QCM : Psychose et suppléances (60 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Pour comprendre l’évolution des symptômes d’un patient, quelle démarche clinique permet de les examiner à la fois à un moment donné et au fil du temps ?

Étudier la symptomatologie dans sa seule dimension diachronique
Étudier les symptômes moteurs sans suivre leur évolution
Étudier la symptomatologie dans sa seule dimension synchronique
Étudier la symptomatologie dans ses dimensions synchronique et diachronique

Étudier la symptomatologie dans ses dimensions synchronique et diachronique

Explication

La méthode clinique combine l’observation synchronique, à un moment donné, et l’observation diachronique, dans le temps, pour repérer l’évolution. Seule la synchronie omet le suivi temporel, seule la diachronie omet l’examen à un instant donné, et les symptômes moteurs ne définissent pas cette démarche.

2. Dans la classification schématique de la clinique psychiatrique, dans quel groupe sont réunies la mélancolie, la manie et les formes mixtes ?

Les psychoses thymiques
Les psychoses chroniques
Les psychoses aiguës
Les psychoses schizophréniques

Les psychoses thymiques

Explication

Les psychoses thymiques regroupent la mélancolie, la manie et les formes mixtes. Les formes chroniques constituent un autre groupe, les bouffées délirantes aiguës relèvent des psychoses aiguës, et les schizophrénies sont classées parmi les psychoses chroniques.

3. Un clinicien relève chez une personne un délire et des hallucinations dont la forme ressemble à des symptômes psychotiques, mais certains cas de névrose peuvent présenter des signes formellement proches. Quelle conclusion est justifiée ?

La ressemblance formelle suffit à établir une psychose
La présence d’hallucinations exclut les symptômes névrotiques
La description formelle ne suffit pas à spécifier une psychose
Le délire permet à lui seul de distinguer les psychoses

La description formelle ne suffit pas à spécifier une psychose

Explication

Des névroses peuvent présenter des symptômes formellement proches du délire et de l’hallucination psychotiques : leur seule description ne suffit donc pas à spécifier une psychose. Assimiler ressemblance et diagnostic ou faire d’un signe isolé un critère décisif confond la forme des symptômes avec leur spécificité clinique.

4. À quelle catégorie appartiennent les schizophrénies, les paranoïas et les paraphrénies ?

Aux psychoses aiguës
Aux psychoses chroniques
Aux psychoses schizophréniques
Aux psychoses thymiques

Aux psychoses chroniques

Explication

Les schizophrénies, les paranoïas et les paraphrénies font partie des psychoses chroniques. Les psychoses thymiques regroupent mélancolie, manie et formes mixtes, tandis que les psychoses aiguës comprennent notamment les bouffées délirantes aiguës.

5. Quel psychiatre décrit la catatonie, également appelée folie tonique, et la classe parmi les psychoses en 1874 ?

Kahlbaum en 1874
Kahlbaum en 1863
Hecker en 1874
Kahlbaum en 1871

Kahlbaum en 1874

Explication

Kahlbaum décrit et classe la catatonie parmi les psychoses en 1874. Hecker est associé à l’étude de l’hébéphrénie, tandis que les dates 1863 et 1871 renvoient à la description et à l’étude de cette autre pathologie.

6. Dans une forme grave de catatonie, le tableau clinique observé comprend les stades de mélancolie, manie, confusion psychique et stupidité terminale, mais l’attonité est absente. Combien de stades cette évolution comporte-t-elle ?

Cinq stades
Quatre stades
Deux stades
Trois stades

Quatre stades

Explication

La forme grave évolue en cinq stades, mais peut en compter quatre lorsque l’attonité est absente. Compter cinq stades malgré cette absence oublie la variation indiquée; retirer la confusion ou assimiler ce parcours à une forme bénigne modifie la séquence concernée.

7. Au cours d’une évolution catatonique, une personne présente une stupeur avec fonctionnement moteur apparemment apathique et mutisme. À quel stade correspond cet état ?

Au premier stade, celui de la mélancolie
Au deuxième stade, celui de la manie
Au troisième stade, celui de l’attonité
Au quatrième stade, celui de la confusion psychique

Au troisième stade, celui de l’attonité

Explication

L’attonité est une stupeur associée à une modification apparemment apathique du fonctionnement des organes moteurs; le mutisme en est un symptôme principal et elle constitue le troisième stade. La confusion psychique est le quatrième stade, tandis que mélancolie et manie ouvrent la séquence.

8. Quel tableau caractérise l’héboïdophrénie décrite par Kahlbaum ?

Un état psychique apparaissant dans la jeunesse, avec des déviations du comportement et de la vie pulsionnelle pouvant aller jusqu’à des actes criminels
Un état psychique apparaissant dans la jeunesse, avec une confusion progressive et une démence terminale
Un état psychique apparaissant à l’âge adulte, marqué par des déviations du comportement et de la vie pulsionnelle
Un état psychique apparaissant dans la jeunesse, marqué par une altération des associations et un détachement de la réalité

Un état psychique apparaissant dans la jeunesse, avec des déviations du comportement et de la vie pulsionnelle pouvant aller jusqu’à des actes criminels

Explication

Kahlbaum décrit un état morbide de la jeunesse caractérisé par des déviations comportementales et pulsionnelles, parfois extrêmes. La démence terminale confond l’héboïdophrénie avec l’hébéphrénie, l’altération des associations renvoie à d’autres symptômes, et l’apparition à l’âge adulte déplace le moment d’apparition.

9. Un jeune présente des déviations de comportement, mais son état n’évolue ni vers la confusion ni vers la démence. Comment Kahlbaum qualifierait-il cette évolution par rapport à l’hébéphrénie ?

