📌 Dans la maladie de Crohn, l’inflammation peut toucher tout le tube digestif, de la bouche à l’anus, et concerne fréquemment l’iléon terminal, avec ou sans atteinte colique.
📌 Dans la rectocolite hémorragique, l’inflammation atteint toujours le rectum et s’étend plus ou moins dans le côlon, sans toucher l’intestin.
Crohn peut parcourir tout le tube ; la RCH remonte du rectum dans le côlon.
★ À maîtriser
Les MICI sont le plus souvent diagnostiquées entre 15 et 35 ans, mais peuvent survenir à tout âge et 20 % des cas concernent des enfants.
Le diagnostic repose sur les critères suivants :
Compléments
Les incidences des MICI les plus élevées sont observées dans les pays industrialisés, notamment en Europe du Nord-Ouest et aux États-Unis.
Chez 15 % des patients atteints de MICI, les signes ne permettent pas de distinguer la maladie de Crohn de la rectocolite hémorragique ; on parle alors de colite indéterminée.
L’étiologie des MICI reste inconnue et ces maladies sont considérées comme multifactorielles complexes.
Les facteurs génétiques, environnementaux et le microbiote intestinal sont impliqués, en proportions variables, dans la survenue des MICI.
L’hypothèse étiologique décrit une réponse inflammatoire et immunitaire anormale envers la microflore intestinale, déclenchée ou aggravée par des facteurs environnementaux chez des individus génétiquement prédisposés.
Prédisposition génétique + facteurs environnementaux → réponse anormale au microbiote.
★ À maîtriser
Compléments
NOD2, également nommé CARD15, est le premier gène de susceptibilité identifié pour la maladie de Crohn.
NOD2 est principalement exprimé par les macrophages, les lymphocytes et les cellules dendritiques, ainsi que par les cellules épithéliales intestinales, notamment les cellules de Paneth.
Plus de 160 loci sont impliqués dans la prédisposition génétique aux MICI.
Ces protéines interviennent notamment dans :
★ À maîtriser
Les cellules caliciformes des villosités sécrètent un mucus qui forme une barrière physique et chimique contre les agents pathogènes et séquestre les micro-organismes de la lumière intestinale.
Les cellules de Paneth des cryptes produisent dans le mucus des peptides antimicrobiens, notamment des défensines et des lectines, qui peuvent lyser les membranes bactériennes.
Les principales cellules de l’immunité innée citées sont :
Compléments
Les jonctions intercellulaires, comprenant notamment E-cadhérine, N-cadhérine, occludine et claudine, rendent la muqueuse peu pénétrable par les bactéries luminales.
La paroi intestinale se renouvelle rapidement, ce qui permet le remplacement des cellules endommagées.
★ À maîtriser
Le microbiote intestinal contribue à : la fermentation colique des nutriments, la prévention de la colonisation par des microorganismes pathogènes, le développement et la maturation du système immunitaire intestinal
Dans les MICI, la diminution du mucus et des peptides antimicrobiens ainsi que l’altération des jonctions épithéliales favorisent la dysbiose et augmentent la perméabilité de la barrière intestinale.
La pénétration prolongée de bactéries dans la lamina propria active excessivement l’immunité muqueuse, provoque une inflammation chronique et contribue aux lésions intestinales.
Compléments
Le microbiote intestinal adulte comprend 500 à 1 000 espèces bactériennes vivant en symbiose avec l’organisme.
Dans les MICI, les cellules épithéliales, mésenchymateuses et les macrophages produisent davantage d’IL-1β, d’IL-6 et d’IL-8 au lieu de TGF-β et de PGE2.
Les cytokines pro-inflammatoires et les antigènes pathogènes reconnus par les cellules dendritiques induisent leur maturation complète ; après migration vers les ganglions lymphatiques mésentériques, elles produisent beaucoup d’IL-12 plutôt que d’IL-10 et favorisent la différenciation des LT CD4+ naïfs en LTh1, LTh2 et LTh17.
Chez les personnes atteintes de MICI, la diminution des bactéries commensales productrices d’acides gras à chaîne courte, notamment de butyrate, réduit les effets bénéfiques de ces métabolites sur la barrière et la régulation immunitaire.
Les pathobiontes sont des bactéries commensales susceptibles de développer des propriétés pathogènes lorsque les conditions le permettent, notamment dans le contexte inflammatoire des MICI.
Barrière altérée → bactéries envahissantes → activation immunitaire → inflammation chronique.
★ À maîtriser
Plus d’un tiers des patients atteints de MICI présentent au moins une manifestation extra-intestinale, qui peut survenir simultanément ou indépendamment des symptômes digestifs.
Les manifestations extra-intestinales concernent les articulations chez 5–20 % des patients, la peau chez 5–15 %, les yeux chez 3 à 10 % et le foie jusqu’à 5 %.
Compléments
Les lésions buccales typiques comprennent :
Dans la maladie de Crohn, la prévalence des manifestations extra-intestinales orales pourrait atteindre 50 % selon certaines études.
★ À maîtriser
📌 Les 5-aminosalicylés (5-ASA) sont principalement prescrits dans les formes débutantes de rectocolite hémorragique de sévérité faible à moyenne et ne sont pas efficaces dans la maladie de Crohn.
Dans la maladie de Crohn, les corticoïdes sont privilégiés, mais leur utilisation est limitée à de courts traitements d’attaque en raison de leurs effets secondaires à moyen et long terme ; la corticothérapie au long cours n’est plus indiquée.
En cas de maladie évolutive, un traitement immunomodulateur ou immunosuppresseur est instauré pour contrôler les crises et prévenir de nouvelles lésions.
Compléments
Les anti-TNFα, biothérapies fréquemment utilisées, bloquent des facteurs d’inflammation impliqués dans la maladie.
Dans la maladie de Crohn, l’ustékinumab est une option après échec des anti-TNFα et se lie aux cytokines IL-12 et IL-23 afin de réduire l’activité immunitaire et les symptômes.
Dans la rectocolite hémorragique, le vedolizumab peut être indiqué chez l’adulte en cas de poussée modérée à sévère non contrôlée par les traitements conventionnels ou les anti-TNFα ; il bloque l’intégrine qui permet l’acheminement des lymphocytes vers les régions digestives inflammées.
La chirurgie peut être proposée en cas de résistance à un traitement bien suivi ou de complications ; après 10 ans d’évolution, plus d’un patient sur deux a subi une intervention pour retirer le segment digestif le plus atteint.
5-ASA pour la RCH, corticoïdes privilégiés dans Crohn.
★ À maîtriser
📌 Après la mise en œuvre d’immunosuppresseurs ou de biothérapies, les procédures dentaires invasives nécessitent un protocole modifié et une antibioprophylaxie peut être envisagée.
Compléments
📌 Un suivi bucco-dentaire régulier est recommandé chez les patients atteints de MICI.
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1. Quelles maladies sont regroupées sous le terme de MICI et quelle caractéristique les définit ?
2. Une inflammation est observée dans le rectum et s’étend dans le côlon, sans atteinte de l’intestin grêle : quelle maladie correspond à cette répartition ?
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Quelles maladies regroupent les MICI ?
La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.
Quelles zones peuvent être atteintes par l’inflammation dans la maladie de Crohn ?
Tout le tube digestif, de la bouche à l’anus.
Entre quels âges les MICI sont-elles le plus souvent diagnostiquées ?
Entre 15 et 35 ans.
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