Fiche de révision : Lombalgie chronique et scoliose

Plan du Cours

  1. Organisation et structure du rachis
  2. Disques intervertébraux
  3. Moelle et racines nerveuses
  4. Repérage des rachialgies
  5. Drapeaux psychosociaux et classification
  6. Cervicalgies communes et évaluation
  7. Pathologies cervicales et traitements
  8. Rééducation cervicale et dorsalgies
  9. Traitement des dorsalgies
  10. Discopathie et hernie discale
  11. Radiculalgies lombaires et urgences
  12. Lumbago et lombalgie chronique
  13. Rééducation des lombalgies chroniques
  14. Scoliose et examen clinique
  15. Rééducation de la scoliose

1. Organisation et structure du rachis

Notions clés & Définitions

  • Trou vertébral : L’ouverture délimitée par le corps vertébral et l’arc postérieur ; l’empilement des trous vertébraux forme le canal vertébral, qui contient la moelle.

★ À maîtriser

  • Le rachis, ou colonne vertébrale, est l’axe osseux du tronc ; il soutient le corps, protège la moelle épinière, permet les mouvements et amortit les chocs.

  • Le rachis comprend 7 vertèbres cervicales (C1 à C7), 12 thoraciques (T1 à T12 ou D1 à D12), 5 lombaires (L1 à L5), 5 vertèbres sacrées fusionnées et 3 à 5 vertèbres coccygiennes rudimentaires.

  • Un segment mobile vertébral associe un disque intervertébral en avant, deux articulations zygapophysaires en arrière et des ligaments stabilisateurs.

Compléments

  • Les courbures normales du rachis de profil sont, dans l’ordre, une lordose cervicale, une cyphose thoracique, une lordose lombaire et une cyphose sacrée ; elles augmentent la résistance aux contraintes et amortissent les chocs.

📌 Une lordose est une courbure convexe vers l’avant, tandis qu’une cyphose est convexe vers l’arrière.

  • Vu de face, un rachis normal est rectiligne et toute courbure latérale est anormale.

  • Les vertèbres lombaires sont les plus volumineuses et supportent la plus grande charge ; les vertèbres thoraciques portent les côtes et sont peu mobiles.

  • Les trous de conjugaison, ou foramens intervertébraux, sont situés entre deux vertèbres et permettent le passage des racines nerveuses ; leur rétrécissement, notamment par arthrose ou hernie, peut comprimer ces racines.

2. Disques intervertébraux

★ À maîtriser

📌 L’anneau fibreux, fibrocartilage solide riche en collagène, entoure et contient le noyau pulpeux et résiste aux tensions et à la rotation ; le noyau pulpeux, gel mucoprotéique riche en eau, absorbe les chocs en répartissant les pressions dans toutes les directions.

  • Le disque intervertébral, presque dépourvu de vaisseaux, se nourrit par diffusion depuis les plateaux vertébraux, ce qui explique sa faible capacité de cicatrisation et sa déshydratation avec l’âge.

  • Avec l’âge, le noyau perd de l’eau et le disque s’aplatit, entraînant une perte de hauteur discale appelée discopathie, fréquente mais pas toujours douloureuse.

  • Une rupture de l’anneau fibreux permet au noyau pulpeux de se déplacer vers l’extérieur et forme une hernie discale.

Compléments

  • Chez le jeune, le noyau pulpeux contient de l’ordre de 80 % d’eau.

Astuce mémo

Rupture de l’anneau → déplacement du noyau → hernie discale

3. Moelle et racines nerveuses

Notions clés & Définitions

  • Radiculalgie : Une douleur dans le territoire d’une racine nerveuse, due à sa compression au niveau du trou de conjugaison ; elle peut s’accompagner de troubles sensitifs, d’une diminution des réflexes ou d’un déficit moteur.

★ À maîtriser

  • La moelle épinière chemine dans le canal vertébral et transmet les informations motrices, sensitives et autonomes, notamment celles concernant la vessie, les intestins, la sexualité et la tension.

