Fiche de révision : Psychose et suppléances

Plan du Cours

  1. Définition et classification des psychoses
  2. Catatonie et ses cinq stades
  3. Héboïdophrénie et démence précoce
  4. Bleuler et le groupe des schizophrénies
  5. Freud : schizophrénie et paranoïa
  6. Freud et le langage schizophrénique
  7. Histoire et catégories de la paranoïa
  8. Délires d’interprétation et passionnels
  9. Freud et le cas Schreber
  10. Lacan et les délires paranoïaques
  11. Caractéristiques des psychoses paranoïaques
  12. Paraphrénies selon Kraepelin
  13. Mécanismes freudiens de la psychose
  14. Forclusion et déclenchement psychotiques
  15. Évolution des délires chroniques
  16. Significantisation de la jouissance (P1)
  17. Consentement réglé à la jouissance (P3)
  18. Pare-psychoses et suppléances

1. Définition et classification des psychoses

Notions clés & Définitions

  • Méthode clinique : Étude de la symptomatologie dans ses dimensions synchronique, à un moment donné, et diachronique, dans le temps, afin de repérer l’évolution.
  • Psychoses chroniques : Les psychoses chroniques comprennent les schizophrénies, les paranoïas et les paraphrénies.

★ À maîtriser

📌 La seule description formelle des signes cliniques, notamment du délire et de l’hallucination, ne suffit pas à spécifier la psychose, car des névroses peuvent présenter des symptômes formellement proches.

  • La clinique psychiatrique distingue trois groupes de psychoses :

    • les psychoses chroniques
    • les psychoses thymiques, regroupant mélancolie, manie et formes mixtes
    • les psychoses aiguës, dont les bouffées délirantes aiguës
  • Kahlbaum décrit l’hébéphrénie en 1863, puis Hecker en fournit une étude détaillée en 1871 et la distingue d’autres pathologies mentales apparaissant à la puberté.

  • Hecker décrit trois phases de l’hébéphrénie :

    • une phase mélancolique, avec altération affective
    • des troubles du langage écrit et parlé ainsi que de la pensée
    • un stade terminal de stupidité, parfois accompagné d’agitation pouvant aller jusqu’à la fureur

Compléments

📌 Hecker caractérise l’hébéphrénie par une faiblesse d’esprit niaise précoce, une évolution spécifique et un stade terminal, considérés comme des invariants cliniques. - L'hébéphrénie. Contribution à la psychiatrie clinique, 1871

📌 Pour Hecker, des symptômes de dissociation psychique liés aux remaniements pubertaires deviennent pathologiques lorsqu’ils persistent et s’intensifient au lieu de disparaître. - L'hébéphrénie. Contribution à la psychiatrie clinique, 1871

  • Les premières occurrences du terme « psychose » sont relevées chez Karl Friedrich Canstatt en 1841 puis chez Ernst von Feuchtersleben en 1845 ; le terme apparaît en France en 1850.

  • Jean-Claude Maleval définit les psychoses chroniques comme celles où « le sujet éprouve que l’initiative vient de l’Autre ». - Jean Claude Maleval, Logique du délire, 1997

  • Selon Hecker, les premiers symptômes de l’hébéphrénie apparaissent pendant la dernière phase pubertaire, située entre 18 et 22 ans. - L'hébéphrénie. Contribution à la psychiatrie clinique, 1871

Astuce mémo

Chronique, aiguë ou thymique : trois groupes cliniques distincts

2. Catatonie et ses cinq stades

Notions clés & Définitions

  • Attonité : Kahlbaum, La catatonie ou folie tonique, 1874 - État de stupeur caractérisé par une modification apparemment apathique du fonctionnement des organes moteurs ; le mutisme en est un symptôme principal.

★ À maîtriser

  • En 1874, Kahlbaum décrit la catatonie, qu’il nomme aussi folie tonique, et la classe parmi les psychoses. - La catatonie ou folie tonique

  • 🔄 La forme grave de la catatonie évolue selon les stades suivants : (Kahlbaum, 1874) : mélancolie, manie, fréquemment présente mais absente dans la forme bénigne, attonité ou stupeur, confusion psychique, stupidité terminale

Compléments

  • Kahlbaum distingue trois formes de catatonie :

    • grave
    • relativement bénigne ou simple, sans manie
    • prolongée
  • Les stades de la catatonie peuvent durer plusieurs mois, voire plusieurs années. - Kahlbaum, La catatonie ou folie tonique, 1874

  • Au stade d’attonité, la tendance aux négations peut se manifester par l’opposition aux actions, la clinophilie et le refus de manger ; elle peut parfois être liée à des hallucinations ou à un délire. - Kahlbaum, La catatonie ou folie tonique, 1874

Astuce mémo

Mélancolie → manie → attonité → confusion → stupidité

3. Héboïdophrénie et démence précoce

Notions clés & Définitions

  • Héboïdophrénie : Kahlbaum, De l'héboïdophrénie, 1889-1890 - État morbide psychique apparaissant dans la jeunesse, caractérisé par des déviations du comportement et de la vie pulsionnelle, pouvant aller jusqu’à des tendances ou actions criminelles.

★ À maîtriser

📌 Kahlbaum considère l’héboïdophrénie comme une « demi-folie juvénile » moins grave que l’hébéphrénie, car elle n’évolue pas vers la confusion ou la démence. - De l'héboïdophrénie, 1889-1890

  • En 1899, Kraepelin regroupe l’hébéphrénie, la catatonie et la démence paranoïde dans la catégorie de la démence précoce. - Traité de psychiatrie

  • La démence précoce comprend d’abord trois formes majeures : (Kraepelin, 1899) :

    • hébéphrénique
    • catatonique
    • paranoïde

Compléments

  • Kahlbaum rapporte que les appropriations du bien d’autrui surviennent dans de nombreux cas d’héboïdophrénie, qu’elles soient utiles ou inutiles au sujet. - De l'héboïdophrénie, 1889-1890

  • La « pensée à côté » de l’héboïdophrène se traduit par une compréhension imprécise ; elle ne verse pas dans le délire. - Kahlbaum, De l'héboïdophrénie, 1889-1890

  • Kraepelin élargit ensuite la démence précoce aux formes simple, dépressive, pseudo-périodique et démentielle, ainsi qu’à des formes liées à l’âge, infantile et présénile tardive. - Traité de psychiatrie, 1899

Astuce mémo

Héboïdophrénie : pensée « à côté » sans délire ni démence terminale

4. Bleuler et le groupe des schizophrénies

Notions clés & Définitions

  • Schizophrénie : Bleuler, Dementia praecox ou Groupe des schizophrénies, 1911 - Groupe de psychoses pouvant évoluer de façon chronique ou par poussées, s’arrêter ou régresser à différents stades, et caractérisé par une altération spécifique de la pensée, du sentiment et des relations avec le monde extérieur.
  • Autisme : Bleuler, Dementia praecox ou Groupe des schizophrénies, 1911 - Détachement de la réalité associé à la prédominance relative ou absolue de la vie intérieure.

★ À maîtriser

  • Bleuler publie en 1911 son ouvrage sur le groupe des schizophrénies et assimile la démence précoce à ce groupe. - Dementia praecox ou Groupe des schizophrénies

  • Bleuler distingue neuf symptômes fondamentaux :

    • troubles des associations
    • troubles de l’affectivité
    • ambivalence
    • autisme
    • troubles de l’attention
    • troubles de la volonté
    • troubles de la personnalité
    • « démence » schizophrénique
    • perturbations de l’activité et du comportement
  • Bleuler distingue cinq formes de schizophrénie :

    • paranoïde
    • catatonique
    • hébéphrénique
    • simple
    • latente

Compléments

📌 Dans la schizophrénie simple, seuls les symptômes fondamentaux sont repérables, sans délire, tandis que dans la forme paranoïde les hallucinations ou les idées délirantes sont au premier plan. - Bleuler, Dementia praecox ou Groupe des schizophrénies, 1911

  • Bleuler choisit le terme de schizophrénie parce qu’il considère la scission des fonctions psychiques comme l’un des caractères les plus importants du groupe. - Dementia praecox ou Groupe des schizophrénies, 1911

  • Les huit catégories de symptômes accessoires sont : (Bleuler, 1911) :

    • erreurs sensorielles
    • idées délirantes
    • troubles accessoires de la mémoire
    • altérations de la personnalité
    • altérations du langage parlé et écrit
    • symptômes corporels
    • symptômes catatoniques
    • syndromes aigus

5. Freud : schizophrénie et paranoïa

★ À maîtriser

📌 Freud oppose les mécanismes de reconstruction de la paranoïa et de la schizophrénie : la paranoïa recourt à la projection, tandis que la schizophrénie recourt au mécanisme hallucinatoire. - Remarques psychanalytiques sur l'autobiographie d'un cas de paranoïa (Dementia paranoïdes), 1911

📌 Dans la démence précoce, la régression libidinale va jusqu’à l’abandon de l’amour objectal et au retour à l’autoérotisme infantile, tandis que dans la paranoïa elle s’arrête au narcissisme et la libido retirée se fixe sur le moi. - Freud, Remarques psychanalytiques sur l'autobiographie d'un cas de paranoïa (Dementia paranoïdes), 1911

Compléments

📌 Freud accepte le regroupement kraepelinien de la démence précoce, mais juge ce nom mal choisi et critique le terme de schizophrénie, car la scission psychique n’est ni propre à cette affection ni son caractère essentiel. - Remarques psychanalytiques sur l'autobiographie d'un cas de paranoïa (Dementia paranoïdes), 1911

📌 Freud situe la fixation prédisposante de la démence précoce entre l’autoérotisme et l’amour objectal, tandis qu’il situe celle de la paranoïa au stade du narcissisme. - Remarques psychanalytiques sur l'autobiographie d'un cas de paranoïa (Dementia paranoïdes), 1911

  • Dans ses textes de 1911 sur le Président Schreber et de 1915 sur « L’inconscient », Freud propose une conception critique de la démence précoce et de la schizophrénie. - Remarques psychanalytiques sur l'autobiographie d'un cas de paranoïa (Dementia paranoïdes)

  • Freud propose de remplacer le terme de démence précoce par celui de paraphrénie et souligne la proximité entre démence précoce et paranoïa, qui peuvent se combiner comme le montre le cas Schreber. - Remarques psychanalytiques sur l'autobiographie d'un cas de paranoïa (Dementia paranoïdes), 1911

  • Freud formule pour la paranoïa que « ce qui a été aboli au dedans revient du dehors ». - Remarques psychanalytiques sur l'autobiographie d'un cas de paranoïa (Dementia paranoïdes), 1911

  • Freud estime que les pulsions homosexuelles ne jouent vraisemblablement pas dans la démence précoce un rôle aussi important que dans la paranoïa, attribution qu’il reconnaît ensuite comme erronée. - Remarques psychanalytiques sur l'autobiographie d'un cas de paranoïa (Dementia paranoïdes), 1911

Astuce mémo

Paranoïa : projection et narcissisme ; schizophrénie : hallucination et autoérotisme

6. Freud et le langage schizophrénique

★ À maîtriser

📌 Dans le rêve, les processus primaires portent sur les représentations de chose auxquelles les mots ont été ramenés par régression topique ; dans la schizophrénie, ils portent sur les représentations de mots préconscientes, sans cette régression. - Freud, Complément métapsychologique à la théorie du rêve, 1917

  • Dans le cas d’Emma, patiente de Victor Tausk, Freud formule l’hypothèse que la schizophrénie se caractérise par une prédominance de la relation de mot sur la relation de chose. - L’inconscient, 1915

  • Lacan décrit la béance d’un vide signifiant comme le premier pas du mouvement dialectique nécessaire à l’édification de l’ordre symbolique, pas que le schizophrène réitère en vain puisque, pour lui, tout le symbolique est réel.

  • Dans « L’étourdit » (1973), Lacan caractérise le sujet dit schizophrène par une position hors discours et par l’absence de tout discours établi pour prendre appui face au problème du corps et de ses organes.

  • Dans la schizophrénie, les processus primaires condensent les mots et déplacent leurs investissements, jusqu’à ce qu’un mot puisse représenter toute une chaîne de pensées. - Freud, L’inconscient, 1915

Compléments

📌 Jacques-Alain Miller souligne en 1993 que le sujet dit schizophrène critique radicalement les semblants de l’Autre social par l’ironie, et non par l’humour, et qu’il ne peut s’appuyer sur ces semblants pour s’en protéger.

  • Freud considère l’investissement des mots dans la schizophrénie comme une première tentative de restitution ou de guérison. - L’inconscient, 1915

  • En 1966, Lacan caractérise l’ironie schizophrénique comme une arme qui porte à la racine de toute relation sociale. - Réponse à des étudiants en philosophie

Astuce mémo

Dans le rêve, les mots régressent vers les choses ; dans la schizophrénie, la circulation est coupée.

7. Histoire et catégories de la paranoïa

Notions clés & Définitions

  • Paranoïa : Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveuses - Séglas définit en 1895 la paranoïa comme un état psychopathique fonctionnel marqué par une déviation des fonctions intellectuelles supérieures, des idées délirantes systématisées et permanentes, une interprétation égocentrique du monde et un manque de critique, tandis que la lucidité reste complète hors du délire.

★ À maîtriser

📌 Dans la distinction psychiatrique présentée, le délire paranoïaque est systématisé, tandis que le délire paranoïde est moins systématisé et repose sur des hallucinations.

Compléments

  • En 1818, Heinroth donne à la paranoïa une place dans le discours médical, tout en conservant au terme son sens général de folie.

  • En 1842, Heinroth, puis Kahlbaum en 1863, donnent à la paranoïa le sens psychiatrique de délire systématisé progressif.

8. Délires d’interprétation et passionnels

Notions clés & Définitions

  • Interprétation délirante : Sérieux et Capgras définissent l’interprétation délirante comme un raisonnement faux partant d’une sensation réelle ou d’un fait exact, auquel le sujet attribue une signification personnelle par des associations et des inférences erronées.

★ À maîtriser

  • Dans la psychiatrie classique française, la paranoïa comprend le délire d’interprétation et les délires passionnels, subdivision adoptée traditionnellement par la clinique psychanalytique depuis Freud.

  • 🔄 Dans sa forme pure, le délire érotomaniaque évolue selon trois stades : (Clérambault, 1921) :

    1. l’espoir
    2. le dépit
    3. la rancune

Compléments

📌 Le délire de revendication égocentrique porte sur un préjudice ou des droits personnels, tandis que le délire de revendication altruiste défend des théories que le sujet souhaite voir se réaliser. - Sérieux et Capgras, 1909

  • Guiraud distingue quatre formes d’interprétation délirante par association verbale :

    • les allusions verbales
    • les relations kabbalistiques fondées sur les chiffres
    • les homonymies
    • les raisonnements par jeux de mots
  • Clérambault réunit en 1921 l’érotomanie, le délire de revendication et le délire de jalousie dans la catégorie des délires passionnels morbides. - Les délires passionnels : érotomanie, revendication, jalousie

  • Dans les délires passionnels, l’interprétation délirante est secondaire, alors qu’elle constitue le mécanisme caractéristique du délire d’interprétation.

Astuce mémo

Érotomanie : espoir → dépit → rancune.

9. Freud et le cas Schreber

★ À maîtriser

  • Freud distingue trois modes de contradiction du fantasme « je l’aime » :

    • le délire de jalousie contredit le sujet
    • le délire de persécution contredit le verbe
    • l’érotomanie contredit l’objet
  • Freud situe le noyau du conflit paranoïaque chez l’homme dans le désir inconscient d’aimer un homme. - Remarques psychanalytiques sur l’autobiographie d’un cas de paranoïa, 1911

  • Dans le délire de persécution et l’érotomanie, la contradiction du fantasme est suivie d’une projection qui rejette la proposition sur l’autre ; cette étape n’est pas nécessaire dans le délire de jalousie. - Freud, Remarques psychanalytiques sur l’autobiographie d’un cas de paranoïa, 1911

Compléments

  • Dans son étude du cas Schreber, Freud considère que le déclenchement de la psychose correspond à l’incidence clinique d’un grave conflit psychique. - Remarques psychanalytiques sur l’autobiographie d’un cas de paranoïa, 1911

  • Freud ajoute un quatrième mode, le délire des grandeurs, qui rejette entièrement la proposition « Je n’aime que moi ». - Remarques psychanalytiques sur l’autobiographie d’un cas de paranoïa, 1911

Astuce mémo

SVO : le délire de jalousie contredit le sujet, la persécution le verbe, l’érotomanie l’objet.

10. Lacan et les délires paranoïaques

★ À maîtriser

  • Dans « Structure des psychoses paranoïaques » (1931), Lacan rassemble les délires interprétatifs et les psychoses passionnelles parmi les psychoses paranoïaques.

Compléments

  • Lacan décrit le délire d’interprétation comme un délire du quotidien et de l’espace social, alimenté par les incidents, les rencontres et les événements publics. - Structure des psychoses paranoïaques, 1931

  • Dans sa thèse de 1932, Lacan estime que le quérulant est particulièrement dangereux parce que l’idéal du moi et la conscience morale renforcent et justifient son impulsion homicide. - De la psychose paranoïaque dans ses rapports à la personnalité

  • Lacan décrit le revendicateur comme centré sur la compensation d’un préjudice qu’il ne peut accepter et qui touche à son être, jusqu’à faire de la lutte le but de sa vie.

  • En 1958, Lacan décrit le délire de jalousie comme une tentative d’attribuer à l’Autre un désir qui est celui du sujet. - Le séminaire, livre V. Les formations de l’inconscient

  • Lacan formule le délire de jalousie ainsi : « Ce n’est pas moi qu’il aime, c’est ma conjointe, il est mon rival ». - Le séminaire, livre V. Les formations de l’inconscient, 1958

11. Caractéristiques des psychoses paranoïaques

Notions clés & Définitions

  • Hainamoration : Notion inventée par Lacan, désignant le lien étroit entre amour et haine dans la psychose, notamment dans la séquence érotomaniaque.
  • Holophrase : Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, 1964 - Absence d’intervalle entre S1 et S2, rapprochée par Lacan de la structure de la certitude délirante.

★ À maîtriser

  • Selon Clérambault, le postulat fondamental érotomaniaque est que l’objet a commencé la relation et aime le plus ou aime seul. - Clérambault G G (de), Les délires passionnels; érotomanie; revendication, jalousie, 1921

  • Dans la paranoïa, l’initiative est attribuée à l’Autre, qui persécute, trompe, spolie ou cause un tort au sujet, et cette attribution s’accompagne d’une certitude délirante inébranlable, fermée au doute et à la dialectique. - Lacan, Le séminaire, livre III. Les psychoses, 1955-1956

  • Dans la paranoïa, l’identification d’un Autre jouisseur attribue une jouissance malsaine à un persécuteur, un voleur ou un autre amoureux, que le sujet repère dans un semblable ou petit autre. - Lacan, Présentation des Mémoires d'un névropathe, 1966

  • Dans la paranoïa, Lacan décrit une congélation du désir : l’objet a ne s’incarne pas dans des objets du désir et peut s’autonomiser dans le regard ou la voix, sans être séparé du sujet ni articulé au phallus. - RSI, 8 avril 1975

  • Le sujet paranoïaque se tient pour innocent et victime d’un Autre méchant, et peut saisir la justice ou, selon les décisions judiciaires, se faire justice lui-même par un passage à l’acte. - Hamon R, Quérulence processive et droit à jouir dans la psychose paranoïaque

Compléments

📌 Chez Freud et Lacan, la paranoïa désigne largement des délires psychotiques comprenant le délire d’interprétation, des délires paranoïdes associés à la schizophrénie et des délires passionnels. - Maleval J-C, Le champ passionnel de la psychose, 1989

📌 J.-A. A. Miller distingue les psychoses où le phénomène relève davantage du signifiant et de l’interprétation de celles où le rapport à l’objet et la revendication prévalent. - J-A A Miller

  • Dans l’érotomanie, le sujet attribue à une personne plus ou moins célèbre l’idée qu’elle n’est concernée que par lui, selon la formulation de Lacan à Yale le 24 novembre 1975. - Conférence à Yale University

  • Lacan qualifie la paranoïa d’« engluement imaginaire » dans son séminaire RSI, leçon du 8 avril 1975.

  • La paranoïa ne peut plus être réduite, contrairement à la thèse freudienne, à une homosexualité refusée par le sujet.

12. Paraphrénies selon Kraepelin

★ À maîtriser

📌 Selon Kraepelin, les paraphrénies partagent des traits avec la démence précoce, mais affectent moins nettement la structure interne de la vie psychique et constituent des formes intermédiaires entre démence précoce et paranoïa. - Kraepelin E, 1980

📌 Dans la paraphrénie systématique, un délire de persécution d’évolution continue est suivi d’idées de grandeur, parfois accompagnées d’un délire érotique, sans désintégration de la personnalité. - Kraepelin, Les paraphrénies

  • Kraepelin distingue quatre formes de paraphrénie :
    • expansive
    • confabulante
    • systématique
    • fantastique

Compléments

📌 Les délires d’imagination de Dupré et Logre, ainsi que leurs variantes de grandeur, correspondent aux paraphrénies de Kraepelin dans la psychiatrie française. - Dupré E, Logre B, Les délires d'imagination, 1911

  • Joseph Guislain introduit le terme de paraphrénie en 1833 et la définit comme une « réaction fantastique », qu’il caractérise par dix impulsions bizarres. - Guislain J, Traité sur les phrénopathies, ou doctrine nouvelle des maladies mentales

  • Kahlbaum isole trois formes de paraphrénie : (Kahlbaum K.L., 1863) :

    • Paraphrenia Hebetica
    • Paraphrenia senilis
    • Paraphrenia Hypnetica
  • Les paraphrénies se caractérisent aussi par des hallucinations marquées et une coloration paranoïde du tableau clinique.

  • Dans la paraphrénie expansive, une mégalomanie exubérante à idées de grandeur prédominantes s’accompagne d’une légère excitation, et le délire de persécution reste en arrière-plan. - Kraepelin, Les paraphrénies

  • Dans la paraphrénie confabulante, les falsifications de souvenirs prédominent et donnent lieu, après un temps de repli, à des récits détaillés de persécution et de grandeur, généralement accompagnés d’une humeur joyeuse ou exaltée. - Kraepelin, Les paraphrénies

  • La paraphrénie fantastique produit des idées délirantes extravagantes, incohérentes et changeantes, des récits ampoulés et maniérés, des hallucinations auditives dans tous les cas et des hallucinations cénesthésiques souvent liées à un syndrome d’influence. - Kraepelin, Les paraphrénies

13. Mécanismes freudiens de la psychose

Notions clés & Définitions

  • Infatuation du sujet : Propos sur la causalité psychique - Lacan nomme en 1946 cette position mégalomane qui incorpore le monde au moi.

★ À maîtriser

📌 En 1894, Freud présente l’hystérie, l’obsession et la confusion hallucinatoire comme trois formes de défense du moi contre une représentation inconciliable, d’efficacité inégale. - Freud S, Les psychonévroses de défense

📌 En 1911, Freud affirme que dans la psychose, « ce qui a été aboli au-dedans revient du dehors » : l’abolition détruit la représentation, tandis que le refoulement la déplace dans l’inconscient. - Freud S, Remarques psychanalytiques sur l’autobiographie d’un cas de paranoïa

  • En 1938, Lacan décrit le sujet paraphrène mégalomane comme incorporant le monde à son moi et affirmant inclure le Tout, dont son corps et ses fonctions soutiennent l’ordre et l’existence de l’Univers. - Les complexes familiaux dans la formation de l'individu

  • Freud considère le délire comme une tentative de guérison qui colmate la faille initialement produite dans la relation du moi au monde extérieur. - Freud S, Névrose et psychose, 1924

  • Dans la psychose, le moi se retire d’un fragment de la réalité au service du ça, puis le délire tente de rétablir la relation à la réalité en ramenant la libido à l’objet. - Freud S, Remarques psychanalytiques sur l'autobiographie d'un cas de paranoïa, 1911

Compléments

  • Dans la conception lacanienne rapportée par Maleval, le sujet paraphrène occupe une place d’exception qui pacifie et stabilise son monde interne, comme Schreber se disant La femme de Dieu qui manque à l’univers. - L'excellence de la maladie mentale, 1992

  • Lacan qualifie la paraphrénie d’« excellence de la maladie mentale », formule que Maleval interprète comme une maladie mentale portant les caractéristiques du mental à leur degré d’excellence. - Miller J-A, Enseignements de la présentation de malades, juillet 1977

  • Dans la confusion hallucinatoire, le moi rejette la représentation insupportable avec son affect et se comporte comme si elle ne lui était jamais parvenue. - Freud S, Les psychonévroses de défense, 1894

  • La Verwerfung freudienne n’est pas spécifique à la structuration de la psychose, bien que Freud y pressente un mécanisme radical. - Freud S, Les psychonévroses de défense, 1894

Astuce mémo

Dans la psychose, Freud oppose l’abolition à l’intérieur au refoulement dans l’inconscient.

14. Forclusion et déclenchement psychotiques

Notions clés & Définitions

  • Nom-du-Père : D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose - Selon Lacan en 1958, le signifiant qui, dans l’Autre comme lieu du signifiant, représente l’Autre comme lieu de la loi.
  • Forclusion du Nom-du-Père : D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose, 1958 - L’absence de ce signifiant à la place de l’Autre et l’échec de la métaphore paternelle, qui constituent pour Lacan la condition essentielle de la psychose.

★ À maîtriser

  • Pour Lacan, la psychose se déclenche lorsque le Nom-du-Père forclos est appelé en opposition symbolique au sujet, notamment par la venue d’un père réel à une place tierce dans une relation imaginaire a-a’. - D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose, 1958

  • 🔄 La métaphore paternelle articule trois opérations : (Lacan, 1958) :

    1. La symbolisation primordiale de l’absence de la Mère par le jeu du Fort/Da.
    2. La métaphorisation du signifiant du Désir de la Mère par le signifiant du Nom-du-Père.
    3. La production d’une signification phallique qui leste la chaîne signifiante d’un poids sexuel.

Compléments

  • La forclusion du Nom-du-Père entraîne l’absence de production de la signification phallique, notée Φo, et peut être notée P0. - J-A Miller

  • Dans certains cas, plusieurs conditions peuvent être nécessaires au déclenchement : (Maleval J.-C) : l’entrée en jeu d’un père réel, l’ébranlement de la compensation ou pare-psychose, la rencontre de l’incomplétude de l’Autre et de son désir énigmatique

15. Évolution des délires chroniques

Notions clés & Définitions

  • Apophanie délirante : Sentiment que les événements extérieurs concernent personnellement le sujet.
  • Perplexité initiale : Vécu d’inquiétude, de malaise vague ou de catastrophe prochaine associé à l’entrée dans la psychose.
  • Signifiant dans le réel : Signifiant maître désarticulé des S2, qui surgit lorsque la chaîne signifiante se brise et demeure d’abord hors sens pour le sujet.

★ À maîtriser

  • Pour Lasègue, le délire de persécution apparaît secondairement : le sujet cherche une cause à ses impressions morbides et les attribue à un ennemi extérieur. - Lasègue C, Du délire de persécutions, 1852

  • En 1996, Maleval propose une évolution du délire psychotique chronique en quatre périodes P0, P1, P2 et P3, correspondant à différents rapports du sujet à la jouissance et à la construction d’une métaphore délirante. - Maleval J-C

  • Les phénomènes élémentaires de l’entrée dans la psychose se regroupent autour de la perplexité angoissée, du déchaînement du signifiant et de la délocalisation de la jouissance, selon une combinaison singulière chez chaque sujet.

  • Selon Maleval, en P0 le sujet constate que l’ordre du monde est troublé et qu’une faille centrale s’ouvre dans le symbolique, générant angoisse et perplexité. - Logique du délire

  • Les troubles de la chaîne signifiante comprennent :

    • des hallucinations verbales
    • des barrages
    • des arrêts de la pensée
    • du mutisme
  • Falret décrit le délire de persécution en trois périodes : incubation, invasion de la folie avec apparition et élaboration du délire, puis chronicité avec un délire stéréotypé et immuable. - Falret J.-P., Des maladies mentales et des asiles d’aliénés, 1864

  • 🔄 Le délire chronique passe par quatre étapes : (Magnan V, Sérieux P, 1911) :

    1. inquiétude
    2. persécution
    3. grandeur
    4. démence
  • En P0, la perplexité initiale peut céder la place à une certitude de signification, selon laquelle le sujet ne sait pas ce que quelque chose signifie mais est certain que cela signifie quelque chose.

Compléments

📌 Dans la paraphrénie systématique de Magnan et Sérieux, le délire de persécution se systématise progressivement sous l’influence d’hallucinations sensorielles, cénesthésiques et motrices avant la période de grandeur. - Magnan V, Sérieux P, Délire chronique, 1911

  • La métaphore délirante s’appuie sur l’isolement d’un ou de quelques signifiants maîtres qui remédient à l’absence du Nom-du-Père et donnent sens à l’énigme de l’Autre en portant sur sa volonté de jouissance. - Maleval J-C, 1996

  • Le tréma initial, repéré par des auteurs allemands, est une modification de la tonalité psychique faite d’un fond ineffable de sentiments d’étrangeté, assimilable à une humeur ou ambiance délirante.

  • La notion de Krankhafte Eigenbeziehung a été décrite par Neisser et traduite en 1909 par Sérieux et Capgras par « signification personnelle ».

  • 🔄 Lasègue distingue trois périodes : (Lasègue C, 1852) :

    1. les prodromes
    2. la floraison du délire
    3. la période terminale décroissante, à laquelle il ne s’intéresse pas

Astuce mémo

Chez Magnan : inquiétude → persécution → grandeur → démence.

16. Significantisation de la jouissance (P1)

★ À maîtriser

📌 Le délire passionnel circonscrit souvent d’emblée la jouissance dans une image spéculaire stable, tandis que le paranoïaque interprétatif n’y parvient que rarement ou au terme d’une élaboration délirante. - Maleval, Logique du délire

  • En P1, le sujet mobilise les ressources du signifiant pour résoudre l’énigme à l’origine du délire et remédier à la faille symbolique initiale. - Maleval, Logique du délire

  • En P2, le sujet paranoïaque identifie dans le champ de l’Autre la jouissance débridée qui trouble l’ordre du monde, puis la nomme et la localise souvent chez un persécuteur. - Maleval, Logique du délire

Compléments

📌 Lasègue et Falret expliquent la sortie de la confusion initiale par les facultés intellectuelles et le raisonnement du Moi, tandis que l’approche psychanalytique met l’accent sur la dimension subjective.

  • En P1, le sujet paranoïde recherche un fondement susceptible de rétablir une complétude de l’ordre symbolique, avec un appel assez régulier à un principe paternel. - Maleval, « Le schizophrène et son traitement », 1999

  • Lasègue décrit le passage à la seconde période délirante comme une recherche de la cause des souffrances après une période de préoccupation et de résistance, selon un raisonnement récurrent. - « Du délire de persécutions »

  • Falret attribue la sortie de la confusion initiale à un travail prolongé de l’esprit sur lui-même. - « Introduction », 1863

  • En P2, le sujet demeure exposé aux initiatives de l’Autre et peut passer à l’acte contre des incarnations du Père jouisseur. - Maleval, « La temporalité logique du délire »

  • Maleval considère le délire passionnel comme le délire paranoïaque disposant des soutiens imaginaires les plus élaborés pour limiter le déchaînement de jouissance. - Logique du délire

17. Consentement réglé à la jouissance (P3)

★ À maîtriser

📌 Contrairement à la conception linéaire et irréversible de Magnan et Sérieux, Maleval estime que le sujet psychotique n’est pas contraint de progresser dans les phases et peut revenir à un temps antérieur.

  • En P3, le sujet consent à la jouissance de l’Autre parce qu’il est certain d’avoir acquis grâce à cette expérience un savoir essentiel. - Maleval, « La temporalité logique du délire »

  • Maleval réserve en P3 la notion de paraphrénie à sa forme systématique, située au terme de la logique évolutive du délire et caractérisée par l’épanouissement de la mégalomanie. - « L'excellence de la maladie mentale »

Compléments

  • Magnan et Sérieux affirment que le délire chronique poursuit son évolution jusqu’à la mort et rapportent des débuts de psychose remontant à vingt ans, trente ans ou davantage. - Magnan V, Sérieux P., « Délire chronique », 1911

  • Schreber consent à être la femme de Dieu, position d’exception qui lui permet de sauver l’humanité et constitue un compromis relativement pacificateur.

