Fiche de révision : Pharmacologie des anticancéreux

Plan du Cours

  1. Cancer et cycle cellulaire
  2. Chimiothérapie et résistances
  3. Cytotoxiques et cibles cellulaires
  4. Effets indésirables cytotoxiques
  5. Hormonothérapie et immunothérapie
  6. Thérapies ciblées
  7. Antiemétiques et NVITAC
  8. Traitements palliatifs et associés
  9. Antagonistes sérotoninergiques et NK1
  10. Traitements associés aux anticancéreux
  11. Thérapies photodynamique et cellulaire
  12. Administration du protocole antiémétique
  13. Conseils et surveillance du patient

1. Cancer et cycle cellulaire

Notions clés & Définitions

  • Maladie cancéreuse : Se caractérise principalement par une prolifération incontrôlée des cellules malignes et leur échappement à l’apoptose.
  • Mitose : Processus par lequel une cellule mère donne naissance à deux cellules filles strictement identiques entre elles et à la cellule mère.

Points essentiels

📌 Les cancers liquides concernent le sang et la moelle osseuse, tandis que les cancers solides correspondent à des masses tissulaires classées selon leur type cellulaire.

  • Le cycle cellulaire comprend quatre phases, G1, S, G2 et M, ainsi qu’une phase hors cycle appelée G0.

  • La phase G1 permet la croissance et l’accumulation d’énergie, la phase S assure la réplication de l’ADN, la phase G2 poursuit la croissance et vérifie la préparation à la mitose, puis la phase M sépare les chromosomes et aboutit à deux cellules filles.

Astuce mémo

G1 prépare, S copie, G2 contrôle, M sépare

2. Chimiothérapie et résistances

Notions clés & Définitions

  • Chimiothérapie : Ensemble des médicaments capables d’altérer le fonctionnement d’une cellule cancéreuse en empêchant sa division ou en la tuant.
  • Polychimiothérapie : La polychimiothérapie repose sur l’association de plusieurs molécules afin d’obtenir un effet additif ou synergique et d’améliorer la tolérance en associant des toxicités différentes.

★ À maîtriser

  • Un protocole de chimiothérapie comprend généralement 4 à 6 cures espacées de 1 à 21 jours afin de laisser à l’organisme le temps de récupérer de la toxicité.

📌 La résistance intrinsèque est présente dès les premières séances, tandis que la résistance acquise apparaît progressivement après une efficacité initiale et se traduit par une progression de la maladie.

Compléments

  • Les chimiothérapies sont administrées par voie intraveineuse ou orale, et la voie intraveineuse peut utiliser une voie centrale ou une chambre implantable reliée à un cathéter.

Astuce mémo

Toxicité → récupération entre cures → protocole espacé

3. Cytotoxiques et cibles cellulaires

Notions clés & Définitions

  • Agents alkylants : Forment des liaisons covalentes avec l’ADN, inhibent sa réplication et sa transcription et peuvent provoquer des cassures par libération de radicaux libres, entraînant la mort cellulaire.
  • Antimétabolites : Les antimétabolites inhibent la synthèse des acides nucléiques en se substituant à des acides aminés ou à des nucléotides et agissent principalement pendant la phase S.
  • Poisons du fuseau : Se fixent à la bêta-tubuline et bloquent la polymérisation des microtubules nécessaires à la construction du fuseau mitotique, ce qui empêche la division cellulaire.

Points essentiels

  • Les cytotoxiques peuvent agir sur l’ADN par les alkylants, les intercalants et les inhibiteurs des topoisomérases, ou sur le fuseau mitotique par les alcaloïdes de la pervenche et les taxanes.

📌 Les anticancéreux sont généralement inactifs sur les cellules en phase G0, ce qui justifie le recrutement visant à augmenter la proportion de cellules dans le cycle cellulaire avant certains traitements.

Astuce mémo

ADN contre fuseau : copier l’information ou séparer les chromosomes

4. Effets indésirables cytotoxiques

Notions clés & Définitions

  • Mucite : Atteinte douloureuse de l’épithélium, de la muqueuse et du tissu conjonctif, souvent localisée dans la bouche où elle constitue une stomatite et peut empêcher de manger.

★ À maîtriser

📌 La chimiothérapie agit sur les cellules cancéreuses et non cancéreuses, surtout celles qui se renouvellent rapidement, ce qui explique la fréquence de ses effets indésirables.

  • Les nausées et vomissements liés aux cytotoxiques peuvent être aigus pendant les 24 premières heures, retardés après la 24e heure ou anticipés avant la séance par un mécanisme psychogène.

  • La fièvre au cours d’une chimiothérapie peut indiquer une neutropénie et doit être prise au sérieux en raison du risque infectieux.

Compléments

  • La perte des cheveux, des cils et des poils survient généralement 2 à 3 semaines après le début du traitement cytotoxique.

5. Hormonothérapie et immunothérapie

Notions clés & Définitions

  • Hormonothérapie : Bloque, ajoute ou supprime des hormones afin de ralentir ou d’interrompre la croissance des cellules cancéreuses qui en dépendent.
  • Immunothérapie : Exploite les mécanismes naturels de défense de l’organisme pour rétablir une réponse immunitaire adaptée contre les cellules tumorales.

★ À maîtriser

📌 Les antiestrogènes empêchent les œstrogènes de se fixer à leur récepteur, tandis que les inhibiteurs de l’aromatase empêchent leur production à partir des androgènes.

📌 L’immunothérapie active comprend notamment les cytokines et les immunomodulateurs, tandis que l’immunothérapie passive utilise notamment des anticorps monoclonaux.

Compléments

  • Les anticorps monoclonaux chimériques sont composés d’environ 70 % d’éléments humains et 30 % d’éléments murins et portent le suffixe -ximab, les anticorps humanisés sont composés d’environ 90 % d’éléments humains et 10 % d’éléments murins et portent le suffixe -zumab, tandis que les anticorps totalement humains portent le suffixe -umab.

Astuce mémo

Hormonothérapie bloque un signal ; immunothérapie réactive une défense

6. Thérapies ciblées

★ À maîtriser

📌 Le ciblage extracellulaire bloque un ligand, le domaine extracellulaire d’un récepteur ou reconnaît un antigène de surface, tandis que le ciblage intracellulaire bloque par une petite molécule un site kinase dépendant de l’ATP.

  • Les thérapies ciblées sont généralement moins myélotoxiques et provoquent très rarement une alopécie, mais elles peuvent altérer fortement la qualité de vie.

  • Les diarrhées liées aux thérapies ciblées concernent plus de 50 % des patients et peuvent parfois nécessiter l’arrêt du traitement.

Compléments

  • Les inhibiteurs de protéines kinases sont souvent administrés par voie orale et leurs dénominations communes internationales se terminent fréquemment par le suffixe -tinib.

📌 Les inhibiteurs de kinase doivent être utilisés avec précaution chez l’insuffisant hépatique, tandis qu’une insuffisance rénale ou un âge avancé ne nécessitent pas de précaution particulière selon le cours.

Astuce mémo

Ciblage extracellulaire par anticorps, intracellulaire par inhibiteur kinase

7. Antiemétiques et NVITAC

Notions clés & Définitions

  • Antagonistes 5-HT3 : Occupent les récepteurs de la sérotonine au niveau du centre du vomissement et bloquent la transmission déclenchant le vomissement.

Points essentiels

  • Les nausées et vomissements anticipés surviennent avant la chimiothérapie, les formes aiguës pendant les 24 premières heures, les formes retardées après la 24e heure et les formes réfractaires malgré un traitement bien conduit.

  • Les nausées et vomissements anticipés sont liés à l’anxiété et peuvent être prévenus par une benzodiazépine administrée la veille et le matin de la chimiothérapie, notamment l’alprazolam à la dose de 0,25 à 0,5 mg.

  • Pour un risque hautement émétisant, la prophylaxie aiguë associe généralement dexaméthasone, aprépitant à 125 mg par jour et un sétron.

  • Pour un risque faiblement émétisant, la prophylaxie aiguë repose sur un seul agent choisi parmi le métoclopramide, un sétron ou un corticoïde, sans antiémétique systématique pour les vomissements retardés.

Astuce mémo

Anticipés, aigus, retardés, réfractaires

8. Traitements palliatifs et associés

★ À maîtriser

📌 L’objectif principal des antiémétiques est d’éviter les nausées et vomissements pendant les cycles de chimiothérapie afin d’améliorer la qualité de vie et de prévenir l’anticipation des symptômes.

Compléments

  • Les traitements palliatifs comprennent notamment le radiopharmaceutique Quadramet pour les douleurs osseuses et la scopolamine pour l’occlusion intestinale.

9. Antagonistes sérotoninergiques et NK1

Notions clés & Définitions

  • Antagonistes 5-HT3 : ou sétrons, bloquent les transmissions sérotoninergiques au niveau du centre du vomissement et empêchent le déclenchement du vomissement.
  • Antagonistes NK1 : bloquent l’activation des récepteurs par la substance P au niveau du centre cérébral du vomissement et suspendent ainsi son déclenchement.

★ À maîtriser

  • Les effets indésirables fréquents des sétrons comprennent les céphalées, la constipation, les sensations de lourdeur de la tête, les bouffées de chaleur, la somnolence et les vertiges.

📌 Pour les nausées et vomissements anticipés liés à l’anxiété, une benzodiazépine peut être administrée la veille ou le matin de la chimiothérapie.

📌 La prophylaxie des chimiothérapies modérément émétisantes associe un antagoniste NK1, un sétron et un corticoïde, tandis que celle des molécules faiblement émétisantes repose sur un antiémétique choisi par le médecin avec une corticothérapie, un antagoniste NK1 ou un sétron.

Compléments

  • Le granisétron est commercialisé notamment sous les spécialités Kytril et Sancuso patch, tandis que l’ondansétron est commercialisé sous les spécialités Zophren et Setofilm.

  • L’aprépitant est commercialisé sous le nom Emend et l’association nétupitant-palonosétron sous le nom Akynzeo.

  • Les effets indésirables de l’aprépitant comprennent:

    • le hoquet
    • la fatigue
    • l’élévation des ALAT
    • les céphalées
    • la constipation
    • l’anorexie
    • les diarrhées
    • les sensations vertigineuses
    • la dyspepsie

Astuce mémo

Blocage des récepteurs → interruption du déclenchement du vomissement

10. Traitements associés aux anticancéreux

Notions clés & Définitions

  • Chimioprotecteurs : des médicaments qui protègent les tissus sains de certains effets secondaires provoqués par les médicaments anticancéreux.

★ À maîtriser

  • Le dexrazoxane, commercialisé sous Cardioxane et Savene, prévient la cardiotoxicité chronique cumulative des anthracyclines chez des patients atteints d’un cancer du sein.

  • Le mesna, commercialisé sous Uromitexan, est utilisé pour prévenir la toxicité urinaire.

📌 Les folinates diminuent la toxicité et contrecarrent l’action des antagonistes de l’acide folique tels que le méthotrexate et le 5-fluorouracile dans le cadre du sauvetage folinique.

  • Les inhibiteurs de la résorption osseuse, comme les acides ibandronique, clodronique et zolédronique, préviennent ou traitent les complications osseuses et les hypercalcémies malignes.

  • Les facteurs de croissance hématopoïétique, notamment le filgrastim, le pegfilgrastim, le lénograstim et le lipegfilgrastim, réduisent la durée de la neutropénie et l’incidence de la neutropénie fébrile après une chimiothérapie cytotoxique.

Compléments

  • Le dénosumab, commercialisé sous Prolia et Xgeva, traite la perte osseuse associée à un traitement hormono-ablatif et prévient les complications osseuses.

11. Thérapies photodynamique et cellulaire

Notions clés & Définitions

  • Thérapie CAR-T : utilise des cellules T génétiquement modifiées pour produire à leur surface un récepteur antigénique chimérique capable de reconnaître et de tuer les cellules cancéreuses.

Points essentiels

  • La témoporfine, commercialisée sous Foscan, est indiquée dans le traitement palliatif des carcinomes épidermoïdes.

  • Les cancers hématologiques cités comprennent:

    • les leucémies
    • les lymphomes
    • les myélomes

12. Administration du protocole antiémétique

★ À maîtriser

  • 🔄 Le protocole antiémétique suit la séquence suivante:
    1. Prendre l’aprépitant à 125 mg à J1, une heure avant la chimiothérapie.
    2. Prendre l’aprépitant à 80 mg les matins de J2 et J3.
    3. Prendre l’ondansétron deux heures avant la chimiothérapie à J1.
    4. Prendre la prednisolone au petit déjeuner de J1 à J4.
    5. Prendre l’olanzapine le matin de J1 à J4, une heure avant la chimiothérapie le premier jour.

📌 Le patient doit signaler son traitement aux autres prescripteurs et éviter toute automédication en raison des nombreuses interactions médicamenteuses.

Compléments

📌 En cas de somnolence importante liée à l’olanzapine, la posologie peut être diminuée à 5 mg par jour et le traitement peut être administré le soir.

Astuce mémo

J1 avant la cure, puis J2-J3 et J1-J4

13. Conseils et surveillance du patient

★ À maîtriser

  • Les nausées et vomissements peuvent entraîner une anorexie, une dénutrition, des pertes hydroélectrolytiques et une insuffisance rénale aiguë fonctionnelle, altérant l’état général et la qualité de vie.

  • Les repas doivent être fractionnés en 6 à 8 collations par jour, pris lentement dans un environnement calme, et les aliments gras, épicés, frits ou fortement odorants doivent être évités.

  • Après un vomissement, il faut attendre au moins 1 heure avant de manger et se rincer la bouche à l’eau froide, sans utiliser de bains de bouche contenant de l’alcool.

  • L’hydratation doit être régulière, en petits volumes répartis dans la journée et de préférence en dehors des repas, tandis que les gros volumes peuvent avoir un effet émétisant.

  • Une perte de poids supérieure à 5 % du poids initial peut signaler une dénutrition et doit conduire à consulter un médecin.

  • En cas de vomissements sévères, l’ionogramme et la fonction rénale doivent être contrôlés, et l’aprépitant nécessite une surveillance renforcée de l’INR chez les patients traités par antivitamine K.

  • Le métoclopramide doit être administré en respectant un intervalle d’au moins 6 heures entre deux prises, ou 12 heures pour une forme à libération prolongée, même en cas de vomissement de la prise précédente.

Compléments

📌 Pour prévenir la constipation liée aux sétrons ou aux antagonistes NK1, il faut maintenir une activité physique adaptée, augmenter les fibres et l’hydratation, et privilégier un laxatif osmotique si aucun laxatif n’a été prescrit.

  • Les antagonistes 5-HT3 peuvent provoquer des céphalées par vasodilatation transitoire dans 10 % des cas.

Astuce mémo

Nausées et vomissements → dénutrition, pertes hydroélectrolytiques et altération de la qualité de vie

Tableaux de synthèse

Principaux types de NVITAC

TypeMoment ou caractéristiquePrise en charge mentionnée
AnticipésAvant la chimiothérapie, liés à l’anxiétéBenzodiazépine la veille et le matin
AigusPendant les 24 premières heuresProphylaxie adaptée au pouvoir émétisant
RetardésAprès la 24e heureAprépitant et/ou corticoïde selon le risque
RéfractairesMalgré un traitement bien menéNécessitent une adaptation de la prise en charge

Principaux traitements associés

ClasseMédicament ou exempleIndication principale
ChimioprotecteurDexrazoxanePrévention de la cardiotoxicité des anthracyclines
ChimioprotecteurMesnaPrévention de la toxicité urinaire
FolinatesAcide foliniqueSauvetage folinique et réduction de la toxicité
Facteur de croissanceFilgrastimRéduction de la neutropénie

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1. Quelle distinction caractérise les cancers liquides et les cancers solides ?

2. Qu'est-ce qu'une maladie cancéreuse principalement caractérisée par ?

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Quelle différence principale existe entre cancers liquides et solides ?

Les cancers liquides touchent le sang et la moelle osseuse, les solides forment des masses tissulaires.

Cancer cycle cellulaire

Caractérisé par prolifération incontrôlée et échappement à l'apoptose

Quelles phases composent le cycle cellulaire ?

Le cycle cellulaire comprend G1, S, G2, M et la phase hors cycle G0.

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