Fiche de révision : Peau, eczéma et cicatrisation

Plan du Cours

  1. Organisation et cellules de la peau
  2. Barrière cutanée et annexes
  3. Immunité cutanée
  4. Formes et diagnostic de l’eczéma
  5. Dermatite atopique et traitements
  6. Phases de la cicatrisation
  7. Réparation tissulaire et remodelage
  8. Facteurs et cicatrices pathologiques
  9. Plaies et évaluation clinique
  10. Escarres et prise en charge
  11. Choix des pansements
  12. Brûlures et critères de gravité

1. Organisation et cellules de la peau

Notions clés & Définitions

  • Épiderme : Épithélium malpighien kératinisé, principalement composé de kératinocytes et organisé en quatre couches.

★ À maîtriser

  • La peau recouvre le corps, est en continuité avec les muqueuses externes et constitue l’organe le plus étendu, avec environ 2 m² de surface et 4,5 kg.
  • La peau comprend l’épiderme, le derme et l’hypoderme, séparés notamment par la jonction dermo-épidermique.

  • Les kératinocytes représentent 80 % des cellules épidermiques et assurent la cohésion de l’épiderme, la fonction barrière de la couche cornée et la protection contre les radiations lumineuses.

  • Les mélanocytes se situent dans la couche basale et synthétisent la mélanine dans des mélanosomes transférés aux kératinocytes ; la mélanine détermine la couleur de la peau et contribue à la photoprotection contre les UV.

Compléments

  • L’épiderme se renouvelle en environ 30 jours.

2. Barrière cutanée et annexes

★ À maîtriser

  • La barrière cutanée contrôle les flux hydriques et l’absorption cutanée, limite la perte en eau et protège des agressions physiques, chimiques, infectieuses et environnementales.
  • Les glandes sudoripares sont exocrines et produisent la sueur, qui participe notamment à la thermorégulation ; on distingue les glandes eccrines et apocrines.

  • Les glandes eccrines, au nombre de 3 à 5 millions, sont presque ubiquistes, produisent une sueur primitive isotonique puis une sueur définitive hypotonique de pH 4 à 6, et sont régulées par le système nerveux sympathique avec une influence cholinergique.

  • Le sébum, produit par les glandes sébacées sous contrôle hormonal, forme avec d’autres lipides et la sueur un film de surface qui limite la perte d’eau transépidermique et contribue à l’écosystème microbien cutané.

Compléments

  • La barrière cutanée est fonctionnelle vers 34 semaines de gestation chez l’humain, tandis que les prématurés présentent une immaturité de cette barrière.

  • Les glandes apocrines sont annexées aux follicules pilo-sébacés, se développent à la puberté et produisent une sécrétion peu abondante, laiteuse, visqueuse et opaque qui, mélangée au sébum puis dégradée par des bactéries, entraîne de mauvaises odeurs.

Astuce mémo

La barrière protège et régule ; les annexes sécrètent, lubrifient ou protègent.

3. Immunité cutanée

★ À maîtriser

📌 L’immunité innée fournit une réponse immédiate sans mémoire, tandis que l’immunité acquise produit une réponse différée en 1 à 7 jours et développe une mémoire grâce aux lymphocytes T et B et aux anticorps.

  • Les cellules dendritiques immatures ou cellules de Langerhans font interface entre immunité innée et acquise, phagocytent et activent les lymphocytes dans les ganglions lymphatiques comme cellules présentatrices d’antigène.

  • Les lymphocytes B produisent des anticorps spécifiques des antigènes, tandis que les lymphocytes T produisent des cytokines et exercent une fonction cytotoxique.

Compléments

  • Les kératinocytes participent à l’immunité cutanée par l’adhésion intercellulaire, les peptides antimicrobiens comme les défensines et la production de cytokines et chimiokines.

  • Les mastocytes signalent le danger par libération d’histamine, les granulocytes participent à l’inflammation aiguë et les monocytes-macrophages phagocytent sans induire une réponse immunitaire primaire.

