Fiche de révision : Infections cutanées et ectoparasitoses

Plan du Cours

  1. Barrière cutanée et microbiote
  2. Infections bactériennes superficielles
  3. Érysipèle et infections profondes
  4. Ulcères et colonisation bactérienne
  5. Verrues et infections herpétiques
  6. Varicelle et zona
  7. Mycoses cutanées
  8. Gale et pédiculoses
  9. Prévention et surveillance cutanées

1. Barrière cutanée et microbiote

★ À maîtriser

  • Le microbiote cutané est un portage bactérien constant et physiologique, ce qui rend l’écouvillon local peu utile.

  • La peau protège de la pénétration et de la prolifération bactériennes par la couche cornée, le pH acide et le sébum, les bactéries commensales compétitrices et le réseau immunitaire cutané.

Compléments

📌 Le portage bactérien est moins important en zone sèche qu’en zone grasse, et moins important en zone grasse qu’en zone humide.

  • La flore résidente comprend notamment des staphylocoques à coagulase négative, des corynébactéries et des Proteus.

  • La flore cutanée varie selon :

    • la température
    • le pH
    • l’humidité
    • l’âge
    • le diabète
    • l’immunodépression

2. Infections bactériennes superficielles

Notions clés & Définitions

  • Impétigo : Infection épidermique superficielle due au streptocoque bêta-hémolytique du groupe A ou au staphylocoque doré.

★ À maîtriser

  • Les dermatoses bactériennes sont majoritairement dues à des cocci à Gram positif, sont auto-inoculables et ne sont pas immunisantes.

📌 Un furoncle ne doit pas être manipulé, sauf incision de son extrémité pour évacuer le bourbillon lorsqu’il est volumineux.

  • L’impétigo évolue cliniquement d’une bulle fragile vers une érosion, puis vers des croûtes mélicériques couleur miel.

Compléments

  • Les portes d’entrée comprennent :
    • les plaies
    • les dermatoses prurigineuses
    • les brèches cutanées
    • les morsures
    • les griffures

📌 La prise en charge d’un furoncle repose sur une hygiène rigoureuse ; en cas de récidives, elle comprend une douche quotidienne, du linge propre chaque jour, des ongles courts et le traitement des gîtes.

📌 Les soins de l’impétigo comprennent un nettoyage quotidien ou biquotidien à l’eau et au savon, suivi d’un rinçage soigneux, sans antiseptique local.

  • L’impétigo est contagieux et auto-inoculable par les mains, et touche surtout les enfants.

3. Érysipèle et infections profondes

Notions clés & Définitions

  • Érysipèle : Dermo-hypodermite bactérienne aiguë, généralement due au streptocoque bêta-hémolytique du groupe A.

Points essentiels

  • L’érysipèle se manifeste typiquement par une grosse jambe rouge, aiguë, fébrile et unilatérale, avec un début brutal, une fièvre de 39 à 40 °C, des frissons et un placard rouge œdémateux douloureux, bien circonscrit et d’extension progressive, parfois bulleux ou purpurique.

  • Les facteurs favorisants comprennent : une porte d’entrée loco-régionale, notamment une plaie chronique, un ulcère de jambe, une piqûre d’insecte, un œdème lymphatique, notamment après curage ganglionnaire, une insuffisance veineuse ou cardiaque, l’immunodépression

  • La prise en charge de l’érysipèle comprend : une antibiothérapie, la lutte contre l’œdème, le traitement de la porte d’entrée : lavage à l’eau et au savon, vaseline sur les fissures et antifongique, la surélévation des jambes en position allongée

  • Les signes de gravité comprennent :

    • fièvre importante ou hypothermie
    • collapsus
    • anurie
    • altération de l’état général
    • douleur intense ou hypoesthésie
    • induration extensive
    • zones cyaniques ou nécrotiques
    • crépitation

📌 Une fascite nécrosante constitue une urgence chirurgicale.

Astuce mémo

Une porte d’entrée cutanée facilite l’érysipèle ; l’extension nécrosante impose la chirurgie.

