Fiche de révision : Pathologies chirurgicales digestives

Plan du Cours

  1. Cancérogenèse et transformation tumorale
  2. Diagnostic et traitements des cancers
  3. Cancer de l’œsophage
  4. Cancer de l’estomac
  5. Cancer colorectal
  6. Cancer du pancréas
  7. Tumeurs et parasitose hépatiques
  8. Occlusion intestinale
  9. Péritonites aiguës
  10. Lithiase des voies biliaires
  11. Abcès du foie
  12. Hernie hiatale et reflux
  13. Examen clinique des hernies
  14. Fissure anale
  15. Pancréatite aiguë
  16. Traumatismes abdominaux
  17. Appendicite aiguë
  18. Ulcère gastroduodénal

1. Cancérogenèse et transformation tumorale

Notions clés & Définitions

  • Tumeur : Prolifération cellulaire excessive et désordonnée.
  • Carcinome in situ : Petite masse de cellules malignes qui ne franchit pas la membrane basale et constitue une lésion précancéreuse.

★ À maîtriser

📌 Un cancer in situ reste au niveau de l’organe, tandis qu’un cancer invasif se dissémine hors de l’organe d’origine par voie hématogène ou lymphatique et peut produire des métastases.

  • La cancérogenèse progresse de l’initiation, où une cellule normale accumule des altérations génétiques, à la sélection clonale et la multiplication, puis au stade tumoral cancéreux et au stade métastatique.

Compléments

📌 L’hyperplasie correspond à une prolifération excessive de cellules normales, tandis que la dysplasie correspond à une forme et une orientation anormales des cellules.

  • Les épithéliums donnent principalement des carcinomes, les tissus conjonctifs des sarcomes et les tissus nerveux des tumeurs nerveuses.

  • Les cancers épithéliaux représentent neuf cancers sur dix et comprennent notamment les carcinomes pavimenteux, épidermoïdes ou malpighiens, ainsi que les adénocarcinomes des glandes.

  • Une intervention extérieure, comme une inflammation chronique, une radiation, un produit toxique ou un virus, peut déclencher une dysrégulation du génome; les modifications sont transmises et s’accumulent dans les cellules issues de la même souche, puis l’invasion locale peut conduire à la dissémination métastatique.

  • Les cellules cancéreuses peuvent se multiplier indépendamment des facteurs de croissance et échapper à l’apoptose, ce qui tend à les rendre immortelles.

Astuce mémo

Initiation → promotion → invasion → dissémination

2. Diagnostic et traitements des cancers

Notions clés & Définitions

  • Classification TNM : Classification qui décrit l’extension de la tumeur primitive (T), la présence ou l’absence de métastases ganglionnaires (N) et la présence ou l’absence de métastases à distance (M), afin d’aider à la décision thérapeutique.
  • Marqueur tumoral : Antigène présent en faible quantité dans le sérum à l’état normal ou molécule synthétisée par certains tissus néoplasiques; son dosage sert surtout à surveiller l’évolution d’un cancer et l’efficacité du traitement.

★ À maîtriser

  • Les facteurs externes cités et leurs proportions sont :

    • Les habitudes alimentaires, dont l’alcool : 35 %
    • Le tabac : 30 %
    • Les virus : 10 %
    • L’hérédité ou d’autres causes inconnues : 6 %
    • L’environnement professionnel : 4 %
    • La pollution : 4 %
    • Le soleil : 3 %
  • Les trois grands principes thérapeutiques sont :

    • La chirurgie
    • La radiothérapie
    • La chimiothérapie

Compléments

  • Le délai entre la détection et la phase clinique du cancer établi est de 5 à 10 ans pour le cancer du côlon, de 10 à 15 ans pour le cancer de l’utérus et de 15 à 30 ans pour le cancer du poumon.

  • Les marqueurs tumoraux cités sont :

    • Les antigènes carcino-embryonnaires (ACE)
    • Les alpha-fœtoprotéines
    • Les mélanines
    • Les cytokératines
    • Les antigènes CA 19.9, CA 125 et CA 15.3
    • Les immunoglobulines
    • Les hormones telles que HCG, ACTH, calcitonine et hormone thyroïdienne
  • La radiothérapie utilise des radiations ionisantes pour modifier la structure génétique des cellules et stopper leur reproduction; la curiethérapie place une source radioactive dans la tumeur ou une cavité naturelle, tandis que la radiothérapie métabolique utilise des radioéléments injectés sous forme liquide.

  • La chimiothérapie agit notamment sur l’ADN, les protéines du cytoplasme ou les mitochondries et associe différents cytotoxiques; elle peut être néoadjuvante, adjuvante ou palliative.

  • La chimiothérapie touche aussi des cellules saines en raison de leur vitesse de croissance, ce qui explique ses effets secondaires.

  • L’immunothérapie module le système immunitaire par des stimulants de la réponse immunitaire ou par des anticorps monoclonaux bloquant des signaux tumoraux ou une réponse immunitaire induite par les cellules tumorales.

Astuce mémo

T décrit la tumeur, N les ganglions, M les métastases

3. Cancer de l’œsophage

★ À maîtriser

📌 Le carcinome épidermoïde de l’œsophage est principalement associé à l’intoxication alcoolique et tabagique, tandis que l’adénocarcinome siège dans la partie inférieure de l’œsophage et est lié au reflux gastro-œsophagien chronique.

  • Dans l’adénocarcinome œsophagien, le reflux chronique modifie la muqueuse en endobrachyœsophage, qui peut secondairement se cancériser.

  • La dysphagie est le symptôme le plus fréquent du cancer de l’œsophage et résulte de l’obstruction de sa lumière par la tumeur.

  • Le diagnostic positif du cancer de l’œsophage repose sur une biopsie réalisée lors de l’endoscopie œsophagienne.

Compléments

  • Le carcinome épidermoïde de l’œsophage est le type le plus fréquent, prédomine fortement chez l’homme et est souvent associé à des cancers du pharynx, du larynx et du poumon.

  • La dysphagie du cancer œsophagien s’aggrave progressivement, passant d’une gêne à la déglutition des solides à l’impossibilité complète de s’alimenter (aphagie), et entraîne un amaigrissement.

  • L’échographie-endoscopique et le scanner thoracique précisent l’extension loco-régionale et ganglionnaire, tandis que l’endoscopie trachéo-bronchique recherche une extension à la trachée ou à une grosse bronche.

  • La chirurgie curative du cancer œsophagien consiste en une œsophagectomie subtotale avec curage ganglionnaire et remplacement de l’œsophage par une gastroplastie, mais elle est impossible chez la majorité des patients.

  • La radio-chimiothérapie concomitante est principalement utilisée lorsque la chirurgie est contre-indiquée, notamment pour les tumeurs volumineuses ou avec envahissement ganglionnaire, et peut être suivie d’une chirurgie si la réduction tumorale est suffisante.

  • Les traitements palliatifs de la dysphagie comprennent :

    • Les dilatations endoscopiques
    • La pose d’une endoprothèse œsophagienne
    • La désobstruction par photocoagulation ou électrocoagulation

Astuce mémo

Reflux chronique → endobrachyœsophage → adénocarcinome

4. Cancer de l’estomac

★ À maîtriser

  • Le cancer de l’estomac est généralement un adénocarcinome.

  • Le diagnostic positif du cancer gastrique repose sur l’endoscopie digestive haute avec biopsie de la tumeur.

Compléments

  • Le cancer gastrique peut se manifester par des douleurs non spécifiques, des vomissements post-prandiaux dus à une sténose ou une hémorragie occulte révélée par une anémie par carence martiale.

  • Le syndrome cachectique du cancer gastrique est fréquent et associe perte de poids, anorexie et fatigue.

  • L’échographie endoscopique et le scanner évaluent l’envahissement gastrique et ganglionnaire, tandis que le scanner thoracique et abdomino-pelvien recherche l’extension aux organes voisins et à distance.

📐 Formule - Le pourcentage d’amaigrissement est calculé par (poids de forme−poids actuel)×100poids de forme\frac{(\text{poids de forme} - \text{poids actuel}) \times 100}{\text{poids de forme}}; un amaigrissement de plus de 10 % traduit une dénutrition.

  • La gastrectomie totale avec ablation des ganglions satellites est l’intervention la plus habituelle; le cancer du cardia peut nécessiter une œso-gastrectomie et une tumeur très volumineuse peut nécessiter l’ablation de la rate ou du côlon transverse.

  • Après gastrectomie, le syndrome du petit estomac associe satiété rapide, ballonnements et douleurs post-prandiales, tandis que le dumping syndrome provoque sueurs, vertiges, palpitations et diarrhée quelques minutes à quelques heures après le repas.

  • Après gastrectomie, une carence en vitamine B12 peut nécessiter un apport par injection intramusculaire tous les 3 mois.

  • La chimiothérapie du cancer gastrique est utilisée dans les formes métastatiques et avant chirurgie pour les tumeurs volumineuses; si une tumeur inextirpable est sténosante, une jéjunostomie permet l’alimentation entérale.

5. Cancer colorectal

★ À maîtriser

  • Les facteurs favorisants du cancer colorectal comprennent :

    • Les antécédents familiaux de cancer ou d’adénome colorectal
    • Les antécédents personnels d’adénome
    • La maladie de Crohn
    • Un cancer antérieur de l’ovaire, du corps de l’utérus ou du sein
    • Un apport calorique élevé
    • La sédentarité
    • L’excès de poids
    • La consommation de tabac et d’alcool
  • Le mécanisme le plus fréquent du cancer colorectal est la transformation maligne d’un polype adénomateux bénin, retrouvée dans 67 à 90 % des cas.

  • La coloscopie totale est le meilleur moyen de dépister le cancer colorectal; elle permet d’enlever un polype, qui peut devenir cancéreux dans un cas sur dix, et de réaliser des biopsies.

Compléments

  • Les cancers colorectaux représentent 17 % de l’ensemble des cancers et sont, après le cancer du poumon, les plus fréquents chez les hommes et les femmes.

  • L’adénocarcinome colorectal infiltre successivement les couches de la paroi colique, atteint les organes voisins, puis les ganglions lymphatiques et peut métastaser au foie, au péritoine, aux poumons, au squelette ou au cerveau.

  • Les complications révélatrices possibles sont :

    • Une occlusion intestinale aiguë
    • Des suppurations néoplasiques rectales
    • Une péritonite
    • Une fistulisation avec la vessie
  • Les manifestations possibles comprennent :

    • Des coliques intestinales intermittentes
    • Un ballonnement suivi de diarrhées fétides ou d’autres troubles digestifs
    • Une altération de l’état général
    • Une anémie avec méléna
    • Une rectorragie
  • Le dépistage de masse par Hémocult des personnes de plus de 50 ans est présenté comme le seul moyen de diminuer la fréquence du cancer colorectal; trois selles doivent être vérifiées en cas de rectorragies, sans prise d’aspirine.

  • La résection colique d’un cancer localisé enlève le segment atteint, des portions coliques proximales saines et les relais ganglionnaires; la continuité digestive est rétablie par anastomose immédiate ou après une stomie provisoire de décharge.

  • Lorsque la résection d’un cancer colorectal est impossible, la chimiothérapie peut servir de relais palliatif; pour le cancer rectal, la radiothérapie de contact peut être efficace pour les petites tumeurs basses et la radiothérapie postopératoire réduit les récidives locales.

Astuce mémo

Polype adénomateux → tumeur maligne → extension

6. Cancer du pancréas

★ À maîtriser

  • Le cancer du pancréas siège le plus souvent à la tête du pancréas, dans près de 70 % des cas, et son type histologique le plus fréquent est l’adénocarcinome.

  • Le diagnostic du cancer pancréatique repose sur l’imagerie, notamment le scanner ou l’échographie endoscopique, et le diagnostic de certitude nécessite une biopsie, généralement réalisée lors d’une échographie endoscopique.

  • La duodéno-pancréatectomie céphalique enlève le duodénum et la tête du pancréas; cette chirurgie lourde entraîne fréquemment des complications, notamment une fistule pancréatique, et sa mortalité est de 5 %.

Compléments

  • Le cancer du pancréas s’étend rapidement aux organes adjacents et produit fréquemment des métastases précoces.

  • Les douleurs épigastriques du cancer pancréatique irradient fréquemment dans le dos, sont aggravées par l’alimentation et la position allongée, et soulagées par la position penchée en avant.

  • L’ictère associe :

    • Une coloration jaune des téguments
    • Des urines foncées
    • Des selles décolorées
    • Un prurit
  • Le CA 19-9 est fréquemment élevé dans le cancer du pancréas, mais n’est pas spécifique et sert surtout à suivre l’efficacité des traitements.

  • Les séquelles possibles de la duodéno-pancréatectomie comprennent la diarrhée, qui peut nécessiter des enzymes pancréatiques par voie orale, et le diabète.

  • Pour les cancers pancréatiques inopérables, une chimiothérapie peut être utilisée si l’état général le permet; une radio-chimiothérapie peut être discutée pour une tumeur envahissant les organes voisins sans métastases.

  • L’ictère par compression de la voie biliaire principale peut être traité par la pose endoscopique d’une prothèse endo-biliaire.

7. Tumeurs et parasitose hépatiques

Notions clés & Définitions

  • Carcinome hépatocellulaire : Tumeur primitive du foie qui complique le plus souvent une cirrhose.
  • Kyste hydatique : Dû au développement de la forme larvaire d’Echinococcus granulosus chez l’être humain après ingestion des œufs éliminés par le chien; il peut se développer dans tous les organes.

★ À maîtriser

  • Les causes les plus fréquentes sont :

    • L’intoxication alcoolique
    • Les hépatites virales chroniques par le virus B
    • Les hépatites virales chroniques par le virus C, surtout
  • Le kyste hydatique du foie est souvent découvert devant une pesanteur de l’hypochondre droit, mais peut aussi provoquer des douleurs basi-thoraciques ou lombaires droites, des épigastralgies, ou être découvert fortuitement.

  • L’examen peut révéler une hépatomégalie ou une masse arrondie ou ovale, bien limitée, ferme ou rénitente, indolore et mobile avec le foie à la respiration.

  • L’échographie abdominale est l’examen de référence du kyste hydatique du foie et précise son siège, son nombre, sa taille ainsi que ses rapports vasculaires et biliaires.

  • La complication la plus fréquente du kyste hydatique du foie est biliaire et se manifeste habituellement par une angiocholite aiguë avec douleur, fièvre et ictère.

  • L’albendazole est administré par voie orale à 10 à 15 mg/kg/j en deux prises continues pendant trois à six mois pour traiter le kyste hydatique du foie.

Compléments

  • Le carcinome hépatocellulaire reste souvent longtemps asymptomatique et son diagnostic est fréquemment tardif; la surveillance systématique d’une cirrhose connue est le seul moyen présenté pour découvrir une petite tumeur.

  • Les manifestations d’un carcinome hépatocellulaire généralement inopérable comprennent des douleurs de l’hypocondre droit liées à une tumeur volumineuse, une cachexie précoce et une aggravation de la cirrhose avec hémorragie digestive par rupture de varices œsophagiennes, ascite ou œdème des membres inférieurs; les métastases sont rares.

  • En cas de cirrhose connue, un carcinome hépatocellulaire peut être diagnostiqué sans biopsie si l’imagerie par scanner ou IRM est caractéristique et si l’alpha-fœtoprotéine (AFP) est élevée.

  • L’hépatectomie partielle est rarement possible pour le carcinome hépatocellulaire en raison d’une tumeur trop volumineuse, de nodules multiples ou de la sévérité de la cirrhose; une transplantation peut être envisagée si la tumeur est limitée mais que la cirrhose empêche l’hépatectomie.

  • Les traitements locaux du carcinome hépatocellulaire comprennent la destruction percutanée par radiofréquence ou alcoolisation et, pour les tumeurs hépatiques multiples sans traitement local possible, la chimio-embolisation de l’artère hépatique.

  • L’échinococcose kystique est endémique dans des zones rurales d’élevage, notamment au Maghreb et au Moyen-Orient.

  • Le kyste hydatique du foie se diagnostique par l’examen clinique, l’imagerie et la sérologie hydatique; l’échographie visualise les kystes et peut faire suspecter leurs complications, tandis que la sérologie contribue notamment à détecter les récidives après traitement.

  • Dans les viscères de l’hôte intermédiaire ou accidentel, l’embryon hexacanthe perd ses crochets, se vacuolise et prend une forme kystique; la larve croît concentriquement à une vitesse de 1 à 30 mm par an chez l’être humain, s’entoure parfois de parenchyme fibrosé et forme un kyste rempli de liquide hydatique pouvant atteindre 25 cm.

8. Occlusion intestinale

★ À maîtriser

  • Une occlusion intestinale correspond à l’interruption du transit des gaz et des selles au niveau du grêle, avec interruption du péristaltisme intestinal.

📌 L’occlusion mécanique résulte d’un obstacle, tandis que l’occlusion fonctionnelle résulte d’un iléus paralytique sans obstacle mécanique décrit.

  • Les causes extraluminales comprennent :

    • Les brides ou adhérences
    • Le volvulus
    • Les hernies étranglées
    • Les kystes ou tumeurs abdominales compressives
  • Dans l’occlusion, l’intestin se distend en amont de l’obstacle, les sécrétions persistent à 5 à 6 L/24 h et leur réabsorption cesse, entraînant une accumulation liquidienne dans un troisième secteur et des pertes hydriques, nutritives et gazeuses.

  • La baisse du débit mésentérique dans l’occlusion entraîne une atonie et un œdème intestinaux, puis une hypovolémie, un état de choc, une insuffisance rénale fonctionnelle et, éventuellement, une nécrose ou une perforation.

📌 Une occlusion intestinale par strangulation nécessite une prise en charge chirurgicale immédiate en raison du risque de nécrose, de gangrène et de choc.

Compléments

  • Les causes intraluminales comprennent :

    • Les tumeurs de la paroi intestinale
    • La maladie de Crohn
    • Les entérites postradiques
    • Les corps étrangers
    • Les parasites intestinaux
    • Les amas de fibres alimentaires non digérées
  • Les causes d’iléus fonctionnel comprennent :

    • Une péritonite
    • Une chirurgie abdominale
    • Une consommation abusive d’opiacés
    • Une inflammation ou infection abdominale
    • Une diverticulite
    • Une hypokaliémie
    • Un syndrome de Hirschsprung
    • Des troubles hypophysaires ou des hémorragies abdominales
  • Les signes cliniques comprennent :

    • Des douleurs paroxystiques à intervalles libres
    • Une interruption du péristaltisme
    • Un météorisme abdominal
    • Des nausées et vomissements
    • Une hyperthermie
    • Une défense abdominale
  • Une occlusion par obstruction mécanique peut être prise en charge dans un délai indiqué de 24 h avec aspiration digestive et perfusion de correction des désordres hydroélectrolytiques.

Astuce mémo

Obstacle → distension → hypovolémie → nécrose

9. Péritonites aiguës

Notions clés & Définitions

  • Péritonite aiguë : Infection ou inflammation aiguë généralisée du péritoine.

★ À maîtriser

  • Les principales étiologies citées sont :

    • Les causes appendiculaires
    • Les causes coliques
    • Les causes gynécologiques
    • Les causes ulcéreuses gastroduodénales
    • Les complications d’un traitement instrumental du grêle ou du côlon
  • Le syndrome péritonéal typique associe des douleurs abdominales intenses, des vomissements liés à l’iléus paralytique, un arrêt du transit et des signes généraux parfois suivis rapidement d’un choc septique avec défaillance multiviscérale.

  • Le signe majeur à l’examen d’une péritonite est une contracture abdominale douloureuse, invincible, permanente et diffuse, parfois prédominante du côté de la lésion.

  • La mortalité globale des péritonites est de 25 %, avec une mortalité de 4 % pour les formes appendiculaires, de 30 % pour les formes coliques et de 60 % pour les formes postopératoires.

Compléments

  • La péritonite postopératoire est rare et grave, souvent liée à une désunion anastomotique, et son diagnostic est difficile et souvent tardif.

  • La péritonite localisée peut évoluer vers un abcès du cul-de-sac de Douglas ou, en contexte postopératoire, un abcès sous-phrénique.

  • Le traitement spécifique d’une péritonite comprend une laparotomie ou une laparoscopie, l’exploration abdominale, une toilette péritonéale minutieuse, le traitement de la lésion en cause et le drainage de la cavité péritonéale.

10. Lithiase des voies biliaires

★ À maîtriser

  • La lithiase biliaire est cholestérolique dans 80 % des cas et pigmentaire dans 20 % des cas.

  • La colique hépatique est une douleur intense et brutale, souvent épigastrique avec irradiation à l’épaule droite, fréquemment accompagnée de vomissements et durant de 20 minutes à 6 heures.

  • L’échographie est centrale dans le diagnostic de lithiase biliaire et visualise les calculs vésiculaires dans 90 % des cas et les calculs du cholédoque dans 70 % des cas.

  • L’angiocholite aiguë est une infection de la voie biliaire principale et des voies biliaires intrahépatiques avec diffusion septicémique, classiquement marquée dans l’ordre par une colique hépatique, de la fièvre avec frissons, puis un ictère.

Compléments

  • Les facteurs de risque comprennent :
    • L’âge, l’origine ethnique et les antécédents familiaux
    • L’obésité
    • Le sexe féminin
    • Les œstrogènes, la ciclosporine, la somatostatine et la nutrition parentérale totale
    • La grossesse
    • Le diabète de type 2 et le syndrome métabolique

📌 La lithiase pigmentaire noire est favorisée par l’hémolyse chronique et la cirrhose, tandis que la lithiase pigmentaire brune est favorisée par une stase biliaire liée à une sténose ou à une anomalie congénitale du cholédoque.

  • La lithiase vésiculaire asymptomatique est souvent découverte fortuitement à l’échographie, où le calcul apparaît hyperéchogène, mobile et déclive dans la vésicule, avec un cône d’ombre postérieur.

📌 La cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique est pratiquée à visée thérapeutique, tandis que l’échoendoscopie et la cholangio-IRM explorent mieux la voie biliaire principale.

  • Le traitement de la cholécystite aiguë lithiasique associe une antibiothérapie pendant 48 h puis une cholécystectomie.

11. Abcès du foie

Notions clés & Définitions

  • Abcès hépatique : Cavité suppurée liée à l’invasion et à la multiplication de micro-organismes dans un tissu hépatique sain ou pathologique.

★ À maîtriser

  • Le tableau classique de l’abcès hépatique associe une fièvre élevée de 39 à 39,5 °C avec frissons, des douleurs de l’hypochondre droit, une altération de l’état général fréquente et une hépatomégalie douloureuse.

📌 Le traitement antibiotique de l’abcès hépatique repose sur une céphalosporine de troisième génération et le métronidazole, et une ponction est pratiquée si la fièvre persiste ou si l’abcès augmente de taille sous traitement.

Compléments

  • Les agents infectieux comprennent :

    • Staphylococcus aureus
    • Escherichia coli
    • Les Klebsiella et les entérobactéries
    • Les parasites, notamment amibiens
    • Les infections mixtes parasitaires et pyogènes
    • Les champignons, plus rarement
  • Aucun germe n’est retrouvé dans un tiers des cas d’abcès hépatique.

  • Les causes d’abcès hépatique comprennent les infections intra-abdominales ou extra-abdominales, la chirurgie, les gestes interventionnels hépatobiliaires et les traumatismes hépatiques ou embolisations artérielles pour traumatisme.

  • Le bilan comprend :

    • Deux hémocultures périphériques
    • Une radiographie pulmonaire
    • Une échographie abdominale pour préciser localisation, nombre et taille
    • Une sérologie amibienne et de bartonellose

12. Hernie hiatale et reflux

Notions clés & Définitions

  • Hernie hiatale : Passage d’une partie de l’estomac dans le thorax.
  • Hernie : Extériorisation spontanée d’un viscère qui refoule les éléments de la paroi abdominale ou pelvienne à travers une zone de déficience pariétale anatomiquement prévisible.
  • Pyrosis : Brûlure rétrosternale débutant dans la région épigastrique et remontant derrière le sternum, souvent déclenchée par l’antéflexion ou nocturne.

★ À maîtriser

📌 La hernie hiatale par glissement, représentant 90 % des cas, entraîne l’ascension du cardia et d’une partie de l’estomac, tandis que la hernie par roulement, représentant 10 % des cas, laisse le cardia fixe et fait passer la grosse tubérosité en avant de l’œsophage à travers le hiatus.

  • La fibroscopie œso-gastro-duodénale est indiquée en présence de signes d’alarme, après 50 ans, en cas de symptômes résistants aux inhibiteurs de la pompe à protons ou de consommation excessive d’alcool ou de tabac.

📌 Toute hernie expose à l’étranglement, complication majeure caractérisée par une tuméfaction douloureuse et irréductible accompagnée de signes occlusifs.

Compléments

  • Les régurgitations liées au reflux gastro-œsophagien donnent l’impression d’une arrivée de liquide acide dans la bouche.

  • La pH-métrie est effectuée sur 24 h et mesure la fréquence et la durée des chutes du pH œsophagien en dessous de 4.

📌 Les alginates soulagent rapidement le pyrosis du reflux non compliqué d’œsophagite, mais ne font pas régresser les lésions d’œsophagite.

📌 La chirurgie antireflux est envisagée chez un patient à faible risque opératoire ayant un reflux typique invalidant et ne pouvant être sevré d’un traitement d’entretien.

  • Les facteurs favorisant les hernies comprennent l’âge avancé, l’obésité ou les variations rapides du poids, ainsi que les causes d’hyperpression abdominale telles que l’ascite, la toux, les efforts de poussée, le port de charges lourdes et la grossesse.

📌 Une hernie étranglée peut être traitée par réduction manuelle effectuée par un chirurgien ou par intervention chirurgicale en cas de signes occlusifs, d’étranglement supérieur à 12 h ou d’échec de la réduction manuelle.

Astuce mémo

Glissement : cardia ascensionné ; roulement : cardia fixe

13. Examen clinique des hernies

Notions clés & Définitions

  • Hémorroïdes : Dilatations variqueuses internes ou externes des veines ano-rectales.

★ À maîtriser

  • Une hernie inguinale classique est généralement une masse molle réductible dans la cavité abdominale, avec une impulsion palpable à la toux.

📌 La hernie inguinale directe bombe en avant à travers le triangle inguinal de Hesselbach, apparaît généralement debout lors de la toux ou d’un effort, puis disparaît en position allongée.

  • L’étranglement herniaire peut rendre la peau sus-jacente rouge et tendue et la masse douloureuse à la palpation, tandis que l’impulsion à la toux disparaît.

  • Les principales causes idiopathiques des hémorroïdes sont : la sédentarité, l’obésité, certains sports comme l’équitation et le cyclisme, une diététique ou une hygiène de vie déséquilibrée, la constipation et les diarrhées, l’abus de laxatifs irritants, certaines perturbations endocriniennes comme la période prémenstruelle, la grossesse et une prédisposition constitutionnelle héréditaire

  • Les rectorragies hémorroïdaires sont généralement peu abondantes, rythmées par la défécation, séparées des selles et sans méléna.

  • Les traitements possibles sont : les mesures hygiénodiététiques, les médicaments topiques ou veinotropes, les injections sclérosantes sous-muqueuses en cas de rectorragies, la ligature élastique, la cryothérapie, la chirurgie

Compléments

  • Une hernie inguinale fait habituellement saillie au-dessus du pli de l’aine ; un gonflement médial et supérieur au tubercule pubien évoque une hernie inguinale.

  • Chez le sportif, une gêne douloureuse peut constituer le seul symptôme clinique de la hernie.

  • Chez l’homme, la recherche d’une petite hernie inguinale indirecte consiste à invaginer doucement le scrotum et à palper l’impulsion à l’anneau externe lorsque le patient tousse.

  • Lors de l’examen d’un homme, il faut compter les testicules dans le scrotum, normalement au nombre de deux, car un testicule mal descendu peut être confondu avec une hernie inguinale.

  • Une hernie qui évolue progressivement sans complication peut élargir son collet et détruire les mécanismes de contention pariétale, jusqu’à devenir volumineuse.

  • Les causes particulières, rares et souvent graves, comprennent les lésions pelviennes — tumeurs ou affections recto-sigmoïdiennes, génitales ou prostatiques — et certaines affections générales comme l’hypertension portale.

  • Les hémorroïdes peuvent être asymptomatiques et l’intensité des signes n’est pas nécessairement proportionnelle à l’importance de la dilatation variqueuse.

14. Fissure anale

Notions clés & Définitions

  • Fissure anale : Lacération superficielle ou déchirure de l’anoderme située juste au-dessous de la ligne pectinée.

★ À maîtriser

  • La constipation avec des selles dures et un spasme sphinctérien peut déchirer l’anoderme ; l’inflammation et la douleur déclenchent ensuite des spasmes qui aggravent la douleur, tandis que le report de la défécation durcit les selles et rend leur passage plus douloureux.

  • La douleur est le symptôme principal de la fissure anale et peut être extrêmement intense, notamment lors de la défécation et pendant plusieurs heures après celle-ci.

  • Plus de 80 % des fissures anales aiguës se résorbent sans traitement supplémentaire ; le traitement initial comprend des régulateurs du transit, des suppléments de fibres et des bains de siège.

Compléments

  • Chez 90 % des adultes, la fissure anale se situe sur la ligne médiane postérieure.

📌 En cas de fissure anale très douloureuse, le toucher rectal doit être évité ; le diagnostic est généralement établi par l’inspection et l’anuscopie sous anesthésie générale n’est pas systématiquement nécessaire.

  • Le traitement vise à rompre le spasme du sphincter interne afin de réduire la douleur et d’améliorer l’irrigation sanguine de l’ulcération.

  • L’injection de toxine botulinique A dans le sphincter anal interne produit une sphinctérotomie chimique durant jusqu’à 3 mois, avec un taux de guérison pouvant atteindre 90 % et très peu de récidives.

  • Le traitement de référence de la fissure anale est la sphinctérotomie latérale, réalisée par une incision de 1 cm dans la partie inférieure du sphincter anal interne, par voie ouverte ou fermée.

Astuce mémo

Selles dures → déchirure → douleur et spasmes → selles encore plus dures.

15. Pancréatite aiguë

Notions clés & Définitions

  • Pancréatite aiguë : Inflammation majeure de la glande pancréatique due à l’auto-activation en cascade de ses enzymes, qui provoque des lésions et active de nombreuses protéines de l’inflammation ; elle peut toucher des organes voisins ou éloignés.

★ À maîtriser

  • Les étiologies citées de la pancréatite aiguë sont un antécédent de pancréatite aiguë, une maladie biliaire, l’alcool, des médicaments, l’hyperlipidémie, l’hypercalcémie, une cause obstructive notamment tumorale, la pancréatite auto-immune, un traumatisme abdominal, une dysfonction du sphincter d’Oddi, un antécédent de CPRE et des antécédents familiaux.

  • La pancréatite aiguë se manifeste fréquemment par une douleur épigastrique brutale, intense, en coup de poignard, irradiant vers l’arrière.

  • Le diagnostic requiert au moins deux critères parmi : une douleur abdominale évocatrice d’une origine pancréatique, une lipase sérique supérieure à trois fois la normale, une imagerie évocatrice par scanographie ou IRM

  • La prise en charge de la pancréatite aiguë comprend l’évaluation de la gravité, l’hyperhydratation, le traitement de la douleur, la nutrition et l’anticoagulation préventive ; l’antibiothérapie ou l’antibioprophylaxie est réservée aux infections documentées.

Compléments

  • L’hypertriglycéridémie est une étiologie de pancréatite aiguë lorsque les triglycérides dépassent 10 mmol/L.

  • Une hypercalcémie supérieure à 3 mmol/L peut provoquer une pancréatite aiguë ; cette étiologie est rare et une hyperparathyroïdie primaire est à rechercher en premier lieu.

  • La pancréatite auto-immune de type 1 est liée à la maladie systémique à IgG4, tandis que le type 2 est moins fréquent et peut être associé aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

  • Le diabète, l’obésité et le tabac sont des facteurs aggravants de la pancréatite aiguë.

📌 Lorsque la douleur est typique et que la lipasémie dépasse trois fois la normale, l’imagerie n’est pas nécessaire pour poser le diagnostic de pancréatite aiguë.

  • L’échographie peut montrer une anomalie du pancréas et rechercher une lithiase vésiculaire ; le scanner confirme le diagnostic et recherche notamment les plages et coulées de nécrose après injection de produit de contraste.

📌 Les indications opératoires initiales de la pancréatite aiguë sont une perforation d’organe creux, un choc hémorragique ou une lithiase biliaire ; une chirurgie secondaire peut être décidée en cas de surinfection de la nécrose.

16. Traumatismes abdominaux

★ À maîtriser

  • Les traumatismes abdominaux, principalement des contusions, peuvent atteindre des organes pleins, des organes creux ou les deux, et posent surtout des difficultés diagnostiques et thérapeutiques.

📌 L’atteinte d’un organe plein peut entraîner une hémorragie intra- ou péri-parenchymateuse, un hémopéritoine, un choc hémorragique ou une pancréatite aiguë, tandis qu’une lésion d’organe creux peut provoquer une péritonite bactérienne ou chimique.

📌 Les traumatismes de l’aorte, de la veine cave inférieure, de leurs branches ou des artères iliaques nécessitent une chirurgie en extrême urgence.

Compléments

  • Les mécanismes comprennent : les contusions lors d’un accident de la circulation, les contusions lors d’une chute, les plaies par arme à feu, les plaies par arme blanche, les plaies par objet tranchant

  • Les traumatismes peuvent atteindre les éléments rétro-péritonéaux, notamment les gros vaisseaux et le rein, et provoquer un hémorétropéritoine.

  • Un syndrome d’irritation péritonéale après contusion peut se manifester par des douleurs abdominales, une défense et une contracture, puis par un choc septique avec fièvre, teint grisâtre et marbrures ; il peut aussi apparaître plusieurs jours après le traumatisme à la suite d’une chute d’escarre.

  • Un choc hémorragique lié à un hémopéritoine associe notamment douleurs abdominales, défense pariétale, pâleur cutanéo-muqueuse, dyspnée, soif, tension artérielle abaissée et pincée et pouls filant.

  • Pour les plaies abdominales, l’exploration diagnostique commence habituellement par une échographie de débrouillage suivie d’un scanner ; en l’absence d’imagerie fiable chez un patient en choc hémorragique avec distension abdominale, la ponction-lavage péritonéale peut mettre en évidence un hémopéritoine justifiant une laparotomie.

  • La rate est l’organe le plus fréquemment atteint lors des traumatismes abdominaux ; son atteinte provoque un syndrome hémorragique et le diagnostic est confirmé par échographie, éventuellement complétée par scanner.

  • Les plaies hépatiques sont classées en quatre stades :

    • stade 1 : plaie superficielle de 1 à 2 cm
    • stade 2 : plaie profonde de 2 cm sans atteinte des éléments vasculaires et biliaires intraparenchymateux
    • stade 3 : plaie profonde atteignant les éléments vasculaires et biliaires intraparenchymateux
    • stade 4 : plaie avec atteinte des gros pédicules vasculaires portaux ou cavo-sus-hépatiques
  • Une abstention chirurgicale est possible pour certaines blessures hépatiques en l’absence de lésions associées ou de choc hémorragique incontrôlable.

  • Les lésions rénales traumatiques sont si possible traitées sans chirurgie ; une néphrectomie parfois partielle peut être nécessaire lorsque les lésions complexes atteignent notamment les voies excrétrices.

  • Les lésions traumatiques des organes creux peuvent nécessiter une suture ou une résection, parfois avec entérostomie ; les lésions secondaires à une chute d’escarre sont difficiles à diagnostiquer et souvent diagnostiquées tardivement.

  • En cas de fracture grave du bassin, un toucher rectal, voire une rectoscopie en présence de rectorragies, recherche une plaie rectale ; les plaies rectales sont généralement traitées par colostomie de dérivation et drainage, tandis que les plaies vésicales sont traitées par suture et drainage vésical.

17. Appendicite aiguë

Notions clés & Définitions

  • Appendicite aiguë : Inflammation aiguë de l’appendice iléocæcal d’évolution imprévisible, pouvant évoluer vers l’inflammation, l’abcès ou la perforation.

★ À maîtriser

  • Les causes fréquentes d’occlusion appendiculaire sont :

    • l’hyperplasie lymphoïde
    • une bride de Lane
    • un fécalithe
  • La douleur appendiculaire débute souvent de façon vague dans la région péri-ombilicale, reste continue, peut s’aggraver à la marche, à la toux ou à l’effort, puis migre vers la fosse iliaque droite.

  • Le diagnostic d’appendicite ne peut être confirmé ou exclu par aucun signe ou symptôme clinique isolé suffisamment performant ; la TDM a une valeur prédictive négative proche de 100 % et peut montrer un appendice de diamètre externe supérieur à 6 mm.

📌 L’appendicectomie, par cœlioscopie ou à défaut par laparotomie, est le traitement privilégié dans la plupart des cas et doit être suivie d’un examen anatomopathologique.

Compléments

  • L’occlusion appendiculaire favorise la pullulation microbienne endoluminale, puis la diffusion de l’infection dans la paroi appendiculaire.

  • Dans la forme non compliquée latérocaecale, qui représente 70 % des cas, la fièvre est modérée autour de 38,5 °C ou absente, et peuvent apparaître nausées et vomissements.

  • Les formes topographiques comprennent : l’appendicite rétrocæcale, avec douleur initiale plus haute et postérieure, l’appendicite pelvienne, avec douleur basse et médiane, pollakiurie et douleurs mictionnelles, l’appendicite mésocœliaque, avec tableau d’occlusion du grêle et fièvre, l’appendicite sous-hépatique, avec douleurs de l’hypochondre droit mimant une cholécystite aiguë

  • Chez le nourrisson, l’appendicite est rare avant 2 ans, représentant 2 % de toutes les appendicites, et est souvent découverte au stade de péritonite en raison des difficultés diagnostiques.

  • Chez le sujet âgé, l’appendicite peut se présenter comme une occlusion ou une tumeur de la fosse iliaque droite ; chez la femme enceinte, elle peut évoquer une pyélonéphrite droite et l’examen clinique est gêné par l’utérus.

  • Les complications de l’appendicite comprennent l’abcès périappendiculaire ou la péritonite localisée, ainsi que la péritonite généralisée d’emblée ou après rupture d’un abcès.

📌 Bien que le traitement médical de l’appendicite soit efficace dans 80 % des cas, il est généralement déconseillé en raison des récidives fréquentes après son arrêt.

18. Ulcère gastroduodénal

★ À maîtriser

  • L’infection par Helicobacter pylori touche plus de 50 % de la population mondiale ; l’être humain est son seul réservoir, la transmission se fait par les selles ou la salive et la contamination a presque toujours lieu avant l’âge de 5 ans.

  • Les AINS et l’aspirine diminuent le flux sanguin muqueux en réduisant la production de prostaglandines vasodilatatrices ; les AINS multiplient par quatre le risque d’ulcère symptomatique ou compliqué d’hémorragie digestive par rapport à une population témoin.

  • La fibroscopie œso-gastro-duodénale est l’examen clé pour diagnostiquer l’ulcère ; elle permet des biopsies en cas d’ulcère gastrique pour éliminer un cancer, mais les biopsies ne sont pas nécessaires pour un ulcère duodénal.

  • Le traitement séquentiel contre H. pylori associe amoxicilline à 2 g/j de J1 à J5, puis clarithromycine à 1 g/j et métronidazole à 1 g/j de J6 à J10, avec un IPP à double dose pendant 10 jours ; en cas d’allergie à l’amoxicilline, un autre schéma doit être choisi, par exemple une quadrithérapie bismuthée associant IPP, bismuth, tétracycline et métronidazole.

Compléments

  • Les douleurs ulcéreuses typiques sont des épigastralgies quotidiennes en crampes ou brûlures, à distance des repas, parfois irradiées au dos et soulagées par les repas ou les antiacides ; elles ne sont rapportées que dans un tiers des cas.

  • Les complications comprennent :

    • l’hémorragie digestive
    • l’anémie ferriprive
    • la sténose antropylorique
    • la perforation
  • En cas d’hémorragie ulcéreuse, la FOGD précise le type d’hémorragie et peut permettre un traitement endoscopique par clip, sclérose ou électrocoagulation.

📌 L’histologie sur biopsies est l’examen de référence au premier diagnostic d’infection à H. pylori, tandis que le test respiratoire au C13 est l’examen de référence non invasif pour contrôler l’éradication.

  • La culture de biopsies permet un antibiogramme et est indiquée en cas d’échec de l’éradication de H. pylori ; la sérologie détectant les IgG anti-H. pylori n’a pas d’intérêt pour diagnostiquer une infection en cours.

📌 La perforation d’un ulcère constitue une urgence médico-chirurgicale ; le traitement chirurgical est idéalement réalisé par cœlioscopie, avec suture pour l’ulcère du bulbe et excision pour l’ulcère gastrique.

📌 La sténose du pylore provoque des vomissements chroniques et se traite par IPP à double dose prolongée, parfois par dilatation pneumatique et rarement par chirurgie.

  • Une autre stratégie d’éradication de H. pylori associe citrate de bismuth potassique, métronidazole et chlorhydrate de tétracycline dans un comprimé de Pylera, avec un IPP.

  • L’éradication de H. pylori est obtenue dans 90 % des cas ; les échecs sont dus notamment à la non-observance et aux résistances aux antibiotiques.

📌 Les IPP sont prescrits avec les AINS en présence de facteurs de risque, et la recherche puis l’éradication de H. pylori sont indiquées chez les patients sous AINS présentant des symptômes d’ulcère gastroduodénal ou des complications ulcéreuses.

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1. Quel phénomène caractérise l’apparition d’une tumeur ?

2. Une tumeur reste confinée à l’organe où elle est apparue, sans dissémination hors de celui-ci. Comment la caractériser ?

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Qu’est-ce qu’une tumeur ?

Une prolifération cellulaire excessive et désordonnée.

Comment le cancer invasif se dissémine-t-il hors de son organe d’origine ?

Par voie hématogène ou lymphatique, avec formation possible de métastases.

Quelles sont les étapes de la cancérogenèse, de l’initiation au stade métastatique ?

Initiation, sélection clonale et multiplication, stade tumoral cancéreux, puis stade métastatique.

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