  • La moelle épinière s’arrête vers L1-L2, au niveau du cône médullaire ; en dessous, le canal contient les racines nerveuses regroupées en queue de cheval.

📌 Les racines antérieures sont motrices et transmettent les ordres vers les muscles, tandis que les racines postérieures sont sensitives et transmettent les informations provenant notamment de la peau et des articulations.

📌 Une compression des racines sacrées de la queue de cheval constitue une urgence chirurgicale, notamment en présence d’anesthésie périnéale, de troubles urinaires ou anaux ou d’un déficit moteur.

Compléments

  • Les nerfs spinaux se répartissent en 31 paires :
    • 8 cervicales
    • 12 thoraciques
    • 5 lombaires
    • 5 sacrées
    • 1 coccygienne

Astuce mémo

Racine antérieure motrice, racine postérieure sensitive

4. Repérage des rachialgies

Notions clés & Définitions

  • Rachialgie : Une douleur du rachis, de la nuque au bas du dos.

★ À maîtriser

  • Les rachialgies symptomatiques ou secondaires signalent une maladie sous-jacente à éliminer en premier, tandis que les rachialgies communes n’ont pas de cause grave et regroupent la grande majorité des cas, notamment dégénératifs ou musculo-ligamentaires fonctionnels.

  • Une douleur mécanique apparaît ou augmente à l’effort, dans la journée ou avec certains mouvements, est soulagée par le repos et aggravée par le mouvement ; une douleur inflammatoire est souvent nocturne, non soulagée par le repos et améliorée par l’activité.

  • La présence d’un drapeau rouge rend une rachialgie suspecte de ne pas être commune et impose un examen médical avant toute activité physique.

Compléments

  • La raideur matinale est brève ou absente dans une douleur mécanique et prolongée, typiquement plus de 30 minutes, dans une douleur inflammatoire.

  • Les douleurs mécaniques sont fréquemment liées à un problème de disque, à l’arthrose ou aux muscles, tandis que les douleurs inflammatoires peuvent notamment être associées à une spondylarthrite ou à une polyarthrite rhumatoïde.

  • Une douleur nocturne rebelle, quelle que soit la position, ou une douleur apparue après 50 ans sont des signes d’alerte complémentaires.

  • Selon leur localisation, les rachialgies sont :

    • les cervicalgies, dans la nuque
    • les dorsalgies, dans la région thoracique
    • les lombalgies, dans le bas du dos

Astuce mémo

Mécanique : repos favorable ; inflammatoire : mouvement favorable

5. Drapeaux psychosociaux et classification

★ À maîtriser

  • Les drapeaux jaunes sont des facteurs psychologiques et sociaux qui augmentent le risque qu’une douleur aiguë devienne chronique et justifient une prise en charge bio-psycho-sociale intégrant le corps, le psychisme et l’environnement.

  • Les principaux drapeaux jaunes sont : les fausses croyances et le catastrophisme, la kinésiophobie, l’insatisfaction au travail, les bénéfices secondaires liés à la maladie, la dépression ou l’anxiété, la limitation sévère d’activité, la réduction majeure et inadaptée de l’activité physique

  • Les drapeaux rouges comprennent un déficit neurologique, des troubles vésico-sphinctériens ou une anesthésie périnéale évoquant une compression médullaire ou des racines, notamment un syndrome de la queue de cheval, qui constitue une urgence.

  • Une rachialgie est aiguë si elle dure moins de 6 semaines, subaiguë si elle dure de 6 à 12 semaines et chronique si elle dure plus de 3 mois.

  • 🔄 La conduite générale suit cinq étapes :

    1. éliminer une cause grave
    2. informer et rassurer
    3. maintenir l’activité
    4. éduquer
    5. rééduquer activement

Compléments

  • Les drapeaux bleus concernent la perception du travail, notamment sa charge, le contrôle et le soutien, tandis que les drapeaux noirs concernent le contexte institutionnel ou légal, comme les arrêts prolongés et les litiges.

  • Une fièvre ou une faiblesse des défenses immunitaires fait suspecter une infection, telle qu’une spondylodiscite touchant le disque et les vertèbres.

