Fiche de révision : Nursing de la bronchopneumonie

Plan du Cours

  1. Bronchopneumonie et causes
  2. Surveillance respiratoire et paramètres
  3. Objectifs de l’hospitalisation
  4. Nursing et prévention de l’aspiration
  5. Oxygénothérapie et dispositifs
  6. Aérosolthérapie et nébulisation
  7. Kinésithérapie respiratoire
  8. Médicaments et précautions
  9. Conseils au retour à domicile
  10. Rôle de l’ASV et transmissions

1. Bronchopneumonie et causes

Notions clés & Définitions

  • Bronchopneumonie : Atteinte des bronches et du tissu pulmonaire, où l’inflammation et les sécrétions peuvent encombrer les voies respiratoires et les alvéoles.

★ À maîtriser

  • La bronchopneumonie peut diminuer la ventilation et les échanges gazeux, réduire le volume d’air mobilisé, provoquer une atélectasie et entraîner une difficulté respiratoire avec parfois toux et expectorations.

📌 La bronchopneumonie n’est pas nécessairement infectieuse et peut aussi être liée à des parasites, à l’inhalation de fumée ou d’irritants, à la noyade ou à l’aspiration gastrique, à des phénomènes allergiques, toxiques ou métastatiques, ou à certaines complications d’insuffisance rénale.

Compléments

  • Les causes infectieuses possibles de bronchopneumonie sont virales, bactériennes ou fongiques.

  • L’identification de la cause de la bronchopneumonie relève du vétérinaire et permet d’adapter le traitement.

2. Surveillance respiratoire et paramètres

★ À maîtriser

  • Au repos, l’inspiration est généralement plus courte que l’expiration, et une modification de cet équilibre peut évoquer une dyspnée.

  • Les signes respiratoires à observer et signaler comprennent :

    • une respiration rapide ou un effort accru
    • une dyspnée expiratoire ou mixte
    • des bruits inhabituels
    • une discordance thoraco-abdominale
    • l’évolution de l’état clinique
  • Une fréquence respiratoire supérieure à 40 mouvements par minute ou une hausse de plus de 20 % par rapport à la valeur habituelle de l’animal justifie une alerte au vétérinaire.

  • La SpO₂ attendue est supérieure à 97 % ; une valeur inférieure à 97 % impose une alerte et une valeur inférieure à 90 % appelle rapidement l’intervention du vétérinaire.

  • Une valeur de CO₂ d’environ 35–40 mmHg est considérée comme compatible avec une ventilation correcte ; une valeur supérieure à 45 ou inférieure à 35 doit être signalée.

  • L’ASV observe, mesure et transmet les changements, tandis que le vétérinaire interprète les résultats et ajuste le traitement selon le contexte clinique et les protocoles de la clinique.

Compléments

  • La fréquence respiratoire se mesure en comptant les mouvements pendant 30 à 60 secondes, idéalement lorsque l’animal est calme.

  • L’auscultation thoracique porte sur les zones crâniale, moyenne et caudale, à droite et à gauche.

  • Les sifflements peuvent évoquer une obstruction ou un rétrécissement des voies aériennes, tandis que les crépitants ou râles peuvent être entendus lors d’une bronchopneumonie ou d’autres affections pulmonaires.

  • Une valeur élevée de CO₂ peut évoquer une hypoventilation, tandis qu’une valeur basse peut accompagner une hyperventilation.

  • Chez le chien, la CRP et, chez le chat, la SAA peuvent être suivies dans les bronchopneumonies infectieuses ; si leur valeur ne diminue pas après environ 36–48 h de traitement, l’information doit être transmise au vétérinaire.

3. Objectifs de l’hospitalisation

Points essentiels

  • L’hospitalisation vise à améliorer le confort et la ventilation, à faciliter la toux et l’expectoration, à stabiliser les échanges gazeux, à surveiller l’évolution et à prévenir les complications iatrogènes, notamment l’aspiration.

📌 Les traitements de soutien sont souvent prioritaires, tandis que les traitements dirigés contre la cause sont déterminés par le vétérinaire.

4. Nursing et prévention de l’aspiration

★ À maîtriser

  • Une vigilance renforcée est nécessaire chez les animaux :

    • immobiles ou en décubitus prolongé
    • inconscients, grabataires ou anorexiques
    • en réveil postopératoire lent
    • recevant des morphiniques
    • présentant un transit digestif ralenti
  • Une régurgitation ou une fausse déglutition peut provoquer ou aggraver une pneumonie d’aspiration.

Compléments

📌 Selon l’état de l’animal et les consignes vétérinaires, le décubitus sternal peut favoriser une ventilation efficace ; une mobilisation douce ou de courtes sorties en laisse peuvent être encouragées si l’état le permet.

  • Le stress et les manipulations inutiles doivent être réduits, et une hygiène rigoureuse avec des gants est recommandée lors des soins à un animal potentiellement infectieux.

  • Les signes à signaler au vétérinaire comprennent :

    • l’absence prolongée de bruits intestinaux
    • l’absence de défécation
    • les régurgitations
    • l’inconfort abdominal

📌 Les massages abdominaux doux et la mobilisation peuvent contribuer au confort et au transit s’ils sont adaptés à l’état de l’animal, tandis que tout médicament stimulant le transit relève d’une prescription vétérinaire.

Astuce mémo

Régurgitation ou fausse déglutition → pneumonie d’aspiration aggravée.

5. Oxygénothérapie et dispositifs

★ À maîtriser

  • L’oxygénothérapie peut soulager l’effort respiratoire et améliorer l’oxygénation, tandis que son humidification aide à préserver l’escalator mucociliaire et à éliminer les sécrétions.

📌 Le choix du dispositif, le débit et l’ajustement de l’oxygène doivent suivre les consignes vétérinaires et le protocole de la structure.

📌 Sous oxygénothérapie, il faut surveiller la SpO₂, la fréquence respiratoire, le confort et le fonctionnement du matériel, puis alerter en cas de mauvaise oxygénation persistante, d’aggravation respiratoire ou de mauvaise tolérance.

Compléments

  • Les dispositifs d’oxygénothérapie évoqués sont :

    • les lunettes nasales
    • les sondes nasales
    • la cage à oxygène
    • l’oxygénothérapie à haut débit
  • Les lunettes nasales sont simples à poser, mais leur maintien en place doit être vérifié.

  • La cage à oxygène convient à certains petits animaux, mais l’ouverture de sa porte lui fait temporairement perdre une partie de son efficacité.

6. Aérosolthérapie et nébulisation

Notions clés & Définitions

  • Aérosolthérapie : Vise à acheminer des médicaments dans les voies respiratoires.

★ À maîtriser

📌 Le sérum salé hypertonique, certains antibiotiques inhalés et les bronchodilatateurs ne doivent être administrés que sur prescription vétérinaire, qui valide le produit, sa compatibilité avec l’appareil, sa dilution et ses associations.

Compléments

  • Pour atteindre les zones profondes du poumon, les particules de l’aérosol doivent être suffisamment petites, avec un intérêt indiqué pour une taille d’environ moins de 5 μm.

  • 🔄 Avec une chambre d’inhalation : habituer progressivement l’animal au dispositif et au masque, couvrir le nez et la bouche avec le masque, garder l’animal aussi calme que possible, suivre la prescription, généralement pendant 10 à 20 inspirations

  • Des bronchodilatateurs ou des corticoïdes inhalés peuvent être prescrits, mais le choix du médicament et sa fréquence relèvent du vétérinaire.

  • 🔄 Une nébulisation consiste à : utiliser l’appareil et le médicament prescrits, vérifier la production d’un aérosol fin, préparer et remplir la cuve selon les instructions, installer confortablement l’animal et maintenir la cuve dans la position recommandée, terminer lorsque la cuve est vide conformément au matériel

  • Une séance de nébulisation dure généralement 5 à 15 minutes selon le dispositif et le volume.

📌 Les séances doivent être éloignées des repas selon le protocole de la clinique, car elles peuvent favoriser des régurgitations ou des vomissements chez certains animaux.

7. Kinésithérapie respiratoire

★ À maîtriser

  • La kinésithérapie respiratoire mobilise les sécrétions et facilite leur expectoration ; elle doit être douce et adaptée à l’état de l’animal et aux consignes de l’équipe vétérinaire.

  • 🔄 Le coupage s’effectue en : utilisant la main en creux, tapotant doucement et régulièrement les côtés du thorax, adaptant le geste à la taille de l’animal, mobilisant les sécrétions sans traumatiser le thorax

📌 Le clapping se réalise avec la main à plat, contrairement au coupage avec la main en creux, et il est déconseillé dans le cours en raison du risque potentiel de lésions pulmonaires.

Compléments

  • Le coupage est généralement réalisé après les inhalations selon le protocole établi.

  • Lors de l’expiration forcée sur un animal en décubitus latéral, le geste est synchronisé avec la respiration spontanée, la pression est appliquée uniquement pendant l’expiration et la manœuvre est interrompue ou adaptée en cas d’inconfort ou de détresse ; la toux ou l’expectoration spontanée est ensuite favorisée.

📌 La fréquence et la durée des séances de kinésithérapie, évoquées comme plusieurs fois par jour, doivent être définies par l’équipe vétérinaire pour chaque animal.

📌 L’aspiration trachéale concerne certains animaux très affaiblis ou incapables d’expectorer et nécessite du matériel adapté ainsi qu’une équipe formée en raison des risques de lésions.

Astuce mémo

Coupage en main creuse ; clapping en main à plat, déconseillé.

8. Médicaments et précautions

★ À maîtriser

  • Les morphiniques peuvent réduire la toux et limiter l’expectoration, de sorte que leur pertinence doit être évaluée par le vétérinaire.

  • Les bronchodilatateurs, antalgiques, tranquillisants, antibiotiques et autres traitements sont administrés uniquement selon prescription vétérinaire.

  • Aucun médicament ne doit être ajouté, supprimé ou modifié sans validation vétérinaire.

Compléments

📌 L’ASV surveille la tolérance aux médicaments, respecte les modalités d’administration et signale tout effet indésirable ou toute aggravation.

9. Conseils au retour à domicile

★ À maîtriser

📌 Au retour à domicile, les doses et la durée des traitements doivent être respectées, et un antibiotique ne doit pas être interrompu sans avis vétérinaire.

Compléments

  • Si une chambre d’inhalation est prescrite, son utilisation correcte doit être montrée aux propriétaires.

📌 Il faut éviter les irritants respiratoires, améliorer l’aération de l’environnement et sensibiliser avec tact aux effets possibles du tabagisme passif.

📌 Pendant la convalescence, les efforts physiques importants sont à éviter et les sorties calmes en laisse sont privilégiées si elles sont autorisées.

  • Les propriétaires doivent surveiller la toux, la respiration, l’appétit et l’état général, et respecter les visites de contrôle prescrites.

📌 Les huiles essentielles et remèdes irritants ne remplacent pas le traitement vétérinaire et peuvent irriter les voies respiratoires ; les inhalations improvisées et les dispositifs susceptibles de brûler ou de stresser l’animal sont à éviter.

10. Rôle de l’ASV et transmissions

Points essentiels

  • L’ASV contribue à la prise en charge en observant la respiration et en mesurant les paramètres demandés, en auscultant et localisant les bruits anormaux si sa formation le permet, en surveillant les soins et le transit, en réalisant les soins autorisés et en prévenant les fausses déglutitions avec les mesures d’hygiène adaptées.

📌 L’ASV transmet au vétérinaire des informations précises, datées et comparables.

  • Les signes à communiquer rapidement à l’équipe vétérinaire sont : une baisse de SpO₂, une fréquence respiratoire élevée ou en hausse, un effort respiratoire accru, un nouveau bruit anormal, une régurgitation, une absence de transit

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1. Quelle structure est atteinte dans une bronchopneumonie ?

2. Chez un animal atteint de bronchopneumonie, quelle conséquence peut découler de l’encombrement des voies respiratoires et des alvéoles ?

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Quelles structures la bronchopneumonie atteint-elle ?

Les bronches et le tissu pulmonaire.

Quel effet la bronchopneumonie peut-elle avoir sur la ventilation et les échanges gazeux ?

Elle peut les diminuer.

Quelles conséquences respiratoires la bronchopneumonie peut-elle provoquer ?

Une réduction du volume d’air mobilisé, une atélectasie et une difficulté respiratoire.

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