, également appelées blastes dans le cours.

📌 Une prolifération myéloïde excessive sans défaut de maturation entraîne une néoplasie myéloproliférative, tandis qu’un blocage de maturation entraîne une leucémie aiguë myéloblastique et qu’une maturation défectueuse sans blocage entraîne un syndrome myélodysplasique.

📌 Une prolifération lymphoïde avec blocage de maturation entraîne une leucémie aiguë lymphoblastique, tandis qu’une prolifération de lymphocytes matures sans blocage correspond à un syndrome lymphoprolifératif, notamment la leucémie lymphoïde chronique ou les lymphomes.

Astuce mémo

Prolifération excessive ou maturation défectueuse → accumulation ou déficit cellulaire

2. Définition des leucémies chroniques

Notions clés & Définitions

  • Leucémie myéloïde chronique : Néoplasie myéloproliférative caractérisée par une prolifération excessive de précurseurs myéloïdes sans anomalie de maturation, avec accumulation de cellules myéloïdes dans la moelle osseuse et le sang.
  • Leucémie lymphoïde chronique : Syndrome lymphoprolifératif constitué de lymphocytes B matures ayant un phénotype spécifique et s’accumulant dans le sang et les organes lymphoïdes.

Points essentiels

📌 Les leucémies chroniques évoluent généralement lentement, sont souvent découvertes fortuitement et peuvent rester asymptomatiques, contrairement aux leucémies aiguës qui évoluent rapidement avec des cellules immatures.

Astuce mémo

LMC myéloïde versus LLC lymphocytaire

3. Physiopathologie de la LMC

Points essentiels

  • La LMC est associée à la translocation t(9;22), qui crée le chromosome anormal de Philadelphie et le transcrit de fusion BCR-ABL.

  • La protéine de fusion BCR-ABL possède une activité tyrosine kinase qui provoque la prolifération excessive des cellules qui la contiennent.

Astuce mémo

t(9;22) → BCR-ABL tyrosine kinase → prolifération myéloïde

4. Diagnostic et évolution de la LMC

★ À maîtriser

  • La NFS de la LMC montre une hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles, une myélémie équilibrée, l’absence d’excès de blastes, des plaquettes normales ou augmentées et parfois une anémie.

  • La LMC évolue successivement selon une phase chronique, une phase accélérée puis une phase blastique ou acutisée correspondant à une leucémie aiguë.

Compléments

  • La LMC est découverte fortuitement dans plus de 50 % des cas, notamment lors d’un hémogramme systématique, ou devant une splénomégalie.

  • Avant les inhibiteurs de tyrosine kinase, la phase chronique de la LMC durait en médiane 3 à 4 ans, puis l’accélération survenait en moins d’un an et l’acutisation en leucémie aiguë dans 100 % des cas.

Astuce mémo

Phase chronique → phase accélérée → phase blastique

5. Traitement et suivi de la LMC

Notions clés & Définitions

  • Rémission complète : Association d’une NFS normale, d’une moelle normale, d’une translocation t(9;22) indétectable et d’un transcrit BCR-ABL indétectable.

★ À maîtriser

  • Les principaux inhibiteurs de tyrosine kinase sont:
    • imatinib
    • dasatinib
    • nilotinib
    • ponatinib

Compléments

📌 Une réponse moléculaire prolongée peut permettre d’envisager l’arrêt du traitement de la LMC.

Astuce mémo

Inhibition de BCR-ABL → rémission moléculaire

6. Diagnostic et pronostic de la LLC

★ À maîtriser

  • Le diagnostic de LLC nécessite une hyperlymphocytose supérieure à 5 G/L, composée de petits lymphocytes B matures monotones, stable ou croissante pendant plus de 3 mois, avec fréquemment des ombres de Gümprecht.

  • Le diagnostic de LLC repose sur l’immunophénotypage des lymphocytes circulants et le calcul du score de Matutes, tandis que les biopsies ganglionnaire, médullaire et ostéo-médullaire sont inutiles sauf en cas de lymphome lymphocytique pour la biopsie ganglionnaire.

Compléments

  • Dans 25 % des cas, la LLC se présente exclusivement sous forme tumorale avec des adénopathies sans hyperlymphocytose, situation appelée lymphome lymphocytique.

  • Les marqueurs étudiés comprennent:

    • CD5
    • CD23
    • CD79
    • FMC7
    • les chaînes légères kappa ou lambda

Astuce mémo

LLC avec hyperlymphocytose versus lymphome lymphocytique sans hyperlymphocytose

7. Traitement et complications de la LLC

Points essentiels

  • La classification de Binet définit le stade A par au plus deux aires atteintes, le stade B par au moins trois aires atteintes et le stade C par une hémoglobine inférieure à 10 g/dL ou des plaquettes inférieures à 100 G/L.

📌 La LLC n’est traitée que chez les patients symptomatiques, notamment aux stades B ou C de Binet, en cas de doublement lymphocytaire inférieur à 6 mois ou de signes généraux.

  • Les principales complications de la LLC sont: l’immunoparésie avec hypogammaglobulinémie et infections, l’insuffisance médullaire avec cytopénies, l’auto-immunité, le syndrome de Richter, la transformation en lymphome agressif

  • Les traitements ciblés comprennent:

    • ibrutinib
    • idélalisib
    • vénétoclax

Astuce mémo

Immunoparésie → infections ; défaut d’apoptose → accumulation lymphocytaire

8. Comparaison LMC et LLC

Points essentiels

📌 La LMC concerne une cellule souche myéloïde et se caractérise par la translocation t(9;22), tandis que la LLC concerne un lymphocyte B mature au phénotype spécifique.

📌 La LMC associe une polynucléose, une myélémie et une splénomégalie souvent importante sans adénopathies, tandis que la LLC associe une hyperlymphocytose, des adénopathies périphériques et une splénomégalie possible.

  • Sans traitement, la LMC évolue vers une leucémie aiguë dans 100 % des cas, tandis que la LLC a globalement une évolution indolente et peut se transformer en lymphome agressif.

Astuce mémo

Cellule souche myéloïde et chromosome Philadelphie versus lymphocyte B mature

Tableaux de synthèse

Comparaison entre LMC et LLC

CaractéristiqueLMCLLC
Cellule tumoraleCellule souche myéloïdeLymphocyte B mature
Anomalie ou marqueurTranslocation t(9;22), BCR-ABLPhénotype B spécifique, score de Matutes
SangPolynucléose et myélémieHyperlymphocytose
Atteinte cliniqueSplénomégalie, sans adénopathie typiqueAdénopathies périphériques, splénomégalie possible
ÉvolutionLeucémie aiguë dans 100 % des cas sans traitementÉvolution souvent indolente, possible syndrome de Richter

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Leucémies chroniques avec 21 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel processus physiologique produit les cellules sanguines et les cellules du système immunitaire dans la moelle osseuse ?

2. Quelle est l’origine commune de toutes les cellules sanguines ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Leucémies chroniques avec 54 flashcards interactives.

Qu'est-ce que l'hématopoïèse ?

C'est la production des cellules sanguines et immunitaires dans la moelle osseuse.

De quelles cellules proviennent toutes les cellules sanguines ?

Des cellules souches hématopoïétiques appelées blastes.

Que provoque une prolifération myéloïde excessive sans défaut de maturation ?

Une néoplasie myéloproliférative.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches