Fiche de révision : Prévention du risque infectieux environnemental

Plan du Cours

  1. Facteurs du risque infectieux opératoire
  2. Asepsie et circuits de prévention
  3. Maîtrise de l’environnement opératoire
  4. Préparation du patient et du matériel
  5. Détergents, désinfectants et nettoyage
  6. Gestion des déchets de soins
  7. Risque infectieux lié aux travaux
  8. Dispositifs médicaux durables

Repères chronologiques

  1. 1680Denis Papin met au point le digesteur à vapeur d'eau
  2. 1810Nicolas Appert développe la conservation des denrées alimentaires
  3. 1861Louis Pasteur démontre le rôle des micro-organismes dans les infections et leur transmission par les mains
  4. 1865Joseph Lister invente l'antisepsie chirurgicale
  5. 1955La mise en place de l'antibioprophylaxie abaisse les taux d'infection postopératoire
  6. 10 février 2020La loi anti-gaspillage et pour l'économie circulaire, dite AGEC, est instaurée

1. Facteurs du risque infectieux opératoire

Points essentiels

  • La classification d'Altemeier distingue quatre classes de contamination opératoire:

    • classe I propre
    • classe II propre contaminée
    • classe III contaminée
    • classe IV sale
  • La cicatrisation complète d'une plaie nécessite 12 jours, alors que l'étanchéité est obtenue en quelques heures après la fermeture.

📌 Le risque opératoire est majoré lorsque la durée de l'intervention dépasse 75 % de la durée habituelle calculée pour cette intervention.

  • Le score NNIS est calculé à partir des critères de contamination, de l'état du patient et de la durée opératoire ; un score NNIS nul correspond à un taux d'infection inférieur à 1 %, tandis qu'un score de 3 dépasse 10 %.

Astuce mémo

Classe, patient et durée élevés → score NNIS et risque infectieux accrus

2. Asepsie et circuits de prévention

Points essentiels

  • La marche en avant fait circuler le matériel, le personnel et l'environnement selon un niveau de propreté croissant, sans retour vers un niveau moindre.

  • L'asepsie progressive protège un champ opératoire fixe en faisant passer l'environnement du souillé au propre puis au protégé.

  • La désinfection chirurgicale des mains par friction avec une solution hydroalcoolique est présentée comme plus simple, plus efficace, plus durable, plus sûre et moins exigeante. — Dr Philippe CARENCO

Astuce mémo

Souillé → propre → protégé

3. Maîtrise de l’environnement opératoire

★ À maîtriser

  • La surpression de la salle, d'environ 15 Pa, contribue à maîtriser la contamination aéroportée.

📌 La dilution utilise un flux non unidirectionnel avec des plafonds soufflants, tandis que le déplacement utilise un flux unidirectionnel allant du haut des murs vers une aspiration basse.

  • Le comptage particulaire confirme la classe ISO d'une salle, située entre 5 et 7 pour une salle classique et inférieure ou égale à 5 pour une chirurgie prothétique.

Compléments

  • Le fonctionnement du centre de traitement d'air suit l'ordre déshumidification, rafraîchissement, filtration puis réhumidification.

Astuce mémo

Dilution : flux non unidirectionnel ; déplacement : flux unidirectionnel

4. Préparation du patient et du matériel

Points essentiels

  • La peau comporte une flore transitoire sur l'épiderme et une flore résidente, correspondant au microbiote, sur le derme.

  • La préparation cutanée du patient comprend au moins une douche opératoire, avec ou sans antiseptique, et privilégie la tonte plutôt que le rasage si une dépilation est nécessaire.

  • La stérilité d'un dispositif emballé dépend de l'étanchéité de son emballage, qui doit assurer une triple protection pendant le transport, le stockage et l'emploi.

  • L'antibioprophylaxie doit être administrée entre 30 minutes et 1 heure avant l'incision et nécessite une coordination réelle entre les équipes.

Astuce mémo

Douche → préparation cutanée → emballage étanche → stérilisation

5. Détergents, désinfectants et nettoyage

Points essentiels

  • Les désinfectants peuvent provoquer:

    • un asthme professionnel
    • une dermatite de contact
    • des conjonctivites
    • des rhinites
  • Le cercle de Sinner définit le nettoyage par quatre composantes:

    • action mécanique
    • action chimique
    • action thermique
    • durée
  • Le bionettoyage associe successivement le nettoyage, le rinçage et la désinfection, cette dernière n'étant efficace qu'après élimination du biofilm par le nettoyage.

📌 L'eau de Javel n'est pas nettoyante et réagit avec les acides, comme les détartrants, en libérant du chlore gazeux.

Astuce mémo

Nettoyage du biofilm → désinfection efficace

6. Gestion des déchets de soins

Notions clés & Définitions

  • DASRI : Déchets présentant un risque infectieux ou appartenant à des catégories spécifiques, notamment les matériels piquants ou coupants, les produits sanguins thérapeutiques inutilisés ou périmés et les déchets anatomiques humains non aisément identifiables.

★ À maîtriser

  • Le tri à la source impose six flux:
    • verre
    • plastiques
    • cartons et papiers
    • bois
    • métal
    • biodéchets

Compléments

📌 La gestion des DASRI est encadrée par l'article R1335-1 du Code de la santé publique.

Astuce mémo

Réutiliser → recycler → valoriser → enfouir ou incinérer

7. Risque infectieux lié aux travaux

Points essentiels

  • Lors de travaux, il faut confiner la zone concernée et établir à l'avance les circuits des intervenants, du matériel, des déchets, des ouvriers et des gravats.

  • Le principal risque infectieux des travaux est la diffusion de spores et de champignons, pouvant provoquer des pathologies pulmonaires et des abcès à distance.

📌 L'échelle de risque des travaux va de 1 à 5 : les travaux de gros œuvre extérieurs sont cotés de 1 à 3, les gros œuvres intérieurs de 4 à 5, et les travaux intérieurs d'aménagement ou de maintenance de 2 à 4 selon la localisation.

Astuce mémo

Travaux → diffusion de spores → risque de pathologies pulmonaires

8. Dispositifs médicaux durables

★ À maîtriser

📌 L'achat de dispositifs médicaux réutilisables nécessite un cahier des charges intégrant un index de développement durable et une évaluation de l'impact de leur production.

  • La valorisation énergétique transforme les déchets non recyclables en énergie, tandis que les déchets non réutilisables, non recyclables et non valorisables sont enfouis ou incinérés sans valorisation.

Compléments

  • Les dispositifs médicaux restérilisables augmentent les coûts et les moyens nécessaires au service de stérilisation, évalués par le rapport coût par cycle.

  • La réduction des suremballages, la participation des équipes au choix des dispositifs et le suivi d'indicateurs comme le taux de satisfaction permettent d'améliorer la durabilité des dispositifs médicaux.

Astuce mémo

Réutilisable, recyclable, restérilisable ou valorisable : chaque choix impose un indicateur

Tableaux de synthèse

Classification et risque opératoire

ÉlémentCatégories ou seuilsConséquence
Contamination AltemeierI propre ; II propre contaminée ; III contaminée ; IV saleRisque croissant avec la classe
Durée opératoireRisque majoré au-delà de 75 % de la durée habituelleAugmentation du risque infectieux
Score NNIS0 : taux inférieur à 1 % ; 3 : supérieur à 10 %Risque croissant avec le score

Choix de traitement des déchets

QuestionOrientationIndicateur ou résultat
Réutilisable ?RéutiliserDispositif durable et cahier des charges
Recyclable ?RecyclerSuivi de la filière adaptée
Valorisable ?Valorisation énergétiqueTransformation des déchets non recyclables en énergie
Aucune optionEnfouissement ou incinération sans valorisationDernier niveau de traitement

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1. Quel rôle Louis Pasteur démontre-t-il en 1861 dans les infections opératoires ?

2. Quelle avancée Joseph Lister introduit-il en 1865 ?

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Qu'a inventé Denis Papin en 1680 ?

Le digesteur à vapeur d'eau.

Quelle innovation Nicolas Appert a-t-il développée en 1810 ?

La conservation des denrées alimentaires.

Que Louis Pasteur a-t-il démontré en 1861 ?

Le rôle des micro-organismes dans les infections et leur transmission par les mains.

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