Fiche de révision : Pédodontie, chirurgie et parodontologie

Plan du Cours

  1. Isolation salivaire et digue
  2. Anesthésie et éviction carieuse
  3. Instruments et obturation dentaire
  4. Aides, ancrages et fonds de cavité
  5. Endodontie : définitions et indications
  6. Protocoles endodontiques
  7. Soins des dents temporaires et immatures
  8. Asepsie et préparation chirurgicale
  9. Avulsions dentaires et techniques associées
  10. Chirurgies apicales et des tissus mous
  11. Implantologie et empreintes implantaires
  12. Examen et diagnostic parodontal
  13. Traitements des maladies parodontales
  14. Traumatismes dentaires
  15. Empreintes et fabrication prothétique
  16. CFAO et empreinte optique
  17. Traçabilité des dispositifs prothétiques
  18. Prothèse conjointe et restaurations unitaires
  19. Bridge et articulateur
  20. Prothèse partielle adjointe
  21. Prothèse adjointe totale
  22. Orthèses d’avancée mandibulaire
  23. Orthopédie dento-faciale

1. Isolation salivaire et digue

Notions clés & Définitions

  • Odontologie conservatrice : La science relative à la biologie et aux affections de l’émail, de la dentine et de la pulpe, à leurs complications ainsi qu’aux thérapeutiques conservatrices, préventives et curatives qui s’y appliquent.
  • Odontologie conservatrice restauratrice : Restauration des tissus minéralisés lésés d’une dent à l’aide d’un matériau afin de rétablir sa morphologie et sa physiologie.
  • Endodontie : Le traitement des pulpopathies.

★ À maîtriser

  • Au fauteuil, l’assistant dentaire prépare la fiche et les radiographies du patient, l’installe avant son entrée en salle et selon l’acte, prépare le matériel, le présente selon la séquence opératoire, assure l’isolation salivaire et l’écartement des lèvres, de la langue et de la joue, puis trie les déchets, place les instruments réutilisables dans le bac de pré-désinfection, nettoie l’unit et les surfaces, raccompagne le patient et réalise les formalités de sortie.

  • L’isolation salivaire permet de : assurer l’asepsie de la zone de travail, mieux visualiser la zone de travail, éviter la contamination des matériaux d’obturation par le sang ou la salive, permettre l’utilisation des sprays, permettre l’irrigation continue des canaux en endodontie

  • Les moyens d’isolation salivaire sont :

    • la pompe à salive
    • la grosse aspiration
    • l’aspiration chirurgicale
    • les rouleaux de coton
    • les écrans salivaires
    • la digue
  • Le traitement d’une carie vise à : arrêter le processus carieux et la destruction de la dent, restaurer la forme anatomique et fonctionnelle de la dent, favoriser la cicatrisation des tissus sains sous-jacents, éviter toute récidive

  • 🔄 Le soin carieux suit les étapes suivantes :

    1. anesthésie si nécessaire
    2. élimination des pans d’émail non soutenus
    3. élimination de la dentine ramollie
    4. obturation de la cavité

Compléments

📌 Les dispositifs d’isolation salivaire qui n’aspirent pas la salive doivent être associés à une aspiration salivaire.

  • 🔄 La pose de la digue se déroule ainsi : perforer la feuille à l’emplacement adéquat selon la dent concernée, placer la feuille en bouche, la fixer avec des clamps ou crampons sur la dent ou le groupe de dents à traiter, la tendre avec un cadre extérieur

  • La digue isole la zone de travail, met celle-ci en évidence et supprime le risque de projection dans les voies aéro-digestives supérieures.

2. Anesthésie et éviction carieuse

Notions clés & Définitions

  • Anesthésie : L’anesthésie est la suppression de la perception de la douleur sans altération de la conscience, obtenue par la section physiologique transitoire et réversible d’une terminaison nerveuse ou d’un tronc nerveux.

★ À maîtriser

📌 L’émail n’étant pas innervé, les soins carieux limités à ce tissu ne nécessitent pas d’anesthésie, tandis que la dentine, sensible par ses canalicules en lien direct avec la pulpe, peut provoquer une douleur lors des soins.

  • L’éviction carieuse élimine d’abord les pans d’émail non soutenus pour visualiser toute l’atteinte, puis la dentine ramollie.

Compléments

  • L’anesthésie n’est pas toujours nécessaire, mais elle doit être proposée quasi systématiquement afin de rendre le soin confortable pour le patient.

  • L’émail, tissu le plus dur du corps humain, s’élimine avec une fraise diamantée montée sur turbine ou contre-angle bague rouge, dont la vitesse de rotation est suffisante.

📌 La dentine ramollie s’élimine mécaniquement avec un contre-angle bague bleue et une fraise en carbure de tungstène, ou manuellement avec un excavateur.

Astuce mémo

L’émail ne ressent pas la douleur ; la dentine, reliée à la pulpe, est sensible.

3. Instruments et obturation dentaire

★ À maîtriser

  • La turbine tourne à 350 000–450 000 tours par minute ; le contre-angle bague verte à 8 000, la bague bleue à 40 000 et la bague rouge à 200 000 tours par minute, tandis que la pièce à main fonctionne à petite vitesse.

  • L’obturation reconstitue l’esthétique, la fonction et l’anatomie de la dent et peut être provisoire ou définitive.

  • Le protocole du composite comprend un mordançage pendant 30 s sur l’émail et 15 s sur la dentine, un rinçage-séchage, l’application de l’adhésif, son séchage et sa photopolymérisation, la pose du composite couche par couche avec photopolymérisation entre chaque couche, le réglage de l’occlusion et le polissage.

Compléments

  • La turbine utilise des fraises diamantées ou en carbure de tungstène et un mandrin court et lisse ; le contre-angle utilise des fraises en acier ou en carbure de tungstène, des instruments endodontiques et des mandrins adaptés ; la pièce à main utilise des fraises pour résine, disques et meulettes avec un mandrin long, gros, lisse et rond.

  • Les mandrins sont courts et à méplat pour le contre-angle, courts et lisses pour la turbine ou le contre-angle bague rouge, et longs et lisses pour la pièce à main.

  • Les obturations provisoires sont utilisées lorsque le traitement ne peut être réalisé en une séance et doivent assurer l’herméticité et l’étanchéité de la restauration ainsi que le maintien d’un pansement médicamenteux ; elles comprennent des ciments prêts à l’emploi ou à base d’oxyde de zinc eugénol.

  • Les amalgames dentaires associent :

    • argent
    • cuivre
    • étain
    • zinc
    • mercure
  • 🔄 L’obturation à l’amalgame suit sept étapes :

    1. trituration mécanique de la capsule prédosée
    2. récupération de l’amalgame
    3. insertion dans la cavité
    4. condensation de l’amalgame
    5. finitions
    6. réglage de l’occlusion
    7. polissage lors d’une séance ultérieure
  • Les obturations esthétiques comprennent les résines composites, constituées d’une matrice organique et de charges minérales, et les ciments verre ionomères, constitués d’une poudre et d’un liquide.

  • Dans un composite, les charges minérales assurent la résistance, un liant relie les phases et des adjuvants influencent la polymérisation.

📌 Pour un composite, la digue est conseillée car l’humidité empêche sa polymérisation complète ; le composite ne doit jamais entrer en contact avec l’eugénol ou un solvant, les récipients doivent être fermés hermétiquement après usage et une protection oculaire doit être utilisée avec la lampe à photopolymériser.

  • Les ciments verre ionomères sont indiqués pour l’obturation coronaire, les fonds de cavité et le scellement ; ils associent une poudre et un liquide et peuvent être conditionnés en flacons à mélanger ou en compules à vibrer avant utilisation avec un pistolet à CVI.

  • Les matériaux des inlays-onlays peuvent être :

    • métal
    • or
    • céramique
    • composite
  • La réalisation d’un inlay-onlay comprend une première séance avec éviction carieuse, préparation sans zone rétentive, empreinte de la dent et de l’antagoniste puis envoi au prothésiste et obturation provisoire ; lors de la deuxième séance, la pièce est essayée puis scellée ou collée, avant réglage de l’occlusion et polissage des bords.

4. Aides, ancrages et fonds de cavité

★ À maîtriser

📌 Une cavité composée intéresse plusieurs faces, contrairement à une cavité simple.

  • Les matrices peuvent être :
    • en ruban utilisées avec un porte-matrice
    • sectorielles
    • en anneau

📌 Les tenons dentinaires s’ancrent dans la dentine et peuvent donc être utilisés sur une dent vivante, tandis que les tenons radiculaires s’ancrent dans la racine d’une dent dépulpée.

  • Les fonds de cavité se placent au fond de la cavité avant l’obturation définitive pour isoler et protéger la dentine et la pulpe, favoriser l’apparition de dentine tertiaire réactionnelle et assurer l’étanchéité à l’interface dentine-obturation.

  • Les actes de prévention nécessitent d’abord la motivation du patient ; les deux techniques de protection des dents sont la fluorisation et le scellement des puits et fissures.

Compléments

📌 Un coin s’utilise toujours avec une matrice pour la bloquer contre la dent et éviter le débordement du matériau au niveau cervical ; il peut être en bois ou en plastique.

  • Les matériaux possibles sont :
    • un CVI
    • un eugénate
    • un vernis
    • un biomatériau
    • de l’hydroxyde de calcium

📌 Le coiffage pulpaire indirect concerne une carie juxta-pulpaire sans effraction pulpaire et peut utiliser un CVI, un eugénate, un vernis, un biomatériau ou de l’hydroxyde de calcium ; le coiffage direct suit une effraction pulpaire et utilise un biomatériau ou de l’hydroxyde de calcium, matériaux les plus biocompatibles possibles.

  • La fluorisation est l’application locale de fluor, qui renforce l’émail et augmente sa résistance à la carie.

📌 La fluorisation est remboursée chez les enfants présentant un risque carieux individuel important jusqu’à 9 ans inclus.

  • Le scellement des puits et fissures réduit la profondeur des anfractuosités par un comblement de résine afin de diminuer la rétention de plaque.

📌 Le scellement des puits et fissures est remboursé jusqu’à 16 ans pour les premières et deuxièmes molaires permanentes.

Astuce mémo

La matrice forme un coffrage, maintenu contre la dent par le coin.

5. Endodontie : définitions et indications

Notions clés & Définitions

  • Pulpotomie : L’amputation de la pulpe camérale.
  • Pulpectomie : L’ablation totale de la pulpe radiculaire et camérale.

★ À maîtriser

📌 La biopulpectomie enlève une pulpe vivante, tandis que le traitement canalaire enlève une pulpe nécrosée.

📌 La mise en place de la digue est indispensable pour tout traitement endodontique.

Compléments

  • Le choix du traitement dépend :

    • du degré de maturité de la dent
    • du type de dent, temporaire ou permanente
    • du degré de gravité de la pulpopathie
  • La pulpotomie est indiquée pour les dents temporaires et les dents permanentes immatures ; elle est contre-indiquée en cas de résorption radiculaire dans le dernier tiers, d’atteinte de la furcation, d’impossibilité de reconstitution coronaire, d’absence de saignement à l’ouverture, d’hémostase impossible ou d’inflammation généralisée à l’ensemble du tissu pulpaire.

  • La pulpectomie est réalisée principalement sur une dent permanente mature en cas de pulpite ou pour une cause prothétique ou iatrogène ; si une dent immature présente une inflammation non généralisée, la vitalité pulpaire doit être préservée autant que possible.

Astuce mémo

Pulpotomie : pulpe camérale ; pulpectomie : pulpe camérale et radiculaire.

6. Protocoles endodontiques

★ À maîtriser

  • La biopulpectomie suit le protocole de la pulpotomie puis comprend le repérage des entrées canalaires, le cathétérisme pour évaluer la forme du canal et déterminer la longueur de travail, la mise en forme canalaire, le rinçage-séchage, l’obturation du réseau canalaire et l’obturation coronaire provisoire.

  • Dès l’ouverture de la chambre pulpaire et jusqu’à l’obturation canalaire, l’irrigation continue assure l’asepsie, lubrifie les parois, élimine les débris et supprime l’enduit pariétal.

Compléments

  • La pulpotomie comprend l’anesthésie, l’éviction du tissu carieux, l’ablation de la pulpe camérale, l’obturation de la chambre pulpaire puis l’obturation coronaire.

  • Lors d’une pulpotomie, l’EndoZ à bout mousse permet d’éliminer le plafond caméral sans léser le plancher caméral ; une sonde 17 vérifie qu’aucun reste de plafond ne gêne une entrée canalaire.

  • La longueur de travail déterminée lors du cathétérisme est reportée sur tous les instruments ; un localisateur d’apex permet de l’évaluer, avec confirmation radiographique si nécessaire ou en l’absence de localisateur.

  • La mise en forme canalaire manuelle utilise des limes K et H en alternance ou des broches, tandis que la mise en forme mécanique utilise des limes mécanisées avec un contre-angle endodontique ou des forets pour élargir la partie coronaire des canaux.

