Fiche de révision : Pharmacologie générale et pharmacocinétique

Plan du Cours

  1. Bases et objectifs de la pharmacologie
  2. Voies d’administration des médicaments
  3. Étapes qualitatives du devenir médicamenteux
  4. Pharmacocinétique quantitative
  5. Principes de pharmacodynamie
  6. Récepteurs et ligands
  7. Autres cibles moléculaires
  8. Cibles et médiateurs hormonaux
  9. Neurotransmission synaptique
  10. Systèmes nerveux autonome
  11. Systèmes dopaminergique et sérotoninergique
  12. Facteurs physiologiques et pathologiques
  13. Facteurs génétiques et environnementaux
  14. Gravité des effets indésirables
  15. Principaux effets indésirables médicamenteux
  16. Facteurs influençant les effets indésirables
  17. Pharmacodépendance
  18. Intoxications médicamenteuses

1. Bases et objectifs de la pharmacologie

Notions clés & Définitions

  • Pharmacologie : Science qui étudie les interactions entre les substances chimiques naturelles ou synthétiques et les systèmes biologiques à des fins thérapeutiques, ainsi que les médicaments, leur classification, leur action et leur usage.

★ À maîtriser

📌 La pharmacocinétique étudie l’action de l’organisme sur le médicament, tandis que la pharmacodynamie étudie l’action du médicament sur l’organisme.

📌 La classe thérapeutique regroupe les médicaments selon les pathologies traitées, tandis que la classe pharmacologique les regroupe selon leur mécanisme d’action.

Compléments

  • L’étude de chaque classe de médicaments porte sur :

    • son mécanisme d’action
    • ses indications thérapeutiques
    • ses effets indésirables
    • ses contre-indications
    • ses interactions médicamenteuses
  • La finalité pratique de la pharmacologie est la dispensation du médicament, qui comprend l’analyse de l’ordonnance et la délivrance accompagnée de conseils appropriés.

Astuce mémo

La pharmacocinétique suit l’action de l’organisme sur le médicament ; la pharmacodynamie, celle du médicament sur l’organisme.

2. Voies d’administration des médicaments

★ À maîtriser

  • Les voies parentérales comprennent : la voie intraveineuse, la voie intramusculaire, la voie sous-cutanée, la voie intra-artérielle, la voie intradermique, la voie intra-articulaire, la voie intrathécale, aussi appelée intrarachidienne ou spinale

  • Par voie orale, le principe actif est libéré après délitement de la forme galénique, passe en solution dans l’estomac ou l’intestin, est absorbé par la muqueuse intestinale, rejoint le foie par la veine porte puis peut subir un premier passage hépatique avant d’atteindre la circulation générale.

📌 En voie pulmonaire, les particules de diamètre supérieur à 3 μm agissent localement dans les bronches, tandis que celles de diamètre inférieur à 3 μm peuvent atteindre les alvéoles et produire un effet systémique. - Faure S et al., Bases fondamentales en Pharmacologie, 2014

Compléments

  • Les voies parentérales procurent une activité thérapeutique rapide, entre 20 et 45 secondes, sans libération ni absorption.

  • Les voies parentérales évitent le premier passage hépatique, permettent des doses plus faibles, une posologie précise et le maintien de la concentration sanguine par perfusion.

  • Les voies parentérales sont utilisables en cas de vomissements, d’obstruction gastro-intestinale, d’inconscience ou de non-coopération, et lorsque le principe actif est détruit dans l’intestin, mal absorbé ou irritant pour la muqueuse digestive.

  • Les voies parentérales exposent au surdosage, au risque infectieux en cas de défaut d’asepsie, à la douleur, à l’irritation ou à la sensibilisation au site d’injection, et coûtent davantage en raison du personnel qualifié et du matériel stérile à usage unique.

  • Par voie sublinguale ou buccale, le médicament diffuse passivement à travers la paroi buccale, est résorbé par les capillaires puis rejoint la circulation générale via les veines jugulaires.

  • La voie sublinguale ou buccale permet une absorption rapide, en environ 30 secondes, sans premier passage hépatique, mais est réservée aux molécules non irritantes et de goût supportable.

  • La voie orale est simple, pratique, répétable, peu coûteuse et adaptée à l’usage ambulatoire, mais elle est exposée au premier passage hépatique et aux interactions avec les aliments ou certains médicaments.

📌 La voie orale ne convient pas aux principes actifs dégradés par les enzymes digestives ni aux patients inconscients, non coopérants ou ayant des troubles de la déglutition.

  • La voie rectale peut produire un effet local ou systémique et est utilisée notamment pour des traitements ponctuels ; elle évite la dégradation par les enzymes digestives et son premier passage hépatique est faible.

📌 La voie rectale peut être utilisée en cas d’inconscience, de non-coopération, de troubles de la déglutition ou de vomissements, mais son délai d’action varie selon les personnes et elle peut être mal acceptée ou irriter la muqueuse anale.

  • La voie percutanée permet un effet local ou systémique par dispositifs transdermiques, et son absorption varie fortement selon l’épaisseur de la couche cornée, les lésions et l’hydratation de la peau.

  • Les voies oculaire, nasale, auriculaire et vaginale sont principalement utilisées pour des effets locaux, tandis que la voie nasale peut aussi produire un effet systémique et qu’un passage systémique oculaire reste possible en cas de surdosage.

3. Étapes qualitatives du devenir médicamenteux

Notions clés & Définitions

  • Libération : Mise en solution du principe actif à partir d’une forme galénique solide, produisant une forme résorbable ; elle est aussi appelée phase biopharmaceutique.
  • Absorption : Transfert du médicament de son lieu d’administration vers la circulation générale ; elle concerne toutes les voies sauf la voie intraveineuse et varie selon la forme galénique et la voie utilisée.
  • Distribution : Répartition du médicament depuis le plasma vers les autres tissus de l’organisme, après son arrivée dans la circulation générale.

★ À maîtriser

  • Les étapes du devenir du médicament sont :
    • la libération
    • l’absorption
    • la distribution
    • le métabolisme
    • l’élimination

📌 La diffusion passive suit le gradient de concentration du milieu le plus concentré vers le moins concentré, sans énergie, sans spécificité, sans saturation ni compétition entre molécules.

  • Le transport actif utilise des transporteurs membranaires spécifiques, consomme de l’ATP, est saturable et peut entraîner une compétition entre molécules de structures analogues ; la glycoprotéine P est un transporteur d’efflux connu.

  • Le premier passage hépatique est la dégradation possible du médicament par les enzymes des hépatocytes après son arrivée au foie par le système veineux porte et avant son accès à la circulation générale.

📌 La fraction libre du médicament est active et diffusible vers sa cible, tandis que la fraction liée aux protéines plasmatiques est inactive et constitue une forme de stockage.

📌 La compétition entre médicaments fortement liés aux protéines plasmatiques peut augmenter la fraction libre active de l’un d’eux et provoquer une interaction médicamenteuse.

  • Le métabolisme est la première étape du processus d’élimination et correspond aux modifications chimiques de la plupart des médicaments, qui forment des métabolites actifs ou inactifs et entraînent une perte irréversible d’une partie du médicament.

📌 La phase I du métabolisme regroupe les réactions de fonctionnalisation, notamment les hydrolyses, les réductions et les oxydations, qui introduisent des groupements chimiques polaires.

  • Les cytochromes P450, complexes enzymatiques situés principalement dans les hépatocytes et aussi dans les entérocytes, réalisent principalement les réactions de phase I et peuvent être induits ou inhibés par des médicaments.

  • La phase II du métabolisme conjugue le médicament à une molécule fortement hydrosoluble afin de faciliter son élimination rénale.

  • La filtration glomérulaire est passive et non sélective ; seule la fraction libre du médicament est filtrée, et seules les molécules de faible poids moléculaire, inférieur à 60 000 daltons, passent.

Compléments

  • Les phases d’entrée du médicament sont la libération et l’absorption, tandis que les phases de sortie sont le métabolisme et l’élimination.

  • Les étapes de distribution, de métabolisme et d’élimination peuvent coexister dans le temps, et toutes les étapes ne sont pas nécessairement présentes pour chaque médicament.

Astuce mémo

L-ADME : Libération, Absorption, Distribution, Métabolisme, Élimination.

4. Pharmacocinétique quantitative

Notions clés & Définitions

  • Pharmacocinétique quantitative : Étude de la relation entre la dose administrée et la concentration plasmatique afin de proposer un schéma thérapeutique optimal à partir de paramètres caractéristiques de chaque molécule.
  • Biodisponibilité : Part du médicament administrée qui atteint la circulation générale et vitesse à laquelle elle l’atteint ; elle est exprimée en pourcentage et dépend de la libération et de l’absorption.
  • Volume de distribution : Volume fictif, exprimé en litres, dans lequel la totalité du médicament se distribuerait à la même concentration que dans le plasma, et il évalue la distribution dans l’organisme.
  • Clairance : Volume de liquide épuré du principe actif par unité de temps et mesure la capacité d’un organe ou de l’organisme à éliminer un médicament.
  • Demi-vie d’élimination : Temps nécessaire pour que la concentration plasmatique du médicament soit divisée par deux, ce qui correspond à l’élimination de la moitié de la dose administrée.

★ À maîtriser

📌 Un volume de distribution élevé indique une diffusion plus importante dans les tissus et une concentration plasmatique plus faible, tandis qu’un volume faible indique une rétention dans le compartiment sanguin et une concentration plasmatique plus élevée.

📐 Formule - La clairance totale est la somme des clairances rénale, hépatique et des autres tissus : ClT=Clr+Clh+Clautres tissusCl_T = Cl_r + Cl_h + Cl_{autres\ tissus}.

Compléments

  • Pour une molécule donnée, la biodisponibilité dépend de la forme galénique et de la voie d’administration, et peut varier selon les individus en fonction notamment de l’alimentation ou d’une pathologie digestive.

  • Le volume de distribution est apparent et sans réalité physiologique ; il peut dépasser 1 500 L.

  • La clairance rend compte du métabolisme et de l’élimination et s’exprime en volume par unité de temps, par exemple en mL/min ou en L/h.

  • La demi-vie s’exprime en unités de temps, peut varier de quelques minutes à plusieurs semaines ou mois et influence la durée d’action : plus elle est courte, moins le médicament agit longtemps.

  • Un médicament est considéré comme entièrement éliminé au bout de 5 à 7 demi-vies.

5. Principes de pharmacodynamie

Notions clés & Définitions

  • Pharmacodynamie : Étude du mode d’action du médicament sur une cible de l’organisme et correspond à l’action que le médicament fait subir à l’organisme.

★ À maîtriser

📌 Les principes actifs à action non spécifique agissent par des propriétés physiques ou chimiques, tandis que les principes actifs à action spécifique agissent par interaction avec une cible, ce qui représente la grande majorité des médicaments.

  • Pour les médicaments à action spécifique, le principe actif diffuse jusqu’à sa cible, s’y lie et déclenche une cascade de réactions aboutissant à un effet pharmacologique, qui peut produire des effets thérapeutiques et indésirables.

Compléments

  • Les propriétés physiques à l’origine d’une action non spécifique comprennent l’effet osmotique, qui attire l’eau, et l’adsorption, qui piège les gaz.

  • Les propriétés chimiques à l’origine d’une action non spécifique comprennent la neutralisation de substances acides par des substances alcalines et la complexation de substances destinées à être éliminées.

  • Les médicaments à action spécifique imitent l’interaction entre un médiateur endogène et sa cible à l’origine d’un processus physiologique, et plus de 500 cibles médicamenteuses sont recensées.

6. Récepteurs et ligands

Notions clés & Définitions

  • Récepteur : Protéine présente dans ou sur la cellule cible, capable de reconnaître et de fixer spécifiquement un ligand.
  • Ligand : Substance capable de se lier à un récepteur.

★ À maîtriser

📌 Un ligand endogène est une molécule physiologique produite naturellement, tandis qu’un ligand exogène est apporté de l’extérieur et peut imiter l’action du ligand endogène.

📌 Un agoniste se lie au récepteur et l’active en produisant un effet comparable à celui de la molécule endogène, tandis qu’un antagoniste se lie au récepteur et le bloque, empêchant l’effet.

  • Les types de récepteurs membranaires comprennent :

    • les récepteurs couplés aux protéines G
    • les récepteurs à activité enzymatique
    • les récepteurs à canal ionique
  • Les récepteurs intracellulaires se trouvent dans le noyau ou le cytosol et leurs ligands doivent être liposolubles pour traverser la membrane plasmique et/ou nucléaire.

Compléments

  • Les ligands endogènes comprennent :

    • l’acétylcholine
    • l’adrénaline
    • la dopamine
    • la sérotonine
    • l’histamine
    • l’insuline
    • l’angiotensine
  • Peuvent être à la fois médiateurs endogènes et principes actifs exogènes :

    • l’insuline
    • l’adrénaline
    • la dopamine
  • L’acétylcholine est un agoniste du récepteur nicotinique, tandis que le curare en est un antagoniste.

📌 Une liaison totale ligand-récepteur produit une réponse maximale, tandis qu’une liaison partielle produit une réponse inférieure à la réponse maximale possible.

📌 La fixation d’un ligand à un récepteur dépend de leur affinité réciproque ; en compétition, la concentration départage deux ligands d’affinité équivalente, tandis que l’affinité départage deux ligands de concentration équivalente.

7. Autres cibles moléculaires

Notions clés & Définitions

  • Enzyme : Protéine qui catalyse les réactions chimiques de l’organisme en augmentant leur vitesse et qui possède un site actif accueillant le substrat ainsi qu’un site régulateur contrôlant son action.
  • Prodrogue : Substance médicamenteuse qui doit être transformée par des enzymes cellulaires, principalement dans le foie, pour acquérir une action thérapeutique efficace.

★ À maîtriser

📌 Un inhibiteur empêche l’action de l’enzyme et la transformation du substrat en métabolites, tandis qu’un faux-substrat entraîne la production d’un métabolite anormal.

Compléments

  • La plupart des substances actives des médicaments agissant sur les enzymes sont des inhibiteurs enzymatiques qui empêchent l’action de l’enzyme.

8. Cibles et médiateurs hormonaux

Notions clés & Définitions

  • Cytokines : Protéines ou glycoprotéines produites par des cellules éparses et agissant près de leur site de synthèse.

★ À maîtriser

  • Les pompes, transporteurs et canaux permettent l’entrée ou la sortie de petites molécules et d’ions dans la cellule ; les canaux assurent un transport passif, tandis que les pompes et les transporteurs assurent un transport actif.

📌 Un médiateur est un ligand endogène, tandis que la substance active d’un médicament est un ligand exogène.

  • Les hormones sont des protéines produites par les cellules sécrétrices des glandes endocrines et agissent à distance après leur transport dans le sang.

  • En cas d’hyposécrétion hormonale, le traitement peut apporter des hormones de remplacement, des hormones recombinantes ou des analogues hormonaux.

📌 L’effet paracrine d’une cytokine cible une cellule voisine de la cellule sécrétrice, tandis que l’effet autocrine agit sur la cellule sécrétrice elle-même.

Compléments

  • Un médicament peut se fixer sur l’ADN ou l’ARN et moduler l’expression génétique ; cette fixation peut être responsable d’effets mutagènes ou cancérigènes.

  • Les agents pathogènes ciblés comprennent :

    • les bactéries
    • les virus
    • les parasites
    • les champignons
  • Les hormones ont une action lente et prolongée.

  • L’hypophyse sécrète la FSH et la LH, qui agissent sur les organes reproducteurs, notamment en déclenchant l’ovulation et la sécrétion d’hormones sexuelles.

  • En cas d’hypersécrétion hormonale, certains médicaments réduisent l’activité des cellules sécrétrices, tandis que d’autres s’opposent à l’hormone ou à ses effets.

  • Les médicaments ciblant les cytokines peuvent être des cytokines recombinantes proches de la cytokine native ou des anti-cytokines qui s’opposent à leur synthèse, leur sécrétion ou leurs effets.

Astuce mémo

Hormone endocrine à distance, cytokine locale

9. Neurotransmission synaptique

Notions clés & Définitions

  • Neurotransmetteurs : Les neurotransmetteurs, ou neuromédiateurs, sont des molécules synthétisées par les neurones et utilisées dans les synapses pour transmettre des messages entre neurones ou entre neurones et muscles.

★ À maîtriser

  • Les principaux neurotransmetteurs sont :

    • l’acétylcholine (ACCH)
    • la dopamine (DA)
    • la noradrénaline (NA)
    • l’adrénaline
    • la sérotonine (5-HT)
    • l’histamine (H)
    • le glutamate (Glu)
    • l’acide gamma-aminobutyrique (GABA)
  • Le cycle synaptique du neurotransmetteur comprend sa synthèse et son stockage en vésicules, sa libération dans la fente synaptique après stimulation, sa fixation sur des récepteurs puis son inactivation par dégradation enzymatique ou recapture présynaptique.

📌 Un agoniste direct active le récepteur du neurotransmetteur, tandis qu’un antagoniste direct s’y fixe et le bloque.

📌 Un agoniste indirect augmente la quantité de neurotransmetteur disponible dans la fente synaptique, tandis qu’un antagoniste indirect la diminue.

Compléments

  • Les neurotransmetteurs ont une action rapide et brève.

  • Le neurotransmetteur libre peut se fixer sur un récepteur postsynaptique ou présynaptique, cette dernière fixation participant au rétrocontrôle.

Astuce mémo

Synthèse, stockage, libération, fixation, inactivation

10. Systèmes nerveux autonome

Notions clés & Définitions

  • Système nerveux autonome : Le système nerveux autonome est la partie du système nerveux liée aux organes internes et régulant les processus corporels automatiques et involontaires sans effort conscient.

★ À maîtriser

📌 Le système nerveux autonome comprend le système parasympathique, actif pendant le repos et la relaxation, et le système sympathique, actif dans les situations d’effort, de fuite ou de stress.

  • Le système parasympathique, ou cholinergique, utilise l’acétylcholine comme neuromédiateur, tandis que le système sympathique, ou adrénergique, utilise la noradrénaline et l’adrénaline.

  • L’acétylcholine agit sur les récepteurs muscariniques couplés aux protéines G et sur les récepteurs nicotiniques qui sont des canaux perméables aux ions sodium.

📌 Un médicament cholinergique peut stimuler les récepteurs de l’acétylcholine ou inhiber l’acétylcholinestérase, tandis qu’un médicament anticholinergique bloque les récepteurs de l’acétylcholine.

  • Les récepteurs adrénergiques comprennent :
    • α1
    • α2
    • β1
    • β2

📌 Les α-stimulants et β-stimulants activent les récepteurs adrénergiques, tandis que les α-bloquants et β-bloquants les inhibent.

Compléments

  • La transmission cholinergique favorise les mictions, la salivation et la digestion, contracte les pupilles, stimule les sécrétions lacrymales et sudorales, diminue le rythme cardiaque et dilate les vaisseaux en abaissant la pression artérielle.

  • Les acétylcholinestérases présentes dans la fente synaptique dégradent l’acétylcholine en coupant la molécule en deux parties.

  • Les effets anticholinergiques comprennent la rétention urinaire, la bouche sèche, la constipation, la mydriase, la diminution des sécrétions lacrymales et sudorales, l’accélération du rythme cardiaque, la confusion ou la somnolence, ainsi que la hausse de la pression artérielle.

  • La transmission sympathique accélère le rythme et augmente la force des contractions cardiaques, dilate les bronches et les pupilles, ralentit la digestion et la miction, contracte les vaisseaux et relâche l’utérus.

Astuce mémo

Parasympathique : repos et digestion ; sympathique : fuite et combat

11. Systèmes dopaminergique et sérotoninergique

★ À maîtriser

  • Les cinq récepteurs dopaminergiques sont :

    • D1
    • D2
    • D3
    • D4
    • D5
  • La dopamine est dégradée dans la fente synaptique par la monoamine oxydase (MAO) et la catéchol-O-méthyltransférase (COMT), tandis qu’une partie est recapturée au niveau présynaptique.

📌 Les agonistes dopaminergiques indirects augmentent la disponibilité de dopamine en bloquant sa recapture ou la MAO, tandis que les antagonistes dopaminergiques bloquent ses effets et sont notamment utilisés comme neuroleptiques contre la schizophrénie.

  • Les sept familles de récepteurs sérotoninergiques sont :

    • 5HT1
    • 5HT2
    • 5HT3
    • 5HT4
    • 5HT5
    • 5HT6
    • 5HT7
  • Dans la fente synaptique, la sérotonine est recapturée par la protéine SERT et dégradée par la MAO, deux mécanismes qui diminuent sa disponibilité.

  • Les récepteurs histaminergiques H1, H2, H3 et H4 sont couplés aux protéines G ; H1 est notamment présent sur les muscles lisses des bronches et des intestins, tandis que H2 est présent sur l’estomac.

  • L’histamine maintient l’éveil au niveau central et, en périphérie, augmente la sécrétion acide gastrique et provoque une vasodilatation associée aux manifestations allergiques.

📌 Le GABA est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central, tandis que le glutamate en est le principal neurotransmetteur excitateur.

Compléments

  • La dopamine intervient notamment dans la motivation, le plaisir, la cognition, la mémoire, l’apprentissage et la motricité fine, et traverse difficilement la barrière hémato-encéphalique.

  • La sérotonine participe à la thermorégulation, aux comportements sexuels et alimentaires, au cycle veille-sommeil, à la douleur, à l’anxiété et au contrôle moteur.

📌 Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) et les inhibiteurs de la MAO augmentent la transmission sérotoninergique, tandis que les antagonistes 5HT3 sont utilisés comme antiémétiques.

📌 Les antagonistes H1 sont utilisés contre les allergies, tandis que les antagonistes H2 sont utilisés contre des troubles gastriques tels que les ulcères et les œsophagites.

  • Les benzodiazépines facilitent la transmission gabaergique, et le glutamate intervient dans l’apprentissage et la mémoire à court et à long terme.

12. Facteurs physiologiques et pathologiques

★ À maîtriser

  • Chez le nouveau-né et l’enfant, l’immaturité du rein, du foie, de l’intestin et des systèmes enzymatiques hépatiques, ainsi que la croissance rapide, expliquent une variabilité pharmacocinétique et pharmacodynamique.

  • Une personne est considérée comme âgée au-delà de 65 ans ; elle peut être vigoureuse, fragile ou malade, et les adaptations posologiques sont souvent nécessaires.

  • Chez la personne âgée, la baisse de l’albuminémie diminue la liaison aux protéines plasmatiques, la baisse de l’expression ou de l’activité enzymatique hépatique réduit le métabolisme, et la baisse de la clairance rénale ralentit l’élimination.

  • Chez la personne âgée, la diminution de la densité des récepteurs à l’acétylcholine et de la quantité cérébrale d’acétylcholine accroît la sensibilité aux médicaments anticholinergiques, associés notamment aux chutes, à la confusion, à la constipation et aux troubles prostatiques.

  • La grossesse et l’allaitement modifient l’absorption, la distribution, le métabolisme et l’élimination des médicaments.

📌 Les effets tératogènes peuvent provoquer des malformations congénitales lors d’une exposition in utero au premier trimestre, tandis que les effets fœtotoxiques surviennent aux deuxième et troisième trimestres et entraînent des effets fœtaux ou néonataux irréversibles sans malformations.

  • L’insuffisance rénale, physiologique, pathologique ou parfois iatrogène, ralentit l’excrétion des médicaments et nécessite souvent une adaptation des posologies.

  • Les pathologies inflammatoires digestives diminuent l’absorption intestinale des médicaments, tandis que l’obésité augmente la distribution tissulaire des médicaments lipophiles et que la dénutrition diminue l’albumine et augmente la fraction libre des médicaments.

Compléments

  • Les enfants peuvent nécessiter des médicaments contre-indiqués ou des formes galéniques et des posologies adaptées au poids ; à partir de 12 ans, leurs paramètres pharmacologiques sont considérés comme alignés sur ceux des adultes.

  • 40 % des personnes de plus de 75 ans prennent au moins cinq médicaments.

  • Chez la personne âgée, les modifications du pH gastrique à jeun, de la vidange gastrique, du transit, de la surface d’absorption et de l’expression des transporteurs peuvent diminuer la biodisponibilité.

  • Les effets néonataux peuvent survenir en fin de grossesse ou lors de l’accouchement, et certains médicaments diffusent dans le lait maternel avec un risque d’effets indésirables chez le nouveau-né, comme la sédation due aux opioïdes.

  • L’insuffisance hépatique ou biliaire, physiologique, pathologique ou parfois iatrogène, diminue les fonctions métaboliques du foie.

Astuce mémo

Insuffisance rénale → excrétion ralentie → adaptation posologique

13. Facteurs génétiques et environnementaux

Notions clés & Définitions

  • Pharmacogénétique : La pharmacogénétique étudie les caractéristiques génétiques qui contribuent à la variabilité interindividuelle de la réponse pharmacologique ou toxique aux médicaments.
  • Polymorphisme génétique : Le polymorphisme génétique est la coexistence, selon les individus, de plusieurs versions d’un même gène appelées allèles ; il se transmet généralement de génération en génération et ne constitue pas une mutation pathologique.
  • Effet indésirable médicamenteux : Un effet indésirable médicamenteux est une réaction nocive et non voulue à un médicament, survenant à une posologie ne dépassant pas les posologies maximales recommandées, contrairement à l’effet thérapeutique recherché.

★ À maîtriser

📌 Le polymorphisme des cytochromes P450 modifie le métabolisme et permet de distinguer des métaboliseurs lents, intermédiaires ou rapides ; les métaboliseurs lents présentent un risque accru d’effets indésirables et les métaboliseurs rapides un risque d’inefficacité de certains médicaments.

  • Le calcium du lait chélate certains médicaments, comme les tétracyclines, et en diminue l’absorption ; le jus de pamplemousse inhibe des enzymes, diminue le métabolisme de certains médicaments comme les statines et accroît le risque d’effets secondaires.

  • Les aliments riches en vitamine K, notamment les brocolis, les épinards et les choux, peuvent bloquer l’action des antivitamines K ; leur consommation doit être régulière et sans excès.

  • Les médicaments peuvent modifier l’absorption d’autres médicaments, être néphrotoxiques ou hépatotoxiques, ou agir comme inducteurs ou inhibiteurs enzymatiques, entraînant des interactions médicamenteuses.

📌 L’alcool aigu inhibe les enzymes, tandis que la consommation chronique d’alcool induit les enzymes.

  • L’alcool peut diminuer la vigilance en s’ajoutant aux effets indésirables de médicaments, provoquer des hypoglycémies graves avec les antidiabétiques, augmenter la toxicité hépatique et modifier l’effet anticoagulant ; il est déconseillé avec les médicaments.

  • La nicotine peut s’opposer à l’effet anxiolytique des benzodiazépines et à l’effet antihypertenseur des β-bloquants, et accroître le risque de thrombose veineuse et d’infarctus du myocarde avec les pilules œstroprogestatives.

📌 Un effet indésirable dose-dépendant est généralement lié à l’effet pharmacologique, prévisible et influencé par la dose, tandis qu’un effet non dose-dépendant est rare, imprévisible et lié à la sensibilité individuelle plutôt qu’à l’effet pharmacologique.

  • Les classes de fréquence des effets indésirables sont :
    • très fréquents : ≥ 1/10
    • fréquents : ≥ 1/100 et < 1/10
    • peu fréquents : ≥ 1/1 000 et < 1/100
    • rares : ≥ 1/10 000 et < 1/1 000
    • très rares : < 1/10 000

Compléments

  • Le polymorphisme des transporteurs peut modifier l’absorption, la distribution et l’élimination des médicaments, tandis que le polymorphisme des récepteurs, enzymes ou transporteurs peut modifier la réponse interindividuelle et entraîner une diminution d’efficacité, une inefficacité ou une résistance.

  • Les repas lourds tendent à retarder l’absorption des médicaments, tandis que les aliments riches en graisses augmentent l’absorption des principes actifs lipophiles, comme la vitamine D.

  • L’alcool peut modifier toutes les étapes pharmacocinétiques : l’absorption par les vomissements d’une intoxication aiguë, la distribution par déshydratation et baisse du volume plasmatique, le métabolisme par inhibition aiguë ou induction chronique, et l’élimination par modification de sa vitesse.

  • Le tabac est un inducteur enzymatique et peut modifier le métabolisme de certains médicaments.

Astuce mémo

Alcool aigu inhibiteur enzymatique, alcool chronique inducteur

14. Gravité des effets indésirables

Notions clés & Définitions

  • Effet non grave : Un effet indésirable qui ne répond à aucun des critères de gravité définissant un effet grave.
  • Effet grave : Un effet indésirable grave entraîne le décès, met en jeu le pronostic vital, provoque une hospitalisation ou sa prolongation, une invalidité ou incapacité significative, des séquelles, ou des malformations ou anomalies congénitales après une prise maternelle avant ou pendant la grossesse.

Points essentiels

📌 Un effet non grave ne répond à aucun critère de gravité, tandis qu’un effet grave répond à au moins un de ces critères.

15. Principaux effets indésirables médicamenteux

Notions clés & Définitions

  • Photosensibilisation médicamenteuse : La photosensibilisation médicamenteuse est une réaction cutanée anormalement exagérée à l’exposition solaire en lien avec la prise d’un médicament.
  • Angio-œdème : L’angio-œdème est une urticaire profonde touchant les muqueuses et pouvant entraîner un risque d’asphyxie.
  • Anémie : L’anémie est une diminution du taux d’hémoglobine, protéine des globules rouges qui assure le transport de l’oxygène.
  • Agranulocytose : L’agranulocytose est une diminution particulièrement importante du taux sanguin de polynucléaires neutrophiles, des globules blancs participant à la protection contre les infections.
  • Dépression respiratoire : La dépression respiratoire est une forme d’insuffisance respiratoire pouvant être provoquée notamment par les benzodiazépines, les morphiniques ou les sédatifs.
  • Hépatite : L’hépatite est une inflammation du foie pouvant être provoquée de façon aiguë ou chronique par le paracétamol.
  • Glaucome : Le glaucome est une maladie oculaire associée à la destruction progressive du nerf optique, le plus souvent causée par une pression intraoculaire trop importante.
  • Hypotension orthostatique : L’hypotension orthostatique est une diminution de la pression artérielle lors du passage en position debout, pouvant provoquer des vertiges ou des troubles visuels.
  • Syndrome sérotoninergique : Le syndrome sérotoninergique est un excès de sérotonine dans le système nerveux central, pouvant provoquer une hyperthermie, des troubles musculaires, une hypersudation et une dérégulation de la pression artérielle.
  • Effet antabuse : L’effet antabuse survient lors de la prise simultanée d’une substance active et d’alcool et peut provoquer rougissement, vasodilatation, céphalées, nausées, vomissements, sueurs abondantes et diarrhées.
  • Syndrome mains-pieds : Le syndrome mains-pieds se manifeste par une desquamation, une sécheresse et une rougeur des mains et des pieds, généralement entre une semaine et un mois après des traitements anticancéreux.
  • Constipation : La constipation est un ralentissement du transit intestinal avec raréfaction et durcissement des selles, notamment provoqué par les opiacés et leurs dérivés comme l’opium, la morphine, la codéine et le tramadol.
  • Diarrhée : La diarrhée correspond à une diminution de la consistance des selles et/ou à une augmentation de la fréquence des selles liquides, notamment après la prise d’antibiotiques, de colchicine ou de sels de magnésium.
  • Œil sec : L’œil sec est dû à une diminution de la production de larmes et peut être provoqué par les médicaments anticholinergiques.

Points essentiels

  • Les principaux effets indésirables concernent les appareils suivants :

    • dermatologique
    • hématologique
    • pulmonaire
    • hépatogastro-intestinal
    • ophtalmologique
    • cardiovasculaire
    • locomoteur
    • neurologique
    • endocrinien ou métabolique
  • La photosensibilisation apparaît de quelques heures à plusieurs jours après l’exposition solaire et peut être provoquée notamment par le kétoprofène topique, les tétracyclines ou les quinolones.

16. Facteurs influençant les effets indésirables

★ À maîtriser

📌 Les insuffisances rénale ou hépatique diminuent l’élimination des médicaments et augmentent le risque de surdosage et de toxicité, ce qui peut nécessiter une adaptation posologique ou l’arrêt de certains médicaments.

📌 L’association de médicaments ayant un effet commun peut majorer leurs effets, tandis que l’association de médicaments aux effets antagonistes peut les atténuer.

Compléments

  • Les variations génétiques peuvent entraîner des sensibilités différentes aux médicaments et un déficit en enzymes métaboliques peut provoquer un surdosage.

  • Les capacités enzymatiques des nourrissons et des personnes âgées sont diminuées.

  • Chez les femmes enceintes et allaitantes, les propriétés pharmacocinétiques sont modifiées, avec une augmentation du volume de distribution, une diminution de l’albuminémie et l’élimination de certains principes actifs dans le lait.

📌 Le moment d’administration peut favoriser un effet indésirable, notamment lorsqu’un médicament photosensibilisant est pris en période de fort ensoleillement ou qu’un AINS est pris hors d’un repas, ce qui peut favoriser l’ulcère digestif.

  • Des erreurs lors de la délivrance ou de l’administration, comme un mauvais médicament, une mauvaise dose, une mauvaise voie ou un mauvais moment de prise, peuvent entraîner des effets indésirables.

📌 L’absence de conseils de bon usage lors de la délivrance peut favoriser la survenue d’effets indésirables.

Astuce mémo

Une vulnérabilité individuelle, médicamenteuse ou professionnelle peut augmenter le risque d’effet indésirable.

17. Pharmacodépendance

Notions clés & Définitions

  • Iatrogénie : La iatrogénie regroupe tout événement indésirable résultant de la prise d’un ou plusieurs médicaments ou d’un acte médical.
  • Pharmacodépendance : La pharmacodépendance est un ensemble de phénomènes psychiques et physiques qui, après une durée d’utilisation variable, rendent certains médicaments indispensables à l’équilibre physiologique du patient.

★ À maîtriser

  • Les pharmaciens et préparateurs peuvent être les premiers professionnels de santé à signaler les effets indésirables rencontrés par les patients au cours de leurs traitements.

  • Le système d’évaluation et de signalement des effets indésirables des médicaments est appelé pharmacovigilance.

  • La plupart des risques iatrogéniques sont évitables, notamment ceux dus à une erreur de prise, à une interaction médicamenteuse ou à une interaction entre médicaments et alimentation.

  • La dépendance psychique est un désir irrépressible de répéter les prises pour retrouver les sensations liées au produit, tandis que la dépendance physique se manifeste par des troubles lorsque l’administration est suspendue.

  • Le phénomène de rebond est une exacerbation des symptômes préexistants à l’arrêt du médicament, tandis que le syndrome de sevrage fait apparaître de nouveaux symptômes à l’arrêt du traitement.

  • Les durées maximales de prescription sont :

    • 6 mois pour la prégabaline
    • 12 semaines (3 mois) pour les anxiolytiques, le tramadol, la codéine, la dihydrocodéine et l’hydroxyzine
    • 4 semaines pour les hypnotiques
    • 14 ou 28 jours pour les stupéfiants, avec délivrance à l’unité

Compléments

  • Certains risques iatrogéniques sont inévitables lorsqu’ils sont liés au médicament lui-même ou à une allergie.

  • Les facteurs de risque de iatrogénie comprennent : les intervenants multiples sans coordination, les prescriptions incohérentes ou contradictoires, le nomadisme médical, les erreurs de prescription, de délivrance ou d’administration, les interactions, les contrefaçons, l’automédication, l’âge et la grossesse, les insuffisances rénale, hépatique ou cardiaque, les troubles cognitifs

📌 La pharmacodépendance peut résulter d’un mésusage, c’est-à-dire d’une utilisation excessive et volontaire continue ou périodique, ou d’un usage détourné à des fins récréatives, lucratives ou criminelles.

  • Les médicaments impliqués comprennent : les benzodiazépines, dont le bromazépam, le diazépam et l’alprazolam, les antalgiques de palier 2, dont la codéine et le tramadol, le paracétamol, antalgique de palier 1, la prégabaline, les hypnotiques, dont le zolpidem et la zopiclone

  • Les pharmaciens et préparateurs peuvent être les premiers professionnels de santé à détecter un abus, un mésusage médicamenteux ou une pharmacodépendance, et le signalement relève de l’addictovigilance.

Astuce mémo

Le rebond réexacerbe les symptômes préexistants ; le sevrage fait apparaître de nouveaux symptômes.

18. Intoxications médicamenteuses

Notions clés & Définitions

  • Intoxication médicamenteuse : L’intoxication médicamenteuse désigne les troubles de l’organisme consécutifs à l’utilisation d’un médicament à des doses dépassant la dose maximale recommandée.
  • Antidote : Un antidote est un médicament utilisé pour combattre les effets toxiques d’un médicament administré à forte dose.

★ À maîtriser

  • Les origines de l’intoxication médicamenteuse peuvent être :

    • accidentelles, notamment domestiques
    • liées à une erreur
    • liées à une interaction
    • volontaires par suicide
    • volontaires par toxicomanie
    • volontaires par empoisonnement
  • La gravité dépend : de l’état physiologique du sujet, notamment l’âge et la grossesse, des pathologies préexistantes, notamment les insuffisances rénale ou hépatique, de la nature du médicament, de la quantité prise, de l’heure de prise, de la voie d’administration

📌 Une intoxication médicamenteuse est une urgence médicale qui nécessite l’appel au 15 ou au centre antipoison.

  • 🔄 La prise en charge commence par : l’appel au 15 ou au centre antipoison, le maintien des fonctions vitales et le traitement symptomatique, la recherche du médicament en cause

  • Les antidotes présentés sont : le charbon activé pour les AINS, les antidépresseurs, le paracétamol et les sulfamides, la N-acétylcystéine pour le paracétamol, le flumazénil pour les benzodiazépines, la naloxone pour les opiacés, la vitamine K pour les AVK, l’idarucizumab pour le dabigatran

Compléments

  • Les signes neurologiques d’une intoxication comprennent les mouvements anormaux avec les neuroleptiques, les convulsions avec les antidépresseurs tricycliques et le coma avec les hypnotiques ; le coma favorise la pneumopathie d’inhalation, et l’intoxication peut aussi provoquer une obstruction des voies aériennes supérieures ou une détresse respiratoire.

  • Les signes cardiovasculaires d’une intoxication comprennent l’état de choc ou le collapsus avec les digitaliques ou les dérivés de la quinidine, les troubles du rythme avec les antiarythmiques ou le lithium, et l’hémorragie en cas de surdosage anticoagulant.

  • La recherche du médicament en cause peut s’appuyer sur : l’interrogatoire du patient ou de son entourage, la recherche de boîtes vides, le dosage de certains médicaments

  • Le traitement évacuateur réduit l’absorption selon la voie : digestive, notamment par le charbon activé, cutanée ou oculaire, par lavage à l’eau et au savon, pulmonaire, en éloignant le patient du toxique volatil

  • Le flumazénil est un antagoniste compétitif spécifique des récepteurs aux benzodiazépines, et la naloxone est un antagoniste spécifique des récepteurs aux opiacés.

  • L’idarucizumab neutralise l’effet antithrombotique du dabigatran et de ses métabolites en s’y fixant.

  • La prévention des intoxications chez les sujets fragiles, polymédicamentés ou atteints de maladies psychiatriques comprend la réévaluation du traitement, l’évitement des stocks et la préparation des doses par une infirmière.

  • En cas de difficultés de compréhension ou de maîtrise de la langue, la prévention comprend l’explication du traitement, l’inscription des posologies sur les boîtes et la remise d’un plan de posologie ou d’un bilan de médication.

  • Pour prévenir les intoxications liées au travail de nuit, le plan de posologie peut être adapté aux horaires de travail.

Astuce mémo

Urgence vitale → stabiliser → identifier le médicament → limiter l’absorption → accélérer l’élimination ou administrer un antidote.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Pharmacologie générale et pharmacocinétique avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle distinction sépare la pharmacocinétique de la pharmacodynamie ?

2. Deux médicaments sont regroupés selon la pathologie qu’ils traitent, puis selon leur mécanisme d’action. À quelles classes correspondent ces regroupements, dans cet ordre ?

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Révisez avec les flashcards

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Que désigne la pharmacologie ?

La science des interactions entre les substances chimiques et les systèmes biologiques, ainsi que de l’étude des médicaments.

Que traversent directement les médicaments administrés par voie parentérale ?

Un liquide extracellulaire, après effraction.

Que comprend la dispensation du médicament en pharmacologie ?

L’analyse de l’ordonnance et la délivrance accompagnée de conseils appropriés.

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