★ À maîtriser
Il n’existe pas de sociétés sans drogues, et toutes les substances psychoactives ont été expérimentées à des fins hédoniques, spirituelles ou médicales.
Le tabac est responsable de plus de 80 000 décès par an et l’alcool de 49 000 décès directs par an, chiffre qui double lorsque les causes indirectes sont prises en compte.
Compléments
Usage simple ≠ addiction : l’addiction associe perte de contrôle et poursuite malgré les conséquences
★ À maîtriser
Les trois composantes de la récompense sont (Berridge et Robinson):
La répétition des prises favorise la tolérance, puis le liking évolue vers le wanting et enfin vers le must do, correspondant au craving compulsif.
📐 Formule — Le risque addictif dépend de l’interaction entre les caractéristiques du produit, la vulnérabilité individuelle et l’exposition : .
Compléments
Une hérédité multigénique explique 40 à 60 % du risque addictif et constitue le substrat des polyaddictions.
L’inhalation produit son effet en moins de 10 secondes et constitue la modalité de consommation la plus addictogène, devant l’injection, le sniffing et l’ingestion.
Produit × vulnérabilité × exposition → risque addictif
★ À maîtriser
📌 L’usage simple n’entraîne ni complications somatiques ou psychiques ni dommages, tandis que l’usage à risque expose à des risques immédiats ou différés, notamment l’intoxication, les violences ou l’addiction.
Le binge drinking correspond à la consommation d’au moins 5 verres standards chez l’homme ou 4 chez la femme en environ 2 heures, provoquant une alcoolémie d’au moins 0,8 g/L.
Le Haut Conseil de santé recommande au maximum 3 verres par jour pour les hommes, 2 pour les femmes, un jour d’abstinence par semaine et 4 verres au maximum en une seule occasion.
La dépendance psychique est obligatoire dans l’addiction, se développe progressivement et dure souvent des années, tandis que la dépendance physique est facultative, variable selon le produit et peut apparaître rapidement chez toute personne.
Selon le DSM-5, un trouble de l’usage est léger avec 2 ou 3 critères, moyen avec 4 ou 5 critères et sévère avec au moins 6 critères.
Compléments
Usage → risque → nocif → dépendance
Chez les sujets souffrant d’un trouble mental, le taux de tabagisme est deux à quatre fois supérieur à celui de la population générale, et 70 à 80 % des patients schizophrènes fument.
En cas de comorbidité psychiatrique, l’initiation du tabac est plus précoce, la consommation et la dépendance sont plus fortes, l’arrêt est plus difficile et les comorbidités psychologiques, cognitives et médicales sont plus importantes.
Le cannabis peut induire des symptômes psychotiques dans 15 % des cas, avec des effets psychomimétiques plus marqués en cas de vulnérabilité et selon la dose consommée.
Les études longitudinales et les méta-analyses rapportent un risque deux fois plus élevé de troubles psychotiques chez les sujets dépendants au cannabis, notamment en cas de consommation avant 15 ans, d’effet dose-dépendant, de prédisposition à la schizophrénie ou de polymorphisme de la COMT.
📌 La prise en charge des comorbidités doit dépister systématiquement les troubles associés, intégrer les traitements psychiatriques et addictologiques, suivre l’évolution fluctuante de la motivation et impliquer les proches. — Bellack et al., 2006
📌 Les soins séquentiels traitent successivement les deux troubles, tandis que les soins parallèles et coordonnés les traitent simultanément avec une coopération entre intervenants.
Comorbidité → consommation accrue → sevrage plus difficile
📌 Dans une SCMR, l’accès est restreint aux personnes munies d’une carte d’admission, le deal est interdit, les usagers doivent apporter et déclarer ce qu’ils consomment et l’aide à l’injection par les professionnels est proscrite.
SCMR : accompagner la consommation, sans l’assimiler à une salle d’injection
★ À maîtriser
📌 Le sevrage alcoolique doit être accompagné, car il peut provoquer des crises épileptiques et un delirium tremens potentiellement mortel; l’accompagnement associe notamment vitamines, hydratation et benzodiazépines.
Selon la formule de Widmark, l’alcoolémie correspond à la quantité d’alcool absorbé en grammes divisée par l’eau totale en litres, avec une eau totale estimée par le poids multiplié par un coefficient de 0,6 chez les femmes et de 0,7 chez les hommes.
