Fiche de révision : Potentiels évoqués auditifs et électrocochléographie

Plan du Cours

  1. Bases physiologiques des potentiels évoqués auditifs
  2. Réalisation technique des PEAP
  3. Acquisition et traitement des signaux
  4. Ondes et interprétation des PEAP
  5. Indications cliniques des PEAP
  6. PEA de latence moyenne et tardive
  7. Physiologie de l’électrocochléographie
  8. Technique et tracé de l’ECochG
  9. Indications cliniques de l’ECochG

1. Bases physiologiques des potentiels évoqués auditifs

★ À maîtriser

  • Après le traitement du son par l’oreille interne, l’activation des voies auditives centrales produit des potentiels d’action dont la sommation forme des potentiels électriques observables à distance au scalp.

  • Les potentiels évoqués sont obtenus en provoquant une décharge synchrone des neurones par stimulation acoustique, puis en amplifiant et en moyennant des acquisitions synchronisées pour les faire émerger du bruit de fond électrique.

📌 Les PEAP sont recueillis dans les 10 premières millisecondes et analysent les voies de la cochlée aux radiations auditives, les PEAM entre 10 et 50 ms analysent du thalamus aux aires auditives primaires, et les PEAC au-delà de 50 ms étudient les cortex auditifs et associatifs langagiers.

Compléments

  • Les potentiels recueillis au scalp sont de l’ordre de quelques microvolts et sont atténués par les structures encéphaliques et le bruit électrique corporel.

  • Les filtres sélectionnent une gamme de fréquences afin de faire émerger des ondes caractéristiques du fonctionnement du système auditif.

  • Plus la latence est courte, plus le neurone générateur est proche de la cochlée, car l’information auditive se propage de la périphérie vers le cortex cérébral.

Astuce mémo

Stimulation acoustique → décharge synchrone → moyennage : le signal émerge du bruit

2. Réalisation technique des PEAP

★ À maîtriser

  • Les PEAP sont recueillis avec des électrodes de surface jetables dont l’impédance doit être inférieure à 5 kΩ.

  • Le montage vertical place l’électrode négative sur la mastoïde, l’électrode positive sur le front et l’électrode de référence sur la mastoïde opposée.

📌 Le clic, bref et à large spectre, explore de manière non sélective la bande de 2 000 à 4 000 Hz, tandis que le tone burst permet de tester plus sélectivement certaines zones cochléaires selon sa fréquence.

Compléments

  • Le sujet est installé allongé, dans l’obscurité, les yeux fermés, immobile et détendu ; chez l’enfant, l’enregistrement se fait de préférence pendant le sommeil.

  • Le masquage controlatéral par bruit blanc est utilisé à partir de 40 dB pour éviter une stimulation synchrone de l’autre oreille par conduction osseuse.

  • La cadence de stimulation idéale avoisine 11 Hz et ne doit pas dépasser 20 Hz pour calculer les latences.

3. Acquisition et traitement des signaux

★ À maîtriser

  • L’acquisition des PEAP est synchrone à la stimulation, le signal est amplifié, les artéfacts trop amples sont rejetés, puis 500 à 2 000 acquisitions sont moyennées et le signal est filtré pour sélectionner les ondes caractéristiques et éliminer les artéfacts électriques.

Compléments

  • Le tracé des PEAP représente l’amplitude des potentiels en microvolts selon le temps en millisecondes, et 0 ms correspond à l’envoi de la stimulation sonore dans le conduit auditif externe.

4. Ondes et interprétation des PEAP

★ À maîtriser

  • Les générateurs associés aux ondes sont :
    • Onde I : nerf auditif
    • Onde II : noyaux cochléaires
    • Onde III : olive supérieure
    • Onde IV : lemnisque latéral
    • Onde V : lemnisque latéral ou colliculus inférieur
    • Onde VI : colliculus inférieur
    • Onde VII : radiations auditives

📌 L’onde I est la première à disparaître et est difficilement identifiable en dessous de 20 dB au-dessus du seuil auditif, tandis que l’onde V, la plus ample, est la dernière à disparaître et permet d’évaluer le seuil auditif.

  • À 80 dB au-dessus du seuil auditif, les latences normales sont de 1,5 ms pour l’onde I, 2,5 ms pour l’onde II, 3,5 ms pour l’onde III et 5,5 ms pour l’onde V, avec une variation maximale de 0,20 ms.

📌 Un intervalle I-III augmenté indique un trouble de conduction du nerf auditif ou de la partie basse du tronc cérébral, tandis qu’un intervalle III-V augmenté indique un trouble de conduction de la partie haute du tronc cérébral.

Compléments

  • L’amplitude des ondes augmente avec l’intensité de stimulation et est maximale environ 80 dB au-dessus du seuil auditif du sujet.

  • La différence interaurale maximale des intervalles I-III, I-V ou III-V est de 0,35 ms.

5. Indications cliniques des PEAP

★ À maîtriser

  • Le seuil auditif estimé par les PEAP correspond à l’intensité la plus faible faisant apparaître l’onde V, avec une précision de l’ordre de 15 dB et une exploration limitée aux fréquences de 2 000 à 4 000 Hz.

  • En cas d’absence de réponse aux PEAP, il faut envisager une surdité profonde sur les aigus, vérifier l’installation, l’impédance, les branchements et le bruit dans le casque, et considérer une neuropathie auditive si les PEAP sont bien plus altérés que l’audiométrie tonale.

Compléments

  • Les PEAP servent à estimer les seuils auditifs chez les jeunes enfants, les adultes ne pouvant participer à l’audiométrie tonale et les simulateurs.

  • L’interprétation des seuils nécessite une concordance entre les PEAP et les autres tests objectifs et subjectifs, ainsi qu’une reproductibilité des résultats entre plusieurs examens et au sein d’un même examen.

  • Les indications de l’étude des latences et amplitudes comprennent :

    • Le diagnostic des tumeurs de l’angle pontocérébelleux et du tronc cérébral
    • Le bilan des pathologies neurologiques inflammatoires et dégénératives
    • Le diagnostic des conflits vasculo-nerveux
    • Le monitoring peropératoire de la fonction auditive

Astuce mémo

L’onde I disparaît en premier ; l’onde V, la plus ample, disparaît en dernier

6. PEA de latence moyenne et tardive

★ À maîtriser

  • Les PEAM étudient les neurones du corps genouillé, du thalamus et du cortex auditif, et leurs amplitudes sont dégradées chez un sujet endormi ou anesthésié.

  • Les potentiels majeurs étudiés sont :

    • Le complexe P1-N1-P2
    • La MMN
    • La P300
    • La N400

Compléments

  • Les PEAM permettent d’étudier trois complexes biphasiques entre 10 et 50 ms, de visualiser la sensibilité du cortex auditif aux basses fréquences et de détecter des troubles neurologiques.

  • La MMN étudie les capacités discriminatoires du système auditif et peut contribuer à prédire un éveil de coma.

  • Les PEAM et les PEAC ne sont pas utilisés en pratique clinique courante et sont employés en recherche.

7. Physiologie de l’électrocochléographie

Notions clés & Définitions

  • Électrocochléographie : Enregistrement, en réponse à une stimulation sonore, des potentiels électriques de l’organe de Corti et des fibres nerveuses du nerf auditif à l’intérieur de la cochlée.

★ À maîtriser

📌 L’ECochG prend en compte les réponses sensorielles des cellules ciliées et les réponses nerveuses des fibres du nerf auditif, mais exclut les potentiels endocochléaires de repos en l’absence de stimulation.

  • Le potentiel microphonique cochléaire (PM) est produit par les vibrations des cellules ciliées, reproduit la forme de la vibration sonore sans délai et est de faible amplitude.

  • Le potentiel de sommation (SP) résulte de la polarisation particulière des cellules ciliées liée aux déplacements non linéaires de la membrane basilaire lors d’une stimulation sonore de haute intensité.

  • Le potentiel d’action global du nerf auditif (AP) apparaît juste après le SP, forme la composante principale de l’onde I des PEAP et nécessite une excitation simultanée des fibres nerveuses par des clics sonores.

Compléments

  • Le PM peut être éliminé par des stimuli sonores alternés et mis en évidence par des clics en mode raréfaction ou condensation.

📌 Le SP dépend de l’intensité et de la fréquence du stimulus, mais il n’est pas sensible à sa polarité et ne disparaît pas lors d’une inversion de phase.

Astuce mémo

Le PM suit la forme sonore ; le SP résiste à l’inversion de phase

8. Technique et tracé de l’ECochG

★ À maîtriser

  • Le recueil de l’ECochG utilise trois électrodes : une négative proche de la cochlée, transtympanique sur le promontoire, juxta-tympanique sur le tympan ou transméatique dans le conduit auditif externe, une positive sur le front et une neutre.

  • Le clic non filtré, le stimulus le plus utilisé en ECochG, couvre un spectre de 1 000 à 4 000 Hz et stimule simultanément une grande partie de la cochlée.

  • Le tracé présente successivement :
    • Un SP de faible amplitude formant l’épaule du complexe
    • Un AP de plus forte amplitude
    • Un retour à la ligne de base

Compléments

  • L’ECochG est réalisée dans un endroit calme, silencieux et électriquement isolé, avec un sujet allongé, les yeux fermés et détendu, stimulé par casque ou insert.

📌 Les clics alternés peuvent éliminer le PM, tandis que les clics en condensation ou en raréfaction le mettent en évidence.

  • Le clic filtré utilise une bande étroite entre 1 000 et 4 000 Hz, tandis que les bouffées tonales sont des tranches de son pur susceptibles d’augmenter la sensibilité de l’ECochG et d’étudier les sons graves.

  • Le tracé de l’ECochG correspond à un complexe de l’onde I des PEA et présente une grande variabilité interindividuelle, sans normes en valeurs absolues.

9. Indications cliniques de l’ECochG

★ À maîtriser

  • L’ECochG peut compléter un PEA pour déterminer un seuil auditif et détecter une activité cochléaire résiduelle ou un potentiel microphonique chez les patients sourds profonds.

  • Dans les surdités sans trouble de pression endolymphatique, le rapport SP/AP n’est pas modifié ; l’ECochG peut diagnostiquer une maladie de Ménière à un stade incomplet ou lors d’un épisode de surdité brusque.

  • Dans les troubles de pression endolymphatique, le rapport SP/AP augmente ; pour une électrode juxta-tympanique, une valeur inférieure à 0,35 est normale.

  • L’hypo- ou l’hyperpression endolymphatique augmente l’amplitude du SP tandis que l’amplitude de l’AP reste inchangée ou diminue, ce qui augmente le rapport SP/AP et élargit le complexe avec une déflexion de repolarisation plus lente.

Compléments

  • L’ECochG peut compléter ou remplacer le monitoring par PEA lors de chirurgies de tumeurs de l’angle pontocérébelleux visant à préserver l’audition.

  • La présence d’un PM en l’absence d’ondes au PEA permet de diagnostiquer une synaptopathie.

  • Après injection ou ingestion d’un produit osmotique, la normalisation du rapport SP/AP témoigne de la réversibilité de l’hydrops et de la symptomatologie, guide la thérapeutique et constitue le critère audiométrique le plus sensible.

Astuce mémo

Pression endolymphatique perturbée → SP augmenté → rapport SP/AP augmenté

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Potentiels évoqués auditifs et électrocochléographie avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Comment les potentiels électriques liés à l’audition deviennent-ils observables au scalp après le traitement du son par l’oreille interne ?

2. Un examen recherche l’activité des voies auditives durant les premières millisecondes après un stimulus sonore ; quelle catégorie de potentiels évoqués convient ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Potentiels évoqués auditifs et électrocochléographie avec 10 flashcards interactives.

Après le traitement du son par l’oreille interne, que produit l’activation des voies auditives centrales ?

Des potentiels d’action dont la sommation forme des potentiels électriques observables au scalp.

Comment fait-on émerger les potentiels évoqués auditifs du bruit électrique de fond ?

On amplifie et moyenne des acquisitions synchronisées après une stimulation acoustique provoquant une décharge neuronale synchrone.

Quelle impédance maximale doivent avoir les électrodes de surface jetables des PEAP ?

Inférieure à 5 kΩ.

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