  • Une perte de poids, une fatigue ou un antécédent de cancer fait suspecter une cause tumorale, primitive ou métastatique.

  • Un sujet jeune présentant des signes généraux fait suspecter une cause inflammatoire, comme une spondylarthrite ou une polyarthrite rhumatoïde.

  • Un traumatisme ou une ostéoporose fait suspecter une fracture, notamment un tassement vertébral.

Astuce mémo

Rouge : cause grave à éliminer ; jaune : risque de chronicisation

6. Cervicalgies communes et évaluation

Notions clés & Définitions

  • Cervicalgie : Douleur de la nuque, le plus souvent commune, d’origine dégénérative ou fonctionnelle.

★ À maîtriser

📌 Avant de prendre en charge une cervicalgie comme commune, il faut éliminer une cause symptomatique en recherchant les drapeaux rouges.

📌 Le torticolis aigu se caractérise par une douleur et parfois une raideur d’apparition brutale, souvent au réveil, avec tête inclinée en position antalgique et une évolution généralement favorable en quelques jours ; la cervicalgie chronique associe un fond douloureux continu avec poussées, des irradiations plus diffuses et des douleurs d’horaire mécanique.

  • L’évaluation clinique d’une cervicalgie comprend l’interrogatoire sur la douleur, ses facteurs déclenchants, aggravants ou calmants et le contexte, puis l’examen statique, dynamique, musculaire et neurologique.

Compléments

  • Les cervicalgies communes sont dues à l’usure des disques et des articulations et/ou à un trouble fonctionnel musculo-ligamentaire.

7. Pathologies cervicales et traitements

Notions clés & Définitions

  • Névralgie cervico-brachiale : Souffrance d’une racine du plexus brachial provoquant une douleur radiculaire du cou vers le bras, parfois accompagnée de troubles sensitifs ou moteurs.
  • Myélopathie cervico-arthrosique : Compression de la moelle épinière cervicale par rétrécissement arthrosique du canal cervical, et non une compression radiculaire.

★ À maîtriser

📌 En présence d’un tableau de myélopathie cervico-arthrosique, il ne faut pas commencer la rééducation ni l’activité physique sans avis médical ; une aggravation justifie un avis chirurgical rapide.

📌 Le collier cervical doit être évité, car une immobilisation prolongée entraîne raideur et fonte musculaire et retarde la guérison.

  • Le traitement des cervicalgies chroniques privilégie une prise en charge physique active, l’activité physique régulière, l’éducation à l’autogestion de la douleur et l’adaptation posturale aux activités quotidiennes.

Compléments

  • Une névralgie cervico-brachiale commune peut être d’origine arthrosique, par compression disco-ostéophytique, sténose foraminale ou remaniements dégénératifs, ou d’origine discale, par compression due à une hernie discale.

  • Dans les repères radiculaires de la névralgie cervico-brachiale, C6 irradie vers le pouce et la face externe de l’avant-bras, C7 vers le majeur et C8 vers l’annulaire et l’auriculaire ; C6 et C7 sont les territoires les plus fréquemment concernés.

  • La myélopathie cervico-arthrosique peut entraîner des troubles de la marche et de l’équilibre, un syndrome pyramidal avec raideur, réflexes vifs et signe de Babinski, ainsi que des troubles vésico-sphinctériens.

📌 Dans les cervicalgies aiguës, il faut informer et rassurer, maintenir les activités avec le repos temporaire le plus court possible, et peuvent être utilisés des agents physiques antalgiques, des massages ou des antalgiques médicamenteux.

Astuce mémo

NCB : racine et douleur du bras ; myélopathie : moelle et risque de handicap

8. Rééducation cervicale et dorsalgies

Notions clés & Définitions

  • Dorsalgie : Douleur de la région thoracique, au milieu du dos.
  • EVA : L’EVA est une échelle sur laquelle le patient situe sa douleur de 0, correspondant à l’absence de douleur, à 10, correspondant à une douleur maximale.

★ À maîtriser

  • Le rachis thoracique étant peu mobile et protégé par la cage thoracique, les douleurs mécaniques y sont moins fréquentes qu’au cou ou aux lombes ; il faut donc rechercher plus souvent une cause spécifique ou non rachidienne.

Compléments

  • La séance type de rééducation des cervicalgies se déroule 2 à 3 fois par semaine, avec un bilan proprioceptif et une mesure de l’EVA avant, pendant et après les séances.

  • La rééducation cervicale peut inclure : l’auto-agrandissement axial, des contractions multidirectionnelles, le travail contre résistance ou auto-résisté isométrique, le gain d’amplitudes par vision fovéale, le suivi de cibles mobiles, l’inversion de points fixes, la reprogrammation oculo-cervicale, l’enseignement d’autoprogrammes

📌 Les tractions cervicales sont réalisées selon prescription médicale, notamment pour les névralgies cervico-brachiales.

📐 Formule - La fréquence cardiaque maximale se calcule souvent par FCmax=220−a^geFC_{max}=220-âge, et 60 % de cette valeur correspond à une intensité modérée.

9. Traitement des dorsalgies

★ À maîtriser

  • Les dorsalgies communes sont des douleurs thoraciques non spécifiques ou musculosquelettiques, pouvant être locales ou à distance, avec des contractures musculaires et parfois une raideur ou une limitation fonctionnelle.

  • Une origine viscérale peut notamment être :

    • un infarctus du myocarde
    • une embolie pulmonaire
    • une atteinte de l’œsophage
    • une atteinte de l’estomac
    • une atteinte du pancréas
    • une atteinte de la vésicule biliaire
    • une atteinte du rein

📌 Une douleur dorsale qui ne varie pas avec les mouvements ou s’accompagne d’essoufflement, de sueurs ou de douleur thoracique impose une consultation en urgence.

📌 Une dorsalgie secondaire, non rachidienne ou symptomatique, nécessite le traitement spécifique de sa cause.

  • Le traitement physique d’une dorsalgie rachidienne commune comprend les auto-étirements, le renforcement des muscles spinaux, les auto-agrandissements, la physiothérapie antalgique et une activité physique régulière, notamment aérobie.

Compléments

  • Les dorsalgies communes peuvent être favorisées par des facteurs physiques, professionnels et psychosociaux, sans cause spécifique identifiée.

  • La prise en charge d’une dorsalgie rachidienne commune peut inclure des manipulations rachidiennes, la modification de l’ergonomie au travail et une prise en charge psychologique.

  • En activité physique adaptée, l’ouverture de la cage thoracique, la respiration ample et l’extension thoracique visent à compenser la posture voûtée prolongée en position assise.

  • Les causes spécifiques à éliminer comprennent : le traumatisme ou la fracture, notamment le tassement vertébral sur ostéoporose, l’infection, notamment la spondylodiscite, la tumeur, notamment la métastase vertébrale, l’atteinte neurologique ou la myélopathie, notamment la compression de la moelle thoracique

10. Discopathie et hernie discale

Notions clés & Définitions

  • Discopathie : Remaniements dégénératifs du disque intervertébral, avec déshydratation et perte de hauteur discale.
  • Hernie discale : Déplacement localisé de matériel discal au-delà de l’espace discal, lorsque le noyau sort en partie ou en totalité par une fissure de l’anneau.

★ À maîtriser

  • La discopathie est fréquente avec l’âge et n’est pas toujours symptomatique ; une image de discopathie ne suffit donc pas à expliquer une douleur.

  • L’évaluation d’une lombalgie recueille la douleur, ses facteurs déclenchants, aggravants et calmants, son horaire mécanique ou inflammatoire, ainsi que son retentissement sur le travail, les loisirs et la reprise d’activité.

  • L’examen du rachis lombaire évalue la flexion, l’extension, les inclinaisons et les rotations latérales, ainsi que la douleur provoquée par les mouvements, l’indice de Schöber et la distance doigts-sol.

Compléments

  • Une hernie discale peut être asymptomatique ou irriter ou comprimer une racine nerveuse et provoquer une radiculalgie.

  • La hernie discale se forme le plus souvent en arrière et latéralement, vers le trou de conjugaison où passe la racine nerveuse, et régresse souvent spontanément en quelques semaines ou mois.

  • Les troubles de la statique recherchés comprennent :

    • le dos plat
    • l’hyperlordose lombaire
    • la scoliose
    • le relâchement abdominal
  • L’examen fonctionnel observe la marche, les transferts et des mouvements comme se pencher, se relever ou s’accroupir, ainsi que les activités limitées par la douleur.

  • Le bilan musculaire recherche les contractures des muscles paravertébraux, les rétractions musculaires au test talon-fesse et à l’angle poplité, et l’endurance par les tests de Sorensen et de Shirado.

Astuce mémo

Discopathie : disque dégénératif ; hernie : matériel discal déplacé.

11. Radiculalgies lombaires et urgences

Notions clés & Définitions

  • Radiculalgie : Douleur qui suit le territoire d’une racine nerveuse.

★ À maîtriser

  • Une atteinte radiculaire peut modifier les réflexes, provoquer des paresthésies ou des troubles sensitifs et entraîner un déficit moteur ; un réflexe achilléen diminué peut accompagner une atteinte S1, et une difficulté à relever le pied ou le gros orteil une atteinte L5.

  • Les signes d’urgence chirurgicale comprennent : la perte de force musculaire ou la paralysie, les troubles vésico-sphinctériens, notamment l’incontinence urinaire, le syndrome de la queue de cheval avec compression des racines sacrées, une douleur résistante à tout traitement

Compléments

  • La sciatique concerne principalement les racines L5 ou S1 : L5 suit la face externe de la cuisse et de la jambe, le dos du pied et le gros orteil, tandis que S1 suit la face postérieure de la cuisse et du mollet, le talon et le bord externe du pied.

  • La cruralgie concerne principalement les racines L2 à L4 et suit la face antérieure de la cuisse, le genou et parfois la face interne de la jambe.

  • Le syndrome de la queue de cheval peut comporter une anesthésie en selle du périnée, une rétention ou une incontinence urinaire ou anale, des troubles sexuels et une faiblesse des deux jambes.

  • Les articulations zygapophysaires postérieures peuvent contribuer à certaines douleurs lombaires par leurs remaniements dégénératifs arthrosiques, avec une douleur parfois provoquée par l’extension et la rotation.

  • Les muscles paravertébraux peuvent être à l’origine de douleurs et de tensions, parfois accompagnées de modifications de force, d’endurance ou de contrôle moteur.

12. Lumbago et lombalgie chronique

Notions clés & Définitions

  • Lumbago : Apparition ou aggravation récente et brutale d’une douleur lombaire basse, souvent après un effort comme une rotation du tronc ou le port d’une charge lourde, avec blocage et impotence fonctionnelle majeure.
  • Lombalgie chronique : Lombalgie invalidante depuis plus de 3 mois, avec un retentissement socioprofessionnel et économique important, souvent après des lumbagos à répétition.

★ À maîtriser

  • Le lumbago évolue spontanément favorablement en 4 à 6 semaines dans 90 % des cas.

📌 La règle de la HAS (2000) recommande de poursuivre les activités ordinaires compatibles avec la douleur lors d’un lumbago ; l’alitement affaiblit les muscles et prolonge la douleur.

  • Les facteurs de risque de chronicisation, ou drapeaux jaunes, comprennent les efforts répétés, les antécédents de traumatisme, les vibrations, l’alcoolo-tabagisme, un niveau socioprofessionnel bas, les difficultés familiales ou professionnelles, les antécédents de maladies psychosomatiques, l’anxiété, la dépression, l’insatisfaction au travail, les bénéfices secondaires, les fausses croyances, la réduction majeure d’activité physique et la kinésiophobie.

  • La prévalence de la lombalgie au cours de la vie est de 60 à 90 %, le taux de récidive de 60 à 85 % et le taux de chronicisation de 5 à 15 %.

  • Plus l’arrêt de travail pour lombalgie dure, moins la reprise est probable : 67 % des patients reprennent après moins d’une semaine d’arrêt, 90 % retravaillent après 2 mois, 50 % reprennent leur poste après 6 mois et presque 0 % après 2 ans.

📌 Dans la lombalgie chronique, la rééducation active est essentielle et associe renforcement des muscles abdominaux, spinaux et lombo-pelviens, étirements et assouplissement lombaire, correction posturale, proprioception lombaire et apprentissage de l’ergonomie rachidienne.

📌 La recommandation HAS (2000) préconise une prise en charge multidisciplinaire associant éducation et conseil, exercices physiques intensifs et prise en charge psychologique.

Compléments

  • Parmi les patients ayant une lombalgie, 90 % ne reconsultent pas dans les 3 mois et l’invalidité marquée est exceptionnelle.

  • L’évolution spontanée de la lombalgie est favorable dans la grande majorité des cas, mais son retentissement socio-économique reste majeur, car une minorité de patients concentre l’essentiel des difficultés.

  • Dans la lombalgie chronique, le repos doit être le plus bref possible, le massage et la physiothérapie ont peu d’indications, la ceinture lombaire n’est pas un traitement de première intention et le corset rigide ne doit pas immobiliser le patient.

  • L’éducation du patient et l’approche bio-psycho-sociale sont primordiales et portent sur la gestion de la douleur et des poussées, les auto-exercices de rééducation ainsi que les prises en charge psychologique et sociale.

13. Rééducation des lombalgies chroniques

Notions clés & Définitions

  • Bascule pelvienne : Mouvement du bassin qui aplatit ou creuse la lordose lombaire par rétroversion ou antéversion et apprend au patient à contrôler sa lordose.

★ À maîtriser

  • La rééducation des lombalgies chroniques vise à diminuer l’impotence fonctionnelle, le handicap et la douleur.

  • Le programme de rééducation associe : travail aérobie progressif à intensité modérée, physiothérapie antalgique, assouplissement des plans sous-pelviens, renforcement musculaire, travail proprioceptif, étirements, réentraînement progressif à l’effort, éducation thérapeutique

Compléments

  • Un programme de rééducation est organisé 2 à 3 fois par semaine et comprend un bilan de force, d’endurance et de douleur avant, pendant et après chaque séance.

  • Le travail aérobie sur vélo ou tapis de marche commence à 60 % de la fréquence cardiaque maximale et augmente progressivement.

  • Le renforcement musculaire cible :

    • les spinaux
    • les abdominaux
    • le psoas
    • le grand fessier
    • les quadriceps
    • les ischio-jambiers
    • le triceps sural
  • Le travail proprioceptif apprend la bascule pelvienne en positions statiques et dynamiques et entraîne la proprioception lombo-sacrée sur plans stables et instables.

📌 Les tractions lombaires ne sont réalisées que sur prescription médicale.

14. Scoliose et examen clinique

Notions clés & Définitions

  • Scoliose : Déformation du rachis dans les trois plans de l’espace : courbure latérale dans le plan frontal, modification des courbures normales dans le plan sagittal et rotation vertébrale dans le plan horizontal.
  • Angle de Cobb : Angle formé par les plateaux des deux vertèbres les plus inclinées d’une courbure, qui mesure la gravité de la scoliose.
  • Gibbosité : Bosse du dos due à la rotation des vertèbres et des côtes.

★ À maîtriser

📌 Une attitude scoliotique est une inclinaison simple et réductible, qui disparaît lorsque le patient se penche ou que sa cause est corrigée, tandis qu’une scoliose structurale est une véritable déformation.

  • Les causes de scoliose comprennent : une cause idiopathique, une malformation vertébrale congénitale, une cause neuromusculaire ou neurologique liée à une maladie des muscles ou du système nerveux

  • Le bilan radiographique de la scoliose porte sur le rachis total en charge, debout, et comprend la mesure de l’angle de Cobb.