18. Pare-psychoses et suppléances

Notions clés & Définitions

  • Pare-psychoses : Modalités compensatoires de la carence structurale de la psychose, notamment les béquilles imaginaires et les suppléances reliant le signifiant et le réel.

★ À maîtriser

📌 Les pare-psychoses préventives se situent en amont du déclenchement, tandis que les pare-psychoses curatives protègent le sujet des effets de la rencontre avec la carence paternelle, notamment en P0.

  • Un sujet psychotique peut vivre sans déclencher de psychose clinique, tout en présentant des phénomènes élémentaires discrets ou isolés, situation appelée psychose non déclenchée ou psychose compensée.

  • Dans les années 1970, Lacan renouvelle la suppléance en définissant le symptôme comme un sinthome qui supplée au nouage non borroméen des éléments de la structure psychotique. - Le Séminaire, livre XXIII. Le sinthome, 1975-1976

  • Lacan présente le cas de Joyce comme une manière de suppléer au dénouement du nœud, son sinthome faisant fonction de quart élément pour empêcher le dénouement de la structure. - Le Séminaire, livre XXIII. Le sinthome, 1975-1976

  • Maleval associe la suppléance à une construction signifiante propre à restaurer un nouage, à cadrer la jouissance et à conserver la trace du défaut auquel elle remédie. - La forclusion du Nom-du-Père

Compléments

📌 Les suppléances constituent la modalité la plus solide des pare-psychoses, tandis qu’une béquille imaginaire peut rendre le sujet dépendant de la présence de son objet ou de sa personne d’appui.

  • Les béquilles imaginaires peuvent être :

    • la présence d’un partenaire
    • une identification à des idéaux
    • un fonctionnement « comme si »
    • des symptômes d’apparence obsessionnelle
  • Le recours à l’alcool ou aux stupéfiants est présenté comme une modalité de compensation relativement précaire.

  • En 1957, Lacan introduit la suppléance dans le séminaire sur la relation d’objet à propos des névroses, puis l’étend la même année à la clinique des psychoses comme suppléance de l’imaginaire au symbolique par identification. - Le Séminaire, livre V. Les formations de l’inconscient

  • Lacan invite à la prudence diagnostique concernant la prépsychose, car sa symptomatologie ressemble à celle de la névrose. - Le Séminaire, livre III. Les psychoses, 1955-1956

  • J.-A. Miller rattache les psychoses non déclenchées ou compensées à une partie des psychoses ordinaires. - J.A Miller

  • La conception lacanienne de la suppléance s’appuie sur la pluralisation des noms-du-père et ne réduit plus la condition du sujet à ce qui se déroule dans l’Autre. - Lacan, Le Séminaire, livre XXIII. Le sinthome, 1975-1976

  • Lacan relie le conditionnement du sujet aux coincements et au serrage du nœud, qui déterminent des points triples. - « RSI », 1975

  • Selon Lacan, le symptôme de Joyce répond à la carence radicale de son père, et Joyce compense cette carence en se voulant un nom. - Le Séminaire, livre XXIII. Le sinthome, 1975-1976

  • L’écriture sinthomatique de Joyce lui permet de se faire un nom et le père du nom, en s’imposant comme objet énigmatique pour les universitaires.

Astuce mémo

La béquille imaginaire dépend d’un appui ; le sinthome noue durablement la structure.

Tableaux de synthèse

Freud : paranoïa et démence précoce

DimensionParanoïaDémence précoce
MécanismeProjectionMécanisme hallucinatoire
Régression libidinaleArrêt au narcissismeRetour à l’autoérotisme infantile
Fixation prédisposanteStade du narcissismeEntre autoérotisme et amour objectal

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Psychose et suppléances avec 60 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Pour comprendre l’évolution des symptômes d’un patient, quelle démarche clinique permet de les examiner à la fois à un moment donné et au fil du temps ?

2. Dans la classification schématique de la clinique psychiatrique, dans quel groupe sont réunies la mélancolie, la manie et les formes mixtes ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Psychose et suppléances avec 94 flashcards interactives.

Quelles dimensions la méthode clinique étudie-t-elle pour repérer l’évolution ?

La symptomatologie synchronique et diachronique.

Quelles catégories schématiques distingue la clinique psychiatrique ?

Les psychoses chroniques, thymiques et aiguës.

Pourquoi la description formelle des signes ne suffit-elle pas à spécifier une psychose ?

Des névroses peuvent présenter des symptômes formellement proches.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches