Fiche de révision : Dermatologie infectieuse et sémiologie cutanée

Plan du Cours

  1. Structure et fonctions de la peau
  2. Cellules et tissus cutanés
  3. Lésions et terminologie dermatologiques
  4. Agents des infections cutanées
  5. Impétigo et folliculites
  6. Furoncles et complications staphylococciques
  7. Érysipèle et formes nécrosantes
  8. Prise en charge des infections bactériennes
  9. Principes des mycoses superficielles
  10. Candidoses cutanéo-muqueuses
  11. Infections à Malassezia
  12. Dermatophyties et atteintes unguéales
  13. Teignes et dermatophyties cutanées
  14. Gale : transmission et clinique
  15. Traitement et contrôle de la gale

1. Structure et fonctions de la peau

★ À maîtriser

  • La peau constitue la principale barrière de séparation avec le milieu extérieur et protège contre de multiples agressions.

  • La peau comprend trois couches :

    • l’épiderme
    • le derme
    • l’hypoderme

Compléments

  • Les annexes cutanées comprennent :
    • les cheveux
    • les poils
    • les ongles
    • les glandes sudoripares
    • les glandes sébacées

2. Cellules et tissus cutanés

★ À maîtriser

  • Les kératinocytes représentent 90 à 95 % des cellules épidermiques et migrent de la couche basale vers la surface en se différenciant.

  • Les mélanocytes synthétisent la mélanine, pigment responsable de la coloration cutanée et principal pigment de protection contre les UV.

  • Le derme est un tissu conjonctif de soutien comprenant des capillaires sanguins, des terminaisons nerveuses et des fibroblastes, ses cellules principales.

  • Les fibroblastes synthétisent les fibres de collagène, qui résistent aux tensions et aux tractions, et les fibres d’élastine, qui confèrent des propriétés élastiques.

  • Les adipocytes de l’hypoderme stockent les graisses et forment le tissu adipeux blanc.

Compléments

  • Les kératinocytes superficiels deviennent des cornéocytes morts et dépourvus de noyau, forment la couche cornée puis se détachent par desquamation, renouvelant continuellement l’épiderme.

  • Les cellules de Langerhans présentent les antigènes et jouent un rôle essentiel dans les réactions immunologiques de la peau.

  • Les cellules de Merkel sont des mécanorécepteurs.

  • Le derme est 10 à 40 fois plus épais que l’épiderme.

  • L’hypoderme est un tissu conjonctif lâche situé entre le derme et les aponévroses superficielles des muscles ou le périoste.

3. Lésions et terminologie dermatologiques

Notions clés & Définitions

  • Érythème : Rougeur de la peau qui s’efface à la vitropression.
  • Purpura : Érythème qui ne s’efface pas à la vitropression en raison d’une extravasation de sang.
  • Macule : Lésion épidermique sans relief ni infiltration.
  • Papule : Lésion épidermique en relief, pleine et solide.
  • Phanères : Productions épidermiques apparentes telles que les poils, les plumes, les écailles, les griffes, les ongles et les dents.
  • Exanthème : Éruption érythémateuse diffuse de la peau, surtout aiguë.
  • Énanthème : Éruption érythémateuse des muqueuses.
  • Plaque : Confluence de petites papules.
  • Nodule : Élevure solide, peu saillante, parfois douloureuse, atteignant le derme et/ou l’hypoderme.
  • Vésicule : Petite lésion en relief, translucide et épidermique, de taille inférieure à 0,5 cm.
  • Bulle : Résulte de la coalescence de vésicules.
  • Pustule : Soulèvement de l’épiderme contenant un liquide purulent.

Points essentiels

  • Les exanthèmes scarlatiniformes forment des placards rouges étendus sans intervalle de peau saine.

  • Les exanthèmes morbilliformes associent un érythème rouge étendu à de petits éléments de moins de 1 cm séparés par des intervalles de peau saine.

  • Les exanthèmes roséoliformes sont constitués de taches roses mal délimitées et séparées par de larges intervalles de peau saine.

  • Les seuils de taille indiqués sont : nodosité supérieure à 0,5 cm, nodule supérieur à 1 cm et nouure supérieure à 5 cm.

Astuce mémo

Érythème effaçable, purpura persistant à la vitropression

4. Agents des infections cutanées

★ À maîtriser

  • Les principales bactéries responsables des infections cutanées sont Staphylococcus aureus et Streptococcus pyogenes, ce dernier étant un streptocoque bêta-hémolytique du groupe A.

  • Les infections mycosiques cutanéo-muqueuses sont essentiellement dues à Candida spp. et aux dermatophytes.

Compléments

  • En France, plus de 95 % des staphylocoques dorés communautaires sont sensibles à la méticilline et la cloxacilline est l’antibiotique de référence.

  • Streptococcus pyogenes est sensible à la pénicilline dans 100 % des cas et l’amoxicilline est l’antibiotique de référence.

5. Impétigo et folliculites

Notions clés & Définitions

  • Impétigo : Infection de la couche cornée de l’épiderme, le plus souvent staphylococcique (70 %) ou streptococcique (30 %), parfois due à l’association des deux bactéries.
  • Impétiginisation : Surinfection d’une dermatose prurigineuse, notamment l’eczéma ou la varicelle.
  • Ecthyma : L’ecthyma est un impétigo creusant et nécrotique, observé plutôt chez l’adulte, notamment diabétique ou éthylique, et laissant une cicatrice.

★ À maîtriser

  • 🔄 La lésion habituelle évolue ainsi :
    1. Une lésion vésico-bulleuse apparaît sur une peau inflammatoire.
    2. Elle se rompt rapidement en érosion suintante.
    3. L’érosion devient croûteuse, souvent jaunâtre et dite mélicérique.

Compléments

  • L’impétigo est une maladie non immunisante, très contagieuse par manuportage et susceptible de provoquer des épidémies intrafamiliales ou scolaires.

  • L’impétigo est l’infection cutanée bactérienne la plus fréquente chez l’enfant et survient plus volontiers en milieu défavorisé.

  • L’impétigo siège classiquement dans les régions péri-orificielles, surtout péribuccales, et parfois péri-anales ou périgénitales chez le nourrisson, mais toute zone cutanée peut être atteinte.

  • L’impétigo évolue classiquement sans fièvre et guérit sans laisser de cicatrice.

  • En cas d’impétiginisation, il faut évoquer systématiquement la gale et la pédiculose lorsque la surinfection ne survient pas dans un contexte de dermatose prurigineuse.

6. Furoncles et complications staphylococciques

Notions clés & Définitions

  • Folliculite : Infection du follicule pilo-sébacé dont l’agent causal principal est Staphylococcus aureus.

★ À maîtriser

  • La folliculite se manifeste par des lésions papuleuses érythémateuses centrées par un poil, évoluant vers des pustules, sans fièvre ni cicatrice.

Compléments

  • La macération, les frottements et le rasage favorisent la folliculite.

  • Les zones de frottement, notamment le périnée, les cuisses et le dos, sont des sites préférentiels de folliculite.

📌 Les formes profuses de folliculite peuvent être traitées par amoxicilline-acide clavulanique, ou par pristinamycine en cas d’allergie.

Astuce mémo

Manipulation d’un furoncle centro-facial → staphylococcie maligne de la face

7. Érysipèle et formes nécrosantes

Notions clés & Définitions

  • Furoncle : Folliculite profonde et nécrosante de l’ensemble du follicule pilo-sébacé, généralement due à Staphylococcus aureus.
  • Anthrax : Conglomérat de plusieurs furoncles.
  • Furonculose : Répétition de furoncles, souvent multiples.

★ À maîtriser

  • Le furoncle se manifeste par un nodule inflammatoire douloureux qui développe après quelques jours une zone nécrotique centrale appelée bourbillon.

  • La staphylococcie maligne de la face complique un furoncle centro-facial, souvent après une manipulation intempestive, et provoque brutalement un placard extensif du visage avec forte fièvre, nécessitant une hospitalisation et une antibiothérapie urgentes.

Compléments

  • Dans les furonculoses, Staphylococcus aureus peut sécréter la leucocidine de Panton-Valentine (PVL).

  • Le furoncle est généralement apyrétique, sauf dans les formes profuses ou compliquées, et laisse une cicatrice séquellaire.

  • Les complications locorégionales comprennent :

    • l’abcès sous-cutané
    • la lymphangite
    • la dermohypodermite aiguë
    • la staphylococcie maligne de la face
  • Les bactériémies à Staphylococcus aureus issues d’un furoncle peuvent entraîner des endocardites et des infections ostéo-articulaires, notamment des arthrites aiguës, des spondylodiscites et des infections de prothèse.

📌 Les antibiotiques systémiques contre le furoncle sont réservés aux formes à risque de complication, notamment celles de la région centro-faciale ou survenant chez un patient immunodéprimé; les options citées sont la pristinamycine ou la clindamycine.

Astuce mémo

Érysipèle sans nécrose, forme nécrosante avec urgence médico-chirurgicale

8. Prise en charge des infections bactériennes

Notions clés & Définitions

  • Érysipèle : Dermohypodermite bactérienne aiguë, localisée et non nécrosante, due principalement à Streptococcus pyogenes, plus rarement aux streptocoques bêta-hémolytiques des groupes B, C et G.
  • Dermohypodermite nécrosante : Infection bactérienne rare avec prolifération intense et nécrose, dont l’évolution nécrotique progresse de l’hypoderme vers la superficie.

★ À maîtriser

📌 L’érysipèle est une dermohypodermite bactérienne aiguë non nécrosante, tandis que la dermohypodermite bactérienne aiguë nécrosante est une urgence médico-chirurgicale absolue.

  • L’érysipèle se présente typiquement par un placard inflammatoire rouge, chaud et douloureux, de début brutal, d’extension rapide et unilatéral, parfois avec bourrelet périphérique, fièvre, frissons, adénopathie satellite ou lymphangite.

📌 L’absence de nécrose et de signes de gravité du sepsis est attendue dans l’érysipèle; leur présence fait suspecter une dermohypodermite nécrosante.

  • Une douleur intense et un sepsis doivent faire suspecter précocement une dermohypodermite nécrosante, avant l’apparition de placards hypoesthésiques et de la nécrose.

📌 L’érysipèle est traité en ambulatoire par amoxicilline en première intention, par voie orale si possible, ou par pristinamycine orale en cas d’allergie; le traitement comprend aussi antalgiques, repos avec surélévation du membre inférieur, traitement de la porte d’entrée et prévention antitétanique si nécessaire.

  • Les signes évocateurs de forme nécrosante comprennent les signes de gravité du sepsis, une douleur intense résistante aux antalgiques de palier 1 ou 2 et s’étendant au-delà des zones inflammatoires, des placards grisâtres hypoesthésiques évoluant vers la nécrose et parfois une crépitation en cas de bactéries anaérobies.

📌 La prise en charge de la dermohypodermite nécrosante impose une chirurgie urgente sans attendre l’imagerie, avec hémocultures et prélèvements peropératoires, débridement large et reprises chirurgicales si nécessaire.

Compléments

  • La sensibilité à la pénicilline des streptocoques responsables de l’érysipèle est de 100 %.

  • Dans l’érysipèle, le phénomène de superantigène provoque une réaction inflammatoire explosive, alors que la prolifération bactérienne est peu intense et les hémocultures sont positives dans moins de 5 % des cas.

  • L’érysipèle touche les membres inférieurs dans 90 % des cas et le visage dans 5 à 10 % des cas; les membres supérieurs et le thorax sont concernés dans les contextes d’antécédent de curage axillaire et de thoracotomie respectivement.

  • Une porte d’entrée, parfois minime comme un intertrigo, une piqûre ou une plaie, est retrouvée dans trois quarts des cas d’érysipèle.

  • Le lymphœdème, l’insuffisance veineuse et l’obésité favorisent l’érysipèle.

  • Dans la dermohypodermite de stase, l’atteinte est souvent bilatérale, subaiguë ou chronique, afébrile, régresse avec le repos et ne s’accompagne pas de syndrome inflammatoire biologique.

  • L’érysipèle s’améliore généralement avec disparition de la fièvre et diminution de la douleur dans les 48 à 72 heures suivant le début de l’antibiothérapie, tandis que l’œdème et le placard régressent plus lentement.

9. Principes des mycoses superficielles

★ À maîtriser

  • Les mycoses superficielles dues aux micromycètes atteignent la couche cornée de l’épiderme, les muqueuses et les phanères, notamment les ongles, les cheveux et les poils.

📌 La prise en charge des mycoses superficielles commence par la suppression des facteurs favorisants; le diagnostic clinique est confirmé par prélèvement mycologique notamment pour les dermatophytoses et les formes résistantes au traitement.

  • Les exceptions au traitement local sont : les teignes, la candidose buccale, les onyxis dermatophytiques avec atteinte matricielle, les onyxis candidosiques

Compléments

  • Les mycoses superficielles sont fréquentes et bénignes, sans fièvre ni anomalie biologique, et leur diagnostic est clinique, éventuellement confirmé par une analyse mycologique.

10. Candidoses cutanéo-muqueuses

★ À maîtriser

  • L’intertrigo candidosique des grands plis se manifeste par une érosion linéaire érythémateuse bordée d’une collerette squameuse avec vésiculopustules, souvent suintante, malodorante et prurigineuse.

📌 Le traitement de l’intertrigo candidosique repose sur la suppression des facteurs favorisants, la réduction de la macération par sous-vêtements en coton et séchage soigneux des plis, ainsi que sur des antifongiques topiques.

📌 Le périonyxis candidosique évolue de façon chronique, contrairement au périonyxis bactérien qui évolue de façon aiguë.

  • La candidose buccale se manifeste par une inflammation de la langue et des muqueuses jugales avec brûlure, puis parfois par un enduit blanchâtre confluent appelé muguet; une perlèche, fissure douloureuse de la commissure labiale, est fréquemment associée.

Compléments

  • L’intertrigo candidosique des grands plis peut toucher les plis axillaires, sous-mammaires, inguinaux et interfessier.

  • Les facteurs favorisants comprennent :

    • la macération
    • le diabète
    • l’obésité
    • le manque d’hygiène
    • l’antibiothérapie systémique
  • Le périonyxis candidosique forme un bourrelet inflammatoire périunguéal pouvant suppurer; l’ongle peut être atteint secondairement depuis le bord proximal et prendre une teinte jaunâtre.

  • Le périonyxis candidosique touche surtout les mains, exceptionnellement les orteils, et est favorisé par l’exposition à l’humidité et aux détergents.

📌 Le diagnostic du périonyxis candidosique repose sur le prélèvement du pus à l’écouvillon pour examen direct et culture, et son traitement comprend des gants et un antifongique.

  • La vulvo-vaginite candidosique provoque un érythème et un œdème vulvo-vaginaux, un prurit, des brûlures vaginales, une dyspareunie et des leucorrhées blanchâtres; l’antibiothérapie systémique, le diabète et la grossesse sont des facteurs favorisants.

📌 La vulvo-vaginite candidosique est traitée par des antifongiques en ovules gynécologiques.

  • La balanite et la balano-posthite candidosiques correspondent à une inflammation du gland et du prépuce avec enduit blanchâtre du sillon balano-préputial et prurit; le diagnostic peut être appuyé par un prélèvement local pour examen direct et culture, et le traitement est local par antifongique.

  • Les facteurs favorisants comprennent :

    • l’âge avancé
    • les prothèses dentaires
    • le nourrisson
    • les antibiothérapies systémiques
    • l’immunodépression

📌 En l’absence de facteur favorisant ou en cas de candidose buccale récidivante, un dépistage du VIH est indiqué; le traitement antifongique est administré par voie générale et il faut vérifier l’absence de dysphagie évoquant une candidose œsophagienne.

11. Infections à Malassezia

Notions clés & Définitions

  • Dermite séborrhéique : Dermatose chronique fréquente, de prévalence comprise entre 1 et 3 % de la population, qui atteint le plus souvent le visage.

★ À maîtriser

  • Malassezia furfur est une levure lipophile commensale dont la prolifération sur la peau grasse est favorisée par la sudation, l’humidité et la chaleur.

  • Le pityriasis versicolor provoque des macules d’abord individualisées puis confluentes, rosées puis chamois, qui deviennent achromiques après exposition solaire et ne sont pas prurigineuses.

Compléments

  • Les manifestations à Malassezia sont plus fréquentes en été ou lors de voyages sous les tropiques.

  • Le pityriasis versicolor atteint surtout le cou et la partie supérieure du tronc, zones riches en glandes sébacées.

📌 Le pityriasis versicolor est traité par gel moussant au kétoconazole, à répéter à 48 heures.

  • La dermite séborrhéique forme des plaques plus ou moins érythémateuses avec des squames grasses blanchâtres dans les zones de séborrhée, notamment les sillons naso-labiaux, les sourcils, la glabelle et la lisière antérieure du cuir chevelu; un prurit est possible.

  • La dermite séborrhéique touche surtout les hommes adultes; ses formes comprennent le pityriasis capitis fréquent chez le nourrisson, appelé croûtes de lait, et des formes érythrodermiques étendues.

  • Les facteurs favorisants comprennent :

    • le VIH
    • la maladie de Parkinson
    • le syndrome parkinsonien médicamenteux
    • l’exogénose

📌 La dermite séborrhéique est diagnostiquée cliniquement et traitée par kétoconazole local en gel moussant, avec dermocorticoïdes possibles si les formes sont très inflammatoires.

12. Dermatophyties et atteintes unguéales

Notions clés & Définitions

  • Dermatophytes : Champignons filamenteux kératinophiles qui dégradent les tissus kératinisés et sont responsables de la plupart des mycoses de la peau.

★ À maîtriser

  • Les trois genres de dermatophytes sont :

    • Microsporum
    • Epidermophyton
    • Trichophyton
  • Les dermatophytes n’atteignent pas les muqueuses car ils colonisent les tissus kératinisés.

  • L’intertrigo dermatophytique des petits plis provoque une fissuration parfois prurigineuse du fond du pli interdigital des pieds, appelée pied d’athlète.

  • L’onyxis dermatophytique rend progressivement l’ongle friable et jaunâtre, sans périonyxis, et nécessite un prélèvement pour rechercher un dermatophyte.

Compléments

  • Les trois types de réservoir sont :
    • tellurique
    • humain
    • animal

📌 Le diagnostic des dermatophytoses est confirmé par des prélèvements dirigés et la recherche de cas dans l’entourage est indiquée.

📌 Le traitement des dermatophytoses associe la suppression ou le traitement des facteurs favorisants à un traitement médicamenteux toujours local et parfois général.

  • L’intertrigo dermatophytique des petits plis est favorisé par la macération, notamment dans des chaussures synthétiques, et résulte d’une contamination par des sols souillés de squames, comme ceux des piscines ou des tatamis.

  • Le traitement du pied d’athlète comprend la correction des facteurs favorisants, le séchage des espaces inter-orteils, le traitement des chaussures par poudre antifongique, le lavage des chaussettes et des antifongiques locaux; cet intertrigo est une principale porte d’entrée de l’érysipèle.

  • Les formes peu étendues d’onyxis dermatophytique sans atteinte matricielle sont traitées par meulage et vernis antifongique pendant 3 à 6 mois pour les mains et 6 à 9 mois pour les pieds.

  • Une atteinte dermatophytique unguéale étendue et/ou matricielle justifie la terbinafine orale pendant 3 mois pour les mains ou 6 mois pour les orteils, en association avec un vernis antifongique, ainsi que le traitement des chaussures par poudre antifongique.

13. Teignes et dermatophyties cutanées

★ À maîtriser

  • La dermatophytie cutanée forme des plaques érythémato-squameuses arrondies, à limites nettes, prurigineuses et d’extension centrifuge, sur les zones de peau découverte.

  • Les teignes tondantes touchent les enfants après contamination interhumaine ou animale et provoquent des plaques d’alopécie du cuir chevelu, grandes dans la teigne microsporique et petites dans la teigne trichophytique.

📌 Tout état squameux, croûteux ou pustuleux du cuir chevelu doit faire suspecter une teigne jusqu’à preuve du contraire et impose un prélèvement mycologique systématique.

Compléments

  • La dermatophytie cutanée, anciennement appelée herpès circiné, touche notamment les enfants et les professionnels exposés aux animaux domestiques ou d’élevage.

  • Les teignes sont favorisées par les corticoïdes locaux et nécessitent un traitement antifongique prolongé, local et général; après traitement, les cheveux repoussent sans alopécie séquellaire.

📌 L’éviction scolaire n’est pas nécessaire si le traitement de la teigne est débuté.

14. Gale : transmission et clinique

Notions clés & Définitions

  • Gale : Ectoparasitose humaine fréquente due à l’acarien Sarcoptes scabiei hominis, parasite externe vivant à la surface corporelle de son hôte.

★ À maîtriser

  • La contagiosité interhumaine de la gale est directe et importante, et un seul contact peut suffire à transmettre l’infestation.

  • L’incubation de la gale dure de 5 jours à 1 mois et le prurit est son signe dominant, parfois unique.

  • Un prurit évoque fortement la gale s’il existe une notion de contage familial ou collectif et une recrudescence nocturne.

  • Les localisations caractéristiques sont :

    • les espaces interdigitaux
    • les poignets
    • la face antérieure des avant-bras
    • les plis des coudes
    • les aisselles
    • les seins
    • la région ombilicale
    • la verge
    • la face interne des cuisses

Compléments

  • La femelle sarcopte creuse un tunnel dans la couche cornée de la peau et y pond ses œufs; le prurit résulte d’une réaction urticarienne et le grattage expose à une surinfection bactérienne.

  • L’être humain est le seul réservoir de la gale, maladie endémo-épidémique mondiale en recrudescence.

  • Les lésions typiques de la gale sont les sillons épidermiques dans les zones prurigineuses, les vésicules perlées et les nodules scabieux, surtout génitaux; les lésions de grattage et les lésions impétiginisées sont moins typiques.

📌 La gale hyperkératosique survient surtout chez des personnes comorbides ou immunodéprimées et associe contagiosité extrême et lésions diffuses, tandis que la gale du nourrisson peut atteindre le visage et les sillons palmoplantaires.

15. Traitement et contrôle de la gale

★ À maîtriser

📌 Le traitement de la gale doit être à la fois individuel, pour guérir le patient et traiter ses complications, et collectif, pour traiter les cas secondaires et rompre la transmission; le cas et ses contacts doivent être traités simultanément, même si les contacts sont asymptomatiques.

📌 L’ivermectine est un traitement antiparasitaire oral de la gale donné en une prise puis renouvelé à J7; des scabicides topiques classiques sont également utilisés.

  • Les pédiculoses sont des ectoparasitoses strictement humaines dues à des insectes hématophages, parasites stricts de l’homme, transmissibles directement ou indirectement.

  • Les trois types de pédiculose humaine sont :

    • la pédiculose corporelle due à Pediculus humanus corporis
    • la pédiculose du cuir chevelu due à Pediculus humanus capitis
    • la phtirose pubienne due à Phtirus pubis, également appelé P. inguinalis
  • Les pédiculoses sont ubiquitaires; la pédiculose corporelle est un marqueur de précarité et se transmet fortement en contexte de manque d’hygiène et de froid, la pédiculose du cuir chevelu se transmet dans les collectivités d’enfants et la phtirose pubienne est une infection sexuellement transmissible.

  • La pédiculose du cuir chevelu provoque un prurit diurne et nocturne localisé, des lésions de grattage, parfois une impétiginisation du cou et des adénopathies occipitales; les lentes sont visibles à la base des cheveux et les poux adultes sont bruns, allongés et mobiles.

  • La pédiculose du cuir chevelu est traitée par diméticone en lotion, suivie du temps de contact indiqué par le fabricant, d’un shampooing doux et du passage d’un peigne fin pour retirer les lentes; un second traitement est effectué 7 jours plus tard.

  • La phtirose pubienne est traitée par une application de perméthrine topique suivie d’un savonnage dix minutes après, puis d’un second traitement 7 jours plus tard car le produit est inactif sur les lentes.

  • Les contacts ne sont traités que si une pédiculose active est constatée après examen, et leur traitement est identique à celui du cas index.

Compléments

  • Le linge et la literie doivent être lavés en machine à 60 °C avec un cycle long ou enfermés dans un sac plastique pendant au moins 72 heures à température ambiante.

  • Une hospitalisation pour gale nécessite des précautions complémentaires et un isolement de type contact; une surinfection bactérienne doit être traitée si nécessaire.

  • L’éviction des collectivités en cas de gale dure jusqu’à 3 jours après le début du traitement.

  • En cas d’épidémie de gale en collectivité, toute la collectivité, y compris les soignants, doit être traitée simultanément par ivermectine en première intention et l’environnement doit aussi être traité pour éviter la recontamination.

  • Les poux de corps sont vecteurs du typhus épidémique dû à Rickettsia prowazekii, de la fièvre des tranchées due à Bartonella quintana et de la fièvre récurrente à poux due à Borrelia recurrentis.

  • Les poux ne viennent sur la peau que pour se nourrir et leur piqûre ainsi que leurs fèces provoquent du prurit.

  • La pédiculose corporelle provoque un prurit intense, des excoriations et une éruption maculopapuleuse du dos et du thorax, prédominant sur les épaules; la leucomélanodermie apparaît dans les infestations chroniques.

Tableaux de synthèse

Érythème et lésions élémentaires

NotionCaractéristiqueDistinction
ÉrythèmeRougeur effaçable à la vitropressionÀ distinguer du purpura
PurpuraRougeur non effaçable par extravasation sanguineÀ distinguer de l’érythème
MaculeLésion sans relief ni infiltrationÀ distinguer de la papule
PapuleLésion en relief, pleine et solideÀ distinguer de la macule

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1. Quelle fonction générale permet à la peau de séparer l’organisme du milieu extérieur ?

2. Quelles sont les trois couches qui constituent la peau ?

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Quel rôle principal la peau joue-t-elle face au milieu extérieur ?

Elle constitue la principale barrière de séparation avec le milieu extérieur.

Quelles sont les trois couches de la peau ?

L’épiderme, le derme et l’hypoderme.

Quelle proportion des cellules épidermiques représentent les kératinocytes ?

90 à 95 % des cellules épidermiques.

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