📌 La scoliose ne contre-indique pas le sport et l’activité physique est encouragée.

  • L’examen clinique d’une scoliose comprend :
    • un bilan statique
    • un bilan dynamique
    • un bilan respiratoire

Compléments

  • Les scolioses sont souvent découvertes à l’adolescence, notamment lors de la poussée de croissance.

  • La scoliose idiopathique est la forme la plus fréquente et est typique de l’adolescente.

  • Une scoliose est définie à partir d’un angle de Cobb de 10°.

  • Le risque d’aggravation d’une scoliose augmente avec l’importance de la courbure et de la croissance osseuse restante.

📌 Le corset, choisi selon la gravité, est le seul traitement qui freine l’évolution de la scoliose.

  • Le bilan statique évalue l’équilibre de la scoliose au fil à plomb de C7 au pli interfessier, les distances à C7, T4, L4 et au sacrum, la gibbosité au test d’Adams, la bascule du bassin, les genoux et les pieds, l’inégalité de longueur des membres inférieurs, l’asymétrie des épaules et des plis de taille ainsi que l’équilibre du tronc.

  • Lorsque le fil à plomb tombe dans le pli interfessier, la scoliose est équilibrée, c’est-à-dire compensée.

  • Au test d’Adams, le patient se penche en avant jambes tendues et une bosse observée d’un côté révèle la rotation des vertèbres et des côtes.

Astuce mémo

Frontal : courbure latérale → sagittal : courbures modifiées → horizontal : rotation et gibbosité

15. Rééducation de la scoliose

Notions clés & Définitions

  • Auto-postures : Postures de correction que le patient tient seul.

★ À maîtriser

  • La rééducation de la scoliose cherche à équilibrer les jeux musculaires des deux côtés du rachis.

  • Les techniques de rééducation comprennent l’assouplissement, les étirements et le renforcement musculaire.

📌 Le corset est le seul traitement qui freine l’évolution de la scoliose, tandis que la rééducation et le sport l’accompagnent sans remplacer le corset lorsqu’il est indiqué.

Compléments

  • La prise en charge comprend l’éducation du patient, l’éducation posturale et le travail de la proprioception.

  • Le travail des capacités ventilatoires peut s’appuyer sur :

    • le jogging
    • la natation
    • le vélo

📌 L’activité physique et le sport sont encouragés dans la prise en charge de la scoliose.

Tableaux de synthèse

Douleur mécanique et inflammatoire

CritèreMécaniqueInflammatoire
MomentÀ l’effort ou dans la journéeSouvent nocturne
ReposSoulage la douleurNe soulage pas, parfois aggrave
MouvementAggrave la douleurAméliore la douleur
Raideur matinaleBrève ou absenteProlongée, typiquement plus de 30 minutes

Névralgie cervico-brachiale et myélopathie

CritèreNévralgie cervico-brachialeMyélopathie cervico-arthrosique
Structure atteinteRacine du plexus brachialMoelle épinière cervicale
Signe caractéristiqueDouleur du cou vers le brasTroubles de la marche, syndrome pyramidal ou sphinctérien
GravitéÉvolution souvent favorableRisque de handicap et avis spécialisé

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Lombalgie chronique et scoliose avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Lors d’un bilan anatomique, quel décompte décrit correctement les vertèbres du rachis, du haut vers le bas ?

2. Pour décrire un segment mobile vertébral, quelles structures un étudiant doit-il associer ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Lombalgie chronique et scoliose avec 10 flashcards interactives.

Quelles sont les fonctions du rachis, ou colonne vertébrale ?

Il soutient le corps, protège la moelle épinière, permet les mouvements et amortit les chocs.

Combien de vertèbres le rachis compte-t-il dans ses cinq régions ?

Il compte 7 cervicales, 12 thoraciques, 5 lombaires, 5 sacrées fusionnées et 3 à 5 coccygiennes rudimentaires.

Que fait l’anneau fibreux autour du noyau pulpeux ?

Il contient le noyau pulpeux et résiste aux tensions et à la rotation.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches