Fiche de révision : Vignettes cliniques en psychopathologie

Plan du Cours

  1. Normalité et méthode psychopathologique
  2. Critères et limites de la normalité
  3. Troubles mentaux et risque de violence
  4. Profils et facteurs de violence
  5. Hospitalisation psychiatrique sans consentement
  6. Sujet et symptôme en psychanalyse
  7. Thérapie familiale et pensée systémique
  8. Interventions familiales et critiques systémiques
  9. Validation empirique et indications thérapeutiques
  10. Intégration des modèles et redécouverte individuelle
  11. Thérapie familiale médicale et ressources
  12. Compétences familiales et nouvelles pratiques
  13. Méthode d’analyse des études de cas
  14. Récurrence dépressive de Natacha
  15. Épisodes d’exaltation de Nancy
  16. Panique et évitement agoraphobique
  17. Parcours clinique de Leïla
  18. Rituels et angoisses de Bruno

1. Normalité et méthode psychopathologique

Notions clés & Définitions

  • Psychopathologie : Daniel Widlöcher définit la psychopathologie comme une méthode d’observation des conduites et attitudes anormales qui éclaire les mécanismes et fonctions de la vie psychique normale.

★ À maîtriser

📌 La méthode psychopathologique étudie les différences entre conduites normales et anormales pour éclairer les fonctions psychiques, selon deux orientations : étudier le normal à partir du pathologique ou le pathologique à partir du normal.

📌 Canguilhem soutient qu’un symptôme ou un mécanisme ne peut être qualifié de pathologique indépendamment de son insertion dans la totalité du comportement individuel. - Georges Canguilhem, 1966

Compléments

  • Broussais et Bernard ont contribué à concevoir la maladie comme une variation quantitative, par excès ou insuffisance, de propriétés naturelles plutôt que comme l’émergence d’une entité étrangère.

  • Théodule Ribot a fondé la psychologie pathologique en faisant de la méthode pathologique une méthode expérimentale centrée sur la manière dont la morbidité atteint le fonctionnement psychique.

Astuce mémo

Le normal et le pathologique varient en degré, plutôt que de former deux essences étrangères.

2. Critères et limites de la normalité

★ À maîtriser

  • La normalité statistique, appliquée par Quételet au XIXe siècle à des données humaines, assimile la normalité à la moyenne observée dans une population.

  • Dans l’exemple du quotient intellectuel, la moyenne est de 100 et l’intervalle de 85 à 115 correspond à la population moyenne ; un QI inférieur à 85 indique un déficit intellectuel, tandis qu’un QI supérieur à 115 peut témoigner d’une intelligence remarquable.

  • Pour Canguilhem, un trait humain n’est pas normal parce qu’il est fréquent, mais fréquent parce qu’il est normatif dans un genre de vie donné. - Georges Canguilhem, 1966

📌 La normalité ne se réduit pas à l’absence de maladie : elle peut aussi désigner la capacité de traverser une maladie et d’en réchapper.

📌 Dans le deuil, le désinvestissement progressif de la personne perdue permet ultérieurement d’investir d’autres objets, tandis que dans la mélancolie le sujet demeure aliéné à l’objet perdu dont l’ombre tombe sur le Moi. - Freud, Deuil et Mélancolie, 1915c

Compléments

📌 La norme sociale organise la cohabitation par des règles et des valeurs, mais elle peut confondre déviance et pathologie et stigmatiser les modes de vie minoritaires, comme l’homosexualité.

Astuce mémo

La moyenne statistique n’est pas la norme sociale, et aucune des deux ne suffit à définir la santé.

3. Troubles mentaux et risque de violence

★ À maîtriser

  • Après ajustement pour le sexe, l’âge et le statut socioéconomique, les troubles mentaux graves sont associés à un risque de violence physique estimé à 3,7 fois celui de la population générale, indépendamment de la prise d’alcool ou de drogues.

  • Dans l’étude McArthur, 17,9 % des patients sans abus de substances ont été violents durant l’année suivant leur sortie d’hôpital, contre 3,3 % dans la population générale du même quartier sur une période de dix semaines. - fondation McArthur, 1998

  • Plus de 90 % des personnes atteintes d’un trouble mental grave ne sont jamais violentes, et les troubles psychiatriques représenteraient généralement 3 à 5 % de la violence dans la société.

Compléments

📌 L’abus d’alcool ou de drogues accroît le risque de violence associé aux troubles mentaux graves, tandis que les facteurs de risque sociaux affectent également les personnes avec ou sans trouble mental.

  • Dans l’étude McArthur, 60 % des agressions ont lieu durant les 20 premières semaines après la sortie de l’hôpital, et les victimes sont généralement connues du patient : famille (51 %), connaissances ou amis (35 %), inconnus (14 %). - fondation McArthur

Astuce mémo

Risque accru ne signifie ni violence de tous les patients ni violence majoritairement causée par la maladie.

4. Profils et facteurs de violence

★ À maîtriser

  • Les facteurs de risque communs comprennent : le jeune âge, le sexe masculin, le chômage, la pauvreté, un milieu défavorisé, l’abus ou la dépendance à l’alcool ou aux drogues, les antécédents de violence

📌 Les antécédents de violence prédisent mieux la violence future que les symptômes psychotiques, même si les délires de persécution ou d’influence, les hallucinations auditives impérieuses, l’atteinte cérébrale et l’abus de substances sont des facteurs contributifs rapportés.

Compléments

  • Les facteurs de protection cités sont :

    • l’implication prosociale
    • un support social solide
    • des liens relationnels forts
    • une attitude positive envers l’autorité
    • l’investissement scolaire
    • des traits de personnalité résiliente
  • Au moment de l’acte violent, 25 % des patients ne prenaient pas la médication prescrite.

📌 Dans la délinquance précoce, qui débute avant 18 ans, le comportement antisocial n’est pas modifié par le traitement antipsychotique, tandis que dans la délinquance tardive, qui débute après 18 ans avec la maladie, le traitement psychiatrique devrait avoir un impact plus significatif.

5. Hospitalisation psychiatrique sans consentement

★ À maîtriser

  • La loi du 5 juillet 2011, modifiée en septembre 2013, a ouvert les soins psychiatriques sans consentement à des prises en charge autres que l’hospitalisation à temps plein et a instauré l’intervention systématique du juge des libertés et de la détention.

📌 En France, le consentement est la condition de principe de toute prise en charge thérapeutique et les soins sans consentement restent une exception pour les troubles psychiatriques sévères lorsque la conscience du trouble ou du besoin de soins peut être altérée.

  • En 2010, plus de 71 000 patients ont été hospitalisés sans leur consentement en psychiatrie en France ; ils représentaient 5 % de la file active et 29 % des patients hospitalisés à temps plein dans les établissements concernés.

  • En 2010, 80 % des hospitalisations sans consentement relevaient d’une hospitalisation à la demande d’un tiers (HDT), qui a concerné près de 57 000 patients, tandis que 20 % relevaient d’une hospitalisation d’office (HO), concernant près de 14 000 patients.

  • Une HDT exige des troubles mentaux, l’impossibilité de consentir en raison de ces troubles et la nécessité de soins immédiats avec surveillance continue ; elle requiert une demande d’un tiers et deux certificats médicaux concordants, sauf péril imminent où un seul certificat suffit.

  • Une HO est prononcée par arrêté préfectoral sur la base d’un certificat médical extérieur à l’établissement lorsque l’état de santé compromet la sûreté des personnes ou gravement l’ordre public ; en cas de danger imminent, le maire peut engager une procédure d’urgence.

  • L’HO est prononcée par arrêté préfectoral, sur la base d’un certificat médical circonstancié établi par un médecin extérieur à l’établissement, lorsque l’état du patient compromet la sûreté des personnes, y compris la sienne, ou gravement l’ordre public.

  • En 2009, les procédures d’urgence représentaient 64 % des mesures d’HO prononcées et plus de 90 % dans 35 départements.

  • En 2010, l’hospitalisation sans consentement dure en moyenne 53 jours par an, contre 43 jours pour les patients hospitalisés exclusivement librement; elle atteint 46 jours en HDT, 74 jours en HO et 171 jours pour les patients jugés pénalement irresponsables.

Compléments

  • En 2010, près de 14 000 patients ont été hospitalisés d’office (HO), soit 20 % des patients hospitalisés sans consentement en psychiatrie.

  • En cas de danger imminent pour la sûreté des personnes, attesté par un avis médical ou la notoriété publique, le maire peut engager une procédure d’urgence d’HO, ou les commissaires de police à Paris.

  • Les hommes représentent 60 % des patients hospitalisés sans consentement, et leur part atteint 80 % en HO, 91 % parmi les personnes jugées pénalement irresponsables et 93 % parmi les détenus hospitalisés.

Astuce mémo

HDT : demande d’un tiers ; HO : arrêté préfectoral et atteinte à la sûreté ou à l’ordre public.

6. Sujet et symptôme en psychanalyse

★ À maîtriser

📌 La clinique psychanalytique distingue le fait de reconnaître un sujet à ses symptômes du fait de l’identifier à ses symptômes et de le réduire à ceux-ci. - Lapeyre, M., 1996

  • Dans l’approche psychanalytique présentée par Lapeyre, le symptôme a un sens pour l’entourage, mais comporte aussi une part de non-sens pour le sujet, qui sait qu’il est sien sans comprendre ce qu’il signifie. - Lapeyre, M., 1996

  • La clinique psychanalytique interroge la position du sujet par rapport à son symptôme et traite celui-ci comme le révélateur d’un compromis entre désir et défense. - Lapeyre, M., 1996

Compléments

  • Ces notions se distinguent par leur définition : (Lapeyre, M., 1996) : le sujet, par le fait de parler avec le langage, l’individu, par l’anonymat, la personne, par son rapport aux idéaux, la personnalité, par sa relation à un groupe

📌 Dans la clinique psychanalytique décrite par Lapeyre, le diagnostic ne se limite pas à un étiquetage et présuppose une symbolisation en cure passant par le consentement et l’admission du sujet; le pronostic n’est ni verdict ni oracle, mais certitude obtenue par le sujet concernant son cas. - Lapeyre, M., 1996

Astuce mémo

Reconnaître le sujet par son symptôme ne signifie pas le réduire à celui-ci

7. Thérapie familiale et pensée systémique

Notions clés & Définitions

  • Pensée systémique : Cook-Darzens, S., 2005 - Compréhension de la famille comme un tout organisé, plus vaste que la somme de ses membres, engagé dans des échanges et des causalités circulaires.

★ À maîtriser

  • La thérapie familiale s’est définie aux États-Unis dans les années 1950, en contraste avec la perspective individuelle psychanalytique alors dominante, notamment autour de la schizophrénie et de la délinquance. - Cook-Darzens, S., 2005

📌 Dans le modèle systémique, l’homéostasie désigne la force de non-changement et la morphogenèse la force de changement, entre lesquelles la famille cherche un équilibre au cours de son cycle de vie. - Cook-Darzens, S., 2005

  • Le paradigme systémique considère que le symptôme individuel peut servir l’autorégulation familiale et que les interactions dysfonctionnelles, plutôt que le symptôme isolé, constituent le problème thérapeutique central. - Cook-Darzens, S., 2005

  • Les critiques du paradigme systémique lui reprochent notamment de pathologiser la famille, de déplacer sur elle la culpabilité autrefois attribuée à un parent et de négliger la souffrance individuelle ainsi que la plurifactorialité des troubles. - Cook-Darzens, S., 2005

Compléments

  • Les principaux courants cités sont : (Cook-Darzens, S., 2005) : l’école psychanalytique, l’école structurale, l’école stratégique et les thérapies brèves, l’école intergénérationnelle, l’école fonctionnelle comportementale, les approches constructivistes-constructionnistes

Astuce mémo

Boucles familiales dysfonctionnelles → symptôme et recherche d’équilibre

8. Interventions familiales et critiques systémiques

★ À maîtriser

  • Les interventions familiales psychoéducatives dans la schizophrénie visent à créer un réseau de soutien, à aider les familles à comprendre la maladie et à accompagner le patient vers une meilleure adaptation socioprofessionnelle.

📌 La critique féministe souligne que l’approche systémique traditionnelle attribue également la responsabilité du symptôme à tous les membres, alors que les pouvoirs et les responsabilités peuvent être inégalement répartis, notamment en cas de violence familiale.

  • Le paradigme systémique, l’isolement intellectuel, le manque d’intérêt pour le diagnostic individuel et la faible évaluation scientifique ont contribué à marginaliser la thérapie familiale par rapport aux autres disciplines de santé mentale.

Compléments

  • Les interventions familiales dans la schizophrénie ont limité les hospitalisations, diminué les dosages de neuroleptiques et amélioré l’intégration familiale et sociale du patient (McFarlane, 2002).

  • La critique féministe de la thérapie familiale dénonce la circularité, la neutralité et la focalisation sur le système au détriment de l’individu, et invite à examiner les valeurs sociales et les rapports hiérarchiques entre thérapeute et famille (McGoldrick, 1989).

  • La multiplication des écoles de thérapie familiale a dispersé les énergies et favorisé des attitudes doctrinaires, ce qui a conduit dès le début des années 1980 certains thérapeutes à défendre des modèles synthétiques.

Astuce mémo

La famille, non plus source du trouble, mais soutien face à la crise

9. Validation empirique et indications thérapeutiques

★ À maîtriser

  • Les études anglo-saxonnes rapportent un taux global d’amélioration de 70 % pour la thérapie familiale dans les troubles mentaux et les problèmes relationnels de l’enfant et de l’adulte (Gurman et al., 1986 ; Shadish et al., 1993).

📌 La thérapie familiale est plus efficace que la thérapie individuelle pour les patients non chronicisés de moins de 18 ans et pour les jeunes adultes dont l’anorexie a débuté à l’adolescence, tandis que la thérapie individuelle d’inspiration analytique est plus efficace lorsque l’anorexie débute à l’âge adulte et chez les sujets boulimiques de poids normal.

📌 Dans les troubles alimentaires, la thérapie familiale conjointe induit davantage de changements psychologiques et relationnels, tandis que la thérapie familiale scindée produit davantage d’améliorations symptomatiques.

Compléments

  • L’équipe de Russell à l’hôpital Maudsley de Londres a étudié de 1987 à 2000 l’efficacité de la thérapie familiale dans l’anorexie mentale (Eisler et al., 1997, 2000).

📌 Pour les familles à forte tonalité émotionnelle, caractérisées par la critique envers la patiente ou la surimplication dans le trouble, les gains thérapeutiques sont supérieurs en thérapie familiale scindée.

  • Les recherches sur l’efficacité permettent de préciser les indications thérapeutiques et les composantes efficaces des interventions familiales, et contribuent ainsi à légitimer cette approche.

10. Intégration des modèles et redécouverte individuelle

★ À maîtriser

📌 L’intégration thérapeutique combine plusieurs modèles familiaux afin de créer des approches souples et généralistes, tandis que l’éclectisme apparie des pratiques spécifiques à des pathologies spécifiques.

  • Les mouvements novateurs des 15 à 20 dernières années ont favorisé la réintégration de l’individu et de son diagnostic dans la thérapie familiale et dans le champ de la santé mentale.

Compléments

  • Cette redécouverte s’est appuyée sur plusieurs courants : le modèle systémique interne, le mouvement de l’enfant adulte, les recherches sur la petite enfance et l’attachement, l’approche féministe, la prise en compte des patients schizophrènes

  • Le modèle systémique interne applique aux processus individuels les concepts de la systémie familiale (Sprenkle et Bischof, 1994).

  • Selon Sexton et al. (2003), l’intégration véritable tient compte à la fois des systèmes relationnels et des significations individuelles, de l’expérience clinique et des résultats scientifiques, ainsi que des perspectives du patient et du clinicien.

11. Thérapie familiale médicale et ressources

Notions clés & Définitions

  • Thérapie familiale médicale : Forme de thérapie familiale d’abord appliquée aux maladies somatiques, souvent chroniques, qui aide la famille à s’adapter à la maladie et à son évolution au cours du temps.

★ À maîtriser

  • La thérapie familiale médicale associe les perspectives biopsychosociale et systémique pour travailler simultanément avec le patient, sa famille, les pourvoyeurs de soins et les associations de la communauté (McDaniel et al., 1992 ; Rolland, 1994).

📌 Dans les maladies psychiatriques graves, la thérapie familiale médicale délaisse la thérapie centrée sur le déficit familial à réparer au profit d’une approche fondée sur les ressources et compétences de la famille.

  • La famille n’est pas nécessairement coupable du trouble, mais elle a un rôle important à jouer dans la guérison du membre malade.

Compléments

  • Dans l’anorexie mentale de l’enfant et de l’adolescent, le facteur familial peut être prédisposant, déclenchant, aggravant, protecteur ou améliorant, et certaines familles ne présentent pas de dysfonctionnements spécifiques (Cook-Darzens, 2002 ; Cook-Darzens et al., 2005).

  • La thérapie familiale médicale peut repérer les interactions productives ou délétères, déculpabiliser la famille, mobiliser ses compétences, écouter ses croyances et utiliser des programmes psychoéducatifs.

Astuce mémo

Famille pathogène à réparer ≠ famille ressource à mobiliser

12. Compétences familiales et nouvelles pratiques

★ À maîtriser

  • Les approches solutionnistes, narratives et centrées sur la résilience familiale soulignent l’importance de repérer et de mobiliser les ressources des familles en demande d’aide (Walsh, 1993, 1998).

  • Elles privilégient : la collaboration avec le patient et les autres professionnels, une posture moins experte et directive, la mobilisation des compétences familiales, la participation de la famille aux soins hospitaliers

  • La complexité de la thérapie familiale appelle une vision écosystémique qui prend en compte l’individu, le contexte extrafamilial et la diversité des expériences humaines, ainsi que des interventions multisystémiques.

Compléments

  • La technique de l’équipe réfléchissante est associée à une posture thérapeutique moins hiérarchisée et moins directive.

📌 L’intégration véritable des modèles ne consiste pas en un simple mélange de concepts et de pratiques, mais doit produire une nouvelle métaconstruction de principes plus inclusifs (Sexton et al., 2003).

13. Méthode d’analyse des études de cas

★ À maîtriser

  • L’analyse d’une étude de cas commence par l’identification des éléments cliniquement pertinents et leur association au vocabulaire sémiologique, en tenant compte du caractère partiel des vignettes.

Compléments

  • L’analyse sémiologique peut porter sur : la présentation du patient et le motif de consultation, les antécédents personnels et familiaux, l’anamnèse et l’histoire des troubles, l’analyse de l’épisode actuel, l’évaluation de la personnalité, les éléments médicaux pertinents, l’évolution clinique

📌 Une analyse prudente du fonctionnement psychopathologique en référence aux grands courants théoriques n’est possible que si la vignette clinique contient suffisamment d’éléments.

Astuce mémo

Sémiologie → syndromes → hypothèses diagnostiques

14. Récurrence dépressive de Natacha

★ À maîtriser

  • Après une fausse couche, Natacha développe une culpabilité intense, se juge incapable d’être mère et se reproche la mort de son enfant.

  • Après une amélioration d’environ six mois, Natacha interrompt son traitement et sa psychothérapie, puis rechute après un accident de voiture sans blessé.

  • Lors de la rechute, Natacha interprète l’accident et ses douleurs sans cause physique diagnostiquée comme une punition et exprime des idées suicidaires.

  • Après une nouvelle fausse couche, Natacha tente de se suicider en prenant ses médicaments.

Compléments

  • La mère de Natacha avait fait trois fausses couches avant sa naissance, qu’elle souhaitait après avoir eu deux garçons.

📌 Dans le cas de Natacha, la récurrence dépressive peut être suivie d’une rechute déclenchée par un événement moins impliquant que les pertes de grossesse, comme un accident de voiture.

Astuce mémo

Fausse couche puis culpabilité et rechute

15. Épisodes d’exaltation de Nancy

★ À maîtriser

  • Nancy présente depuis plusieurs années des périodes de plusieurs jours où elle dort très peu, parle rapidement, multiplie les projets et se sent inhabituellement optimiste, sur fond d’humeur souvent basse.

  • Pendant l’épisode actuel, Nancy dort rarement plus de deux heures par nuit sans paraître fatiguée le lendemain.

  • Nancy dépense impulsivement, néglige son emploi et ses responsabilités familiales, et se croit promise à une reconnaissance mondiale comme investisseuse.

  • À l’entretien, le discours de Nancy est rapide, abondant et difficile à interrompre, son humeur expansive devient irritable et son jugement est sévèrement altéré.

Compléments

  • Au cours des douze derniers mois, son mari estime que Nancy a connu au moins six périodes d’agitation.

  • Après la reprise de fluoxétine, Nancy devient souvent plus agitée, plus bavarde et moins raisonnable selon son mari.

Astuce mémo

Humeur basse et phases d’énergie excessive

16. Panique et évitement agoraphobique

Notions clés & Définitions

  • Attaque de panique : Survenue brutale de sensations corporelles intenses, de peur et d’impression de mourir ou de perdre le contrôle.

★ À maîtriser

  • Au fil de crises répétées dans des magasins ou au volant, la patiente évite progressivement ces situations et ne peut plus sortir seule.

Compléments

  • Après sa première attaque de panique, la patiente est admise aux urgences et en ressort avec le diagnostic de « fatigue nerveuse ».

  • La patiente finit par éviter les lieux clos ou éloignés de chez elle, comme les salles de cinéma, les trains et les avions, ainsi que les endroits surpeuplés ou surchauffés.

  • La patiente consulte après cinq ans de troubles.

Astuce mémo

Crise, répétition, puis évitement des lieux

17. Parcours clinique de Leïla

★ À maîtriser

  • Leïla consulte parce qu’elle ne peut plus entrer seule dans un supermarché et éprouve immédiatement l’envie de fuir si elle n’est pas accompagnée.

  • Après la mort de son fils Christian à huit mois, survenue après une intervention bénigne, Leïla se reproche d’avoir choisi l’opération plutôt qu’un voyage pour retrouver sa famille.

Compléments

  • Après le décès de son fils, Leïla a vu celui-ci près de son lit au réveil pendant plusieurs mois et a entendu des voix l’accusant de l’avoir tué parce qu’il était le fils d’un Européen.

  • Leïla mène simultanément un suivi hebdomadaire avec un psychologue et des consultations presque hebdomadaires avec une psychiatre auprès de qui elle demande des tranquillisants.

  • Leïla attribue au regard du psychologue une dureté qui lui rappelle son père et dit ne pouvoir le regarder en face ni lui parler.

  • La collection de Leïla comprend :

    • des rouges à lèvres
    • du mascara
    • des vernis non utilisés

18. Rituels et angoisses de Bruno

★ À maîtriser

  • Bruno compte les poutres et soumet des décisions ordinaires à des jeux de hasard, comme décider de consulter selon l’emplacement d’une sonnette.

  • Bruno dit passer sa vie à chercher du sens aux choses qui l’entourent et à craindre aussitôt ce qu’il pourrait découvrir.

  • Le 12 mars 2019, Jules voit un ouvrier mourir écrasé par une poutrelle sur un chantier qu’il supervise, tandis qu’un second ouvrier est coincé sous les débris.

  • Après l’accident, Jules évite les lieux et les activités qui lui rappellent le chantier, notamment les opérations de levage, les centres commerciaux et les reportages sur les accidents.

  • Après l’accident, Jules présente des réveils en sursaut, une réaction intense aux bruits soudains, de l’irritabilité, un retrait social et des difficultés de concentration.

  • Après avoir vu mourir un enfant lors d’un accident de car scolaire, Sophie présente des troubles du sommeil, des images intrusives, de l’évitement des rappels traumatiques, une hypervigilance et des sursauts.

Compléments

  • Bruno se méfie du travail psychologique approfondi et craint que le clinicien ne le classe dans une catégorie erronée.

  • Bruno rapporte des douleurs abdominales ayant entraîné plusieurs consultations spécialisées en urgence, sans résultat concluant.

  • Sophie se reproche de ne pas avoir agi autrement lors de la mort de l’enfant et rapporte une perte de poids de quatre kilogrammes sans l’avoir recherchée.

  • Plusieurs années après l’accident, Jules dit aller mieux après deux ans de thérapie, mais les bruits de machines lourdes, les sirènes et les reportages sur les accidents du travail restent difficiles à supporter.

  • Bruno avoue avoir pratiqué le rituel du grummus merdæ, décrit dans la note comme le fait de déféquer dans le lit des victimes après un cambriolage. - Freud

Astuce mémo

Compter les poutres pour tenter de maîtriser l’angoisse

Tableaux de synthèse

Forces en tension dans la famille

ForceFonction
HoméostasieMaintenir le système et résister au changement
MorphogenèsePermettre le changement du système

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Vignettes cliniques en psychopathologie avec 44 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. La méthode psychopathologique peut éclairer les fonctions psychiques selon deux orientations :

2. Pour Canguilhem, l’évaluation du caractère pathologique d’un symptôme repose sur :

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Vignettes cliniques en psychopathologie avec 89 flashcards interactives.

Comment Daniel Widlöcher définit-il la psychopathologie ?

Comme une méthode d’observation des conduites et attitudes anormales éclairant les mécanismes et fonctions de la vie psychique normale.

Quelle référence est associée à la définition de la psychopathologie par Daniel Widlöcher ?

Daniel Widlöcher, 1994a.

Quelles sont les deux orientations de la méthode psychopathologique ?

Étudier le normal à partir du pathologique ou le pathologique à partir du normal.

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