Une unité d’alcool correspond notamment à:
Le delirium tremens est un syndrome confusionnel agité avec hallucinations qui concerne 3 à 5 % des sevrages alcooliques et se traite par benzodiazépines.
🔄 La prise en charge suit cet ordre:
Compléments
📌 L’abstinence correspond à l’arrêt total et définitif de la consommation, tandis que la gestion de consommation vise une diminution significative de la consommation selon les critères de l’OMS.
Repérer → stabiliser → sevrer → accompagner
★ À maîtriser
La nicotine se fixe aux récepteurs nicotiniques, active le système dopaminergique de récompense et entretient la dépendance.
Le syndrome de sevrage tabagique peut associer:
📌 Une valeur de monoxyde de carbone expiré inférieure à 7 ppm correspond au seuil d’abstinence, tandis qu’une valeur comprise entre 7 et 15 ppm peut évoquer un tabagisme passif ou une intoxication exogène.
Compléments
Nicotine → système de récompense → dépendance → craving et sevrage
★ À maîtriser
Les six stades du changement sont : (DiClemente et Prochaska):
Les principes fondamentaux de l’entretien motivationnel sont:
Compléments
Dans 90 % des cas, le changement comportemental se fait naturellement, sans aide professionnelle.
La théorie de la réactance psychologique de Brehm, publiée en 1981, indique qu’une menace ressentie sur la liberté peut augmenter la résistance et les comportements inadaptés.
Précontemplation → contemplation → préparation → action → maintien
📌 Les jeux de hasard pur reposent principalement sur le hasard, tandis que les jeux à semi-contrôle, comme le poker, les paris sportifs et le PMU, donnent une place surestimée à l’expérience ou aux compétences face au hasard.
Les facteurs addictifs comprennent:
Selon Custer, l’évolution du jeu pathologique passe par une phase de gains, une phase de pertes puis une phase de désespoir.
Les critères comprennent notamment:
La prise en charge repose notamment sur:
Jeu normal : loisir contrôlé ; jeu pathologique : perte de contrôle et dommages
★ À maîtriser
93 % des foyers français sont connectés et 79 % du temps est passé sur smartphone.
Les comportements concernés sont:
Le trouble du jeu vidéo est la seule forme d’addiction aux écrans officiellement reconnue dans le cours, avec une prévalence de 4 à 16 % chez les adolescents de cinq pays européens en 2023 et une moyenne de 4,7 %.
La prise en charge des addictions comportementales vise d’abord le contrôle plutôt que l’abstinence, et associe si besoin une approche motivationnelle, des TCC, le travail sur l’évitement expérientiel et les compétences relationnelles, ainsi qu’une implication de l’entourage.
Compléments
Internet est le vecteur, tandis que l’activité ou le contenu constitue le comportement problématique.
★ À maîtriser
Les principales appellations sont:
Le cycle de l’addiction sexuelle de Carnes comprend une faible estime de soi ou une dépression, des fantaisies sexuelles compensatrices, une mise en acte suivie de culpabilité, puis une lutte infructueuse pour arrêter qui renforce l’anxiété et la faible estime de soi.
La 3-MMC est un stimulant dérivé de l’amphétamine qui agit sur la dopamine, la noradrénaline et la sérotonine, avec une demi-vie inférieure à une heure et des prises répétées de 50 à 100 mg.
📌 L’association du GHB ou de la GBL avec l’alcool ou les benzodiazépines expose à une overdose.
Compléments
La prévalence de l’addiction sexuelle est estimée entre 3 et 6 % aux États-Unis.
L’abus sexuel dans l’enfance est retrouvé chez 82 % des patients présentant une addiction sexuelle dans les données du cours.
📌 L’association des poppers avec le Viagra expose à une hypotension pouvant entraîner le décès.
Dopamine accélère, sérotonine freine : la dérégulation favorise la recherche sexuelle compulsive.
★ À maîtriser
L’anorexie mentale se caractérise par une restriction énergétique et une peur intense de prendre du poids, la boulimie par des accès hyperphagiques avec comportements compensatoires, et l’hyperphagie boulimique par des accès hyperphagiques sans comportements compensatoires.
Dans la boulimie, les accès hyperphagiques et les comportements compensatoires surviennent en moyenne au moins une fois par semaine pendant trois mois.
Dans l’hyperphagie boulimique, les accès surviennent en moyenne au moins une fois par semaine pendant trois mois, provoquent une souffrance marquée et ne sont pas suivis de comportements compensatoires.
Les trois classes sont:
📌 Pour le dépistage du VHC, un résultat anticorps positif avec ARN positif indique une infection actuelle, un résultat anticorps positif avec ARN négatif une infection antérieure, et des résultats anticorps négatif et ARN négatif l’absence d’infection antérieure connue.
Compléments
Anorexie restreint, boulimie compense, BED hyperphagie sans compensation.
📌 Chez toute personne présentant une infection chronique par le VHC, une évaluation formelle de la cirrhose par des tests non invasifs est recommandée, et l’histologie hépatique n’est pas requise pour accéder au traitement antiviral.
📌 Chez les usagers de drogues, le VHC doit être dépisté régulièrement, le traitement est indiqué y compris sous traitement de substitution ou chez les injecteurs, et le dépistage doit être poursuivi une à deux fois par an après guérison si les pratiques à risque persistent.
Dépistage insuffisant → nouvelles contaminations et accès tardif aux soins
★ À maîtriser
Le high de cocaïne associe euphorie, énergie accrue, idées de grandeur, tachypsychie, désinhibition, hypervigilance, anorexie, insomnie et augmentation de l’intérêt sexuel, puis le crash survient avec dysphorie, anxiété, fatigue, irritabilité et autodépréciation.
Le risque de dépendance à la cocaïne est estimé à 6-7 % durant la première année et à 20 % à long terme.
La cocaïne augmente le risque de syndrome coronarien aigu, avec un risque multiplié par 24 dans l’heure suivant la prise, et constitue la première cause d’infarctus du myocarde avant 50 ans.
Le crack peut provoquer un crack lung, syndrome pulmonaire aigu associant fièvre, hémoptysie, hypoxémie et détresse respiratoire.
📌 Il n’existe pas d’antidote spécifique de l’intoxication aiguë à la cocaïne, dont le traitement est symptomatique.
📌 Le THC est psychoactif et peut provoquer anxiété, sédation et tachycardie, tandis que le CBD n’est pas considéré comme proprement psychoactif et possède des effets antalgiques, anti-inflammatoires et anticonvulsivants.
Compléments
La cocaïne est extraite des feuilles d’Erythroxylum coca et d’Erythroxylum novogranatense, qui contiennent environ 0,5 à 1,5 % de cocaïne.
Les cannabinoïdes de synthèse sont souvent plus puissants et imprévisibles que le cannabis, ne sont pas détectés par les bandelettes urinaires classiques au THC et 209 nouveaux cannabinoïdes de synthèse ont été détectés en Europe depuis 2008.
Cocaïne : stimulation puis crash ; cannabis : ivresse puis troubles cognitifs
★ À maîtriser
Les traitements de substitution ont permis de sauver près de 3500 vies entre 1995 et 2003 et de diviser par cinq le nombre de surdoses liées à l’héroïne entre 1994 et 2002.
La méthadone est un agoniste pur des récepteurs opioïdes, tandis que la buprénorphine est un agoniste partiel qui limite davantage les effets dépresseurs cardio-respiratoires.
Lors de l’induction de la méthadone, il faut commencer bas et augmenter doucement, car le risque d’overdose augmente par accumulation jusqu’au cinquième ou sixième jour.
L’arrêt d’un traitement de substitution doit être envisagé en cas d’absence d’usage d’héroïne, d’abus d’autres substances, de stabilité sociale et d’absence de trouble somatique ou psychiatrique actuel, puis réalisé par diminution progressive des doses.
Compléments
Induire prudemment, stabiliser, puis réduire progressivement
★ À maîtriser
📌 Pendant la grossesse, tout usage de substance psychoactive, même ponctuel, peut être nocif, tous les produits franchissent la barrière placentaire et peuvent être présents dans le lait maternel.
Compléments
Le dispositif AMéLYON, inscrit dans un appel à candidatures de la CPAM pour 2022-2026, accompagne les publics à risque, notamment les mineurs et les majeurs de moins de 21 ans.
Les facteurs de protection comprennent:
Repérer tôt → coordonner les soins → réduire les risques mère-enfant
Le tabagisme pendant la grossesse est associé à un risque dose-dépendant de grossesse extra-utérine, de fausse couche spontanée avec un risque relatif de 1,8, de retard de croissance et de mort inattendue du nourrisson.
Dès une cigarette par jour pendant toute la grossesse, le risque de mort inattendue du nourrisson est doublé, et le tabagisme passif paternel ou maternel augmente également le risque d’un facteur 2.
📌 Les traitements substitutifs nicotiniques sont proposés selon la consommation antérieure, avec une titration progressive, et le sous-dosage doit être recherché au troisième trimestre en raison de l’augmentation du métabolisme de la nicotine et du volume sanguin.
Le cannabis est liposoluble, se concentre dans le lait maternel et peut être associé à un faible poids de naissance, à une hypertension, à une pré-éclampsie et à un décollement placentaire.
L’exposition à la cocaïne diminue le flux placentaire par hypertension et vasoconstriction intense, et multiplie par 4 ou 5 la fréquence de l’hématome rétroplacentaire.
📌 Les traitements de substitution par méthadone ou buprénorphine doivent maintenir un taux stable et ne doivent pas être diminués ou arrêtés pour prévenir le syndrome de sevrage néonatal, dont le risque n’est pas corrélé à la posologie du traitement de substitution.
Le manque opioïde menace le fœtus, tandis que les TSO stabilisent l’exposition
En France, toute prescription d’opioïdes doit être accompagnée de naloxone selon les règles de bon usage.
Les nouvelles substances psychoactives ont des effets recherchés proches de ceux des drogues classiques mais une structure chimique légèrement différente, ce qui peut initialement entraîner peu de données pharmacotoxicologiques, des difficultés analytiques et un vide juridique.
📌 Les nouvelles substances psychoactives regroupent notamment les cathinones, les opioïdes de synthèse, les benzodiazépines de synthèse et les cannabinoïdes de synthèse, dont les effets et les risques varient selon leur structure et leur mode d’usage.
Les cathinones inhibent la recapture et augmentent la libération de noradrénaline, de dopamine et de sérotonine, provoquant un toxidrome sympathomimétique avec des signes cardiovasculaires et neuropsychiatriques, une hyperthermie possible et parfois une rhabdomyolyse ou une CIVD.
Les opioïdes de synthèse sont des agonistes des récepteurs opioïdes mu et peuvent être extrêmement puissants, le fentanyl étant présenté comme 100 fois plus puissant que la morphine et l’isotonitazène comme 500 fois plus puissant.
📌 Le toxidrome opioïde associe myosis, dépression du système nerveux central et dépression respiratoire, et peut répondre à la naloxone, parfois à des doses plus élevées qu’avec les opioïdes classiques.
📌 Le rétablissement implique que la personne participe aux décisions concernant ses soins, soutienne l’espoir d’une vie sereine et retrouve une place dans la communauté, quelle que soit sa situation pathologique.
📌 Dans l’addiction, la perte de contrôle peut toucher l’inhibition, la flexibilité, la mémoire et la prise de décision, tandis que le système impulsif se manifeste notamment par le craving et les biais attentionnels envers la substance.
📌 Les risques et dommages liés à une consommation dépendent du type de substance, du mode de consommation, du contexte de consommation et de la personne.
Overdose : reconnaître → administrer la naloxone → surveiller la reprise respiratoire
| Dimension | Dépendance psychique | Dépendance physique |
|---|---|---|
| Nécessité dans l’addiction | Obligatoire | Non obligatoire |
| Évolution | Progressive, souvent longue | Variable selon le produit, parfois rapide |
| Expression clinique | Répertoire commun des 5C | Syndrome de sevrage spécifique du produit |
| Stade | Caractéristique | Objectif thérapeutique |
|---|---|---|
| Précontemplation | La personne ne voit pas le problème | Faire émerger le doute |
| Contemplation | Ambivalence et réflexion | Explorer l’ambivalence et renforcer la confiance |
| Préparation | Décision d’agir prochainement | Choisir une stratégie |
| Action et maintien | Modification puis stabilisation du comportement | Accompagner le changement et prévenir la rechute |
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Qu'est-ce qu'une conduite addictive ?
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Comment se définit l'addiction ?
Un comportement répété et incontrôlable recherché pour plaisir ou soulagement malgré conséquences négatives.
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