Un état sans trouble psychique, puisque la démence ne survient pas
Une hébéphrénie typique, caractérisée par une confusion progressive
Une forme plus grave que l’hébéphrénie, menant à la démence terminale
Une « demi-folie juvénile » moins grave que l’hébéphrénie

Une « demi-folie juvénile » moins grave que l’hébéphrénie

Explication

Kahlbaum considère l’héboïdophrénie comme une « demi-folie juvénile » moins grave, car elle ne progresse pas vers la confusion ou la démence. La démence terminale attribuée à l’héboïdophrénie inverse cette distinction, tandis que la confusion et l’absence de trouble psychique déforment respectivement l’évolution et la nature du tableau.

10. Quelle catégorie Kraepelin crée-t-il en 1899 en regroupant l’hébéphrénie, la catatonie et la démence paranoïde ?

La démence paranoïde
Le groupe des schizophrénies
L’hébéphrénie
La démence précoce

La démence précoce

Explication

En 1899, Kraepelin rassemble ces trois entités sous la catégorie de la démence précoce. Le groupe des schizophrénies est associé à Bleuler, tandis que la démence paranoïde et l’hébéphrénie sont des formes incluses dans le regroupement.

11. Lorsqu’on décrit les formes initiales de la démence précoce de Kraepelin, quelles sont les trois formes majeures à retenir ?

Simple, catatonique et paranoïde
Infantile, présénile et catatonique
Hébéphrénique, catatonique et paranoïde
Hébéphrénique, dépressive et pseudo-périodique

Hébéphrénique, catatonique et paranoïde

Explication

Les trois formes majeures initiales sont l’hébéphrénique, la catatonique et la paranoïde. La forme simple et les formes dépressive ou pseudo-périodique relèvent de l’élargissement ultérieur de la catégorie, tandis que les formes infantile et présénile sont liées à l’âge.

12. Quel ouvrage Bleuler publie-t-il en 1911, dans lequel il assimile la démence précoce au groupe des schizophrénies ?

De l’héboïdophrénie
La démence paranoïde
Dementia praecox ou Groupe des schizophrénies
Traité de psychiatrie

Dementia praecox ou Groupe des schizophrénies

Explication

Bleuler publie en 1911 Dementia praecox ou Groupe des schizophrénies et y assimile la démence précoce à ce groupe. Le Traité de psychiatrie est associé à Kraepelin, De l’héboïdophrénie à Kahlbaum, et la démence paranoïde est une entité clinique plutôt que l’ouvrage de Bleuler.

13. Une patiente présente une altération spécifique de la pensée, du sentiment et de ses relations avec le monde extérieur. Son état évolue par poussées, puis se stabilise à un stade intermédiaire. Quelle conception de la schizophrénie correspond à ce tableau ?

Une maladie évoluant continuellement vers une démence terminale après un épisode unique
Une maladie limitée aux troubles des associations, sans altération du sentiment ni des relations extérieures
Un groupe de psychoses pouvant évoluer chroniquement ou par poussées et s’arrêter à différents stades
Un groupe de psychoses défini par un détachement de la réalité et la prédominance de la vie intérieure

Un groupe de psychoses pouvant évoluer chroniquement ou par poussées et s’arrêter à différents stades

Explication

Pour Bleuler, le groupe des schizophrénies peut évoluer de façon chronique ou par poussées, puis s’arrêter ou régresser à différents stades; il implique aussi des altérations spécifiques de la pensée, du sentiment et des relations avec le monde extérieur. L’évolution obligatoirement terminale est trop restrictive, le seul détachement de la réalité correspond à l’autisme, et la réduction aux associations omet les autres dimensions.

14. Quel ensemble correspond aux symptômes fondamentaux que Bleuler distingue dans la schizophrénie ?

Paranoïde, catatonique, hébéphrénique, simple, latente, associations, affectivité, volonté et autisme
Associations, affectivité, ambivalence, autisme, attention, mémoire, personnalité, démence terminale et catatonie
Associations, affectivité, délire, autisme, mémoire, volonté, personnalité, démence schizophrénique, activité et comportement
Associations, affectivité, ambivalence, autisme, attention, volonté, personnalité, démence schizophrénique, activité et comportement

Associations, affectivité, ambivalence, autisme, attention, volonté, personnalité, démence schizophrénique, activité et comportement

Explication

Bleuler distingue neuf symptômes fondamentaux, comprenant notamment les troubles des associations et de l’affectivité, l’ambivalence, l’autisme, les troubles de l’attention et de la volonté, ainsi que ceux de la personnalité, de l’activité et du comportement. Le délire remplace à tort l’ambivalence, la mémoire se substitue à l’attention, et les formes paranoïde ou catatonique sont des catégories cliniques, non des symptômes de cette liste.

15. Une personne se détache de la réalité extérieure et accorde une place prédominante à sa vie intérieure. Quel terme Bleuler emploie-t-il pour désigner ce phénomène ?

L’ambivalence
L’autisme
Le trouble des associations
La démence schizophrénique

L’autisme

Explication

Bleuler appelle autisme le détachement de la réalité associé à la prédominance relative ou absolue de la vie intérieure. L’ambivalence renvoie à des tendances opposées, tandis que la démence schizophrénique et les troubles des associations désignent d’autres symptômes fondamentaux.

16. En comparant deux cas, quel mécanisme de reconstruction Freud associe-t-il à un cas paranoïaque plutôt qu’à un cas schizophrénique ?

Le retour à l’autoérotisme infantile
Le mécanisme hallucinatoire
La fixation de la libido sur le moi
La projection

La projection

Explication

Freud associe la projection à la paranoïa et le mécanisme hallucinatoire à la schizophrénie. Le mécanisme hallucinatoire inverse cette attribution, tandis que l’autoérotisme infantile et la fixation sur le moi décrivent des étapes de la régression libidinale.

17. Après le retrait de la libido, un patient présente une régression qui s’arrête au narcissisme, avec une libido fixée sur le moi. À quelle affection cette évolution correspond-elle dans la distinction de Freud ?

À la catatonie
À l’hystérie
À la paranoïa
À la démence précoce

À la paranoïa

Explication

Dans la paranoïa, la régression libidinale s’arrête au narcissisme et la libido retirée se fixe sur le moi. L’autoérotisme infantile et l’abandon de l’amour objectal caractérisent la régression plus radicale de la démence précoce; l’hystérie et la catatonie ne désignent pas cette évolution dans la distinction donnée.

18. En analysant le cas d’Emma, patiente de Victor Tausk, quelle prédominance Freud propose-t-il comme caractéristique de la schizophrénie ?

La prédominance de la relation de mot sur la relation de chose
La prédominance de la relation de chose sur la relation de mot
La prédominance de l’image du rêve sur la représentation de mot
La prédominance de la relation d’objet sur l’investissement du moi

La prédominance de la relation de mot sur la relation de chose

Explication

À partir du cas d’Emma, Freud formule l’hypothèse d’une prédominance de la relation de mot sur la relation de chose dans la schizophrénie. La relation de chose inverserait cette proposition, l’image du rêve concerne un autre rapprochement, et l’investissement du moi relève d’une distinction sur la libido.

19. Dans un phénomène de langage schizophrénique, un mot condense plusieurs pensées et finit par représenter toute une chaîne. Quel processus Freud permet-il d’identifier ?

La coupure de la circulation, avec séparation des investissements de mot et de chose
Le mécanisme hallucinatoire, avec retour du refoulé sous forme de perception
Le processus primaire, avec condensation des mots et déplacement des investissements
La régression topique, avec transformation des mots en représentations de chose

Le processus primaire, avec condensation des mots et déplacement des investissements

Explication

Dans la schizophrénie, les processus primaires condensent les mots et déplacent leurs investissements; un mot peut ainsi assumer la fonction d’une chaîne de pensées. La régression topique caractérise ici le rapprochement avec le rêve, la coupure concerne la circulation entre investissements de mot et de chose, et le mécanisme hallucinatoire appartient à une autre distinction freudienne.

20. Une chercheuse compare un rêve à un phénomène schizophrénique : les processus primaires portent sur des représentations de mots préconscientes, sans passage régressif vers des représentations de chose. Quel phénomène décrit-elle ?

La reconstruction paranoïaque par projection
Le phénomène schizophrénique
La circulation libre entre les investissements de mot et de chose
Le travail du rêve

Le phénomène schizophrénique

Explication

Dans la schizophrénie, les processus primaires portent sur des représentations de mots préconscientes, sans régression topique. Le rêve implique au contraire des représentations de chose auxquelles les mots ont été ramenés; la circulation libre ne caractérise pas cette coupure schizophrénique, et la projection concerne la paranoïa.

21. Pour analyser la position d’un sujet dit schizophrène face à la question du corps et de ses organes, quelle caractérisation Lacan propose-t-il dans « L’étourdit » ?

Une position de réitération du vide comme premier pas de l’ordre symbolique
Une position hors discours, sans discours établi pour prendre appui
Une position dans un discours établi qui organise le rapport au corps
Une position de prédominance de la relation de mot sur la relation de chose

Une position hors discours, sans discours établi pour prendre appui

Explication

Dans « L’étourdit », Lacan caractérise le sujet dit schizophrène par une position hors discours et l’absence de discours établi pour prendre appui face au problème du corps et de ses organes. Le discours établi contredit cette caractérisation; la réitération du vide renvoie à une indication lacanienne de 1954, et la relation de mot à une hypothèse de Freud.

22. Quelle caractéristique de la paranoïa selon Séglas distingue le fonctionnement intellectuel hors du délire ?

La lucidité reste complète en dehors du délire.
Le manque de critique persiste hors du délire.
Les fonctions intellectuelles sont globalement désorganisées.
Les hallucinations déterminent le fonctionnement intellectuel.

La lucidité reste complète en dehors du délire.

Explication

Pour Séglas, le délire s’accompagne d’un manque de critique, mais la lucidité reste complète en dehors de celui-ci. L’atteinte intellectuelle générale confond la paranoïa avec une désorganisation globale, le manque de critique hors délire étend à tort une caractéristique du délire, et le rôle déterminant des hallucinations ne correspond pas à sa définition.

23. Un clinicien compare deux tableaux délirants : le premier est organisé en système, tandis que le second est moins structuré et repose sur des hallucinations. Comment les distingue-t-il ?

Le premier est paranoïde et le second paranoïaque.
Le premier est paranoïaque et le second paranoïde.
Les deux sont paranoïaques, car ils sont organisés.
Les deux sont paranoïdes, car ils reposent sur des idées délirantes.

Le premier est paranoïaque et le second paranoïde.

Explication

Le délire paranoïaque est systématisé, tandis que le délire paranoïde est moins systématisé et repose sur des hallucinations. L’inversion attribue à chaque catégorie les traits de l’autre, la construction hallucinatoire ne définit pas le délire paranoïaque, et la systématisation ne caractérise pas les deux tableaux.

24. Une personne entend une remarque réelle dans un couloir et en conclut, par des associations et des déductions erronées, qu’elle lui est personnellement destinée. Quel mécanisme décrit cette conclusion ?

Une déduction juste tirée d’indices vérifiés.
Une interprétation délirante à partir d’un fait exact.
Une conception délirante sans point de départ réel.
Une hallucination auditive produisant une parole inexistante.

Une interprétation délirante à partir d’un fait exact.

Explication

L’interprétation délirante part d’une sensation réelle ou d’un fait exact auquel le sujet attribue une signification personnelle par des associations et des inférences erronées. La conception délirante est créée de toutes pièces, l’hallucination suppose une perception sans stimulus correspondant, et une déduction vérifiée n’est pas erronée.

25. Dans l’évolution classique d’un délire érotomaniaque pur, quel stade suit le dépit ?

La rancune.
La revendication.
Le dépit.
L’espoir.

La rancune.

Explication

La forme pure du délire érotomaniaque évolue dans l’ordre espoir, dépit, puis rancune. Placer l’espoir après le dépit inverse la progression, répéter le dépit ne désigne pas l’étape suivante, et la revendication est une autre forme de délire passionnel.

26. Dans la subdivision traditionnellement adoptée par la clinique psychanalytique depuis Freud, quels ensembles sont compris dans la paranoïa ?

Le délire d’interprétation et les délires passionnels.
Le délire d’interprétation et les hallucinations.
Le délire paranoïaque et le délire paranoïde.
Les délires passionnels et la revendication seule.

Le délire d’interprétation et les délires passionnels.

Explication

La subdivision traditionnellement adoptée depuis Freud comprend le délire d’interprétation et les délires passionnels. Les hallucinations ne constituent pas ici un ensemble de la subdivision, la revendication seule est une forme passionnelle et non l’autre grande catégorie, et les délires paranoïaque et paranoïde relèvent d’une distinction différente.

27. Un homme exprime le fantasme « je l’aime », puis affirme : « Ce n’est pas moi qui aime cet homme, c’est elle qui l’aime ». Quel mode de contradiction Freud associe-t-il à cette transformation ?

Le délire de jalousie, qui contredit le sujet
Le délire de persécution, qui contredit le sujet
Le délire de jalousie, qui contredit le verbe
L’érotomanie, qui contredit le sujet

Le délire de jalousie, qui contredit le sujet

Explication

Dans le délire de jalousie, la contradiction porte sur le sujet : « ce n’est pas moi, c’est elle ». La contradiction du verbe caractérise la persécution, celle de l’objet l’érotomanie ; la proposition sur le verbe confond jalousie et persécution.

28. Dans un cas de persécution, le sujet transforme « je l’aime » en « je le hais », puis cette représentation devient consciente en étant attribuée à l’autre. Quelle étape rend cette transformation possible ?

Le rejet complet de la proposition d’amour
La contradiction de l’objet sans projection
La projection de la proposition sur l’autre
La contradiction du sujet sans projection

La projection de la proposition sur l’autre

Explication

Pour Freud, dans le délire de persécution, la contradiction du verbe ne suffit pas : la projection rejette la proposition sur l’autre et permet à la représentation de devenir consciente. La contradiction du sujet relève de la jalousie, tandis que le rejet complet correspond au délire des grandeurs.

29. Quel désir inconscient Freud situe-t-il au cœur du conflit paranoïaque chez l’homme ?

Le désir d’être aimé par une femme
Le désir d’aimer un homme
Le désir d’être reconnu comme supérieur
Le désir de rejeter toute relation amoureuse

Le désir d’aimer un homme

Explication

Freud situe le noyau du conflit paranoïaque chez l’homme dans le désir inconscient d’aimer un homme. Le désir d’être aimé inverse la formulation, et la projection est une étape du mécanisme, non le contenu du désir.

30. Dans son article de 1931 sur la structure des psychoses paranoïaques, quels ensembles Lacan rassemble-t-il sous cette catégorie ?

Les délires de persécution et les délires de grandeur
Les délires interprétatifs et les psychoses passionnelles
Les délires interprétatifs et les névroses obsessionnelles
Les psychoses passionnelles et les névroses hystériques

Les délires interprétatifs et les psychoses passionnelles

Explication

Lacan rassemble les délires interprétatifs et les psychoses passionnelles parmi les psychoses paranoïaques. Les névroses obsessionnelles et hystériques ne font pas partie de cette composition, et les catégories de persécution et de grandeur ne la résument pas.

31. Un quérulant poursuit l’auteur d’un préjudice et son impulsion homicide est renforcée par sa conviction morale d’agir justement. Quel mécanisme Lacan invoque-t-il pour expliquer le danger accru de cette situation ?

La conscience morale freine l’impulsion homicide du quérulant
La conscience morale et l’idéal du moi soutiennent l’impulsion homicide
La compensation du préjudice transforme la lutte en but de vie
Les incidents quotidiens étendent les interprétations menaçantes

La conscience morale et l’idéal du moi soutiennent l’impulsion homicide

Explication

Lacan estime que la conscience morale et l’idéal du moi apportent un renfort énergétique à l’impulsion homicide du quérulant, en la justifiant. L’extension aux incidents quotidiens concerne le délire interprétatif, et l’idée de la lutte comme but de vie décrit le revendicateur.

32. Dans le postulat érotomaniaque de Clérambault, quelle affirmation décrit l’initiative et le sentiment attribués à l’objet aimé ?

L’objet a commencé la relation pour tromper et persécuter le sujet.
L’objet a commencé la relation et aime le plus, voire aime seul.
L’objet n’a pas commencé la relation et reste indifférent au sujet.
Le sujet a commencé la relation et aime le plus, voire aime seul.

L’objet a commencé la relation et aime le plus, voire aime seul.

Explication

Le postulat érotomaniaque attribue à l’objet l’initiative de la relation et l’amour, à un degré supérieur ou à lui seul. Attribuer l’initiative au sujet inverse le postulat; l’indifférence et l’hostilité relèvent d’autres interprétations.

33. Une personne affirme avec une certitude inébranlable qu’un voisin organise des manœuvres pour la spolier; quelle structure de conviction caractérise cette interprétation paranoïaque ?

L’initiative est attribuée au sujet et la certitude reste fermée au doute.
L’initiative est attribuée au sujet, tandis que l’interprétation dépend du doute.
L’initiative est attribuée à l’Autre et la certitude reste fermée au doute.
L’initiative est attribuée à l’Autre, mais la conviction demeure une hypothèse révisable.

L’initiative est attribuée à l’Autre et la certitude reste fermée au doute.

Explication

Dans la paranoïa, l’initiative du tort est attribuée à l’Autre et la certitude délirante est inébranlable, sans ouverture au doute ni à la dialectique. Une croyance révisable confond cette certitude avec le doute, tandis que l’attribution au sujet inverse l’initiative.

34. Une personne désigne un collègue comme persécuteur et lui attribue une jouissance malsaine, qu’elle repère dans ce semblable; quel mécanisme paranoïaque cette situation illustre-t-elle ?

L’identification d’un amour réciproque chez un persécuteur.
L’attribution de l’initiative relationnelle à un objet aimé.
La localisation du jouisseur dans une instance distincte du semblable.
L’identification d’un Autre jouisseur dans un semblable.

L’identification d’un Autre jouisseur dans un semblable.

Explication

L’identification d’un Autre jouisseur consiste à repérer chez un semblable ou petit autre le persécuteur auquel est attribuée une jouissance malsaine. L’initiative relationnelle concerne un autre mécanisme; l’amour réciproque et un jouisseur extérieur au semblable ne correspondent pas à cette identification.

35. Après s’être tenue pour victime innocente d’un Autre méchant, une personne envisage de se faire justice elle-même après une décision judiciaire défavorable; quelle caractéristique paranoïaque est illustrée ?

Le sujet se tient pour victime et peut passer à l’acte selon la décision judiciaire.
Le sujet se tient pour victime et peut passer à l’acte sans égard à la décision judiciaire.
Le sujet se tient pour persécuteur et peut passer à l’acte selon la décision judiciaire.
Le sujet se tient pour victime et peut saisir la justice pour obtenir réparation.

Le sujet se tient pour victime et peut passer à l’acte selon la décision judiciaire.

Explication

Le sujet paranoïaque se considère innocent et victime d’un Autre méchant; selon les décisions judiciaires, il peut se faire justice lui-même par un passage à l’acte. Saisir la justice désigne une démarche judiciaire, tandis que se croire persécuteur ou dissocier l’acte de la décision inverse les éléments de la situation.

36. Quelles formes Kraepelin distingue-t-il dans la dernière édition de son Traité parue en 1912-13 ?

Expansive, confabulante, systématique et fantastique.
Expansive, sénile, systématique et hypnétique.
Hébéphrénique, sénile, hypnétique et fantastique.
Confabulante, hébéphrénique, systématique et sénile.

Expansive, confabulante, systématique et fantastique.

Explication

Kraepelin distingue les formes expansive, confabulante, systématique et fantastique. Les termes hébéphrénique, sénile et hypnétique renvoient aux formes isolées auparavant par Kahlbaum, et non à cette classification.

37. Un clinicien décrit un tableau qui partage plusieurs traits avec la démence précoce, mais affecte moins nettement la structure interne de la vie psychique; comment situer les paraphrénies dans la classification de Kraepelin ?

Comme des formes de paranoïa sans traits communs avec la démence précoce.
Comme des formes intermédiaires entre démence précoce et paranoïa.
Comme des formes identiques à la démence précoce et distinctes de la paranoïa.
Comme des formes intermédiaires entre démence précoce et mélancolie.

Comme des formes intermédiaires entre démence précoce et paranoïa.

Explication

Les paraphrénies partagent des traits avec la démence précoce, tout en affectant moins nettement la structure interne de la vie psychique; Kraepelin les situe donc entre démence précoce et paranoïa. Les assimiler à la démence précoce ou les rapprocher de la mélancolie déforme cette distinction.

38. Chez une personne, un délire de persécution évolue de façon continue, puis des idées de grandeur apparaissent, sans désintégration de la personnalité; quelle forme de paraphrénie correspond à ce tableau ?

La paraphrénie systématique.
La paraphrénie expansive.
La paraphrénie fantastique.
La paraphrénie confabulante.

La paraphrénie systématique.

Explication

Dans la paraphrénie systématique, un délire de persécution d’évolution continue précède l’ajout d’idées de grandeur, sans désintégration de la personnalité. Dans la forme expansive, les idées de grandeur prédominent d’emblée; les autres formes ne correspondent pas à cette séquence caractéristique.

39. Quelle conception du sujet paraphrène mégalomane Lacan formule-t-il en 1938 ?

Il incorpore le monde à son moi et affirme que son corps et ses fonctions soutiennent l’Univers.
Il se croit supérieur aux autres sans attribuer à son corps de rôle cosmique.
Il observe le monde depuis l’extérieur et affirme que son moi dépend de l’Univers.
Il rejette le monde hors de son moi et affirme que l’Univers soutient son corps.

Il incorpore le monde à son moi et affirme que son corps et ses fonctions soutiennent l’Univers.

Explication

Dans cette description, le sujet inclut le Tout dans son moi et présente son corps et ses fonctions comme soutenant l’ordre et l’existence de l’Univers. Le rejet du monde inverse cette incorporation, la position d’observateur extérieur la contredit, et la grandeur sans rôle cosmique omet la fonction attribuée au corps.

40. En 1894, un clinicien compare l’hystérie, l’obsession et la confusion hallucinatoire face à une représentation inconciliable avec le moi. Quelle distinction correspond à la proposition de Freud ?

Ce sont trois formes de défense du moi, dont l’efficacité est équivalente.
Ce sont trois formes de défense du moi, dont l’efficacité est inégale.
La confusion hallucinatoire ne constitue pas une défense du moi contre cette représentation.
L’hystérie constitue la défense la plus énergique contre la représentation inconciliable.

Ce sont trois formes de défense du moi, dont l’efficacité est inégale.

Explication

Freud regroupe ces trois formes comme des défenses du moi contre une représentation inconciliable, tout en précisant que leur efficacité diffère. L’efficacité équivalente efface cette distinction, la défense la plus énergique est associée à la confusion hallucinatoire, et exclure celle-ci de la série contredit son classement.

41. Une représentation pénible est déplacée dans l’inconscient dans un cas et détruite dans un autre. Quelle comparaison freudienne distingue le refoulement de l’abolition dans la psychose ?

Le refoulement ramène la représentation du dehors, tandis que l’abolition la conserve consciente.
Le refoulement déplace la représentation dans l’inconscient, tandis que l’abolition la détruit.
Le refoulement et l’abolition déplacent tous deux la représentation dans l’inconscient.
Le refoulement détruit la représentation, tandis que l’abolition la déplace dans l’inconscient.

Le refoulement déplace la représentation dans l’inconscient, tandis que l’abolition la détruit.

Explication

Le refoulement correspond au déplacement de la représentation dans l’inconscient, alors que l’abolition en entraîne la destruction; dans la psychose, ce qui a été aboli au-dedans revient du dehors. La destruction attribuée au refoulement inverse les mécanismes, et les deux autres réponses confondent abolition et déplacement ou nient leur différence.

42. Après un retrait du moi d’un fragment de réalité, un patient développe un délire qui rétablit un lien avec le monde extérieur. Comment Freud ordonne-t-il ces deux temps psychotiques ?

Le délire rompt d’abord le lien à la réalité, puis le moi se retire en ramenant la libido à l’objet.
Le moi ramène d’abord la libido à l’objet, puis le délire provoque son retrait de la réalité.
Le moi se retire d’abord de la réalité, puis le délire tente de rétablir le lien en ramenant la libido à l’objet.
Le moi se retire d’abord de la réalité, puis le délire consolide la rupture en éloignant la libido de l’objet.

Le moi se retire d’abord de la réalité, puis le délire tente de rétablir le lien en ramenant la libido à l’objet.

Explication

Le premier temps est le retrait du moi d’un fragment de réalité au service du ça; le travail délirant constitue ensuite une tentative de rétablissement, notamment par le retour de la libido à l’objet. Inverser ces temps confond leur ordre, attribuer la rupture au délire méconnaît sa fonction réparatrice, et éloigner la libido de l’objet inverse le mouvement décrit.

43. Dans la théorie de Lacan en 1958, que représente le Nom-du-Père dans l’Autre comme lieu du signifiant ?

Le signifiant de l’Autre comme lieu de la loi.
Le signifiant de l’Autre comme lieu du désir maternel.
La personne réelle qui exerce l’autorité familiale.
La signification phallique qui leste la chaîne signifiante.

Le signifiant de l’Autre comme lieu de la loi.

Explication

Lacan définit le Nom-du-Père comme le signifiant qui représente l’Autre en tant que lieu de la loi. Le désir maternel est un signifiant distinct de l’opération métaphorique, la personne réelle ne se confond pas avec ce signifiant, et la signification phallique est un produit de la métaphore paternelle.

44. Dans une situation où l’absence maternelle est symbolisée par le jeu du Fort/Da, quelle opération produit la signification phallique dans la métaphore paternelle ?

Le signifiant du Nom-du-Père métaphorise celui du Désir de la Mère et produit une signification phallique.
La présence d’un père réel remplace le signifiant du Nom-du-Père et produit une signification phallique.
Le jeu du Fort/Da produit directement la signification phallique sans métaphorisation des signifiants.
Le signifiant du Désir de la Mère métaphorise celui du Nom-du-Père et produit une signification phallique.

Le signifiant du Nom-du-Père métaphorise celui du Désir de la Mère et produit une signification phallique.

Explication

Après la symbolisation primordiale de l’absence maternelle, le signifiant du Nom-du-Père métaphorise celui du Désir de la Mère et fait émerger la signification phallique. Inverser les signifiants renverse l’opération, le Fort/Da prépare la symbolisation sans constituer à lui seul cette métaphore, et le père réel ne remplace pas l’opération signifiante.

45. Un clinicien doit distinguer la forclusion du Nom-du-Père du refoulement pour caractériser la condition essentielle de la psychose. Quelle formulation convient ?

Le Nom-du-Père manque à la place de l’Autre et la métaphore paternelle échoue.
Le Nom-du-Père demeure à la place de l’Autre et la métaphore paternelle échoue.
Le Nom-du-Père est déplacé dans l’inconscient et la métaphore paternelle s’accomplit.
Le refoulement déplace une représentation dans l’inconscient et constitue la condition de la psychose.

Le Nom-du-Père manque à la place de l’Autre et la métaphore paternelle échoue.

Explication

La forclusion désigne l’absence du signifiant du Nom-du-Père à la place de l’Autre et l’échec de la métaphore paternelle, condition essentielle de la psychose chez Lacan. Le déplacement inconscient relève du refoulement, le maintien du signifiant dans l’Autre contredit la forclusion, et le seul échec du refoulement ne définit pas cette condition.

46. Dans une relation imaginaire a-a’, un père réel vient occuper une place tierce et le Nom-du-Père forclos est appelé en opposition symbolique au sujet. Quel événement ce scénario permet-il de comprendre ?

La métaphore paternelle comme simple relation imaginaire entre deux termes.
La forclusion elle-même comme présence du Nom-du-Père à la place de l’Autre.
La disparition de la psychose lorsque le père réel occupe une place tierce.
Le déclenchement de la psychose par l’appel symbolique du Nom-du-Père forclos.

Le déclenchement de la psychose par l’appel symbolique du Nom-du-Père forclos.

Explication

Pour Lacan, le déclenchement peut se produire lorsque le Nom-du-Père forclos est appelé en opposition symbolique au sujet, notamment quand un père réel vient en position tierce dans une relation imaginaire. Le père réel n’est pas le signifiant forclos, la relation imaginaire seule ne définit pas ce déclenchement, et la présence tierce ne signifie pas que le signifiant forclos soit déjà inscrit dans l’Autre.

47. Dans le modèle de Lasègue, comment apparaît la croyance en une persécution par un ennemi extérieur ?

Comme une conclusion sans lien avec la recherche d’une cause
Comme une explication secondaire recherchée pour rendre compte des impressions morbides
Comme une cause interne reconnue avant toute impression morbide
Comme le phénomène initial qui provoque les impressions morbides

Comme une explication secondaire recherchée pour rendre compte des impressions morbides

Explication

Pour Lasègue, le sujet éprouve d’abord des impressions morbides, puis cherche à en expliquer la cause en l’attribuant à un ennemi extérieur. Prendre la persécution pour le phénomène initial inverse cette séquence ; une cause interne ou une conclusion sans recherche de cause ne correspond pas à ce mécanisme.

48. Un clinicien décrit d’abord une phase d’incubation, puis l’apparition et l’élaboration du délire, et enfin une phase où celui-ci devient stéréotypé et immuable. À quel modèle cette évolution correspond-elle ?

À la séquence d’inquiétude, de persécution et de grandeur
Aux quatre périodes P0 à P3 proposées par Maleval
Aux trois périodes décrites par Falret
Aux quatre étapes décrites par Magnan et Sérieux

Aux trois périodes décrites par Falret

Explication

Falret distingue l’incubation, l’invasion avec apparition et élaboration du délire, puis la chronicité caractérisée par un délire stéréotypé et immuable. Le modèle de Magnan et Sérieux comporte quatre étapes, tandis que la démence terminale appartient à leur séquence, et non à celle de Falret.

49. Dans une description clinique, un sujet passe successivement de l’inquiétude à la persécution, puis à la grandeur et enfin à la démence. Quel modèle décrit cette succession ?

La succession de l’incubation, de l’invasion et de la chronicité
Les quatre étapes décrites par Magnan et Sérieux
Les trois périodes décrites par Falret
Les périodes P0, P1, P2 et P3 proposées par Maleval

Les quatre étapes décrites par Magnan et Sérieux

Explication

Magnan et Sérieux décrivent quatre étapes successives : inquiétude, persécution, grandeur et démence. Falret propose trois périodes, et les périodes P0 à P3 relèvent du modèle de Maleval.

50. Une personne est convaincue que des événements extérieurs apparemment ordinaires la concernent personnellement. Quel phénomène cela caractérise-t-il ?

L’apophanie délirante
La Wahnstimmung
La perplexité angoissée
L’hallucination cénesthésique

L’apophanie délirante

Explication

L’apophanie délirante désigne le sentiment que les événements extérieurs concernent personnellement le sujet. La Wahnstimmung correspond plutôt à un sentiment d’étrangeté ineffable ; une hallucination ou la perplexité angoissée ne désigne pas cette attribution de signification personnelle.

51. En P1, un sujet psychotique tente de donner forme à l’énigme à l’origine de son délire. Quelle fonction le signifiant remplit-il dans cette phase ?

Rechercher la cause des souffrances selon le raisonnement de Lasègue
Fixer d’emblée la jouissance dans une image spéculaire stable
Résoudre l’énigme et remédier à la faille symbolique initiale
Nommer et localiser la jouissance débridée chez un persécuteur

Résoudre l’énigme et remédier à la faille symbolique initiale

Explication

En P1, le sujet mobilise les ressources du signifiant pour tenter de résoudre l’énigme à l’origine du délire et remédier à la faille symbolique initiale. La localisation de la jouissance chez un persécuteur caractérise P2, tandis que l’image spéculaire stable est associée au délire passionnel.

52. En P2, un sujet paranoïaque repère une jouissance débridée qui semble troubler l’ordre du monde. Que fait-il généralement de cette jouissance ?

Il la nomme et la localise dans le champ de l’Autre, souvent chez un persécuteur
Il la circonscrit d’emblée dans une image spéculaire stable
Il mobilise le signifiant pour résoudre l’énigme de la faille symbolique initiale
Il la traite en recherchant la cause de ses impressions morbides

Il la nomme et la localise dans le champ de l’Autre, souvent chez un persécuteur

Explication

En P2, le sujet paranoïaque identifie la jouissance débridée dans le champ de l’Autre, puis peut la nommer et la localiser chez un persécuteur. Résoudre l’énigme par le signifiant relève de P1 ; la circonscription spéculaire stable est caractéristique du délire passionnel.

53. Deux sujets délirants sont comparés : le premier est passionnel, le second paranoïaque interprétatif. Quelle différence peut-on attendre dans leur façon de circonscrire la jouissance ?

Les deux formes la circonscrivent d’emblée dans une image stable, sans différence d’élaboration
L’interprétatif la circonscrit souvent d’emblée dans une image stable, tandis que le passionnel y parvient rarement ou après élaboration
Le passionnel la circonscrit souvent d’emblée dans une image stable, tandis que l’interprétatif y parvient rarement ou après élaboration
Le passionnel la localise chez un persécuteur, tandis que l’interprétatif la traite par la seule recherche d’une cause

Le passionnel la circonscrit souvent d’emblée dans une image stable, tandis que l’interprétatif y parvient rarement ou après élaboration

Explication

Le délire passionnel circonscrit souvent d’emblée la jouissance dans une image spéculaire stable, alors que le paranoïaque interprétatif y parvient rarement ou au terme d’une élaboration. Inverser les profils ou attribuer aux deux formes la même stabilité efface cette distinction.

54. Dans la phase P3 du procès délirant, pourquoi le sujet consent-il à la jouissance de l’Autre ?

Parce qu’il est certain d’avoir acquis grâce à cette expérience un savoir essentiel
Parce qu’il revient à une phase antérieure sans en tirer de savoir nouveau
Parce qu’il espère faire cesser immédiatement toute manifestation délirante
Parce qu’il est contraint par l’Autre d’abandonner ses propres convictions

Parce qu’il est certain d’avoir acquis grâce à cette expérience un savoir essentiel

Explication

En P3, le consentement repose sur la certitude d’avoir acquis un savoir essentiel par l’expérience de la jouissance de l’Autre. L’espoir d’une cessation immédiate, la contrainte extérieure et le retour à une phase antérieure ne rendent pas compte de ce motif.

55. Un clinicien situe une paraphrénie au terme de la logique évolutive du délire, avec un épanouissement de la mégalomanie. Quelle conception de la paraphrénie correspond à cette description ?

Une forme antérieure à la logique évolutive et dépourvue de mégalomanie
La forme systématique réservée par Maleval à la phase P3
Une forme précoce marquée par l’apparition initiale de la psychose
Une forme intermédiaire entre le délire paranoïde et le délire paranoïaque

La forme systématique réservée par Maleval à la phase P3

Explication

Maleval réserve en P3 la paraphrénie à sa forme systématique, située au terme de la logique évolutive et caractérisée par l’épanouissement de la mégalomanie. Les formes intermédiaires renvoient à la conception de Kraepelin, tandis qu’une forme précoce ou sans mégalomanie contredit cette caractérisation.

56. Un sujet psychotique revient à un temps antérieur de son processus délirant après avoir traversé une phase ultérieure. Quelle interprétation correspond à la position de Maleval ?

Ce retour révèle une progression obligatoire vers une phase plus avancée
Ce retour est impossible, car chaque phase succède irréversiblement à la précédente
Ce retour confirme que l’évolution délirante se poursuit nécessairement jusqu’à la mort
Ce retour est possible, car le sujet n’est pas contraint de progresser dans les phases

Ce retour est possible, car le sujet n’est pas contraint de progresser dans les phases

Explication

Pour Maleval, le sujet psychotique n’est pas contraint de progresser de façon linéaire et peut revenir à un temps antérieur. L’irréversibilité et la marche jusqu’à la mort correspondent à la conception de Magnan et Sérieux, non à celle de Maleval.

57. Une compensation psychotique prend la forme d’une construction qui relie le signifiant et le réel. De quelle modalité des pare-psychoses s’agit-il ?

D’une suppléance
D’une identification à un idéal
D’une béquille imaginaire
D’une pare-psychose préventive

D’une suppléance

Explication

Les suppléances relient le signifiant et le réel, tandis que les béquilles imaginaires s’appuient sur le registre imaginaire. La prévention désigne une position par rapport au déclenchement, et l’identification à un idéal constitue un exemple de béquille imaginaire.

58. Une modalité compensatoire se met en place avant tout déclenchement clinique et se situe en amont de celui-ci. Comment la classer ?

Comme une pare-psychose associée à la rencontre en P0
Comme une pare-psychose préventive
Comme une pare-psychose curative
Comme une suppléance définie par le nouage borroméen

Comme une pare-psychose préventive

Explication

Les pare-psychoses préventives se situent en amont du déclenchement. Les modalités curatives protègent plutôt le sujet des effets de la rencontre avec la carence paternelle, notamment en P0; le nouage ne définit pas ici le caractère préventif.

59. Une personne psychotique ne présente pas de psychose clinique déclenchée, mais éprouve quelques phénomènes élémentaires discrets et isolés. Quelle situation cela décrit-il ?

Une absence de phénomènes élémentaires chez un sujet psychotique
Une psychose non déclenchée ou psychose compensée
Une phase P3 caractérisée par le consentement à la jouissance de l’Autre
Une psychose clinique déclenchée avec délire construit

Une psychose non déclenchée ou psychose compensée

Explication

Une psychose non déclenchée, ou compensée, peut comporter des phénomènes élémentaires discrets ou isolés sans psychose clinique déclenchée. Un délire construit et la phase P3 ne sont pas requis, et l’absence de déclenchement n’implique pas l’absence de phénomènes.

60. Dans le cas de Joyce, quelle fonction le sinthome remplit-il face au dénouement de la structure ?

Il fait fonction de quart élément et empêche le dénouement
Il offre un appui imaginaire sans fonction dans le nouage
Il constitue un phénomène élémentaire isolé sans effet sur le nouage
Il provoque le dénouement en construisant un délire

Il fait fonction de quart élément et empêche le dénouement

Explication

Dans le cas de Joyce, le sinthome supplée au dénouement en faisant fonction de quart élément, ce qui empêche la structure de se dénouer. Un phénomène isolé, un délire qui provoquerait le dénouement ou une béquille imaginaire ne décrit pas cette fonction.

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Quelles dimensions la méthode clinique étudie-t-elle pour repérer l’évolution ?

La symptomatologie synchronique et diachronique.

Quelles catégories schématiques distingue la clinique psychiatrique ?

Les psychoses chroniques, thymiques et aiguës.

Pourquoi la description formelle des signes ne suffit-elle pas à spécifier une psychose ?

Des névroses peuvent présenter des symptômes formellement proches.

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