  • Les instruments endodontiques semi-rotatifs fonctionnent avec un contre-angle spécial à mouvement alternatif, tandis que les instruments rotatifs fonctionnent en rotation continue avec un contre-angle réducteur spécifique à bague verte.

  • La condensation latérale compacte progressivement le maître-cône sur sa longueur et remplit les espaces créés avec des cônes accessoires, tandis que la condensation verticale tasse successivement la gutta dans les tiers apical, médian et coronaire avec des fouloirs de tailles croissantes.

  • La gutta thermo-condensée est chauffée et liquéfiée par la rotation d’un compacteur monté sur contre-angle afin de remplir les recoins du canal, puis se solidifie à l’arrêt de la rotation.

  • L’irrigation canalaire utilise de l’hypochlorite de sodium à 2,5 % et de l’EDTA entre chaque passage d’instrument ; l’hypochlorite désinfecte et fait remonter les débris, tandis que l’EDTA lubrifie les parois pour le passage suivant.

📌 Le traitement canalaire d’une pulpe nécrosée ne nécessite pas d’anesthésie et requiert une désinfection renforcée ; si l’obturation définitive est différée, de l’hydroxyde de calcium est placé dans le canal entre les séances.

  • Le retraitement endodontique peut être indiqué en cas d’infection, notamment de granulome péri-apical ou de kyste, ou lorsque le traitement endodontique est ramolli ou infiltré.

  • Le retraitement endodontique commence par la dépose de l’obturation coronaire ou de l’élément prothétique, puis la désobturation du réseau canalaire, avant la reprise du protocole d’obturation canalaire et coronaire provisoire.

Astuce mémo

Repérer → cathétériser → mettre en forme → obturer.

7. Soins des dents temporaires et immatures

Notions clés & Définitions

  • Apexogénèse : Pulpotomie pratiquée sur une dent permanente immature afin de préserver la vitalité pulpaire radiculaire et de permettre la fin de l’édification radiculaire ; le matériau d’obturation de la chambre pulpaire est un biomatériau.
  • Apexification : Traitement canalaire d’une dent permanente immature dont la pulpe est nécrosée, avec obturation définitive après formation d’une barrière minéralisée à l’apex.

★ À maîtriser

  • Dès le premier rendez-vous, il faut instaurer un climat de confiance, si possible sans commencer les soins, accueillir l’enfant dans un cadre gai, éviter une attente longue et privilégier les rendez-vous le matin lorsqu’il est reposé.

  • Le praticien doit s’adresser directement à l’enfant avec une voix calme mais ferme, lui expliquer les soins avec des mots choisis et éviter les termes anxiogènes ainsi que les formulations négatives.

  • Le CVI est le matériau d’obturation de choix pour les dents temporaires, car sa mise en œuvre est plus aisée en présence de salive et plus rapide.

Compléments

  • Les soins pédodontiques doivent tenir compte de la psychologie particulière des enfants et de la physiologie des dents temporaires ou des dents permanentes immatures.

  • Le très jeune enfant a peur de l’inconnu et est très sensible aux stimuli extérieurs brutaux, comme les bruits et les mouvements.

  • Vers 3–4 ans, l’enfant craint la séparation de ses parents.

  • Vers 4–6 ans, l’enfant a peur des atteintes corporelles.

  • Vers 7 ans, l’enfant désire tout comprendre et l’environnement familial est primordial au bon déroulement des soins.

  • De 8 à 14 ans, l’enfant comprend les soins et l’importance de les réaliser, tandis que l’impact familial reste important dans sa prise en charge.

  • L’assistant dentaire contribue à la prise en charge par son rôle rassurant et son aide, tandis que le praticien doit limiter les interruptions du geste, travailler rapidement et précisément, puis féliciter et rassurer l’enfant.

📌 La pulpotomie est privilégiée pour les dents temporaires, car elle est plus rapide à réaliser et donne des résultats satisfaisants pour leur longévité.

  • Dans l’apexification conventionnelle, l’obturation canalaire est d’abord provisoire à l’hydroxyde de calcium ; certains praticiens obturent directement le canal avec un biomatériau, tel que la Biodentine, sans cette étape provisoire.

Astuce mémo

Vitalité pulpaire conservée : apexogénèse ; pulpe nécrosée : apexification.

8. Asepsie et préparation chirurgicale

Notions clés & Définitions

  • Chirurgie : Acte opératoire consistant en une effraction volontaire du milieu intérieur, réalisée sous anesthésie, avec une asepsie rigoureuse et une instrumentation appropriée.

★ À maîtriser

📌 Le lavage simple élimine les salissures, le lavage antiseptique élimine la flore transitoire et réduit la flore résidente, et le lavage chirurgical élimine la flore transitoire et réduit durablement la flore résidente.

📌 Après avoir enfilé des gants stériles, l’opérateur ne doit toucher que des instruments stériles ; s’il manque du matériel, il retire les gants, se frictionne les mains, sort le matériel puis reprend le lavage ou la friction chirurgicale avant de mettre une nouvelle paire de gants stériles.

Compléments

📌 Avant le lavage des mains, il faut retirer les bijoux, avoir les ongles courts et sans vernis, utiliser du savon en distributeur, nettoyer les zones stratégiques et sécher minutieusement avec un essuie-tout à usage unique.

  • Le lavage simple comporte un savonnage de 30 secondes, le lavage antiseptique un savonnage d’une minute et le lavage chirurgical un savonnage des mains et avant-bras de deux minutes, suivi d’un brossage des ongles d’une minute.

📌 La friction hygiénique et la friction chirurgicale se font avec une solution hydro-alcoolique sur mains propres et sèches, mais la friction chirurgicale est précédée d’un lavage des mains et des avant-bras au savon doux pendant une minute, puis d’un rinçage abondant pendant une minute.

  • La tenue de chirurgie comprend : une tenue professionnelle éventuellement complétée d’une sur-blouse, un masque chirurgical, des lunettes larges, des gants stériles, une charlotte

  • La préparation de la salle exige des instruments adaptés à l’acte, disposés sur des champs stériles, ainsi qu’une attention à la luminosité, à la température, au confort du patient et à la durée et à la place de la chirurgie dans l’agenda.

📌 Avant tout acte médical, un questionnaire médical doit rechercher notamment les risques hémorragiques, infectieux et allergiques ; une prémédication peut être nécessaire.

9. Avulsions dentaires et techniques associées

Notions clés & Définitions

  • Avulsion simple : Extraction d’une dent sans acte chirurgical associé.
  • Avulsion d’une dent pluriradiculée : Nécessite la séparation de ses racines divergentes afin de pouvoir extraire chaque partie comme lors d’une extraction simple.
  • Extraction avec alvéolectomie : Consiste à enlever la table osseuse externe afin de mettre la racine à nu et de l’extraire.
  • Amputation corono-radiculaire : L’amputation corono-radiculaire élimine la racine et la partie coronaire d’une dent, tandis que l’amputation radiculaire élimine uniquement la racine.
  • Germectomie : Extraction d’une dent non mature au cours de son évolution, avant son apparition sur l’arcade.
  • Résection apicale : Consiste à amputer l’apex d’une dent et à effectuer un curetage apical.

★ À maîtriser

  • 🔄 L’avulsion simple suit les étapes suivantes :
    1. anesthésie
    2. syndesmotomie
    3. luxation
    4. avulsion
    5. nettoyage de la cavité
    6. hémostase

📌 Une dent retenue est immature et gênée dans son éruption, une dent enclavée est mature et a commencé à évoluer sur l’arcade mais reste bloquée en position anormale, et une dent incluse est mature sans avoir fait éruption dans la cavité buccale.

Compléments

  • Les indications de l’avulsion simple comprennent :

    • une dent mobile
    • une dent cassée
    • une dent de lait
    • une dent de sagesse sur arcade
    • une dent saine extraite pour orthodontie
  • La syndesmotomie désinsère la gencive et la partie haute du ligament à l’aide d’un syndesmotome.

  • Les instruments droits sont destinés aux dents maxillaires et les instruments coudés aux dents mandibulaires, pour les syndesmotomes comme pour les élévateurs.

  • Pour les molaires maxillaires, l’ergot du davier est à gauche pour les molaires droites et à droite pour les molaires gauches, afin de s’ancrer entre les deux racines vestibulaires.

  • L’alvéolectomie est indiquée pour extraire une racine, retirer une dent ankylosée ou poursuivre une extraction simple devenue compliquée, par exemple après fracture de la partie coronaire.

  • 🔄 L’extraction avec alvéolectomie suit les étapes suivantes :

    1. anesthésie
    2. incision vestibulaire
    3. ablation de la table osseuse
    4. mobilisation de la racine mise à nu
    5. avulsion
    6. nettoyage de l’alvéole
    7. sutures
  • Après une amputation corono-radiculaire, la dent restante est reconstituée de façon prothétique en prenant appui sur la racine résiduelle.

Astuce mémo

Anesthésie → syndesmotomie → luxation → avulsion → nettoyage → hémostase.

10. Chirurgies apicales et des tissus mous

Notions clés & Définitions

  • Freinectomie : Consiste à sectionner le frein labial lorsqu’il s’attache trop près des dents et provoque des récessions gingivales ou des diastèmes, ou le frein lingual lorsqu’il est trop court et limite la mobilité de la langue.

★ À maîtriser

  • La résection apicale est notamment indiquée en cas de parodontite apicale après traitement endodontique ou d’inflammation persistante malgré un traitement radiculaire adéquat, lorsque le retraitement endodontique est peu prometteur.

  • Après une chirurgie, le patient doit éviter : les aliments et boissons trop chauds, les bains de bouche pendant les 48 premières heures, le tabac, l’alcool, les activités sportives trop intenses

Compléments

  • La résection apicale est utilisée lorsque le drainage par voie canalaire est empêché par une calcification ou la fracture d’un instrument, ou lorsqu’une prothèse fixe ne peut pas être déposée pour traiter l’infection par voie orthograde.
  • 🔄 La résection apicale suit les étapes suivantes : anesthésie, incision, décollement du lambeau, trépanation osseuse, élimination des trois derniers millimètres de la dent et curetage, nettoyage du canal à rétro sur deux millimètres, obturation à rétro avec IRM ou biomatériau, comblement osseux si nécessaire, sutures

  • La chirurgie des épulis, des grenouillettes et des kystes concerne des tumeurs bénignes des tissus mous et leur prélèvement est envoyé au laboratoire pour biopsie.

  • Après une chirurgie, l’assistant dentaire surveille et rassure le patient, vérifie qu’il mord sur la compresse pour l’hémostase, explique les conseils postopératoires et l’ordonnance, propose éventuellement un contrôle et peut rappeler le patient le soir ou le lendemain.

📌 En cas de saignement postopératoire important, le patient doit mordre sur une compresse pendant 5 à 10 minutes, renouveler si nécessaire et contacter le cabinet si le saignement persiste.

11. Implantologie et empreintes implantaires

Notions clés & Définitions

  • Implant dentaire : Racine artificielle insérée dans l’os de la mâchoire afin de créer un ancrage résistant et durable pour un élément prothétique.
  • Transfert d’empreinte : Se place à la place de la vis de cicatrisation et permet de transmettre à l’empreinte la forme et la position de l’implant.

★ À maîtriser

  • La mise en œuvre d’un implant comporte un premier temps chirurgical de pose de la racine artificielle, puis un deuxième temps prothétique de réalisation de la prothèse fixée sur l’implant.

  • 🔄 L’acte prothétique implantaire comprend :

    1. le transfert
    2. l’empreinte
    3. la pose de l’élément prothétique

Compléments

  • Un implant dentaire peut :

    • éviter une prothèse amovible
    • éviter de couronner des dents saines
    • stabiliser une prothèse amovible
  • Un implant dentaire est généralement en titane et peut être cylindrique ou conique.

  • 🔄 L’acte chirurgical implantaire comprend : la réalisation d’un lambeau pour accéder à l’os et améliorer la vue opératoire, des forages successifs avec des instruments adaptés, la pose de l’implant par vissage, la pose d’une vis de cicatrisation ou de couverture

  • La vis de cicatrisation correspond à une technique en un temps chirurgical, tandis que la vis de couverture exige un deuxième temps chirurgical avec pose du pilier de cicatrisation quelques jours avant le début de la phase prothétique.

  • L’empreinte à ciel fermé est simple et rapide, adaptée à un implant unitaire ou à un secteur postérieur avec faible ouverture buccale, mais son repositionnement peut être source d’erreur et elle convient mal aux implants très enfouis ou multiples non parallèles.

  • L’empreinte à ciel ouvert évite le repositionnement et convient aux implants très enfouis ou multiples non parallèles, mais elle est difficile en secteur postérieur et nécessite une ouverture buccale suffisante.

  • Au laboratoire, l’analogue d’implant reproduit la tête de l’implant et est coulé dans le modèle en plâtre ; le prothésiste peut y placer un accastillage en titane ou en zircone, ou une vis de laboratoire plus longue que les vis prothétiques.

📌 L’élément prothétique implantaire peut être scellé sur un accastillage vissé sur l’implant ou être transvissé.

Astuce mémo

Ciel fermé : repositionnement ; ciel ouvert : transfert récupéré dans l’empreinte.

12. Examen et diagnostic parodontal

Notions clés & Définitions

  • Gingivite : Inflammation gingivale pouvant se manifester par rougeur, œdème, hypertrophie gingivale et saignements spontanés, au brossage ou au sondage, sans perte d’attache.
  • Parodontite : Atteinte des tissus superficiels et profonds du parodonte caractérisée par une perte d’attache.

★ À maîtriser

  • La plaque dentaire est la principale étiologie des maladies parodontales et tout traitement parodontal doit débuter par une bonne maîtrise de son élimination.

📌 Une gingivopathie atteint la gencive en préservant l’attache épithéliale, tandis qu’une parodontopathie détruit l’attache épithéliale, entraîne une destruction osseuse et fait apparaître des poches parodontales.

Compléments

  • Le diagnostic parodontal repose sur : un questionnaire médical recherchant notamment les facteurs de risque, un examen clinique, un examen radiologique, éventuellement des empreintes d’étude, éventuellement des photographies

  • L’examen clinique évalue la présence et la quantité de plaque, le saignement au sondage, la profondeur des poches en six points par dent, le niveau d’attache et sa perte, la mobilité et les déplacements dentaires, ainsi que les germes des poches éventuellement observés au microscope optique.

  • Le status parodontal comprend des radiographies rétro-alvéolaires de toutes les dents et secteurs réalisées avec des angulateurs afin d’être reproductibles ; un panoramique doit être complété par un status lorsqu’une parodontite est avérée.

  • L’assistant dentaire accueille et installe le patient, complète le schéma dentaire, note les indices et résultats de l’examen parodontal, nettoie le fauteuil, raccompagne le patient et fixe les rendez-vous suivants.

  • La gingivite peut être localisée ou généralisée, et les micro-organismes de la plaque sont à l’origine de l’inflammation, favorisée notamment par une hygiène insuffisante, des facteurs constitutionnels, des facteurs aggravants ou des défenses de l’hôte insuffisantes.

  • Les autres causes possibles de gingivite comprennent :

    • les modifications hormonales
    • les médicaments
    • les maladies ou syndromes généraux
    • le stress
    • les troubles de la nutrition
    • les hémopathies
    • le VIH
  • Les formes décrites comprennent : la parodontite chronique localisée ou généralisée, la parodontite agressive localisée ou généralisée, la parodontite nécrotique (PUN ou GUN), l’abcès parodontal

  • Dans la classification ARPA, les stades 1 et 2 correspondent respectivement à une perte d’attache interdentaire de 1 à 2 mm et de 3 à 4 mm, tandis que les stades 3 et 4 correspondent à une perte d’au moins 5 mm.

  • Dans la classification ARPA, l’alvéolyse radiographique est inférieure à 15 % au stade 1, de 15 à 33 % au stade 2 et s’étend au tiers moyen de la racine et au-delà aux stades 3 et 4.

Astuce mémo

Gingivite : attache préservée ; parodontite : perte d’attache.

13. Traitements des maladies parodontales

Notions clés & Définitions

  • Curetage-surfaçage : Élimine le tartre sous-gingival et le tissu inflammatoire présent dans les poches afin de réduire l’inflammation et de favoriser le retour à un parodonte sain.
  • Détartrage-polissage : Élimine le tartre supra-gingival et polit les surfaces dentaires afin de prévenir la formation de tartre.

★ À maîtriser

  • Le plan de traitement parodontal peut comprendre : l’éducation à l’hygiène et au contrôle de plaque, les traitements non chirurgicaux, les traitements chirurgicaux, la maintenance parodontale

Compléments

  • L’éducation au contrôle de plaque peut aborder l’analyse des facteurs de risque, les techniques de brossage, l’utilisation du fil dentaire et des brossettes ; le praticien peut aussi traiter les caries, éliminer les obturations débordantes et les prothèses en surcontour, corriger des malpositions, équilibrer l’occlusion et contenir des dents mobiles.

  • Le détartrage peut être réalisé manuellement avec des CK6 ou des scalers 204 SD et 135-145 M, ou mécaniquement avec des ultrasons et un insert ; le polissage utilise une brossette montée sur contre-angle avec une pâte à polir ou un aéropolisseur.

  • Le curetage-surfaçage utilise des curettes de Gracey en traction et à l’aveugle, adaptées à la dent et à sa face, ainsi que des compresses, du matériel d’irrigation des poches et éventuellement des ultrasons et inserts ; le polissage se fait à la brossette avec pâte ou à l’aéropolisseur.

  • Les antiseptiques, tels que la chlorhexidine, désinfectent par irrigation les zones difficiles d’accès comme les poches parodontales, les furcations et les zones de contre-dépouille.

  • Les antibiotiques arrêtent la multiplication et la croissance des bactéries et peuvent être administrés par voie locale ou générale.

📌 La chirurgie gingivale concerne uniquement la gencive, la chirurgie muco-gingivale concerne la gencive et la muqueuse alvéolaire, et les interventions sur l’ensemble des tissus parodontaux comprennent le lambeau d’assainissement, le comblement osseux et la régénération osseuse guidée ; la greffe épithéliale relève de la chirurgie muco-gingivale.

📌 La chirurgie parodontale d’assainissement vise à éliminer les poches et le tartre sous-gingival inaccessible, tandis que la chirurgie réparatrice vise à rétablir des conditions favorables à la santé et au maintien parodontal.

  • La prescription peut comprendre :
    • des antibiotiques
    • des anti-inflammatoires
    • des antalgiques
    • des antiseptiques

14. Traumatismes dentaires

★ À maîtriser

📌 Le pronostic de la gingivite est excellent après rétablissement d’un environnement buccal sain et de mesures d’hygiène adaptées, tandis que celui de la parodontite est plus incertain et dépend notamment de l’implication durable du patient.

  • Les traumatismes en denture temporaire sont plus fréquents qu’en denture permanente et concernent surtout les incisives maxillaires.

  • Un choc sur une dent temporaire peut répercuter ses effets sur les germes des dents permanentes sous-jacents.

📌 Une dent temporaire expulsée ne doit pas être réimplantée.

📌 Pour une dent permanente expulsée, la conduite dépend du temps extra-alvéolaire (TEA) et des conditions de conservation : le seuil indiqué est de 60 minutes et le milieu doit être adéquat pour le protocole de réimplantation correspondant.

Compléments

  • La maintenance parodontale repose sur des visites de contrôle régulières au cours desquelles le chirurgien-dentiste peut effectuer un détartrage et un polissage.

  • Dans la parodontite, l’hygiène buccale rigoureuse et la maintenance sont indispensables à long terme, et nécessitent une adhésion constante du patient.

  • Les traumatismes de la denture temporaire sont surtout observés durant la première année, lors de l’apprentissage de la marche, et vers 3 à 4 ans, à l’entrée à la maternelle.

📌 Le traitement d’une fracture permanente dépend notamment de l’exposition pulpaire, de la maturité de la dent et, pour une fracture radiculaire, de sa localisation et de la distance entre les fragments.

  • 🔄 Le protocole comprend les étapes suivantes :

    1. Doxycycline pendant 5 minutes
    2. Réimplantation
    3. Contention
    4. Prescription et suivi de la revascularisation
    5. En cas de nécrose, apexification au CaOH2 ou au MTA puis obturation à la gutta-percha
  • 🔄 Le protocole comprend les étapes suivantes :

    1. Fluorure de sodium
    2. Nettoyage de la racine
    3. Traitement endodontique
    4. Réimplantation
    5. Contention
    6. Prescription et contrôle périodique
  • 🔄 Le protocole comprend les étapes suivantes :

    1. Réimplantation
    2. Contention
    3. Prescription
    4. Traitement endodontique au CaOH2
    5. Obturation à la gutta-percha

Astuce mémo

Dent temporaire : jamais réimplantée ; dent permanente expulsée : réimplantation selon le délai et le milieu.

15. Empreintes et fabrication prothétique

★ À maîtriser

  • Face à un traumatisme dentaire, l’assistant dentaire rassure l’enfant, recherche une perte de connaissance, des céphalées, des nausées ou une épistaxis, précise le délai depuis le traumatisme et recommande notamment d’apporter et de conserver le fragment dentaire.

📌 Tout traumatisme dentaire est une urgence et l’enfant doit être reçu rapidement au cabinet.

Compléments

📌 Après un traumatisme dentaire, un certificat initial décrit les lésions constatées, les soins entrepris et le pronostic envisagé.

  • La technique suit les étapes suivantes :

    • Façonner la maquette en cire et fixer une tige de coulée
    • Mettre la maquette en revêtement dans un cylindre
    • Chauffer le cylindre pour éliminer la cire
    • Remplir la cavité de métal en fusion
    • Après refroidissement, démouler, ébarber et polir la pièce
  • Les matériaux d’empreinte comprennent :

    • Les pâtes à l’oxyde de zinc-eugénol
    • Les pâtes thermoplastiques
    • Le plâtre
    • Les hydrocolloïdes irréversibles ou alginates
    • Les hydrocolloïdes réversibles
    • L’hydro-alginate
    • Les élastomères, notamment les silicones, les polyéthers et les polysulfures

📌 Les élastomères comprennent les silicones, les polyéthers et les polysulfures, qui ne peuvent pas être mélangés entre eux.

  • 🔄 La préparation de l’alginate suit cet ordre :

    1. Mesurer la poudre avec la dosette du fabricant
    2. Ajouter l’eau mesurée avec la dosette fournie
    3. Mélanger doucement
    4. Mélanger plus vigoureusement en écrasant la pâte contre les parois du bol
  • Les empreintes sont coulées en plâtre, dont la résistance varie selon le travail demandé.

Astuce mémo

Maquette en cire → revêtement → élimination de la cire → métal en fusion.

16. CFAO et empreinte optique

Notions clés & Définitions

  • CFAO : Processus de réalisation prothétique utilisant une empreinte optique prise en bouche et transmise à un laboratoire via Internet, qui adresse le produit fini au cabinet.

★ À maîtriser

📌 Avec la méthode indirecte de CFAO, le prothésiste conçoit virtuellement la prothèse au laboratoire avant son usinage ; avec la méthode directe, le praticien conçoit la prothèse et l’usine au cabinet.

Compléments

  • Dans les années 1970, le Pr François DURET développe la philosophie de la CFAO, dont les recherches doivent ensuite cesser faute de moyens ; la CFAO réapparaît au XXIe siècle avec le CEREC.

  • Une empreinte classique ou le modèle issu de celle-ci peut être scanné et transmis au laboratoire de prothèse.

  • L’empreinte optique produit au fauteuil une image tridimensionnelle d’une ou de plusieurs dents au moyen d’un système optique couplé à un ordinateur.

📌 L’empreinte optique permet de réaliser des bridges complets avec une précision insuffisante, nécessite une ouverture buccale suffisante et peut être difficile à utiliser dans les secteurs postérieurs.

  • La prise d’empreinte optique comprend la préparation par isolation du site et séchage, un éventuel poudrage de coating, l’enregistrement de la préparation, de l’antagoniste et de l’occlusion, puis le transfert au laboratoire par Internet.

📌 L’usinage prothétique par CFAO peut se faire par addition de matière, notamment par superposition, polymérisation des résines ou fusion au laser, ou par soustraction de matière, par fraisage.

17. Traçabilité des dispositifs prothétiques

★ À maîtriser

  • La fiche navette comprend :

    • L’identification du praticien
    • L’identification codée du patient
    • L’identification du laboratoire
    • La date de prescription
    • La nature et la description du DMSM
    • Les dates des étapes intermédiaires de réalisation
    • La date de finition et de livraison du travail
    • La date de pose du DMSM
  • La fiche de traçabilité indique :

    • Le numéro de lot du matériau utilisé
    • L’origine du produit
    • Le descriptif du matériau
    • Les normes ISO du produit
    • Le numéro CE

Compléments

📌 La fiche de traçabilité est conservée dans le dossier du patient pendant 5 ans et un exemplaire est remis au patient.

  • La déclaration de conformité établie par le prothésiste identifie le fabricant et le dispositif, précise qu’il est destiné à un patient déterminé et permet d’identifier celui-ci, nomme le professionnel prescripteur, décrit les caractéristiques prescrites et atteste la conformité aux articles R5211 621 à R5211-23 du code de la Santé Publique.

18. Prothèse conjointe et restaurations unitaires

Notions clés & Définitions

  • Prothèse conjointe : Ou prothèse fixe, restaure ou remplace une ou plusieurs dents en prenant appui sur les dents naturelles tout en les conservant.

★ À maîtriser

📌 L’inlay est une incrustation située à l’intérieur de la dent, tandis que l’onlay recouvre des parois et au moins une cuspide et que l’overlay recouvre toute la face occlusale.

📌 L’inlay-core est fabriqué par le prothésiste et sert toujours de support à une couronne, tandis que le tenon radiculaire avec composite foulé est réalisé en bouche et peut être utilisé sans couronne.

  • Une couronne reconstitue l’anatomie totale d’une dent délabrée et peut être réalisée en métal, céramique, céramo-métal ou zircone, puis fixée par scellement ou collage.

📌 L’éviction gingivale coupe la gencive en ouvrant le sulcus, tandis que la rétraction gingivale repousse simplement la gencive.

  • Le bridge remplace une ou plusieurs dents absentes en prenant appui sur les dents bordant l’édentement, appelées piliers.

Compléments

  • La prothèse conjointe assure trois rôles :

    • Préventif
    • Fonctionnel
    • Esthétique
  • La prothèse conjointe unitaire comprend les inlays, onlays, overlays, facettes, couronnes, dents à pivot et reconstructions de pilier ; la prothèse plurale comprend les bridges, auxquels s’ajoutent les attachements et les prothèses conjointes sur implant.

  • Les inlays, onlays et overlays peuvent être réalisés en composite, céramique, résine composite pressée, or ou métal, selon la dent et son degré de délabrement.

  • Les facettes sont des pièces pelliculaires en zircone ou en céramique, sans métal, posées principalement sur la face vestibulaire des dents antérieures pour corriger des dyschromies, diastèmes, formes imparfaites ou défauts apparents.

📌 Les reconstructions de pilier prennent ancrage dans des canaux radiculaires préalablement alésés et concernent une dent dépulpée.

📌 Une dent support de couronne peut être préparée ou préalablement reconstituée par un inlay-core ou une reconstitution foulée ; une couronne est généralement indiquée lorsque la dent ne peut pas être restaurée durablement par une technique directe.

  • Les couronnes provisoires restaurent l’esthétique et la fonction, protègent la dent préparée et le parodonte, et maintiennent les rapports occlusaux.

📌 L’empreinte wash technic s’effectue en deux temps avec deux viscosités, tandis que le double mélange s’effectue en un temps avec deux viscosités.

  • Le protocole du bridge prévoit les empreintes initiales, la taille des piliers et l’empreinte définitive, les essayages successifs de la chape et du biscuit avec réglage de l’occlusion, puis l’essayage esthétique et le scellement.

19. Bridge et articulateur

Notions clés & Définitions

  • Attachements : Les attachements sont des pièces prothétiques fixées sur les dents restantes qui améliorent la rétention des prothèses amovibles ou remplacent des crochets disgracieux.
  • Bridge attelle : Un bridge attelle solidarise des éléments voisins afin de remplacer une ou deux dents absentes.

★ À maîtriser

  • La réalisation d’un bridge suit le protocole des couronnes, mais le nombre de préparations à effectuer pendant la séance constitue la différence principale.

  • L’articulateur reproduit l’ouverture, la fermeture, la propulsion et la latéralité, tandis que l’occluseur ne reproduit que l’ouverture et la fermeture.

  • La fabrication d’un bridge nécessite un montage sur articulateur, réalisé par le praticien ou le prothésiste, alors qu’une couronne unitaire peut être élaborée sur un occluseur.

  • Une couronne sur implant peut être scellée sur un faux-moignon vissé à l’implant ou vissée directement sur l’implant, auquel cas elle est dite transvissée.

  • L’hygiène autour des piliers de bridge et sous les inters doit être particulièrement soignée, avec fil dentaire ou brossettes et éventuellement un hydropulseur.

Compléments

  • Dans les cas les plus complexes, un arc facial peut être utilisé avant le transfert sur articulateur afin de monter les modèles en plâtre selon la position des arcades du patient par rapport à son visage et à ses ATM.

  • Le bridge attelle est réservé au secteur antérieur maxillaire et mandibulaire.

📌 Les dispositifs intra-radiculaires suivent la préparation des inlays-cores, tandis que les dispositifs extra-coronaires suivent le protocole des couronnes et sont réalisés en concomitance avec la prothèse amovible.

  • Une prothèse sur implant peut être unitaire ou plurale et réalisée en céramique ou en céramo-métal avec un métal semi-précieux.

  • Un attachement peut être utilisé sur implant en vue d’une prothèse amovible.

Astuce mémo

L’occluseur ouvre et ferme ; l’articulateur reproduit aussi propulsion et latéralité.

20. Prothèse partielle adjointe

Notions clés & Définitions

  • Prothèse partielle adjointe : La prothèse partielle adjointe remplace les dents absentes, rétablit la mastication, le sourire et la phonation, et protège les dents, l’os, le parodonte, les muscles et les ATM restants.
  • Triade de Housset : La triade de Housset comprend la stabilisation, équilibre latéral, la sustentation, résistance à l’enfoncement, et la rétention, résistance à l’arrachement.

★ À maîtriser

  • La PPA possède un double appui, dentaire et muqueux, et les forces occlusales doivent être réparties de façon homogène sur les dents et les tissus ostéo-muqueux.

  • La PPAC comporte une infrastructure métallique coulée, une selle prothétique en résine supportant les dents artificielles, des crochets coulés et des taquets occlusaux qui évitent l’enfoncement et transmettent les forces occlusales.

  • La réalisation d’une PPA comprend l’examen clinique, le choix de la prothèse et les traitements pré-prothétiques, l’empreinte primaire, éventuellement l’empreinte secondaire anatomo-fonctionnelle, le RIA et le choix des dents, l’essayage puis la pose et l’équilibration.

Compléments

  • La muqueuse se déprime de 4/10 à 1 mm selon sa visco-élasticité, tandis que la dent peut se déplacer de 1/10 mm selon son axe vertical sous l’effet des forces occlusales.

📌 La PPA résine est rapidement réalisée et modifiable, mais elle est encombrante, répartit inégalement les forces occlusales, peut entraîner un tassement de la plaque et une intolérance au matériau.

  • L’alliage métallique d’une PPAC est constitué de 60 % de cobalt, 30 % de chrome, 5 à 7 % de molybdène, 3 à 5 % de nickel et d’autres éléments ; les ors spéciaux sont très rarement utilisés.

Astuce mémo

La PPA résine est rapide et modifiable ; la PPAC s’appuie sur une infrastructure métallique.

21. Prothèse adjointe totale

Notions clés & Définitions

  • Prothèse adjointe complète : La prothèse adjointe complète remplace toutes les dents d’une arcade ou des deux arcades et rétablit la mastication, la déglutition, la phonation et l’esthétique, avec souvent un rôle psychologique important.

★ À maîtriser

  • La prothèse amovible transitoire immédiate est réalisée selon cinq étapes.

  • L’empreinte secondaire de PAC s’effectue après l’essayage du PEI, par enregistrement du joint périphérique et postérieur puis de la surface d’appui.

  • Le RIA en PAC comprend le réglage des bourrelets, la recherche de la dimension verticale d’occlusion, le repérage des éléments esthétiques et le choix des dents avec le patient.

Compléments

  • La PAC doit être stable, rétentive, esthétique et équilibrée, et la triade de Housset qui s’y applique comprend sustentation, rétention et stabilisation.

  • La PAC repose uniquement sur les tissus ostéo-muqueux et ne dispose ni de repères dentaires pour choisir forme, taille et teinte, ni de repères occlusaux pour positionner les maxillaires.

📌 La PAC transitoire accompagne le passage de l’édentement partiel à l’édentement total pendant la cicatrisation, tandis que la PAC permanente est réalisée après la cicatrisation.

  • 🔄 La transformation progressive d’une PPA en PAC suit ces étapes : poser une PPA résine adaptée aux dents restantes, effectuer les extractions successives et modifier progressivement la PPA, éventuellement poser une PAC transitoire avant les dernières extractions, après une empreinte, confectionner une PAC permanente après cicatrisation

Astuce mémo

Empreinte primaire → empreinte secondaire → RIA → essayage → pose.

22. Orthèses d’avancée mandibulaire

Notions clés & Définitions

  • SAOS : Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil est une cause physiologique de ronflement.

★ À maîtriser

  • Le diagnostic du SAOS est établi par un médecin, notamment un médecin généraliste ou un ORL, le chirurgien-dentiste participant au dépistage, et peut être confirmé par une polygraphie ventilatoire nocturne à domicile enregistrant la respiration et l’oxygénation pendant au moins six heures de sommeil ; les traitements envisagés sont la PPC ou l’OAM, cette dernière nécessitant une DEP.

Compléments

  • Les facteurs favorisants du ronflement sont :

    • la prise de sédatifs
    • l’alcool
    • les allergies saisonnières
    • la position de sommeil
    • les amygdales gonflées
  • Les facteurs physiologiques du ronflement cités sont :

    • l’excès de graisse autour du cou
    • la forme du nez et de la mâchoire
    • le SAOS chez l’adulte
  • Les facteurs augmentant le SAOS sont :

    • l’alcool
    • le tabac
    • l’hypertension
    • l’obésité
    • l’âge
    • le sexe
    • les maladies cardio-vasculaires
    • le diabète
  • Le SAOS est associé à un risque d’accident de la route trois fois plus élevé et à six fois plus de décès liés aux maladies cardio-vasculaires.

  • La réalisation d’une OAM nécessite une ordonnance, une DEP, une analyse, un devis et le paiement, puis des empreintes maxillaire et mandibulaire à l’alginate, un mordu et une mesure de la propulsion ; le laboratoire reçoit le travail et le délai annoncé est de trois semaines.

  • Les biellettes d’une OAM peuvent être changées pour augmenter ou diminuer la propulsion.

23. Orthopédie dento-faciale

Notions clés & Définitions

  • ODF : L’orthopédie dento-faciale est la science de la prévention, du dépistage, du diagnostic et du traitement des malformations et malpositions de la face, des maxillaires, des arcades dentaires et des dents.

★ À maîtriser

📌 L’orthodontie poursuit les mêmes buts que l’ODF, mais se limite aux arcades dentaires, à l’os alvéolaire et aux dents.

  • Les buts de l’ODF sont fonctionnels, esthétiques et préventifs ; une bonne occlusion facilite l’hygiène, peut prévenir les caries, les parodontopathies et les troubles de l’ATM, et permet d’intercepter les mauvaises habitudes.

  • Lors du déplacement orthodontique, la force de l’appareil se transmet par la racine au ligament et à l’os, l’os se résorbe au niveau de la pression, la dent se déplace dans l’espace créé, puis l’os se reconstruit autour de la racine déplacée.

📌 Le traitement préventif prévient l’apparition ou l’aggravation des malformations, le traitement interceptif corrige précocement une dysmorphose et le traitement actif déplace les dents en denture permanente avec des appareillages multi-attaches.

📌 La contention suit tout traitement orthodontique pendant une durée égale à celle du traitement actif afin de maintenir les dents en position et de permettre le remodelage osseux ; chez l’adulte, elle est définitive.

Compléments

  • La croissance des arcades dépend des forces et fonctions suivantes :
    • la force centrifuge de la langue
    • la force centripète des joues et des lèvres
    • la ventilation
    • la phonation
    • la déglutition
    • la mastication
    • l’incompétence labiale
    • la succion
  • Une croissance harmonieuse des arcades permet une occlusion de Classe I d’Angle, tandis qu’un décalage correspond à une Classe II ou III d’Angle.

  • Le dossier ODF comprend un examen clinique et paraclinique, un diagnostic et un plan de traitement ; l’examen inclut notamment la face, les muscles faciaux, les arcades, les dents, le parodonte, les freins, l’OIM, l’hygiène et les fonctions oro-faciales, ainsi que des moulages, une panoramique et une téléradiographie de profil avec étude céphalométrique.

  • Les appareils interceptifs cités comprennent : les appareils fonctionnels ou physiologiques, comme l’ELN, les appareils amovibles, comme la plaque à vérin, les appareils fixes, comme le quad-hélix

  • Les moyens de contention cités sont :

    • les gouttières
    • les positionneurs
    • les plaques palatines
    • les contentions fixes

Astuce mémo

Dossier → traitement préventif, interceptif ou actif → contention.

Tableaux de synthèse

Moyens d’isolation salivaire

MoyenAction
AspirationÉvacue les fluides et débris
IsolationSépare les dents de la salive sans l’aspirer
DigueMoyen d’isolation le plus efficace

Obturations canalaires

TechniquePrincipe
Pâte et côneLe maître-cône est associé au ciment canalaire
Condensation latéraleLe maître-cône est compacté et complété par des cônes accessoires
Condensation verticaleLa gutta est tassée successivement dans les tiers apical, médian et coronaire
Gutta thermo-condenséeLa rotation du compacteur chauffe et liquéfie la gutta

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Pédodontie, chirurgie et parodontologie avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Lors de l’éviction d’une carie, des pans d’émail non soutenus masquent une partie de l’atteinte. Quelle séquence de retrait faut-il suivre ?

2. Pendant une obturation, du sang et de la salive risquent de contaminer le matériau. Quel bénéfice de l’isolation salivaire répond directement à ce risque ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Pédodontie, chirurgie et parodontologie avec 10 flashcards interactives.

À quoi sert l’isolation salivaire pendant un soin dentaire ?

Elle assure l’asepsie et améliore la visualisation de la zone de travail.

Quel moyen d’isolation salivaire est le plus efficace ?

La digue.

Pourquoi les soins carieux limités à l’émail ne nécessitent-ils pas d’anesthésie ?

Parce que l’émail n’est pas innervé.

Voir les flashcards →

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