Fiche de révision : Pathologies de l’enfant

Plan du Cours

  1. Diabète de type 1 et acidocétose
  2. Hypoglycémie et conduite d’urgence
  3. Insulinothérapie et autonomie scolaire
  4. Laryngite et obstruction des voies hautes
  5. Asthme et traitement inhalé
  6. Pneumonie et surveillance respiratoire
  7. Anaphylaxie et urgence thérapeutique
  8. Allergie alimentaire et éviction ciblée

1. Diabète de type 1 et acidocétose

Notions clés & Définitions

  • Diabète : Hyperglycémie chronique définie par une glycémie à jeun d’au moins 1,26 g/L (7 mmol/L) à deux reprises, ou par une glycémie d’au moins 2 g/L (11,1 mmol/L) à tout moment avec des symptômes.
  • Diabète de type 1 : Maladie auto-immune où le système immunitaire détruit les cellules bêta des îlots de Langerhans du pancréas, entraînant une carence absolue en insuline ; c’est la forme de diabète la plus fréquente chez l’enfant.
  • Syndrome cardinal : Association de polyurie, polydipsie, polyphagie et amaigrissement, en lien avec l’hyperglycémie et la perte de glucose dans les urines.
  • Acidocétose diabétique : Complication aiguë grave de la carence en insuline : l’organisme utilise les graisses, produit des corps cétoniques en excès et développe une acidose métabolique avec déshydratation.
  • Insuline : Hormone hypoglycémiante sécrétée par les cellules bêta du pancréas, qui permet l’entrée du glucose dans les cellules et son stockage.

Points essentiels

  • La carence en insuline empêche l’entrée du glucose dans les cellules, provoque une hyperglycémie puis, au-delà du seuil rénal d’environ 1,80 g/L, une glycosurie entraînant une polyurie, une déshydratation et une polydipsie ; le manque d’énergie entraîne la dégradation des graisses et des muscles, puis la production de corps cétoniques et l’acidocétose.

  • Les signes d’acidocétose comprennent douleurs abdominales, nausées, vomissements, haleine à odeur de pomme, respiration ample et rapide, déshydratation et somnolence pouvant évoluer vers le coma.

📌 Tout syndrome polyuro-polydipsique chez l’enfant impose une glycémie capillaire le jour même, car le diagnostic de diabète peut être découvert au stade d’acidocétose.

Astuce mémo

Carence en insuline → hyperglycémie → glycosurie → déshydratation et cétose

2. Hypoglycémie et conduite d’urgence

Notions clés & Définitions

  • Hypoglycémie : Chez un enfant diabétique traité par insuline, glycémie inférieure à 0,70 g/L (3,9 mmol/L).

★ À maîtriser

  • Les causes d’hypoglycémie comprennent : une dose d’insuline trop forte ou une erreur d’injection, un repas sauté ou insuffisant en glucides, un effort physique non anticipé

  • Chez un enfant conscient en hypoglycémie, contrôler la glycémie si possible sans retarder le resucrage, donner du sucre rapide selon le protocole (souvent environ 0,3 g/kg), contrôler après 15 minutes, resucrer si la glycémie reste basse, puis donner des glucides lents si le repas est éloigné.

📌 Chez un enfant inconscient ou incapable d’avaler, il faut le mettre en position latérale de sécurité, ne rien donner par la bouche, administrer du glucagon selon le kit prescrit et appeler le 15.

Compléments

  • Les signes adrénergiques de l’hypoglycémie sont :

    • les sueurs
    • la pâleur
    • les tremblements
    • les palpitations
    • la faim
  • Les signes neuroglycopéniques comprennent :

    • changement de comportement
    • irritabilité ou agressivité
    • difficultés de concentration
    • céphalées
    • troubles visuels
    • somnolence
    • convulsions et coma
  • La dose injectable de glucagon est souvent de 0,5 mg chez l’enfant de moins de 25 kg et de 1 mg au-dessus de 25 kg.

Astuce mémo

Conscient : sucre par la bouche ; inconscient : rien par la bouche

3. Insulinothérapie et autonomie scolaire

Notions clés & Définitions

  • Schéma basal-bolus : Association d’une insuline lente couvrant les besoins de base sur 24 heures et d’injections d’insuline rapide à chaque repas pour couvrir les glucides du repas.
  • HbA1c : Pourcentage d’hémoglobine liée au glucose, reflet de l’équilibre glycémique des 2 à 3 derniers mois ; l’objectif chez l’enfant est en général inférieur à 7 %, à adapter à chaque enfant.

★ À maîtriser

📌 L’insuline non entamée se conserve au réfrigérateur entre 2 et 8 °C et ne doit jamais être congelée ; le stylo entamé se conserve à température ambiante, à l’abri de la chaleur et de la lumière, environ 4 semaines selon la notice.

Compléments

  • La pompe à insuline délivre de l’insuline rapide en continu sous forme de débit de base et en bolus ; elle peut être couplée à un capteur pour adapter automatiquement le débit dans une boucle fermée hybride.

  • La rotation des injections sous-cutanées entre l’abdomen, les cuisses, les fesses et les bras prévient les lipodystrophies, qui perturbent l’absorption de l’insuline.

  • L’autosurveillance repose sur la glycémie capillaire ou un capteur de glucose interstitiel continu, la mesure de cétonémie si la glycémie est souvent supérieure à 2,5 g/L ou en cas de maladie intercurrente, et le suivi de l’HbA1c tous les 3 mois.

4. Laryngite et obstruction des voies hautes

Notions clés & Définitions

  • Laryngite aiguë sous-glottique : Inflammation virale sous les cordes vocales qui provoque un œdème et rétrécit les voies aériennes, touchant surtout les enfants de 6 mois à 3 ans.
  • Épiglottite : Infection bactérienne de l’épiglotte, devenue rare grâce à la vaccination contre Haemophilus influenzae b, qui constitue une urgence vitale en raison du risque d’obstruction complète.

Points essentiels

📌 La dyspnée inspiratoire traduit généralement un obstacle des voies aériennes hautes et s’accompagne d’un stridor, tandis que la dyspnée expiratoire traduit une obstruction bronchique et s’accompagne de sifflements.

  • La laryngite aiguë sous-glottique se manifeste typiquement par une toux rauque aboyante, une voix ou un cri rauque, une dyspnée inspiratoire avec stridor, un tirage et une fièvre modérée.

📌 Devant une épiglottite suspectée avec fièvre élevée, hypersalivation, difficulté à avaler et enfant assis penché en avant, il ne faut jamais allonger l’enfant ni examiner sa gorge et il faut appeler le 15.

  • La prise en charge d’une laryngite consiste à calmer l’enfant, le garder dans les bras de son parent en position assise ou demi-assise sans l’allonger, administrer un corticoïde oral selon prescription, ajouter un aérosol d’adrénaline dans les formes sévères et surveiller la respiration et la conscience.

Astuce mémo

Stridor inspiratoire : obstacle haut ; sifflements expiratoires : obstruction bronchique

5. Asthme et traitement inhalé

Notions clés & Définitions

  • Asthme : Maladie inflammatoire chronique des bronches caractérisée par une hyperréactivité bronchique et des épisodes d’obstruction réversible associant bronchospasme, œdème de la muqueuse et hypersécrétion de mucus.

★ À maîtriser

  • Une crise d’asthme associe typiquement dyspnée expiratoire, sifflements, toux sèche souvent nocturne, sensation d’oppression, tirage et distension thoracique.

  • Les signes de gravité de l’asthme comprennent difficulté à parler ou à s’alimenter, tirage intense, SpO2 inférieure à 92-94 %, cyanose, sueurs, agitation ou somnolence, épuisement, silence auscultatoire et absence d’amélioration après bronchodilatateurs.

  • Une crise d’asthme est traitée par bêta-2 mimétique de courte durée d’action inhalé, notamment le salbutamol avec chambre d’inhalation ; des corticoïdes oraux sont utilisés dans les crises modérées à sévères et de l’oxygène si la SpO2 est basse.

📌 En cas d’asthme persistant, les corticoïdes inhalés se prennent tous les jours même sans symptôme et la bouche doit être rincée après la prise pour prévenir la candidose.

Compléments

  • Les déclencheurs possibles sont : les infections virales, les allergènes (acariens, pollens, poils d’animaux, moisissures), le tabagisme passif, la pollution, l’effort, le froid, les émotions

  • Pour utiliser une chambre d’inhalation, agiter l’aérosol, l’adapter à la chambre, appliquer correctement le masque ou placer l’embout en bouche, puis administrer une bouffée à la fois suivie de plusieurs respirations lentes.

6. Pneumonie et surveillance respiratoire

Notions clés & Définitions

  • Pneumonie : Infection virale ou bactérienne du parenchyme pulmonaire, notamment des alvéoles, acquise en dehors de l’hôpital.

★ À maîtriser

  • La pneumonie est le plus souvent virale chez l’enfant de moins de 3 ans ; parmi les pneumonies bactériennes, le pneumocoque est la bactérie la plus fréquente et Mycoplasma pneumoniae survient surtout après 3 à 5 ans.

  • La pneumonie peut provoquer fièvre souvent élevée, toux, polypnée, signes de lutte, douleur thoracique, douleur abdominale et altération de l’état général ; une pneumonie de la base droite peut simuler une appendicite.

📌 L’amoxicilline est le traitement antibiotique de première intention de la pneumonie ; un macrolide est utilisé si un mycoplasme est suspecté, avec antipyrétiques, hydratation et oxygène si la SpO2 est basse.

📌 Chez un enfant dont l’état se dégrade, la diminution des signes de lutte peut traduire un épuisement plutôt qu’une amélioration.

Compléments

📌 Le diagnostic de pneumonie repose sur la clinique et la radiographie thoracique.

📌 L’hospitalisation pour pneumonie est indiquée en cas de signes de gravité, chez le nourrisson de moins de 6 mois, en cas de mauvaise tolérance ou d’échec du traitement.

  • La surveillance infirmière d’une détresse respiratoire comprend la fréquence respiratoire comparée aux normes d’âge, les signes de lutte, la SpO2, la fréquence cardiaque, la coloration, la conscience, la capacité à parler ou manger, la température, l’hydratation et l’efficacité des traitements.

7. Anaphylaxie et urgence thérapeutique

Notions clés & Définitions

  • Anaphylaxie : Réaction d’hypersensibilité systémique, généralisée, grave, d’installation rapide et potentiellement mortelle.
  • Choc anaphylactique : Forme d’anaphylaxie avec atteinte cardiovasculaire, notamment hypotension ou collapsus.

★ À maîtriser

  • Dans l’hypersensibilité immédiate IgE-médiée, l’allergène se fixe aux IgE portées par les mastocytes et les basophiles, déclenchant leur dégranulation et la libération d’histamine et de leucotriènes, responsables de vasodilatation, d’augmentation de la perméabilité vasculaire et de bronchoconstriction.

  • Les principales causes d’anaphylaxie chez l’enfant sont : les aliments (arachide, fruits à coque, lait, œuf, poisson, crustacés, sésame), les venins d’hyménoptères (abeille, guêpe), les médicaments, notamment les antibiotiques, le latex

  • L’anaphylaxie peut associer urticaire, prurit, rougeur, angio-œdème, signes respiratoires, cardiovasculaires et digestifs ; les signes cutanés peuvent être absents sans exclure le diagnostic.

  • L’anaphylaxie est reconnue par une atteinte cutanéo-muqueuse associée à une atteinte respiratoire ou cardiovasculaire, par l’atteinte d’au moins deux organes après exposition à un allergène probable, ou par une chute de pression artérielle après exposition à un allergène connu.

  • Le traitement d’urgence est l’adrénaline intramusculaire immédiate dans la face antérolatérale de la cuisse à 0,01 mg/kg, au maximum 0,5 mg, ou par stylo au dosage prescrit selon le poids ; la dose peut être répétée après 5 à 10 minutes si les symptômes persistent.

  • En cas de malaise ou d’hypotension, l’enfant est allongé jambes surélevées ; en cas de gêne respiratoire, il est assis ou demi-assis ; s’il est inconscient et respire, il est placé en position latérale de sécurité, et il ne doit jamais être mis debout ni faire marcher.

Compléments

📌 Après une anaphylaxie, l’enfant est surveillé plusieurs heures à l’hôpital en raison du risque de réaction biphasique, c’est-à-dire la réapparition des symptômes sans nouvelle exposition après une amélioration initiale.

Astuce mémo

Adrénaline IM, position adaptée, appel du 15

8. Allergie alimentaire et éviction ciblée

Notions clés & Définitions

  • Allergie alimentaire : Réaction anormale et reproductible du système immunitaire contre une protéine alimentaire habituellement bien tolérée.
  • Intolérance alimentaire : Réaction indésirable à un aliment sans mécanisme immunologique ; l’intolérance au lactose est due à un déficit en lactase.
  • Sensibilisation : Présence d’IgE spécifiques contre un allergène, mise en évidence par prick-test ou dosage positif, sans symptômes nécessairement ; elle ne suffit pas à diagnostiquer une allergie.
  • APLV : Allergie aux protéines du lait de vache et allergie alimentaire la plus fréquente du nourrisson.

★ À maîtriser

📌 L’allergie IgE-médiée survient dans les minutes à 2 heures après l’ingestion et peut provoquer urticaire, angio-œdème, vomissements, toux, sifflements ou anaphylaxie, tandis que l’allergie non IgE-médiée apparaît de quelques heures à quelques jours et touche surtout le système digestif.

  • Les principaux allergènes alimentaires de l’enfant sont :
    • le lait de vache
    • l’œuf
    • l’arachide
    • les fruits à coque
    • le poisson
    • les crustacés
    • le blé
    • le soja
    • le sésame
    • le kiwi

📌 Chez un enfant non allaité atteint d’APLV, le traitement repose sur l’éviction des protéines de lait de vache et un hydrolysat poussé de protéines de lait de vache ou de riz, ou une formule à base d’acides aminés dans les formes sévères ; l’allaitement maternel est poursuivi et toute éviction chez la mère relève du médecin.

📌 Le lait de chèvre ou de brebis et les boissons végétales ne conviennent pas comme substituts en cas d’APLV ; la réintroduction du lait se fait de façon encadrée selon l’avis de l’allergologue.

  • Le diagnostic d’allergie alimentaire repose sur un interrogatoire précis ; les prick-tests et le dosage des IgE spécifiques sont utilisés pour les formes IgE, le test de provocation orale hospitalier confirme l’allergie ou vérifie la guérison, et les formes non IgE sont confirmées par éviction puis réintroduction.

📌 La prise en charge repose sur l’éviction ciblée des allergènes confirmés, la lecture des étiquettes, la prévention des contaminations croisées et un PAI en collectivité ; une éviction large non justifiée est évitée car elle expose à des carences.

Compléments

  • Les principales formes mixtes d’allergie alimentaire comprennent la dermatite atopique et l’œsophagite à éosinophiles.

  • En Europe, les étiquettes et la restauration doivent signaler 14 allergènes : céréales contenant du gluten, crustacés, œufs, poissons, arachide, soja, lait, fruits à coque, céleri, moutarde, sésame, sulfites, lupin et mollusques.

📌 La prévention de l’allergie alimentaire consiste à introduire les aliments allergènes entre 4 et 6 mois sans retarder leur introduction.

Astuce mémo

Sensibilisation sans symptômes ≠ allergie alimentaire diagnostiquée

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Pathologies de l’enfant avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant le diabète de type 1 et les mécanismes liés à la carence en insuline :

2. Un enfant présente soif intense, urines abondantes, vomissements et respiration ample et rapide. Concernant le syndrome cardinal et l’acidocétose :

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Pathologies de l’enfant avec 64 flashcards interactives.

Quels critères glycémiques définissent le diabète ?

Une glycémie à jeun d’au moins 1,26 g/L à deux reprises, ou une glycémie d’au moins 2 g/L avec des symptômes.

Quelle est la cause du diabète de type 1 ?

Une destruction auto-immune des cellules bêta du pancréas entraîne une carence absolue en insuline.

À partir de quelle glycémie apparaît la glycosurie ?

Au-delà d’environ 1,80 g/L.

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