Astuce mémo

L’innée agit immédiatement sans mémoire ; l’acquise est différée et mémorise.

4. Formes et diagnostic de l’eczéma

★ À maîtriser

  • Les formes d’eczéma distinguées dans le cours sont :

    • l’eczéma de contact
    • l’eczéma chronique
    • l’eczéma nummulaire
    • la dyshidrose
    • l’eczéma atopique
  • L’eczéma de contact se développe en deux temps : l’allergène pénètre la peau et induit des lymphocytes T spécifiques, puis un nouveau contact est reconnu par ces lymphocytes et déclenche une réaction inflammatoire.

  • 🔄 L’eczéma de contact aigu évolue en quatre stades successifs :

    1. Érythème en placard rouge vif.
    2. Vésicule.
    3. Suintement avec zones érosives après rupture des vésicules.
    4. Croûte.
  • L’eczéma de contact provoque des plaques à contours émiettés et prurigineuses, d’abord sur la zone de contact puis parfois disséminées, apparaissant 1 à 5 jours après le contact et évoluant par poussées.

Compléments

  • Les allergènes classiques de l’eczéma de contact comprennent : le nickel, les chromates, la colophane, les colorants, le cobalt, le baume du Pérou, les parfums, le henné noir contenant de la paraphénylènediamine

  • L’exploration de l’eczéma de contact repose sur des tests épicutanés avec des patchs appliqués sur le dos, notamment des batteries standards européennes, puis une lecture des réactions à 48 heures.

Astuce mémo

Contact : allergène, sensibilisation, nouveau contact, inflammation.

5. Dermatite atopique et traitements

Notions clés & Définitions

  • Dermatite atopique : Eczéma se développant sur un terrain génétiquement prédisposé, favorisé par la xérose cutanée et aggravé ou déclenché par des facteurs exogènes.

★ À maîtriser

  • Le diagnostic clinique de dermatite atopique repose sur trois critères majeurs et trois critères mineurs ; les majeurs sont l’antécédent personnel ou familial d’atopie, le prurit, l’aspect et la topographie typiques des lésions, et l’évolution chronique.

  • La dermatite atopique débute dans 75 % des cas avant l’âge d’un an et guérit dans l’enfance dans 90 % des cas.

  • Le traitement de fond de la dermatite atopique vise à prévenir l’irritation, combattre la xérose par des émollients réguliers et lutter contre l’infection.

Compléments

  • Les facteurs exogènes favorisant ou déclenchant la dermatite atopique comprennent :

    • le stress
    • la poussière
    • le pollen
    • le tabac
    • les irritants comme la laine
  • Les poussées de dermatite atopique sont entrecoupées de rémissions spontanées ou obtenues par des soins locaux, et peuvent être aggravées par l’hiver, les infections et le stress.

6. Phases de la cicatrisation

★ À maîtriser

  • La cicatrisation comprend quatre phases : vasculaire pour arrêter le saignement et former un caillot, inflammatoire pour déterger, réparation pour régénérer derme et épiderme, puis maturation pour remodeler la cicatrice.

  • L’hémostase primaire forme un clou plaquettaire soluble et réversible après vasoconstriction, adhésion et activation plaquettaires, agrégation et libération de médiateurs.

  • Lors de l’hémostase secondaire, la thrombine transforme le fibrinogène en fibrine, dont les monomères polymérisent pour former un caillot insoluble stabilisant le clou plaquettaire.

  • Les polynucléaires neutrophiles arrivent les premiers dans la plaie, puis les monocytes se différencient en macrophages qui éliminent les débris cellulaires, limitent l’infection et libèrent des médiateurs inflammatoires et des facteurs de croissance.

Compléments

  • Le bouchon hémostatique consolidé se forme en environ 10 minutes et constitue un réservoir de facteurs de croissance favorisant la fermeture de la plaie et la migration des cellules inflammatoires.

Astuce mémo

Vasculaire, inflammatoire, réparation, maturation.

7. Réparation tissulaire et remodelage

★ À maîtriser

  • La réparation du derme forme un tissu de granulation en 10 à 15 jours, avec migration et prolifération des fibroblastes, synthèse de matrice extracellulaire et néo-angiogenèse.

  • Les fibroblastes synthétisent d’abord principalement du collagène III, puis du collagène I, de la fibronectine et des protéoglycanes, tandis que des métalloprotéinases remodèlent la matrice extracellulaire.

  • L’épithélialisation commence par la multiplication des kératinocytes des berges dès deux heures, puis par leur migration dès 24 heures sur le tissu de granulation, avant l’arrêt de la migration et la reconstruction de l’épiderme en couches.

  • La maturation remodèle la matrice extracellulaire pendant plusieurs mois après la fermeture de la plaie, avec diminution des fibroblastes, densification du collagène, organisation vasculaire et augmentation de la résistance de la plaie.

Compléments

  • La néo-angiogenèse débute dans les 24 heures après la plaie sous l’effet de l’hypoxie et de facteurs de croissance, et un réseau vasculaire indifférencié devient visible vers le cinquième jour.

  • La contraction de la plaie rapproche ses berges et dépend de la transformation de certains fibroblastes en myofibroblastes contractiles.

Astuce mémo

Hypoxie et facteurs de croissance → néo-angiogenèse.

8. Facteurs et cicatrices pathologiques

★ À maîtriser

  • Les facteurs locaux limitant la cicatrisation comprennent :

    • la topographie
    • la surface et la profondeur de la plaie
    • l’hématome
    • les débris fibrineux
    • la nécrose
    • l’infection
    • l’insuffisance veineuse ou artérielle
    • l’irradiation
    • la neuropathie
    • des pansements inadaptés
  • Les facteurs généraux limitant la cicatrisation comprennent :

    • l’âge
    • le déficit nutritionnel
    • le tabagisme
    • les corticoïdes
    • les immunosuppresseurs
    • les cytostatiques
    • les AINS
    • certaines maladies génétiques

📌 Une cicatrice hypertrophique reste dans les limites initiales de la plaie et s’améliore souvent spontanément, tandis qu’une cicatrice chéloïde dépasse ces limites et récidive fréquemment après exérèse.

Compléments

  • Les autres cicatrisations pathologiques comprennent :
    • les cicatrices dyschromiques
    • les cicatrices élargies
    • les kystes d’inclusion épidermiques
    • les cicatrices kératosiques
    • les cicatrices rétractiles

Astuce mémo

Hypertrophique : reste dans les limites ; chéloïde : les dépasse.

9. Plaies et évaluation clinique

★ À maîtriser

  • Les principaux types de plaies sont :
    • les plaies chirurgicales
    • les plaies traumatiques
    • les escarres
    • les plaies diabétiques
    • les plaies vasculaires
    • les plaies inflammatoires
    • les plaies tumorales

📌 L’ulcère veineux représente 70 % des ulcères et est généralement superficiel, périmalléolaire et œdémateux, tandis que l’ulcère artériel représente 20 % et est profond, douloureux et associé à une atrophie cutanée.

Compléments

  • L’interrogatoire d’une plaie précise :

    • les circonstances de survenue
    • la durée et l’évolutivité
    • les signes associés
    • les antécédents
    • l’environnement
    • les traitements en cours
    • les thérapeutiques déjà entreprises
  • L’examen clinique d’une plaie évalue :

    • les constantes vitales
    • la topographie et le nombre des plaies
    • les lésions cutanées associées
    • les pouls périphériques
    • l’état général

10. Escarres et prise en charge

Notions clés & Définitions

  • Escarre : Ischémie tissulaire due à une compression forte ou prolongée sur un plan osseux sous-jacent, lorsque la compression des tissus mous dépasse la pression de perfusion capillaire.

★ À maîtriser

  • Les stades cliniques des escarres vont de la peau intacte à risque au stade 0, à l’érythème persistant au stade I, aux phlyctènes au stade II, à l’aspect noirâtre cartonné au stade III et à l’atteinte profonde avec ulcération au stade IV.

  • 🔄 Le soin d’une plaie consiste à :

    1. Nettoyer la plaie.
    2. Réaliser éventuellement une détersion mécanique.
    3. Poser éventuellement un pansement primaire ou secondaire.
    4. Soigner la peau péri-lésionnelle.

📌 Le traitement d’une plaie associe le traitement étiologique, les soins de pansement et des mesures associées comme les antalgiques, la kinésithérapie, la vaccination antitétanique et la prise en charge des facteurs retardant la cicatrisation.

Compléments

  • Les escarres prédominent sur les zones d’appui, notamment :

    • les fesses
    • le sacrum
    • les talons
    • les régions trochantériennes
    • les régions ischiatiques
    • les malléoles
  • Les complications des escarres comprennent :

    • l’infection
    • l’ostéite
    • l’arthrite
    • la septicémie
    • la décompensation de maladies préexistantes
    • la prolongation d’hospitalisation
    • la douleur
    • le retentissement fonctionnel

Astuce mémo

Nettoyer, déterger, panser, soigner la peau péri-lésionnelle.

11. Choix des pansements

★ À maîtriser

📌 Le choix d’un pansement dépend du stade de la plaie, repéré par la couleur du fond, et de l’importance des exsudats ; une humidité adaptée est recherchée sans excès.

  • Les hydrocolloïdes conviennent à la détersion jusqu’à l’épidermisation des plaies faiblement à modérément exsudatives, mais sont contre-indiqués sur les plaies infectées.

  • Les hydrofibres se transforment en gel cohésif au contact des exsudats, conviennent aux plaies très exsudatives et peuvent être utilisées sur une plaie surinfectée.

Compléments

  • Les hydrocellulaires maintiennent un milieu humide tout en absorbant fortement les exsudats et s’utilisent de la fin de la détersion jusqu’à la fin de la cicatrisation, mais sont contre-indiqués sur les plaies sèches ou infectées.

  • Les alginates absorbent les exsudats et ont des propriétés hémostatiques ; ils sont indiqués pour les plaies très exsudatives, hémorragiques ou infectées.

  • Les hydrogels sont indiqués pour les plaies sèches à déterger et les plaques de nécrose, mais sont contre-indiqués sur les plaies infectées ou suintantes.

Astuce mémo

Hydrogel pour plaie sèche ; hydrofibre ou alginate pour plaie très exsudative.

12. Brûlures et critères de gravité

★ À maîtriser

  • La règle des 9 de Wallace sert à estimer la surface brûlée, et la face palmaire de la main, doigts compris, représente 1 % de la surface corporelle.

📌 Une brûlure du deuxième degré superficiel cicatrise habituellement en 10 à 14 jours, tandis qu’une brûlure du deuxième degré profond cicatrise en 21 à 35 jours et présente un risque de cicatrice hypertrophique, de congestion et de rétraction.

  • Une brûlure est grave si elle est étendue, profonde, circulaire autour d’un doigt, d’un membre ou du cou, d’origine électrique ou chimique, touche une personne vulnérable, ou siège au visage, à la main, près d’une articulation ou d’un orifice.

Compléments

  • En France, chaque année, 400 000 brûlures nécessitent des soins médicaux, 10 000 patients sont hospitalisés, 3 670 dans un centre de grands brûlés, et 1 000 décès sont rapportés.

  • La gravité d’une brûlure dépend aussi des maladies préexistantes, de son étiologie, du délai avant l’admission en centre spécialisé et des complications survenant pendant l’hospitalisation.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Peau, eczéma et cicatrisation avec 42 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelles structures composent la peau et quelle jonction sépare notamment deux de ses couches ?

2. Quelle caractérisation décrit l’épiderme et son organisation ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Peau, eczéma et cicatrisation avec 93 flashcards interactives.

Quel organe recouvre le corps et se prolonge avec les muqueuses externes ?

La peau.

Quelle surface approximative la peau occupe-t-elle ?

Environ 2 m².

Quelles sont les trois parties principales de la peau ?

L’épiderme, le derme et l’hypoderme.

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