4. Ulcères et colonisation bactérienne

★ À maîtriser

📌 Un ulcère est le plus souvent sale et colonisé plutôt qu’infecté ; sans dermo-hypodermite adjacente, il ne doit pas être qualifié d’ulcère infecté.

📌 Les ulcères sales nécessitent des soins quotidiens et ne doivent pas être recouverts d’un pansement occlusif.

Compléments

📌 Le nettoyage d’un ulcère sale se fait à l’eau et au savon, en douceur mais avec insistance, à l’aide d’un gant de toilette ou d’une douchette pour éliminer squames et résidus.

  • Le curetage doux d’un ulcère peut être réalisé avec des antalgiques locaux comme l’Emla ou la xylocaïne, ou avec des antalgiques généraux.

5. Verrues et infections herpétiques

★ À maîtriser

  • Les verrues sont dues aux papillomavirus humains et sont très contagieuses en milieu humide, notamment en piscine ou en salle de sport.

  • Après la primo-infection herpétique, le virus reste latent dans les ganglions nerveux correspondants puis peut se réactiver lors d’un stress, notamment la fièvre, une grande fatigue ou l’exposition au soleil, en provoquant une éruption sur le même territoire.

  • HSV-1 infecte plutôt la partie supérieure du corps, tandis que HSV-2 infecte plutôt la partie inférieure et est associé à l’herpès génital.

Compléments

📌 La prévention des verrues comprend la protection des pieds par des chaussettes sur les tatamis ou des sandales à la piscine, ainsi que la lutte contre l’humidité et la transpiration.

  • Les verrues peuvent guérir spontanément et leur traitement, notamment par azote ou préparations salicylées, dépend de la gêne.

  • Les papillomavirus humains présentent un risque oncogène à considérer sur les plans gynécologique ou ORL.

  • Environ 80 % de la population héberge le virus herpétique, mais seuls 20 % présentent des récurrences cliniques.

  • La primo-infection herpétique provoque des lésions vésiculeuses en bouquet qui guérissent spontanément après une à trois semaines.

Astuce mémo

Primo-infection → latence ganglionnaire → réactivation herpétique.

6. Varicelle et zona

★ À maîtriser

  • La varicelle est la primo-infection par le VZV, généralement acquise dans l’enfance, et provoque une éruption vésiculeuse généralisée.

  • La varicelle est très contagieuse par les gouttelettes aériennes et les croûtes, avec une contagiosité débutant deux à trois jours avant l’éruption.

📌 La prise en charge de la varicelle vise à calmer le prurit et à prévenir les surinfections bactériennes, utilise le paracétamol et les antihistaminiques, et exclut l’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens.

📌 Le zona est une récurrence du VZV qui provoque une éruption vésiculeuse localisée au territoire d’un métamère, contrairement à l’éruption généralisée de la varicelle.

Compléments

  • Après une incubation silencieuse de 14 jours, la varicelle peut s’accompagner d’une fébricule à 38 °C et de fatigue.

  • Les complications possibles de la varicelle sont la surinfection cutanée chez l’enfant et la pneumonie varicelleuse chez l’adulte.

  • Le zona survient préférentiellement après 50 ans et est plus sévère chez les personnes âgées ou immunodéprimées ; chez un sujet jeune, une infection par le VIH doit être recherchée.

📌 Le zona se traite par des soins locaux et des antalgiques ; les antiviraux sont réservés aux formes compliquées.

Astuce mémo

Varicelle : primo-infection généralisée ; zona : réactivation localisée.

7. Mycoses cutanées

Notions clés & Définitions

  • Dermatophytoses : Affections superficielles fréquentes chez les personnes en bonne santé, plus fréquentes et extensives en cas d’immunodépression, avec une affinité pour la kératine de la couche cornée, des cheveux et des ongles, sans atteinte muqueuse et généralement avec des lésions sèches.
  • Candidoses : Infections opportunistes dues à un champignon levuriforme, le plus souvent Candida albicans, saprophyte des muqueuses mais pathogène sur la peau.

★ À maîtriser

📌 La prise en charge des candidoses comprend la correction des facteurs favorisants autant que possible, notamment le poids, les vêtements amples, la macération, le diabète et le VIH, ainsi que des antifongiques locaux.

Compléments

  • Les facteurs favorisants comprennent :
    • l’humidité
    • la macération
    • la transpiration
    • l’obésité
    • la sécheresse buccale importante
    • un pH acide
    • une prothèse dentaire

📌 Les antifongiques généraux sont réservés aux candidoses étendues ou survenant sur un terrain immunodéprimé.

Astuce mémo

Dermatophytes : kératine ; Candida : levure opportuniste.

8. Gale et pédiculoses

Notions clés & Définitions

  • Gale : Parasitose transmise entre humains uniquement par un acarien de 0,3 mm qui recherche la chaleur corporelle.

★ À maîtriser

  • La gale se transmet par contact direct intime et prolongé ou par contact indirect avec des vêtements ou de la literie.

📌 Le traitement de la gale comprend une crème ou une lotion locale avec une deuxième application après 8 à 10 jours, ou de l’ivermectine adaptée au poids avec une deuxième dose après 8 à 10 jours.

  • Les poux sont des insectes hématophages ; les poux de tête touchent surtout les enfants d’âge scolaire et ne transmettent pas de maladie, leur transmission étant interhumaine directe, notamment par les bonnets ou le contact des cheveux.

Compléments

  • L’incubation de la gale est de 21 jours et l’acarien meurt au-dessus de 55 °C ; le lavage à 60 °C en cycle long est indiqué pour le linge.

  • Les personnes vivant sous le même toit sont des sujets contacts à traiter même si elles sont asymptomatiques ; dans ce cas, une seule dose est donnée.

  • La prise en charge de la gale nécessite un traitement collectif simultané, des explications détaillées et un document explicatif ; les traitements répétés abusivement sont à éviter car ils sont irritants.

  • Le traitement local de la pédiculose de tête utilise notamment une lotion pédiculicide et lenticide en deux applications espacées de 10 jours, avec une alerte écrite pour faire examiner et traiter les enfants concernés.

  • Les poux du corps, plus rares et plus gros, touchent notamment des personnes en contexte défavorisé, des personnes sans domicile fixe et des populations en temps de guerre ; ils se transmettent directement ou par l’intermédiaire des vêtements.

  • Les poux du corps peuvent entraîner une impétiginisation constituant une porte d’entrée infectieuse et transmettre des maladies infectieuses graves.

  • La pédiculose du pubis est une infection sexuellement transmissible.

9. Prévention et surveillance cutanées

★ À maîtriser

📌 La prévention des infections cutanées repose sur l’intégrité de la peau, son hydratation, l’absence de macération et la prise en charge des plaies et fissures.

📌 Il faut se laver soigneusement les mains avant et après tout geste et porter des gants.

  • Une dermo-hypodermite bactérienne peut être potentiellement grave.

Compléments

📌 L’hygiène quotidienne doit être pratiquée sans excès.

📌 Il faut savoir repérer les infections cutanées et alerter en conséquence.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Infections cutanées et ectoparasitoses avec 29 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quels mécanismes contribuent à la protection de la peau contre la pénétration et la prolifération bactériennes ?

2. Pourquoi un écouvillon local est-il peu utile pour interpréter la présence de bactéries sur une peau saine ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Infections cutanées et ectoparasitoses avec 65 flashcards interactives.

Pourquoi l’écouvillon local est-il peu utile pour étudier le microbiote cutané ?

Le portage bactérien cutané est constant et physiologique.

Quels sont les quatre facteurs de la peau qui limitent les bactéries ?

La couche cornée, le pH acide et le sébum, les bactéries commensales compétitrices et le réseau immunitaire cutané.

Quelles bactéries causent majoritairement les dermatoses bactériennes ?

Des cocci à Gram positif.

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